Mémoire présenté à la Ville de Léry

Révision du plan d’urbanisme de Léry :
faire les bons choix pour l’avenir

Mémoire présenté à la Ville de Léry

Plaidoyer pour la protection et la mise en valeur

du patrimoine naturel de Léry

Septembre 2010

Ce mémoire explique que le territoire à protéger, est autre chose que des champs de « fardoche » et du « bois de chauffage »


Ce mémoire a été rédigé par Maude Laberge en collaboration avec Luc L’Écuyer, Dominic
Gendron et Michel Préville. Le travail préalable de Frédéric Coursol, André Sabourin et
Philippe Geoffrion ont aussi été nécessaire pour concevoir ce document.
Maude Laberge, chargée de projet chez Héritage Saint-Bernard depuis 2006, est détentrice
d’une maîtrise en science de l’Environnement de l’Université du Québec à Montréal.
Luc L’Écuyer est le directeur général d’Héritage Saint-Bernard depuis 1998. Ses
connaissances et son implication ont fait de l’organisme un leader environnemental dans la
région.
Dominic Gendron, accrédité depuis 2001 par le ministère des Ressources naturelles et de la
Faune pour intervenir légalement à titre de gardien de territoire, est coordonateur à la
protection et à l’aménagement chez Héritage Saint-Bernard depuis ce temps.
Michel Préville, est rédacteur en chef du magazine Québec Oiseaux et journaliste spécialisé
en environnement.
Frédéric Coursol est un diplômé en Sciences biologiques de l'Université de Montréal. Depuis
trois ans, il travaille à la Division recherche et développement scientifique du Jardin
botanique de Montréal comme assistant-botaniste. Il agit fréquemment comme consultantbotaniste
chez Dessau, Genivar, Techsult et autres. Il a agi en tant que consultant expert
pour la rédaction de ce mémoire.
André Sabourin détient un baccalauréat spécialisé en géographie de l’Université du Québec
à Montréal. Il a été amateur de botanique de 1973 à 1989. Puis il est devenu un
professionnel et un consultant dans ce domaine. Il a réalisé les inventaires floristiques pour
Héritage Saint-Bernard.
Philippe Geoffrion est détenteur d’un baccalauréat en biologie de l’Université de Montréal.
Il travaille chez Héritage Saint-Bernard depuis 1998.
Nous tenons aussi à remercier Patrick Asch d’Héritage Laurentien qui nous a fournir avec
beaucoup de générosité bon nombre de données sur les milieux naturels qui ont bonifié ce
mémoire.
II
Table des matières
Présentation de l’organisme ............................................................................................................................ 1
Mission .............................................................................................................................................................. 1
Territoires confiés à Héritage Saint-Bernard ...................................................................................................... 1
I. UN TERRITOIRE EXCEPTIONNEL A PRÉSERVER ......................................................................................... 3
1.1 Un patrimoine écologique ............................................................................................................................ 3
1.2 Écosystèmes forestiers exceptionnels .......................................................................................................... 5
1.3 Plantes rares, vulnérables et menacées ....................................................................................................... 7
1.4 Des habitats appréciés par la faune ........................................................................................................... 10
1.6 L’importance d’un corridor vert pour préserver la biodiversité ................................................................ 15
II. RETOMBÉES ÉCONOMIQUES DE LA MISE EN VALEUR DE LA CEINTURE VERTE ...................................... 17
2.1 Valeur des écosystèmes et des services qu’ils rendent.............................................................................. 17
2.3 Les grands parcs urbains et le développement des villes........................................................................... 20
2.4 Un corridor vert aménagé comme moyen de relance ............................................................................... 22
2.5 Création d’un parc intermunicipal… pourquoi pas ? .................................................................................. 24
2.6 Prendre le temps de planifier, mais agir maintenant pour protéger ......................................................... 24
Conclusion ..................................................................................................................................................... 26
Annexes ........................................................................................................................................................ 30
1
Présentation de l’organisme
Mission
Héritage Saint-Bernard est un organisme sans but lucratif oeuvrant à la protection de
l’environnement fondé en 1987. Sa mission première est la protection, l’aménagement, la
mise en valeur et la gestion des milieux naturels qui lui sont confiés notamment par la
Fondation de la faune du Québec tant à Châteauguay qu’à Léry. L’organisme a également
comme objectif de mettre sur pied des activités éducatives, écotouristiques et de
sensibilisation s’adressant à toute la population. De plus, Héritage Saint-Bernard mise sur un
engagement environnemental dans la communauté.
Territoires confiés à Héritage Saint-Bernard
Le refuge faunique Marguerite-D’Youville
Situé sur l’île Saint-Bernard à Châteauguay, le refuge faunique Marguerite-D'Youville est un
territoire naturel de 223 hectares où se retrouvent marais, marécages, rives, prairies,
érablière à caryers et chênaie qui constituent des écosystèmes exceptionnels. Accessibles
gratuitement, huit kilomètres de sentiers y sont aménagés pour le plus grand plaisir des
amateurs de plein air, des ornithologues et des groupes scolaires. Annuellement, le refuge
faunique Marguerite-D'Youville et le Pavillon de l’île accueillent plus de 45 000 visiteurs.
Le centre écologique Fernand-Seguin
La période de grande affluence est sans contredit l’hiver, le centre écologique Fernand-
Seguin offrant plus de cinq kilomètres de sentiers de ski de fond, de raquette et de marche
ainsi qu’une butte à glisser. On y retrouve aussi un casse-croûte et un centre de location
d’équipement. Au printemps et à l’automne, des guides naturalistes font découvrir
gratuitement la faune et la flore du boisé aux familles tout au long de cinq kilomètres de
sentiers. Ouvert à l’année, le centre écologique Fernand-Seguin accueille plus de 42 000
visiteurs, ce qui en fait l’un des parcs les plus visités dans la région.
Le territoire du ruisseau Saint-Jean et du Parc de la commune
Situé à la fois sur le territoire de Châteauguay et de Léry, le ruisseau Saint-Jean inonde au
printemps un vaste territoire ; il s’agit de la plus importante frayère multispécifique en
plaine inondable du lac Saint-Louis. Une grande passerelle traverse un milieu humide, au
grand bonheur des amants de la nature. Le parc de la Commune longe le bras ouest de la
rivière Châteauguay et fait face à l’île Saint-Bernard. On y retrouve une piste
multifonctionnelle d’un kilomètre faisant partie d’un réseau cyclable de cinq kilomètres
traversant le ruisseau Saint-Jean. Ensemble, le parc de la Commune et le territoire du
ruisseau Saint-Jean accueillent plus de 15 000 personnes par année.
Héritage Saint-Bernard estime qu’il y a plus de 100 000 visiteurs chaque année
sur ces territoires jusqu’à maintenant préservés du développement
résidentiel, commercial, institutionnel et industriel.
2
Introduction
Dans le contexte de la réalisation d’un nouveau plan d’urbanisme de la municipalité de Léry,
Héritage Saint-Bernard dépose un mémoire destiné aux élus afin de les aider à prendre les
meilleures décisions possibles quant à l’avenir de leur territoire.
Rappelons qu’Héritage Saint-Bernard est un organisme de conservation qui gère et met en
valeur plusieurs milieux naturels dans la région et certains sont directement situés dans Léry.
Tous ces milieux naturels font partie de la ceinture verte Léry-Châteauguay qui, d’un point
de vue administratif, est morcelée mais qui fait partie d’un tout du point de vue biologique
et géographique. Héritage Saint-Bernard défend l’idée que ce vaste corridor vert, qui a
permis à une faune et une flore exceptionnelles de se développer aux cours des derniers
siècles, ne doit en aucun cas être morcelé. Dans ce présent document, les élus pourront
comprendre l’argumentaire de l’organisme qui défend l’idée de protéger et de mettre en
valeur ce territoire unique au Québec, tant pour préserver sa haute valeur écologique que
mettre à profit son potentiel récréotouristique.

3
I. Un territoire exceptionnel à préserver
1.1 Un patrimoine écologique
C’est bien connu, le boisé de la ceinture verte de Léry-Châteauguay est d’une richesse
exceptionnelle. Hubert Reeves, astrophysicien de renommée internationale, qui a connu
d’ailleurs les charmes de Léry pendant sa jeunesse, soutient qu’il est essentiel de la
préserver dans son entièreté si on veut protéger la biodiversité des lieux. Commencer à
morceler le territoire boisé de la ceinture verte est pour lui synonyme de danger pour son
équilibre et sa postérité. Comme il le mentionne si bien : «Chacun prend maintenant
conscience de l'urgence d'agir pour garder la Terre accueillante au vivant, hospitalière pour
l'humanité. Nous n'avons pas de planète de rechange. L'urbanisation a déjà absorbé trop de
milieux naturels et leur rétrécissement doit cesser si l'on veut que les services rendus aux
humains par la nature puissent perdurer1. »
Selon cet homme de science, le site fait partie d’une « belle ceinture qui vaut d'être
préservée car ces quelques 900 hectares dont près de 350 situées à Léry sont une richesse
garante d'un futur de qualité. Sa disparition rendrait l'avenir beaucoup moins désirable2.
Héritage Saint-Bernard ne peut qu’être d’accord avec cet énoncé et invite tous les dirigeants,
actuels et futurs, à agir en ce sens.
D’ailleurs, d’autres dirigeants ont reconnu la valeur exceptionnelle de ce territoire. En effet,
la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a mis le boisé Fernand-Seguin et ses
environs, ce qui inclus donc le territoire boisé de Léry, sur sa liste d’endroits à conserver
autour de Montréal. Cet organisme de planification, de coordination et de financement, qui
regroupe 82 municipalités, a ciblé plusieurs milieux naturels de grande importance à
préserver de l’étalement urbain autour de Montréal. Le boisé a été reconnu par la CMM
comme ayant «une valeur écologique élevée3», à cause notamment de la diversité et de la
maturité des peuplements forestiers. La CMM fait également valoir que «la conservation de
ce bois permettrait de créer un corridor vert. Dans son cadre d’aménagement des
orientations gouvernementales pour la région métropolitaine de Montréal 2001-2021, le
gouvernement du Québec affirme que « tous les boisés encore existants à l’heure actuelle
sur le territoire de la CMM auront été détruits d’ici 2029 si rien n’est fait pour les protéger4
». Voilà une bonne raison d’être inquiet et d’agir rapidement. C’est dans ce contexte
qu’Héritage Saint-Bernard demande aux élus de Léry de protéger les milieux naturels de la
ceinture verte Léry-Châteauguay.
1 Hubert Reeves. « Entendre S.O.S. » in Le journal de Montréal, 9 novembre 2008.
2 Idem.
3 Communauté métropolitaine de Montréal. Fiches techniques des bois d’intérêt écologique sur le territoire de la
CMM. Bois validés sur le terrain en 2002 : Bois de Châteauguay/Léry. Montréal, 2002 ( ?), p. 3.
4 Cité dans Anonyme. « La protection de l’environnement et des milieux naturels : l’effervescence d’un droit en
développement », Revue québécoise d’urbanisme. Volume 28 - Numéro 2 - Été 2008, p. 16.
4
Recommandation 1
Afin d’assurer un meilleur avenir pour les résidents de Léry, ainsi que contribuer à un
meilleur avenir pour l’humanité, Héritage Saint-Bernard recommande à la Ville de Léry de
préserver entièrement les milieux naturels de son territoire qui font partie intégrante de la
ceinture verte.

