À la séance ordinaire du 6 avril 2010, j'ai demandé au conseil de passer en revue certains secteurs de Saint-Lazare voués au développement résidentiel et de modifier les règlements qui les régissent, plus particulièrement dans les secteurs visés par le Plan d’aménagement d’ensemble ou les zones « PAE ». Puisque le conseil travaille activement sur le Plan de conservation et le Plan des parcs, des sentiers et des espaces verts, j'ai jugé important de suspendre le développement dans ces zones PAE jusqu'à ce que les règlements qui les régissent soient harmonisés aux objectifs du conseil. Le conseil a donc adopté une résolution qui suspend temporairement l’examen de toute nouvelle demande de permis dans les zones PAE jusqu'à ce que de nouveaux critères soient définis pour ces zones.
Les membres du conseil ont de plus exprimé le besoin d'adresser un certain nombre de préoccupations additionnelles incluant le déboisement, le zonage, la taille permise d'une résidence sur un lot, la protection des sentiers et la coupe d’arbres, particulièrement celle exercée par les promoteurs résidentiels. Nous avons de nouveau estimé qu'il était prudent de suspendre l'évaluation des demandes de permis dans ces zones PAE jusqu'à ce que les règlements pertinents soient harmonisés aux objectifs des membres de conseil.
Parmi les changements que nous voulons apporter, nous avons demandé au Service de l’urbanisme et de l’environnement de trouver des façons de protéger, autant que possible, les zones de Saint-Lazare identifiées au célèbre « rapport Genivar », souvent cité par les écologistes locaux, comme des zones d’une grande valeur écologique. Je demanderai au Conseil d'inclure les cartes et les recommandations de Genivar au plan d’urbanisme.
Nous comprenons que la destruction d'une forêt est permanente et le Conseil doit prendre les moyens qui s’imposent pour protéger la forêt et les milieux humides. Pour ce faire cependant, particulièrement dans le cas de nos forêts, il faudra avoir recours au financement municipal, c’est-à-dire vos taxes. En privilégiant une approche intégrée vis-à-vis la conservation, nous pourrons réduire au minimum le fardeau fiscal de nos contribuables, en faisant appel à des subventions par exemple. Ce projet exigera une planification responsable à long terme et une saine analyse financière.
Dans un premier geste concret face à son Plan de conservation, le Conseil a voté en faveur de négociations avec le promoteur immobilier, propriétaire des lots en bordure du Parc naturel Tourbière-du-Bordelais, lots considérés comme ayant une valeur écologique importante. Nous avons signifié au promoteur notre intention d’élargir l’étendue du Parc naturel en "réservant" les lots attenants pour des fins municipales.
Le Plan de conservation prévoit cibler d’autres secteurs d’une valeur écologique ou environnementale sur le territoire de Saint-Lazare, y compris un certain nombre de secteurs boisés. De plus amples informations suivront à ce sujet.
Bien que le Conseil estime qu'il ait amorcé des actions dans, ce qu'il considère être, la bonne direction et qu’il croit pouvoir obtenir l'appui de tous ces résidants qui ont longtemps proclamé la préservation du peu d’espaces verts qui restent à Saint-Lazare, il ne peut l’assumer. Le conseil croit en la démocratie et fournira à tous les résidants le moyen d’exprimer leur position sur le Plan de Conservation, par voix de registre ou de référendum. Je crois à l’implication et à la participation des citoyens, surtout quand il s’agit de l’avenir de leur communauté.
Lors de la séance, le Conseil a également appuyé par voie de résolution la désignation d’un « corridor vert » à Saint-Lazare. Initialement tracé et proposé par la MRC de Vaudreuil-Soulanges pour lier les municipalités, préserver des secteurs boisés et permettre le prolongement des sentiers pour des fins récréatives et pour se rendre au Mont Rigaud, le Conseil a voté d’élargir ce corridor et d’y inclure des secteurs additionnels. La désignation d’un « corridor vert » a également pour effet de permettre aux municipalités de soumettre des demandes de subventions dans le cadre de projets de préservation.
Je suis fier de l’audace dont a fait preuve le Conseil en choisissant la voix de la conservation et en offrant l’occasion à tous les citoyens de se prononcer sur cette conservation. En ayant l'appui de la majorité du Conseil, je peux entreprendre ce laborieux processus qu’exigera la protection de ce que vous avez de plus précieux et ce qui vous a incité à choisir Saint-Lazare : les espaces verts.
Le nouveau Conseil a choisi de sortir des sentiers battus des dernières décennies et de prendre une toute nouvelle direction. Notre vision se heurtera à la résistance des promoteurs et à la critique de ceux qui sont commis aux façons de faire du passé. Les médias peuvent choisir de mettre l’emphase sur les aspects négatifs et les coûts financiers plutôt que sur les avantages et la qualité de vie de nos citoyens et des générations futures. Notre ville est un joyau et nous devons la protéger. Je n’ai pas le luxe de me laisser distraire par des commentaires négatifs. Je dois demeurer positif et maintenir le cap sur la vision que j’ai de l’avenir de Saint-Lazare, une communauté champêtre unique qui profite de services à sa hauteur. Avec de telles ambitions, je dois continuer d’espérer qu’il est possible de maintenir et d’améliorer la qualité de vie des citoyens sans déclarer forfait à « l’inévitable progrès », une porte de sortie trop facile. Selon le mandat que vous m’avez confié, j'ai le devoir et l’obligation de défendre la conservation de nos espaces et j’ai toutes les intentions d’y parvenir avec sérieux.
Je suis fier de constater que le Conseil a projeté les mots « développement » et « progrès » au 21e siècle en leur donnant un nouveau sens « d'évolution » et de « progression » des valeurs plutôt qu’une augmentation du nombre de nouvelles maisons. |