5
1.2 Écosystèmes forestiers exceptionnels
Ce corridor vert est si remarquable qu’il contient à lui seul 5 « écosystèmes forestiers
exceptionnels5 » (EFE) identifiés par nul autre que le ministère des Ressources naturelles et
de la Faune (MRNF). Cette appellation réfère à trois catégories d'écosystèmes forestiers :
1. les forêts rares ;
2. les forêts anciennes ;
3. les forêts refuges d'espèces menacées ou vulnérables.
Voici la description qu’en fait le ministère des Ressources naturelles et de la Faune :
Les forêts rares
« Les forêts rares sont des écosystèmes forestiers qui occupent un nombre restreint
de sites et couvrent une superficie réduite. La rareté est généralement d'origine
naturelle, mais elle peut aussi résulter de l'activité humaine : on dit alors qu'elle est
anthropique. La rareté est évaluée autant à l'échelle du Québec qu'à l'échelle
d'unités de territoire plus petites. Par exemple, les peuplements de pins rigides sont
rares dans tout le Québec, alors que ceux de chênes rouges sont communs dans le
sud-ouest de la province, mais rares dans la péninsule gaspésienne.
Les forêts anciennes
Cette expression désigne les peuplements qui n'ont pas été modifiés par l'Homme,
qui n'ont subi aucune perturbation majeure récente et dans lesquels on trouve de
très vieux arbres. Ces forêts ont comme particularité de renfermer à la fois des arbres
vivants, sénescents et morts et un sol parsemé de gros troncs à divers stades de
décomposition. On dénombre peu de forêts anciennes au Québec. Dans le sud de la
province, la plupart des forêts ont en effet été considérablement affectées par la
colonisation, puis par l'urbanisation. Plus au nord, ce sont les épidémies d'insectes et
les feux qui les ont raréfiées.
Les « forêts refuges »
Ces forêts abritent une ou plusieurs espèce(s) végétale(s) menacée(s) ou
vulnérable(s). On peut, selon le cas, y trouver une espèce d'une grande rareté, une
population remarquable de l'une ou l'autre de ces espèces ou une concentration
significative (au moins trois) de ces mêmes espèces.6 »
5 En excluant toutefois la partie située sur le territoire de Kahnawake.
6 Ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Les écosystèmes forestiers exceptionnels : éléments clés
de la diversité biologique du Québec. http://www.mrnf.gouv.qc.ca/forets/connaissances/connaissancesecosystemes.
jsp
6
Au total, ce sont 114 hectares du boisé Léry-Châteauguay qui sont reconnus être des EFE, qui
sont soit « refuges », soit « rares ». De cette superficie, plus de 80 hectares d'EFE sont situés
à Léry. Il est à noter que selon les inventaires floristiques effectués par Héritage Saint-
Bernard, il est possible que les limites de certains de ces EFE puissent être plus vastes que ce
qui est désigné actuellement. Cela est du moins ce que nous porte à croire la concentration
de certaines espèces floristiques beaucoup plus grande que ce qu’il était prévu selon les
registres du ministère.
Par ailleurs, le 2e plus grand EFE a une superficie de 43 hectares et il abrite de nombreux
plants d’Aubépine ergot-de-coq, une espèce hautement menacée de disparition au Québec.
Cet EFE est considéré être une « forêt refuge ». Or, une partie de cet EFE d’aubépine est
située dans un secteur convoité actuellement pour du développement domiciliaire. La
majorité de l’EFE est sur le territoire de Léry.
Héritage Saint-Bernard sait qu’il est crucial de préserver les EFE tant pour maintenir la
richesse de la biodiversité au Québec que pour protéger les espèces menacées dont ces
habitats regorgent. Selon le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec,
les EFE « constituent des habitats particuliers susceptibles d'abriter des espèces rares
actuellement inconnues. Certains scientifiques estiment qu'on ne connaîtrait que 50 % des
espèces existantes !7 ». Il faut donc conserver ces milieux tant pour les connaissances que
nous avons d’eux aujourd’hui que pour celles que nous pourrions faire dans l’avenir. Si nous
les détruisons, ces éventuelles connaissances scientifiques risquent de ne jamais être
obtenues. « En protégeant les écosystèmes forestiers exceptionnels, on fait preuve d’une
prudence élémentaire puisque les connaissances sur les interactions entre les espèces et sur
l’évolution des écosystèmes sont encore trop fragmentaires pour qu’on puisse les modifier
en toute quiétude8 », comme le conclut lui-même le ministère des Ressources naturelles et
de la Faune.
Recommandation 2
Héritage Saint-Bernard recommande de préserver à tout prix le territoire de la ceinture
verte Léry-Châteauguay afin d’éviter toute pression sur l’écosystème forestier
exceptionnel, où se retrouve beaucoup d’Aubépines ergo-de-coq. Il est nécessaire de
respecter une zone tampon entre l’écosystème forestier exceptionnel et tout
développement domiciliaire si l’on veut maintenir l’équilibre fragile de celui-ci.
7 Idem.
8 http://www.mrnf.gouv.qc.ca/publications/forets/connaissances/20013072.pdf
7
1.3 Plantes rares, vulnérables et menacées
L'inventaire des plantes menacées ou vulnérables ou susceptibles d'être ainsi désignées a
été financé par le MDDEP. L'inventaire couvre les zones A,C et D de la ceinture verte-Léry-
Châteauguay. Une partie des zones se trouve à Châteauguay, mais les occurrences du
présent inventaire sont majoritairement situées à Léry.(voir la carte complète en annexe)
Héritage Saint-Bernard a commandé récemment des inventaires des plantes menacées ou
vulnérables du territoire de la ceinture verte à un consultant indépendant, André Sabourin,
botaniste québécois notoire. Les inventaires ont été effectués dans la ceinture verte, dont
une portion sur le territoire de Léry.
Le but de ces inventaires était de localiser et caractériser les principaux végétaux et, surtout,
les plantes vasculaires menacées ou vulnérables, ou susceptibles d’être ainsi désignées au
Québec. Celles-ci devaient faire partie des listes officielles du gouvernement du Québec
(2005) et du Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (2008). Nous
présentons ici les plantes menacées et vulnérables qui ont été inventoriées par André
Sabourin. Les espèces sont présentées avec leur statut au Québec et leur rang de priorité
pour la conservation (S1, S2, S3), en ordre décroissant de priorité (CDPNQ, 2008). Ainsi, une
espèce ayant la cote S1 est beaucoup plus rare et beaucoup plus à risque de disparition que
celle ayant la cote S3.
Il y a 18 espèces de plantes menacées ou vulnérables, ou susceptibles d’être ainsi
désignées dans le secteur de Léry.
1. L'Érable noir (Acer nigrum) : susceptible d'être désigné menacé ou vulnérable ; S3
2. L'Ail des bois (Allium tricoccum) : désigné vulnérable ; S3
3. La Doradille ébène (Asplenium platyneuron) : susceptible d'être désignée menacée
ou vulnérable ; S2
4. La Cardamine découpée (Cardamine concatenata) : susceptible d'être désignée
menacée ou vulnérable; S3
5. Le Carex porte-tête (Carex cephalophora) : susceptible d'être désigné menacé ou
vulnérable ; S2
6. Le Carex faux-rubanier (Carex sparganioides) : susceptible d'être désigné menacé ou
vulnérable ; S2
7. Le Caryer ovale (Carya ovata var. ovata): susceptible d'être désigné menacé ou
vulnérable ; S3
8. Le Micocoulier occidental (Celtis occidentalis): susceptible d'être désigné menacé ou
vulnérable ; S3
9. L'Aubépine dilatée (Crataegus cf. coccinioides) : susceptible d'être désignée menacée
ou vulnérable ; S1
10. L'Aubépine ergot-de-coq (Crataegus crus-galli var. crus-galli): susceptible d'être
désignée menacée ou vulnérable ; S1
11. L'Aubépine suborbiculaire (Crataegus suborbiculata) : susceptible d'être désignée
menacée ou vulnérable ; S1S2
12. La Dryoptère de Clinton (Dryopteris clintoniana) : susceptible d'être désignée
menacée ou vulnérable ; S2
8
13. Le Gaillet fausse-circée (Galium circaezans) : susceptible d'être désigné menacé ou
vulnérable; S2
14. Le Noyer cendré (Juglans cinerea) : susceptible d'être désigné menacé ou vulnérable;
S3
15. Le Chêne bicolore (Quercus bicolor) : susceptible d'être désigné menacé ou
vulnérable ; S2
16. La Renoncule à éventails (Ranunculus flabellaris) : susceptible d'être désignée
menacée ou vulnérable ; S2
17. Le Scirpe pendant (Scirpus pendulus): susceptible d'être désigné menacé ou
vulnérable ; S2
18. Le Staphylier à trois folioles (Staphylea trifolia): susceptible d'être désigné menacé
ou vulnérable ; S3
Dans l’ensemble des plantes inventoriées, trois sont très à risque de disparition et leur
protection doit être une priorité nationale. On parle ici de l'Aubépine dilatée (Crataegus cf.
coccinioides) et de l’Aubépine ergot-de-coq (Crataegus crus-galli) et l’Aubépine dilatée
(Crataegus dilatata).
L'Aubépine dilatée est une des trois espèces d'aubépines rares présente sur le territoire de
la ceinture verte Léry-Châteauguay. Il n'y a que sept occurrences au Québec. À l'échelle de la
province, outre les occurrences dans le secteur Léry-Châteauguay, il n'y a que 100 individus
recensés et aucun n'est situé dans une aire protégée. De plus, les populations observées
sont très petites et ne dépassent guère 10 individus. Dans l'ensemble de la ceinture verte, 8
individus ont été localisés dont 6 se trouvent à Léry. Selon André Sabourin, il est très
probable que le statut de l'espèce soit revu et qu’elle soit ajoutée à la liste des plantes rares
du Québec lors de la prochaine mise à jour de la liste.
Dans le cas de l’Aubépine ergot-de-coq, il y a encore plus urgence de protéger cette espèce
car elle est en véritable déclin au Québec. Il n’y a que trois occurrences dans toute la
province et ces derrières sont dans la région de Léry-Châteauguay. À l’échelle de la province,
il ne resterait approximativement que 1 000 individus et il n’y a que peu de chances d’en
découvrir à nouveau. Dans le secteur de Léry, 664 individus ont été inventoriés, ce qui fait
incontestablement de cette espèce la plus importante du site. La fréquence de l’Aubépine
ergot-de-coq, une espèce limitée au Québec aux régions de Châteauguay, Léry, Kahnawake
et Maple-Grove, rend la conservation de cette espèce prioritaire et d’une importance
nationale.
Il est à noter que l’Aubépine suborbiculaire (crataegus suborbiculata) est aussi très
menacée, car elle a été codifiée S1-S2. Il n’y a que six occurrences au Québec. Au total, 134
individus ont été recensés à Léry dans l’ensemble du secteur étudié.
Afin de protéger l'Aubépine dilatée, l’Aubépine ergot-de-coq et l’Aubépine suborbiculaire,
ces espèces très menacées présentes à Léry, il est conseillé selon les politiques nationales,
de ne pas aménager de chemin ou de sentier dans l’habitat occupé par l’espèce ; de
minimiser l’ouverture du couvert forestier pour préserver l’ombre résiduelle et son effet
bénéfique sur l’humidité du sol et de proscrire les travaux de drainage et d’égouttement
dans l’habitat occupé par l’espèce. Évidemment, le développement domiciliaire près de leur
9
habitat est à proscrire. En effet, sur la base des caractéristiques biologiques de ces espèces,
la délimitation d’un périmètre de 60 mètres ceinturant son habitat constitue une protection
minimale (CDNQ, 2008) contre les altérations microclimatiques occasionnées par un effet de
bordure (modifications de l'intensité lumineuse, de la température, du vent, de l'humidité
relative, de l'accumulation de neige, etc.). Autrement dit, non seulement est-il nécessaire de
préserver l’habitat, mais une zone tampon de 60 mètres est essentielle autour de celui-ci
afin d’assurer la pérennité de ces espèces.
En plus de ces plantes qu’il faut protéger afin d’assurer leur pérennité, quatorze autres
plantes herbacées d’intérêt ont été observées, mais non localisées précisément sur le site
à l'étude. Ce sont :
1. Le Bident discoïde (Bidens discoidea; syn. Bidens discoideus):
2. Le Carex à feuilles poilues (Carex hirtifolia)
3. Le Carex de Hitchcock (Carex hitchcockiana)
4. Le Décodon verticillé (Decodon verticillatus)
5. La Pédiculaire du Canada (Pedicularis canadensis)
6. L'Adiante du Canada (Adiantum pedatum)
7. L'Asaret gingembre (Asarum canadense)
8. La Cardamine carcajou (Cardamine diphylla)
9. La Cardamine géante (Cardamine maxima)
10. La Matteuccie fougère-à-l'autruche (Matteuccia struthiopteris)
11. La Sanguinaire du Canada (Sanguinaria canadensis)
12. Le Trille blanc (Trillium grandiflorum)
13. L'Uvulaire grande-fleur (Uvularia grandiflora)
14. Le Noyer noir (Juglans nigra)
En résumé, les inventaires floristiques sur le territoire de Léry ont confirmé la présence de
18 espèces de plantes rares et en situation précaire et 14 autres plantes herbacées d’intérêt.
Le milieu naturel de Léry est ainsi un site très riche en biodiversité floristique de la grande
région de Montréal et même du Québec. André Sabourin conclut dans son rapport qu’il est
évident que le site est de « qualité très élevée » et que «… en vingt ans de pratique
professionnelle de la botanique de terrain, j'ai rarement inventorié des territoires aussi
riches en plantes rares ou d'intérêt, sur des superficies comparables. Ce sont donc des forêts
ou écosystèmes de type refuge d'espèces en difficulté. » Il confirme aussi qu’une partie du
site est un « écosystème forestier exceptionnel, de type forêt rare ». Il est donc primordial
de conserver ce territoire exceptionnel.
Recommandation 3
Plusieurs plantes et arbustes menacés de disparaître du Québec se retrouvent sur
l’ensemble des milieux naturels de Léry. Héritage Saint-Bernard recommande donc de
conserver et valoriser la flore exceptionnelle de tout ce secteur. Une zone tampon est
aussi nécessaire entre leur habitat et le développement domiciliaire pour assurer leur
pérennité.

10
1.4 Des habitats appréciés par la faune
La section Léry de la ceinture verte Léry-Châteauguay est aussi un habitat très convoité par
plusieurs espèces d’animaux. Malheureusement, il n’y a pas eu d’inventaire faunique
entrepris dans ce secteur. Nous savons cependant que plus de 20 espèces de mammifères
sont présentes dans d'autres secteurs de la ceinture verte. Tout nous porte à penser que ces
espèces se retrouvent également dans le secteur sud-ouest présentement à l’étude. En voici
la liste. Il est à noter que les noms en caractère gras désignent les espèces qui ont été
confirmées dans le secteur de Léry:
o Campagnol des champs ;
o Castor du Canada
o Cerf de Virginie ;
o Chauve-souris sp. ;
o Condylure à nez étoilé ;
o Coyote ;
o Écureuil gris ;
o Écureuil roux ;
o Hermine ;
o Belette à longue queue ;
o Lapin à queue blanche ;
o Loutre de rivìère
o Marmotte commune ;
o Mouffette rayée ;
o Musaraigne cendrée ;
o Rat musqué commun
o Raton laveur ;
o Renard roux ;
o Souris-sauteuse sp.;
o Tamia rayé.
o Vison d'Amérique
En ce qui concerne les espèces d’amphibiens et de reptiles présentes dans le secteur, nous
sommes devant la même problématique, à savoir qu’aucun inventaire complet n’a été
réalisé. Nous avons toutefois confirmé la présence de cinq espèces d’amphibiens et de deux
espèces de reptiles. En voici la liste :
o Salamandre cendrée;
o Crapaud d’Amérique;
o Grenouille léopard;
o Rainette versicolore;
o Grenouille des bois
o Couleuvre rayée;
o Couleuvre à ventre rouge

11
Il est à noter que la couleuvre tacheté, considérée comme espèce susceptible d’être
désignée menacée ou vulnérable par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune
du Québec et comme espèce préoccupante par le gouvernement fédéral a été trouvée à
proximité, dans le secteur du centre écologique Fernand-Seguin, il est donc fort probable
que cette espèce soit aussi présente dans la section Léry de la ceinture verte Léry-
Châteauguay.
La Salamandre cendrée, omniprésente à Léry, est la
seule espèce de salamandre au Québec vivant
uniquement dans un habitat forestier. Autrement
dit, son cycle vital se déroule complètement en forêt
et elle n’a pas de stade larvaire dans un habitat
aquatique. Cette particularité fait de cette
salamandre une espèce particulièrement sensible
aux coupes forestières et aux modifications de
l’humidité des sols provoquées par la destruction, ne
serait-ce que partielle, de son habitat.
Par ailleurs, même si un inventaire exhaustif n’a pas
été encore effectué, il est toutefois possible de
présumer que le secteur à l’étude accueille d’autres
espèces qui ont été aperçues à plusieurs reprises
dans divers endroits du boisé Léry-Châteauguay. En
voici une liste non exhaustive :
o Salamandre maculée;
o Salamandre à points bleus;
o Couleuvre brune (rare);
o Couleuvre verte;
o Couleuvre à collier (rare).
Recommandation 4
Héritage Saint-Bernard recommande de préserver l’habitat qu’est la ceinture verte pour de
nombreux animaux, dont plusieurs espèces sont rares.
Salamandre cendrée
12
1.5 Lieu exceptionnel pour les oiseaux
La diversité des habitats présents font du site à l’étude un véritable paradis pour de
nombreuses espèces d’oiseaux et ce, au grand bonheur des ornithologues de la région, voire
de la province. Des inventaires ont été faits au sein du boisé Léry-Châteauguay par le Club
des Ornithologues de Châteauguay9. Le territoire a été divisé en quatre zones distinctes,
comme on peut le voir sur la photo suivante.
Les zones A, C et D sont particulièrement intéressantes car elles sont en grande partie
situées sur le territoire de Léry. Pour l'ensemble de ces zones, plus de 300 heures
d’inventaire aviaire ont été nécessaires, dont plus de 140 heures pour la zone A, 54 heures
pour la zone C et 15 heures pour la zone D. L’inventaire a eu lieu de septembre 2008 à la mijuin
2009. À partir de cet inventaire rigoureux, nous pouvons affirmer que 125 espèces ont
été recensés dans la ceinture verte de Léry-Châteauguay. La liste complète de ces oiseaux
est présentée à l’annexe 3.
En ce qui a trait aux espèces présentes dans la zone A, nous avons inventorié 107 espèces,
dont 55* nicheuses. Voici de ce nombre quelques espèces nicheuses particulièrement
intéressantes :
Le rapport fait état de 54 espèces nicheuse, mais la nidification du Grand-Duc d'Amérique a
été confirmée l'hiver dernier par des membres du Club des Ornithologues de Châteauguay.
o Tangara écarlate ;
o Dindon sauvage ;
o Petit-duc maculé ;
o Martinet ramoneur ;
o Moqueur roux ;
o Paruline obscure ;
o Paruline à joue grises ;
o Paruline à collier ;
o Paruline à poitrine baie ;
o Paruline à gorge noire ;
o Passerin indigo;
o Grand-duc d'Amérique.
Puis, des espèces de passages particulièrement intéressantes qui utilisent le territoire pour
se reposer et se nourrir:
o Paruline à ailes dorées* ;
o Faucon pélerin;
o Mésange bicolore.
9Club des ornithologues de Châteauguay. Inventaire de l’avifaune. Ceinture verte de Léry-Châteauguay. Châteauguay, juillet 2009, 22 p.
13
De toute ces espèces, revenons sur deux d’entreelles
dont la population est plus fragilisée. D’abord,
le Martinet ramoneur, qui est « nicheur possible »
dans la zone A. Cette espèce est considérée « en
péril » par le gouvernement fédéral et est protégée
en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Le
Martinet ramoneur niche principalement dans les
cheminées puisque le défrichement et la
déforestation ont fait disparaître presque tous les
grands arbres creux. Cependant, il est possible que
certains individus nichent encore dans ces
derniers10. On retrouve ce type d’arbre dans la zone
A et le Martinet ramoneur y a été observé pendant
la période de nidification dans le cadre de
l’inventaire de la faune aviaire du Club des
Ornithologues de Châteauguay.
Ensuite, la Paruline à ailes dorées a aussi été observée un peu avant la période de
nidification. Cette espèce est aussi considérée « en péril » par le gouvernement fédéral et
est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Bien que l’espèce ne puisse être
considérée comme nicheuse dans le secteur, elle a été aperçue dans un habitat
correspondant à son habitat de nidification. Au Québec, l’espèce est reconnue nicheuse
seulement dans l’extrême sud de la province11. Aucune nidification n’a été confirmée aussi
au nord de notre secteur, mais les habitats de la friche au sud-ouest du centre écologique
ainsi que la friche au nord du secteur à l’étude correspondent à l’habitat de l’espèce. Il serait
donc intéressant de poursuivre les inventaires au cours des prochaines années afin de
détecter la présence de cette espèce.
Finalement, le Grand-duc d'Amérique a été confirmé nicheur l'hiver dernier. Des adultes ont
été observés dans un nid. Au fil de la période de nidification, un jeune a aussi été observé
dans le nid et par la suite dans les environs de ce même nid. On parle donc d'une nidification
confirmée et réussie. Le Grand-duc d'Amérique est l'un des plus grands rapaces nocturne du
Québec et il a besoin d'un habitat très vaste pour mener à terme une nidification. Sa
présence et sa nidification dans le secteur Léry de la ceinture verte sont des éléments
supplémentaires démontrant la valeur écologique de cet habitat.
10Gouvernement du Canada. Registre public des espèces en péril. 2009. /www.registrelep.gc.ca/species/speciesDetails_f.cfm?sid=951
11GOUVERNEMENT DU CANADA. Registre public des espèces en péril. 2009.
www.registrelep.gc.ca/species/speciesDetails_f.cfm?sid=942
Martinet ramoneur
14
En ce qui a trait aux espèces présentes dans la zone C, nous avons inventorié 90 espèces,
dont 53 nicheuses. Voici de ce nombre quelques espèces nicheuses particulièrement
intéressantes :
o Dindon sauvage ;
o Épervier de Cooper;
o Martinet ramoneur * ;
o Grand Pic;
o Mésange bicolore;
o Passerin indigo;
Puis, des espèces de passage particulièrement intéressantes qui utilisent le territoire pour se
reposer et se nourrir:
o Grand Corbeau
o Urubu à tête rouge;
o Tangara écarlate ;
En ce qui a trait aux espèces présentes dans la zone D, nous avons inventorié 47 espèces,
dont 33 nicheuses. Voici de ce nombre quelques espèces nicheuses particulièrement
intéressantes :
o Butor d'Amérique;
o Canard noir;
o Râle de Virginie
o Marouette de Caroline
Il est à noter que le rare Petit Blongios niche fort probablement dans les milieux humides de
la zone D, donc à Léry. Le refuge faunique Marguerite-D'Youville, sur l'île Saint-Bernard
abrite l'une des plus importantes populations de Petit Blongios au Québec. Cette espèce
menacée se retrouve dans les mêmes types d'habitat en milieux humides de la zone D et ce
a moins de 3km à vole d'oiseau.
Recommandation 5
Héritage Saint-Bernard recommande à la Ville de Léry de protéger intégralement les
territoires naturels car ils constituent des habitats privilégiés pour au moins 108 espèces
d’oiseaux, dont certaines sont en péril et protégées par la législation fédérale.

15
1.6 L’importance d’un corridor vert pour préserver la biodiversité
Du point de vue de la conservation de la biodiversité, il est primordial de conserver un
« corridor vert », c’est-à-dire de ne pas morceler les milieux naturels isolés les uns des
autres. Donc à la question « peut-on conserver une partie des milieux naturels de Léry et en
utiliser une portion pour le développement domiciliaire ? », Héritage Saint-Bernard répond
que ce n’est pas possible si l’on veut préserver la biodiversité du site.
Des îlots de verdure trop restreints et sans liens directs ne permettent pas aux espèces
vivantes de maintenir leur diversité ; ces petits habitats sont aussi plus vulnérables face aux
transformations pouvant survenir autour. Autrement dit, la biodiversité ne peut être
maintenue dans des aires isolées. Conceptuellement, un corridor vert est un lieu, ou un
réseau de lieux, réunissant les conditions de circulation d'une ou plusieurs espèces. Comme
le souligne une brochure d’information publiée par le gouvernement français, « tout au long
de leur vie, les animaux ont besoin de se déplacer pour se nourrir, se reposer, se reproduire
ou encore conquérir de nouveaux territoires. Les plantes, elles aussi, se propagent par leur
pollen ou leurs graines12. » Le développement résidentiel sur des parcelles d’un milieu
naturel peut donc devenir un obstacle à cette libre circulation de la faune et de la flore,
s'opposant ainsi à la diffusion ou au mélange normal de leurs gènes qui pourrait assurer leur
reproduction. À court terme, quand ce n’est la destruction de l’habitat pur et simple qui est
prévu, la route construite qui scindera le milieu en deux provoquera ainsi la mort des
animaux qui voudront la traverser ou créera une barrière pour que les plantes se
reproduisent. À plus long terme, un nombre d’aménagements trop important découpant le
territoire, entraînera ainsi un isolement des populations les unes des autres. Par conséquent
: si l’une d’entre elles vient à disparaître, le milieu qu’elle occupait ne peut pas être
recolonisé, sans compter que le brassage génétique ne sera plus possible par l’arrivée
d’individus extérieurs13.
Lorsque l’on scinde en plusieurs parties un milieu naturel, on « observe une baisse de la
fertilité et une plus grande sensibilité aux maladies. Petit à petit, des populations
disparaissent, provoquant une diminution de la diversité biologique. Pour toutes ces raisons,
il est important de garder un corridor vert le plus intact et dense que possible. On sait par
ailleurs que les ceintures vertes créent « un effet de microclimat qui atténue les variations
extrêmes du climat les rendant beaucoup plus modérées. Ainsi, en hiver, plusieurs espèces
de mammifères utilisent les ceintures vertes pour se protéger du vent et d’autres conditions
climatiques adverses14 ».
La ceinture verte Léry-Châteauguay offre un autre avantage relativement exceptionnel : le
fait de regrouper une grande diversité d’écosystèmes. Ainsi, les forêts, les prairies naturelles,
les champs en friche et les milieux humides abritent non seulement une grande diversité
d’espèces floristiques et fauniques, mais la contiguïté de ces milieux crée de nouvelles zones,
qualifiées d’écotones, qui contribuent à attirer d’autres espèces et, par conséquent, à
augmenter la richesse et la biodiversité de la ceinture verte.
12 Apollon 74, FRAPNA Haute-Savoie ET Pro Natura Geneve. Feu vert pour les corridors biologiques. Grenoble,
Août 2005, p. 2. (http://www.pronatura.ch/ge/data/BrochureCorridors.pdf)
13 Idem, p. 3.
14 Pierre Aquin. La ceinture naturelle Léry-Châteauguay. Option Verte, Châteauguay, 1993, p. 19.

16
Recommandation 7
Héritage Saint-Bernard recommande à la Ville de Léry de préserver la totalité des espaces
naturels car en détruire une partie créerait des îlots de verdure qui empêcheraient la
faune et la flore de se reproduire d’un endroit à l’autre. Cela risquerait de diminuer
grandement la richesse de la biodiversité qu’on y trouve. Il faut donc que la Ville de Léry
privilégie le maintient d’un corridor vert existant et évite de morceler les espaces verts.

17
II. Retombées économiques de la mise en valeur de
la ceinture verte
2.1 Valeur des écosystèmes et des services qu’ils rendent
L'approche de la valeur économique des écosystèmes est de plus en plus reconnue comme
le démontre le rapport L'Approche économique de la biodiversité et des services liés aux
écosystèmes15, publié par le Centre d’analyse stratégique de France. Des économistes font
désormais l'exercice d’attribuer une valeur économique aux différents éléments composant
les écosystèmes ainsi qu'aux services qu'ils rendent à la société. Dans un document du
gouvernement du Québec, on résume en quelques phrases les principaux « services
rendus » pour les humains par les écosystèmes naturels. Dans le document intitulé Les
orientations en matière d’aménagement on affirme que les milieux naturels, en particulier
les boisés, « contribuent au maintien de la biodiversité du territoire. Ils servent de refuge et
de milieu de vie à la faune et jouent un rôle important dans la régulation de l’eau. Les eaux
de ruissellement provenant des espaces boisés sont de qualités supérieures et contribuent à
diluer les eaux de surface contaminées par les activités humaines. Les espaces boisés
participent également au maintien de la nappe phréatique, laquelle contribue entre autres à
l’alimentation humaine et animale de même qu’à l’irrigation des cultures. Outre leur
fonction paysagère évidente, ces espaces jouent un rôle important dans la conservation des
terres arables en limitant les impacts de l’érosion éolienne16. » Et de conclure, « la
préservation des espaces boisés constitue un élément indispensable quant à la gestion
durable du milieu naturel17 ».
Quant à l’étude française évoquée plus haut, elle propose « trois voies d'analyse pour tous
les projets à l'avenir ». Louis-Gilles Francoeur, journaliste au quotidien Le Devoir résume son
contenu en ces termes : « D'abord, il faut analyser la valeur économique de la perte directe
causée par le prélèvement, comme la perte en nourriture, en eau et en bois de l'écosystème
altéré ou sacrifié. Puis, indique le rapport, il faut ajouter la perte du régulateur que constitue
cet écosystème, car il stocke du carbone, régularise, stocke et filtre l'eau, contrôle l'érosion,
alimente des espèces et participe à l'équilibre des espèces dans les territoires voisins, pour
ne donner que quelques exemples. En troisième lieu, il propose de comptabiliser la perte
pour la société des services culturels, c’est-à-dire en tourisme, en éducation, en santé, etc.
Le rapport préconise enfin une approche par «milieu» pour tenir compte non seulement des
fonctions précédentes prises individuellement, mais aussi dans leur interaction globale, une
autre source de valeur. Et il faut calculer la valeur sur plusieurs générations de ces
altérations18 ».
15 Groupe de travail présidé Par Bernard Chevassus-Au-Louis. L'Approche économique de la biodiversité et des
services liés aux écosystèmes, Centre d’analyse Stratégique, Gouvernement de France, avril 2009, 378 p.
16 Direction de l’aménagement et du développement local. Les orientations du gouvernement en matière
d’aménagement. La protection du territoire et des activités agricoles. Ministère des Affaires municipales et des
Régions. Québec, Février 2005, p. 12 et 13.
17 Ibidem, p. 13.
18 Louis-Gilles Francoeur. « Les coûts cachés de la perte de biodiversité » in Le Devoir, Édition du 12 juin 2009.
18
En réalité, si l’on calcule les services offerts par ces milieux naturels, nous sommes certains
qu’il coûterait plus cher, à long terme et à l’ensemble de la collectivité, de sacrifier la friche
et le boisé pour en faire des maisons unifamiliales haut de gamme. Sans pouvoir ici faire ce
genre d’exercice comptable, nous pouvons cependant rappeler l’exemple qui a été donné
par Marc Delage de Nature-Action lors de séances d’information et publié dans le journal Le
Soleil de Châteauguay, qui affirmait qu’un arbre mature valait 273 dollars par année en
dollars de 1985. « (...) L'évaluation tenait compte de plusieurs services rendus par l'arbre :
production d'oxygène, rafraîchissement de l'air, abri pour la faune, contrôle de l'érosion, etc.
La valeur des 36 000 arbres du boisé du sud-ouest voisine ainsi les 10 millions de dollars par
année. Aussi, s'il fallait reconstituer la forêt de 122 hectares à partir de zéro, la facture
atteindrait 17 millions de dollars19.»
Voilà des chiffres qui font réfléchir et qui incitent à bien planifier les projets de la Ville, quels
qu’ils soient. Certes, il est difficile de mettre une valeur chiffrée définitive sur le territoire
visé, surtout que les études ne sont pas complètes. Néanmoins, pour Héritage Saint-Bernard,
il est évident que cette valeur est inestimable dans un contexte de crise environnementale
et de pénurie d’espaces verts. À terme, comme nous le verrons plus loin, nous pensons
plutôt qu’il faut au contraire capitaliser sur ce territoire en le mettant en valeur.
Recommandation 8
Héritage Saint-Bernard, en s’appuyant sur le concept reconnu de la valeur économique des
écosystèmes, recommande à Léry d’être audacieuse et d’entrer dans le nouveau
paradigme économique que nous dicte la crise environnementale et financière. En effet,
plutôt que de reproduire un modèle de développement qui est à l’origine des crises qui
nous affectent aujourd’hui, dans la mesure où l’industrialisation et l’urbanisation se sont
toujours effectuées sans jamais que soient calculées les externalités environnementales,
nous pensons que Léry devrait capitaliser sur la richesse inestimable de ses écosystèmes.
De cette façon, la ville entrera de plain-pied dans l’ère du développement durable. C’est là
tout le sens de la relance verte dans le cadre de l’actuelle crise environnementale et
financière.
19 Thibault, Michel. « Combien vaut un arbre » in Le Soleil de Châteauguay, 13 juin 2009.
19
2.2 Activités de plein air et récréotouristiques comme outils économiques
On reconnaît aujourd’hui que les milieux naturels, en plus d’être essentiels d’un point de vu
social et environnemental, ont aussi des retombées économiques importantes. Au Québec,
le très sérieux ministère des Ressources naturelles et de la Faune fait couramment des
études pour connaître précisément les retombées économiques de ces milieux tant à
l’échelle locale que provinciale. Dans le document La faune et la nature ça compte ! Une
contribution manifeste et significative sur le développement économique régional, on
apprend que les activités liées à la faune et à la nature contribuent à produire une valeur
ajoutée de 481 millions de dollars20 pour la province. Mieux encore, on sait que le nombre
d’activités s’effectuant dans des milieux naturels est constamment en hausse au Québec,
comme partout ailleurs dans le monde. Selon l’Organisation mondiale du tourisme, en 1996,
le tourisme d’aventure et les sports de plein air comptaient pour 24 % de la demande et
représentaient 592 millions de voyageurs, alors qu’on estime qu’en 2010 leur nombre
devrait dépasser le cap du milliard. Une forte tendance à la hausse, donc. Au Québec,
aujourd’hui « le total des adeptes qui fréquentent les diverses régions pour les activités liées
à la faune et à la nature représente plus de 7 millions de personnes. De façon imagée, c'est
comme si toute la population du Québec se déplaçait, au même moment et une fois dans
l'année, pour exercer l'une ou l'autre de ces activités. 21
Ce n’est pas surprenant que les activités de plein air, sans prélèvement, soient si populaires.
Selon le Conseil québécois du Loisir c’est le « caractère souvent familial des activités, leur
adaptabilité en fonction des aptitudes physiques de chacun et la légèreté des «
infrastructures » nécessaires à leur pratique22» qui explique en bonne partie la popularité
des loisirs en plein air. On parle ici d’activités allant de l’observation d’oiseaux à la
photographie, en passant par la randonnée pédestre, le ski de fond et la raquette. « Cet
intérêt grandissant, tout comme l’intégration des activités de plein air au mode de vie, se
comprend aisément à une époque marquée par la recherche du bien-être, par un besoin
social croissant de nature et par des préoccupations relatives à la santé et à
l’environnement23. »
En Montérégie les activités de plein air sont d’autant plus populaires, qu’on évalue qu’il y a
plus de 208 000 adeptes de ce type d’activités à chaque année. Les adeptes dépensent
annuellement plus de 42 millions de dollars pour différentes activités fauniques situées en
Montérégie. Cela est sans compter que ce sont les gens vivant en Montérégie qui dépensent
le plus pour ce genre d’activités, tout de suite derrière ceux de la région de Montréal. De
l’ensemble de toutes leurs dépenses, 71 % sont dépensés directement en Montérégie. La
Ville de Léry a tout intérêt à mettre en valeur ses milieux naturels pour bénéficier de toutes
ces retombées économiques possibles. Il y a encore du travail à faire pour l’aménagement
du site dans un premier temps, puis pour en faire la promotion.
La mise en valeur du territoire (sentiers, belvédères, ponceaux, tables à pique-nique, etc.)
profiterait grandement aux citoyens de Léry. Il y a déjà un bon nombre d’entres eux qui
20 Ministère des Ressources naturelles et de la Faune. La faune et la nature ça compte ! Une contribution
manifeste et significative sur le développement économique régional. Québec, 2009, p. 2.
21 Ibidem.
22 Conseil québécois du loisir. Résumé du rapport de recherche. Portrait des enjeux liés au développement et à la
pérennisation des sentiers et des lieux de pratique de loisir de plein air. Montréal, Mars 2008, p. 4.
23 Ibidem, p. 8.
20
pratiquent la marche, la raquette, le ski ou le vélo dans l’un ou l’autre des endroits de le
ceinture verte de Léry-Châteauguay.
Recommandation 9
Héritage Saint-Bernard recommande à la Ville de Léry de mettre en valeur les milieux
naturels de la municipalité pour qu’ils deviennent l’élément récréotouristique majeur de la
ville, comme Saint-Hilaire l’a fait avec sa montagne, par exemple.
2.3 Les grands parcs urbains et le développement des villes
Il y a bien longtemps que les villes utilisent les espaces verts comme outil de mieux-être pour
leur population. Citons l’exemple de Central Park à New York qui, dès le début du 19e siècle,
a été créé suite à une volonté populaire qui réclamait un espace vert au coeur de la ville. La
philosophie de Frederick Law Olmsted et Calvert Vaux, les concepteurs du parc, était de
donner du lustre à la ville et rendre accessible le parc à tous les habitants, peu importe les
origines sociales de ceux-ci.
Central Park était alors le premier grand parc public à avoir été aménagé dans une ville
américaine. Lorsque la ville de New York a commencé à s'étendre vers le nord de l'île de
Manhattan au 19e siècle, plusieurs voix se sont élevées pour réclamer la création d'un
espace de verdure, à l'image du Bois de Boulogne à Paris (achevé en 1852) ou de Hyde Park à
Londres. Central Park a été achevé en 1873, après 13 années de construction qui ont
nécessité un investissement de 50 millions de dollars en valeur actuelle. Le parc new-yokais
a été construit de toutes pièces : plus de 500 000 arbres ont été plantés vers 1850, plusieurs
lacs artificiels ont été creusés et aménagés, des sentiers ont été tracés, etc.
Aujourd’hui ce parc est une véritable fierté pour tous les citoyens de New York. Connu
mondialement, il est devenu un symbole même de la ville, contribuant à son image de
marque et étant l’un des attraits qui attirent le plus de touristes à chaque année. En plus,
avec ses 341 hectares, il est devenu un espace vert d’envergure d’un point de vue de la
biodiversité, notamment à cause de sa zone de protection de la vie sauvage. On y trouve
notamment, 200 espèces d'oiseaux, dont plusieurs migrateurs, et 14 espèces de
mammifères ainsi que plusieurs espèces de poissons. Notons que le parc est géré par la
Central Park Conservancy (comité de sauvegarde de Central Park) qui dispose d'un budget
annuel de 27 millions de dollars24.
Plus près de nous, le Mont-Royal est aussi une réalisation de l’architecte paysager Frederick
Law Olmsted. Il a été construit dans ce même esprit où l’accessibilité à tous était
primordiale, et avec la conscience de la richesse collective qu’il deviendrait pour la ville. Une
première partie de la montagne a été protégée de tout développement immobilier dès 1853.
24 http://www.centralparknyc.org/site/PageNavigator/aboutcon_cpc

21
Le parc aménagé a été inauguré en 1876. Si les Montréalais peuvent profiter aujourd’hui de
ce magnifique espace vert, c’est essentiellement grâce à la vision des élus municipaux qui
ont su intervenir à l’époque pour sa protection.
Que ce soit à New York, Montréal ou Vancouver, il est clair que les grands parcs urbains
aménagés sont devenus des symboles. Ces grands espaces verts, qu’on a la plupart du temps
construit de toutes pièces, en investissant des sommes considérables, sont devenus des
richesses collectives pour tous les citoyens, améliorant grandement leur qualité de vie. Ils
contribuent aussi à l’image de marque de ces municipalités, attirant de nouveaux résidents
et des touristes. De plus, ces grands parcs sont devenus sans conteste des pôles d’attraction
tellement forts pour ces villes que personne ne penserait les détruire pour y construire des
résidences, aussi luxueuses soient-elles. Ces espaces sont du domaine public, du patrimoine
commun, et ils sont faits pour le rester. Ces grands parcs urbains sont des exemples de
réussite d’aménagement et la ville de Léry peut s’en inspirer.
Recommandation 10
Héritage Saint-Bernard est convaincu que la Ville de Léry, qui a la chance d’avoir déjà sur
son territoire des espaces naturelles de très haute valeur et qui n’a donc pas besoin
d’investir de sommes importantes pour les créer, doit s’inspirer des grands parcs urbains
de l’Amérique du Nord. Héritage Saint-Bernard recommande donc à la Ville de se servir de
ces espaces naturels pour se construire une identité propre et créer un pôle d’attraction
pour ses citoyens et pour les touristes.
22
2.4 Un corridor vert aménagé comme moyen de relance
Le concept de « corridor vert », qui est aussi nommé « ceinture verte », est utilisé à travers
le monde tant comme outil de préservation de la biodiversité que d’outil de verdissement
des villes. Dans tous les cas, l’objectif est de préserver ou de créer un espace vert et naturel,
et de le préserver de l’urbanisation. La première ceinture verte au monde a vu le jour à
Londres en 1950 et est connue sous le nom de London Green Belt. À cette époque déjà, le
gouvernement britannique craignait les conséquences néfastes qu’allait entraîner la
destruction de tous les milieux naturels près de Londres, ville toujours en pleine expansion.
En 1947, la loi d’urbanisme Town and Country Planning Act, a été adoptée afin d’orienter les
développements dans la région. Cette ceinture verte vieille de 60 ans, totalise aujourd’hui
5 133 km2 et est une véritable fierté des Londoniens qui ont accès à la campagne aux portes
du centre-ville25.
Plus près de nous, la Ville d’Ottawa s’est inspiré de l’expérience de Londres et a créé elle
aussi une ceinture verte autour de la ville. Après 50 ans d’effort, la ceinture verte a été
protégée légalement, en 1996. Ottawa a utilisé cette ceinture verte comme symbole
identitaire et s’en sert constamment pour faire la promotion de la ville auprès de l’ensemble
des Canadiens et des touristes de l’étranger26.
Qu’il soit véritablement en forme de « ceinture », ou de bande comme un « corridor », le
concept d’aires protégées aux pourtours des villes est de plus en plus utilisé, autant comme
moyen de conservation que comme outil promotionnel d’image de marque, et ce, un peu
partout à travers le monde. C’est une véritable tendance. Les pays comme la Hongrie et le
Costa Rica capitalisent beaucoup sur leurs ceintures vertes pour attirer des touristes. Ici au
Québec, la Ville de Montréal et celle de Longueuil travaillent à des projets de ceintures ou de
trames vertes. Des villes plus petites commencent aussi à agir en ce sens. Donnons deux
exemples particulièrement intéressants.
La ville de Lorraine est bien avancée dans son projet de corridor vert. Elle a créé en 2007 «
une réserve foncière sur le territoire de la forêt qui n’est pas visé actuellement par les
permis de développement domiciliaire. Cette mesure a pour conséquence de suspendre les
droits des promoteurs et propriétaires jusqu’à ce que les parties concluent les négociations
dans l’objectif d’une acquisition municipale27. »
L’idée est d’instaurer un corridor vert, à l’abri des projets domiciliaires, de manière à créer
un parc intermunicipal commun aux villes de Lorraine, Rosemère et Blainville. Ces trois
municipalités veulent ainsi augmenter leur image de marque respective, en misant sur le
concept de « ville verte » ou d’ « écomunicipalité » pour attirer de nouveaux citoyens. Cette
stratégie leur a assuré jusqu’à maintenant un développement harmonieux et rentable. Mais
25 Vincent Sola.. « Les ceintures vertes, des outils pour relancer le défi de l’étalement urbain », FrancVert,
Webzine environnemental, printemps 2008, Vol. 5, No. 2, p. 2
26 Idem, p. 3.
27 Claudine Mainville. « Projet d’un corridor vert » in Enviro Mille-Îles, 10 novembre 2007.

23
cela ne peut se faire qu’avec une planification du territoire. Ces municipalités ont réfléchi à
une stratégie de développement et suivent leur plan d’aménagement (ou plan d’urbanisme)
qui mise notamment sur les espaces verts. Léry pourrait faire de même.
En ce qui concerne l’initiative de la municipalité du Lac-Etchemin, elle est encore plus
particulière, car celle-ci veut créer un corridor en investissant dans la plantation d’arbres. Ce
projet a été appuyé financièrement par de nombreux bailleurs de fonds publics et privés. Au
printemps 2008, la phase I du projet a été lancée : le comité de restauration de la rivière
Etchemin a planté alors 31 700 arbres et arbustes pour un investissement total de plus de
126 000$. Ainsi commence un projet – essentiel pour solutionner le problème d’érosion des
berges de l’Etchemin ainsi que l’atténuation du réchauffement de l’eau ayant comme effet
d’affecter l’habitat des poissons – où l’on tente de recréer de toute pièce le paysage qui
était encore si riche il n’y a pas si longtemps. En comparaison, la ville de Léry a une chance
immense d’avoir sur son territoire et autour, un corridor vert d’une grande envergure,
préservé de l’urbanisation et incomparable sur le plan de la biodiversité !
On pourrait nommer encore de nombreux exemples très connus de ceinture verte (ou de
corridor vert), dont celle de Toronto qui se veut être l’une des plus vastes au monde avec ses
7 284 km2». L’essentiel du propos est déjà établi : depuis longtemps, de grandes et petites
villes travaillent à préserver des corridors verts. Elles ont compris que la mise en valeur de
ces corridors verts est rentable à tous les points de vue. En plus d’avoir une vocation de
préservation de la nature, essentielle au bon fonctionnement de toutes sociétés, ces aires
protégées ont aussi une vocation récréative et touristique, donc économique. Cela est sans
compter que la valeur des maisons se trouvant à proximité de ces espaces protégés peuvent
augmenter de 5 à 32%, qu’elles soient proches ou un peu plus éloignées28. À partir du
moment où la ceinture verte devient le projet central d’une ville, cela contribue, à
l’augmentation significative des revenus fonciers municipaux, à plus ou moins long terme.
C’est donc dire que « lorsqu’une ville devient (ainsi) plus convoitée, les répercussions
s’étendent sur l’ensemble de la communauté qui bénéficie d’une augmentation de la
quantité d’achats locaux, de la valeur immobilière, de l’intérêt des touristes et des
excursionnistes et des résidents des régions environnantes29 ».
Recommandation 11
Héritage Saint-Bernard recommande à la ville de Léry d’investir en un projet novateur et
créateur de richesse qu’est la mise en valeur de la ceinture verte comme plusieurs villes
québecoises et étrangères l’ont fait. Protéger puis mettre en valeur une ceinture verte est
une tendance partout en Occident. Conserver les milieux naturels aura comme avantage
de préserver la biodiversité, tout en rehaussant l’image de marque de la ville et augmenter
du coup la valeur de celle-ci.
28 Héritage Laurentien. Protéger les milieux naturels de la Communauté métropolitaine de Montréal, des
bénéfices pour tous. Montréal, 2009, brochure.
29 Héritage Laurentien. Protéger les milieux naturels de la Communauté métropolitaine de Montréal, des
bénéfices pour tous. Montréal, 2009.
24
2.5 Création d’un parc intermunicipal… pourquoi pas ?
Ce n’est pas seulement la responsabilité de la ville de Léry de s’occuper de la ceinture verte.
Pourquoi ne pas s’inspirer des parcs régionaux qui existent un peu partout au Québec ? Nous
avons déjà évoqué le cas des villes de Lorraine, Rosemère et Blainville qui travaillent à la
création d’un parc intermunicipal à l’intérieur d’une ceinture verte. Tout près de nous, le
parc régional de Beauharnois-Salaberry commence à être bien connu. Celui-ci est devenu un
attrait touristique important pour cette région et ce n’est qu’un début. Il s’agit d’ailleurs
d’un enjeu important dans le cadre de la campagne électorale à venir. Penser un plan de
mise en valeur régional de la ceinture verte, qui impliquerait Léry, pourrait devenir aussi un
attrait touristique intéressant et attirant qui ne coûterait pas très cher à réaliser. Un beau
projet vert qui aurait des retombées socioéconomiques à moyen et long terme, tout en
développant de façon durable le territoire naturel…
Recommandation 12
Héritage Saint-Bernard recommande à la Ville de Léry d’envisager l’idée de créer dans le
corridor vert Léry-Châteauguay un parc intermunicipal.
2.6 Prendre le temps de planifier, mais agir maintenant pour protéger
Héritage Saint-Bernard est convaincu qu’il faut non seulement protéger les milieux naturels
de la ceinture verte de tout développement domiciliaire, mais aussi lui accorder un statut
légal assurant sa protection. Il est crucial de prendre le temps d’analyser les diverses options
pour acquérir les terrains nécessaires à cette protection permanente. Oui, elles sont
nombreuses les avenues qui s’ouvrent aux élus municipaux pour arriver à ces objectifs. Oui,
il y a de l’argent disponible à l’intérieur de différents programmes pour acquérir des terrains
et les mettre en valeur. Nous ne ferons pas ici la description détaillée de toutes les
démarches que la Ville pourrait mener pour arriver à cette fin.
Notre propos est plutôt ici de dire que peu importe les options choisies « (servitudes de
conservation, réserve naturelle, acquisition, donation), la Ville doit prendre le temps
d’analyser en profondeur toutes les possibilités. Pour ce faire, il faut d’abord agir, et
rapidement, pour contrer la pression qui est faite sur les milieux naturels par des
promoteurs domiciliaires. Les élus municipaux ont tout le pouvoir pour agir maintenant en
ce sens. Nous n’avons qu’à redonner l’exemple cité plus haut de la ville de Lorraine qui a
accordé un statut de protection à sa ceinture verte qui « a pour conséquence de suspendre
les droits des promoteurs et propriétaires jusqu’à ce que les parties concluent les
négociations dans l’objectif d’une acquisition municipale30 ». Selon Jean-François Girard,
avocat spécialisé dans le droit de l’environnement, bien connu des élus de Léry pour avoir
travaillé ensemble sur certains dossiers, « les municipalités sont les premières responsables
30 Claudine Mainville. « Projet d’un corridor vert » in Enviro Mille-Îles, 10 novembre 2007.
25
de l’aménagement du territoire : Le ministère du Développement durable, de
l’Environnement et des Parcs du Québec aura beau avoir les meilleures lois en
environnement, là où ça se passe, c’est au niveau municipal ; parce que les municipalités
contrôlent le développement et l’aménagement du territoire. Le développement durable
passe nécessairement par l’action des municipalités31. »
Bien sûr, il faut d’abord une volonté politique en ce sens. Ensuite, il est essentiel que la
municipalité travaille avec un plan d’urbanisme qui reflète ces valeurs et qui sera la pierre
d’assise de la réglementation d’urbanisme qui intègrera la protection des milieux naturels.
Cet outil est essentiel pour bien planifier un projet de mise en valeur de ces terrains, et pour
développer un projet novateur qui sera la fierté et l’image de marque de la ville.
Recommandation 13
Héritage Saint-Bernard recommande à la ville de Léry de prendre le temps de planifier
l’aménagement et la mise en valeur du territoire naturel, d’une part, ainsi que l’acquisition
des terrains privés nécessaires à la protection des milieux naturels, d’autre part. La ville
doit cependant agir maintenant, en incluant dans son plan d’urbanisme, le statut de parc à
ces milieux naturels.
31 Anonyme. « La protection de l’environnement et des milieux naturels : l’effervescence d’un droit en
développement », Revue québécoise d’urbanisme. Volume 28 - Numéro 2 - Été 2008, p. 17.
Conclusion
Héritage Saint-Bernard tient d’abord à féliciter les élus de Léry pour le temps qu’ils prennent
à bien planifier leur prochain plan d’urbanisme. Ce n’est pas une simple tâche, il est vrai,
mais ô combien elle est importante ! Un plan d’urbanisme constitue, comme tout élu le sait,
le document officiel le plus important d’une municipalité en matière de planification de
l’aménagement de son territoire. Celui-ci servira d’outil et de guide pour toutes les décisions
du conseil relatives à la planification spatiale des activités, et ce, pour de nombreuses
années. Il faut donc penser à tous les aspects que cela implique, aux opportunités qui
pourraient se présenter, aux projets de développement actuels et futurs, à ce que les
citoyens souhaitent comme milieu de vie et comme services dans 5 ans, 10 ans, 20 ans… La
ville de demain se réfléchit aujourd’hui.
Pour Héritage Saint-Bernard, la planification du développement d’une municipalité devrait
en tout temps garder une place importante aux espaces naturels qui sont le poumon des
villes et de ses régions. Un milieu naturel rasé pour faire place à un développement
domiciliaire l’est pour toujours et cause de graves dommages irréparables tant à
l’environnement qu’à à la santé publique. Les écosystèmes qui y évoluent apportent de
nombreux services à la collectivité et à la société. Ils purifient l’eau (de surface et
souterraine) et l’air. Ils coupent le vent. Ils créent des microclimats plus cléments. Ils
maintiennent le sol en place, évitant ainsi des problèmes d’érosion. Ils sont des bouées de
sauvetage en plein contexte de changements climatiques, car ils permettent de capter le
carbone et les gaz à effet de serre. Ces milieux naturels sont aussi une source de plaisir, de
détente, d’activités physiques, de ressourcement pour les citoyens. C’est un privilège pour
les gens de Léry de vivre si près de la nature et ils le savent. D’ailleurs, combien d’entre-eux
ont choisi d’y vivre spécifiquement pour la beauté du paysage et le calme que l’ont y trouve?
La planification du développement du territoire devrait en tenir compte.
Bref, pour Héritage Saint-Bernard, il est primordial que le plan d’urbanisme de Léry tienne
compte de la protection de la ceinture verte Léry-Châteauguay. Celle-ci doit être protégée et
mise en valeur tant pour préserver sa haute valeur écologique que mettre à profit son
potentiel récréotouristique, comme ce présent mémoire a voulu le démontrer. En terminant,
rappelons qu’en cette année de la biodiversité, il serait préférable de faire des choix qui ne
détruiront pas à tout jamais des espèces floristiques qui, à l’échelle planétaire, n’existent
désormais que dans la ceinture verte située à Léry.
Créer de la richesse, ce n’est pas dilapider celle
que nous possédons déjà…
27
BIBLIOGRAPHIE
APOLLON 74, FRAPNA HAUTE-SAVOIE ET PRO NATURA GENEVE. Feu vert pour les corridors
biologiques. Grenoble, Août 2005, 16 p.
http://www.pronatura.ch/ge/data/BrochureCorridors.pdf
AQUIN. Pierre. La ceinture naturelle Léry-Châteauguay. Option Verte, Châteauguay, 1993,
102 p.
BOUTEFEU, Emmanuel. Un corridor écologique avant l’heure : le V-vert de l’Est lyonnais.
CERTU, 2008.
CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC. 2008. Les plantes
vasculaires menacées ou vulnérables du Québec. 3e édition. Gouvernement du
Québec, ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs,
Direction du patrimoine écologique et des parcs, Québec. 180 p.
CLUB DES ORNITHOLOGUES DE CHÂTEAUGUAY. Inventaire de l’avifaune. Ceinture verte de
Léry-Châteauguay. Châteauguay, juillet 2009, 22 p.
COMMUNAUTE METROPOLITAINE DE MONTREAL. Fiches techniques des bois d’intérêt
écologique sur le territoire de la CMM. Bois validés sur le terrain en 2002 : Bois de
Châteauguay/Léry. Montréal, 2002 ( ?), 3 p.
COMMUNAUTE METROPOLITAINE DE MONTREAL. Programme d’acquisition et de
conservation d’espaces boisés. Montréal, 26 mai 2005, 4 p.
CONSEIL QUÉBÉCOIS DU LOISIR. « Portrait de l’offre et des problématiques spécifiques à
chaque activité de loisir de plein air », in Le Loisir de plein air au Québec : Portrait et
enjeux de développement des sentiers et des lieux de pratique. Montréal, 2008( ?), p.
31 à 46.
CONSEIL QUÉBÉCOIS DU LOISIR. Résumé du rapport de recherche. Portrait des enjeux liés au
développement et à la pérennisation des sentiers et des lieux de pratique de loisir de
plein air. Montréal, Mars 2008, 29 p.
DIRECTION DE L’AMÉNAGEMENT ET DU DÉVELOPPEMENT LOCAL. Les orientations du
gouvernement en matière d’aménagement. La protection du territoire et des activités
agricoles. Ministère des Affaires municipales et des Régions. Québec, Février 2005,
61p.
FRANCOEUR, Louis-Gilles. « Les coûts cachés de la perte de biodiversité » in Le Devoir,
Édition du 12 juin 2009.

28
GOUVERNEMENT DU CANADA. Registre public des espèces en péril. 2009.
http://www.registrelep.gc.ca/
GROUPE DE TRAVAIL PRÉSIDÉ PAR BERNARD CHEVASSUS-AU-LOUIS. L'Approche économique
de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes, Centre d’analyse Stratégique,
Gouvernement de France, avril 2009, 378 p.
HÉRITAGE LAURENTIEN. Politique de protection et de mise en valeur des milieux naturels.
Mémoire déposé dans le cadre de la Politique de protection et de mise en valeurs des
milieux naturels, Montréal, mai 2009, 23 p.
HÉRITAGE LAURENTIEN. Protéger les milieux naturels de la Communauté métropolitaine de
Montréal, des bénéfices pour tous. Montréal, 2009.
HÉRITAGE SAINT-BERNARD. Plaidoyer pour une mise en valeur du patrimoine naturel de
Châteauguay. Mémoire présenté à la Ville de Châteauguay, septembre 2009, 45
pages + annexes.
HUERTAS Jean-Philippe. Le V-vert de l’Est lyonnais. Les pouvoirs publics entre protection des
espaces naturels et périurbanisation. ENTPE, avril-juillet 2008, 57 p.
LAMARRE, Dominique. Création, en 2008, d’un corridor vert le long de l’Etchemin, Comité de
Restauration de la Rivière Etchemin, Etchemin, janvier 2009.
MAINVILLE, Claudine. « Projet d’un corridor vert » in Enviro Mille-Îles, 10 novembre 2007.
MCNEIL, Raymond. Inventaire de la flore mycologique du centre écologique Fernand-Seguin
et des boisés adjacents de la ville de Châteauguay. Montréal, Université de Montréal,
Département de Sciences biologique, 2007, 37 p.
MINISTERE DES RESSOURCES NATURELLES ET DE LA FAUNE. La faune et la nature ça
compte ! Déplacement d’intérêt faunique sans prélèvement : des dépenses de 303,4
M$. Québec, 2009, 8 p.
MINISTERE DES RESSOURCES NATURELLES ET DE LA FAUNE. La faune et la nature ça
compte ! Le tourisme lié aux activités fauniques sans prélèvement : une contribution à
l’économie régionale. Québec, 2009, 16 p.
MINISTERE DES RESSOURCES NATURELLES ET DE LA FAUNE. La faune et la nature ça
compte ! Une contribution manifeste et significative sur le développement
économique régional. Québec, 2009, 24 p.
MINISTERE DES RESSOURCES NATURELLES ET DE LA FAUNE. Les écosystèmes forestiers
exceptionnels : éléments clés de la diversité biologique du Québec.
(http://www.mrnf.gouv.qc.ca/forets/connaissances/connaissances-ecosystemes.jsp)

29
PLAN NORD-AMÉRICAIN DE LA GESTION DE LA SAUVAGINE. 20 ans de partenariat au profit
de la sauvagine et de la biodiversité. Bilan 1987-2007 du Plan conjoint des habitats
de l’Est, 2008, 19 p.
REEVES, Hubert. « Entendre S.O.S. » in Le journal de Montréal, 9 novembre 2008.
SABOURIN, André. Inventaire des plantes menacées ou vulnérables ou susceptibles d’être
ainsi désignées et des principaux groupements végétaux du boisé de Châteauguay.
Rapport final présenté à Héritage Saint-Bernard, septembre 2008, 8 p.
SABOURIN, André. Inventaire des plantes menacées ou vulnérables ou susceptibles d’être
ainsi désignées et des principaux groupements végétaux du centre écologique
Fernand-Seguin et des terrains adjacents appartenant à la ville de Châteauguay.
Rapport final présenté à Héritage Saint-Bernard, juillet 2009, 10 p.
SOLA, Vincent. « Les ceintures vertes, des outils pour relancer le défi de l’étalement urbain »,
FrancVert, Webzine environnemental, printemps 2008, Vol. 5, No. 2, 5 p.
THIBAULT, Michel. « Combien vaut un arbre » in Le Soleil de Châteauguay, 13 juin 2009.

Annexes

Annexe : Limites du territoire étudié
Ceinture verte Châteauguay-Léry
Inventaire de l’avifaune
[ Club des ornithologues de
Châteauguay ]
Juillet 2009

2
Table des matières
Introduction et objectifs ..................................................................................................................3
Méthodologie ..................................................................................................................................4
Ceinture verte Châteauguay-Léry .....................................................................................................6
Description des zones inventoriées ..................................................................................................7
Zone A ..........................................................................................................................................7
Zone B ..........................................................................................................................................7
Zone C ..........................................................................................................................................7
Zone D ..........................................................................................................................................7
Limites du territoire étudié ..........................................................................................................8
Description des codes de nidifications utilisés pour la classification des oiseaux nicheurs ............9
Résultats ....................................................................................................................................... 10
Zone A ....................................................................................................................................... 13
Zone B ....................................................................................................................................... 16
Zone C ....................................................................................................................................... 18
Zone D ....................................................................................................................................... 20
Remerciements............................................................................................................................. 22

3
Introduction et objectifs
Le Club des ornithologues de Châteauguay (COC) est un organisme à but non lucratif fondé en
1992. Le COC est membre du Regroupement Québec-Oiseaux (RQO) et il est également reconnu
par le service des Loisirs de la Ville de Châteauguay. Le COC compte 35 membres dont 18
familles et 17 membres individuels. Dans le cadre de ses activités régulières, le COC participe au
programme d'inventaire des oiseaux menacés du Québec, collabore aux projets de la
corporation Héritage Saint-Bernard, organise de nombreuses excursions d’observations, reçoit
des conférenciers et publie un journal.
Les objectifs du COC sont :
-Promouvoir le loisir ornithologique;
-Prôner le respect de l'environnement faunique;
-Contribuer à la protection des oiseaux et de leur habitat;
-Sensibiliser la population à l'avifaune.
C’est en répondant à l’invitation du comité de citoyens S.O.S. centre écologique Fernand-Seguin
que le conseil d’administration du COC à décidé de réaliser un inventaire aviaire dans les boisés
non protégés de la Ceinture verte de Châteauguay-Léry (voir carte ci-dessous). L’objectif de cet
inventaire est de connaître les espèces d’oiseaux qui utilisent ce territoire pour s’alimenter, se
reposer et pour y nicher. C’est avec beaucoup de fierté que le conseil d’administration présente
le rapport de cet inventaire, qui d’ailleurs, s’est avéré le plus grand projet du COC depuis sa
fondation.

4
Méthodologie
Les données contenues dans ce rapport ont été récoltées, entre septembre 2008 et la mi-juin
2009, par des membres du Club des ornithologues de Châteauguay ainsi que par quelques
invités.
L’inventaire s’est effectué sur l’ensemble du territoire boisé non-protégé de la Ceinture verte.
Le refuge faunique Marguerite-D’Youville, les terrains protégés du territoire du ruisseau Saint-
Jean et le Centre écologique Fernand-Seguin1 ont été exclus de cet inventaire.
Les participants à l’inventaire ont visité l’ensemble du territoire à de nombreuses reprises et ils y
ont noté toutes les espèces d’oiseaux vues ou entendues, leur nombre, ainsi que tout
comportement permettant de déterminer la possibilité, la probabilité ou la confirmation (voir
les indicateurs du tableau ci-dessous) qu’une espèce est nicheuse sur le territoire étudié. Ainsi,
lors de chaque visite, un feuillet d’observations quotidiennes2 a été rempli. Nous avions
préalablement vérifié dans l’Atlas des oiseaux nicheurs (1996), la période de nidification de
chacun des oiseaux potentiellement présents sur le territoire d’étude. Lorsqu’une espèce est
présente sur le terrain pendant sa période de nidification, plusieurs comportements (voir
section Description des codes de nidifications utilisés pour la classification des oiseaux nicheurs)
permettent de déterminer si l’oiseau utilise cet habitat potentiel pour nicher.
Pendant la période de nidification, les comportements ont été identifiés, notés et classés selon
trois degrés (nidification possible, nidification probable et nidification confirmée). Toutes les
observations ont été soumises électroniquement3 à la base de données ornithologiques ÉPOQ4
(Étude des populations d'oiseaux du Québec) géré par le RQO. La compilation finale des
données a été réalisée à l’aide du logiciel SGDO 5.0 qui permet au COC de compiler les feuillets
soumis à ÉPOQ. Au total, 302,5 heures d’observation ont été compilées et 137 feuillets
d’observations quotidiennes ont été complétés dans le cadre de cet inventaire.
En plus des oiseaux nicheurs, nous avons noté toutes les autres espèces d’oiseaux observés au
cours de l’inventaire. De nombreuses espèces utilisent le territoire à l’étude à d’autres fins que
la nidification. Certains oiseaux y chassent, s’y nourrissent, s’y reposent, y passent quelques
temps ou y font une halte pendant leurs migrations tandis que d’autres survolent simplement le
territoire durant leurs déplacements quotidiens.
1Le Club des ornithologues de Châteauguay croyait que le centre écologique Fernand-Seguin était un site
protégé.
2 http://quebecoiseaux.org/files/feuillet.pdf
3 http://www.oiseauxqc.org/feuillet.jsp
4 Les données contenu dans ÉPOQ peuvent être consulté moyennant des frais en communicant avec le
coordonnateur d’ÉPOQ à l’adresse suivante : epoq@quebecoiseaux.org
5
Il existe certaines observations historiques sur le site à l’étude, mais les résultats présentés dans
le présent rapport contiennent seulement les observations obtenues dans le cadre de
l’inventaire du COC.
Les résultats présentés ici ne sont pas exhaustifs. Il est fort probable que le nombre d’oiseaux
présents dans les zones à l’étude soit beaucoup plus grand ainsi que le nombre d’espèces
nicheuses. Plusieurs oiseaux utilisent, lorsqu’il y en a, les corridors forestiers qui longent les
cours d’eau pour se déplacer d’une aire d’alimentation à un espace de repos, à un site de
nidification, ou encore, lors de leurs migrations saisonnières. Ces faits sont attestés par le
nombre d’espèces d’oiseaux inventoriées à ce jour au refuge faunique Marguerite-D’Youville
(territoire dans le nord de la Ceinture verte), soit 214. D’ailleurs, chaque année, de nouvelles
espèces s’ajoutent au répertoire des oiseaux identifiés au refuge faunique Marguerite-
D’Youville.

6
Ceinture verte Châteauguay-Léry
(Incluant les terrains protégés)
7
Description des zones inventoriées
Le territoire a l’étude à été divisé en 4 zones (A, B, C, D). Les zones ont été divisées selon les
routes qui traversent la ceinture verte. Les limites municipales n’ont pas été considérées car
elles sont impossibles à localiser en forêt et que les frontières administratives n’ont aucun
impact sur les déplacements et la nidification des oiseaux.
Zone A
La zone A est contiguë au centre écologique Fernand-Seguin. Cette zone, qui encercle le terrain
de golf Bellevue, est limitée à l’est par le boulevard René-Lévesque, au sud par le nouveau tracé
de l’autoroute 30 et par le boulevard de Léry (route 132). On retrouve sur ce territoire une
multitude d’habitats intéressants pour les oiseaux tels que des prucheraies, des érablières,
quelques petits milieux humides ainsi que de nombreuses friches à arbustes. Il y un grand
réseau de sentiers dans ce secteur ce qui facilite beaucoup l’inventaire.
Zone B
Cette zone, la plus restreinte, est délimitée par les boulevards René-Lévesque et Brisebois,
l’avenue Bourdon et un quartier résidentiel situé au sud de la rue Principale. Environ la moitié
de cette zone est occupée par une érablière mature, l’autre moitié est caractérisée par une
friche à arbustes où une grande diversité d’espèces floristiques prospère. Cette zone est
entièrement située à l’intérieur de la municipalité de Châteauguay.
Zone C
Il y a dans cette zone, un très grand réseau de sentiers qui permet de parcourir facilement les
divers habitats qu’on y retrouve. Ce territoire est composé de nombreuses friches à arbustes,
d’une vieille érablière ainsi que de milieux plus humides qui sont périodiquement inondables.
Une cédrière est également présente dans ce secteur. Cette zone est bordée au sud par le
boulevard René-Lévesque, à l’ouest par le chemin Saint-Bernard, au nord par le territoire du
ruisseau Saint-Jean et à l’est par des quartiers résidentiels. Cette zone étant limitrophe au
territoire du ruisseau Saint-Jean, on peut y retrouver des espèces aquatiques.
Zone D
La zone D est composée de tous les secteurs n’appartenant pas à la Fondation de la faune du
Québec (FFQ), situés entre le lac St-Louis et le chemin Saint-Bernard. Cette zone diffère
beaucoup des autres; elle est principalement composée de marais et de forêts humides. À court
terme, ce secteur est le moins menacé puisque les milieux humides sont mieux protégés au
niveau de la loi et que cette zone est déjà morcelée par des terrains protégés appartenant à la
FFQ et gérés par Héritage Saint-Bernard.

8
Limites du territoire étudié

9
Description des codes de nidifications utilisés pour la classification des
oiseaux nicheurs
Nicheur possible
H Présence d’un oiseau adulte dans son habitat en période de nidification
Nicheur probable
P Couple présent dans son habitat en période de nidification
T Comportement territorial (chant et querelle avec un voisin)
C Comportement nuptial : parade, copulation ou échange de nourriture entre adultes
V Visite par un oiseau adulte d’un site de nidification probable. À ne pas confondre avec
un site de repos
A Cri d’alarme ou tout autre comportement agité indiquant la présence d’un nid ou de
jeunes aux alentours
N Forage d’une cavité par des pics
Nicheur confirmé
CN Construction d’un nid ou transport de matériel (exception faites des pics)
NU Nid vide ayant été utilisé ou coquille d’oeuf de la présente saison
AT Adulte transportant de la nourriture (pour des jeunes) durant sa période de nidification
PH Preuve physiologique (i.e. plaque incubatrice très vascularisée ou oeuf présent dans
l’oviducte) observé sur un oiseau en main
DD Oiseau simulant une blessure ou détournant l’attention
NO Oiseau gagnant, occupant ou quittant le site d’un nid dont le contenu ne peut être
vérifié (trop haut ou dans une cavité)
FE Adulte transportant un sac fécal
JE Jeune en duvet ou jeune venant de quitter le nid, incapable de soutenir le vol sur de
longues distances
NJ Nid contenant des oeufs ou des jeunes

10
Résultats
L’inventaire de l’avifaune nous a permis d’observer 125 espèces d’oiseaux dont 71 oiseaux
nicheurs.
Résultats combinés des quatre zones à l’étude
Nombre d’oiseaux observés : 125
Nombre d’oiseaux nicheurs : 71
Nombre d’heures d’inventaire : 302,5h
Nombre de feuillets ÉPOQ : 137
Résultats combinés des 4 zones à l’étude
Oiseaux nicheurs
Espèces
Statut
Nicheur Code
possible
Nicheur
probable
Nicheur
confirmé
Bernache du Canada X P
Canard branchu X P, V
Canard noir X H
Canard colvert X P
Gélinotte huppée X H
Dindon sauvage X P, H
Grèbe à bec bigarré X H
Butor d’Amérique X H
Bihoreau gris X H
Râle de Virginie X H
Marouette de Caroline X H
Épervier de Cooper X H
Pluvier kildir X H
Bécassine de Wilson X H
Bécasse d’Amérique X H, C, NJ
Tourterelle triste X H
Petit-duc maculé X H, A
Martinet ramoneur X H
Colibri à gorge rubis X H
Pic maculé X V, T, P, H, AT, NO
Pic mineur X H, AT, CN, NO
Pic chevelu X P, AT, NO
Pic flamboyant X H, P, AT
Grand Pic X H
Pioui de l’Est X H, P, T
Moucherolle des aulnes X H
Moucherolle tchébec X H
Tyran huppé X H, T
Tyran tritri X CN, NO
Viréo aux yeux rouges X H, AT, CN, NO
Geai bleu X H, T, C, CN
11
Résultats combinés des 4 zones à l’étude
Oiseaux nicheurs (suite)
Espèces
Statut
Nicheur Code
possible
Nicheur
probable
Nicheur
confirmé
Hirondelle bicolore X H
Hirondelle rustique X H
Mésange à tête noire X H, AT
Mésange bicolore X H
Sittelle à poitrine blanche X H
Grimpereau brun X H
Troglodyte familier X H
Troglodyte des marais X H
Grive fauve X H
Grive solitaire X H
Grive des bois X H
Merle d’Amérique X H,AT, NO, CN, JE
Moqueur chat X H, CN, AT
Moqueur roux X H
Étourneau sansonnet X CN, AT
Jaseur d’Amérique X H
Paruline obscure X H
Paruline à joue grises X H
Paruline à collier X H
Paruline jaune X H, P, CN, NO, AT
Paruline à flancs marrons X H
Paruline à gorge noire X H
Paruline à poitrine baie X H
Paruline noir et blanc X H
Paruline flamboyante X H, P, T, CN, AT
Paruline couronnée X H, AT
Paruline masquée X H
Tangara écarlate X NO
Bruant familier X H
Bruant chanteur X H, AT
Bruant des marais X H
Bruant à gorge blanche X H, T
Cardinal rouge X H, P, AT
Cardinal à poitrine rose X H, C, P, NO
Passerin indigo X H, T
Carouge à épaulettes X H, P, AT
Quiscale bronzé X H, CN, AT
Vacher à tête brune X H
Oriole de Baltimore X H, T, P, CN, NO
Chardonneret jaune X H, T

12
Résultats combinés des 4 zones à l’étude
Autres espèces observées
Oie des neiges Roitelet à couronne rubis
Sarcelle d’hiver Roitelet à couronne dorée
Cormoran à aigrettes Grive à dos olive
Grand Héron Moqueur polyglotte
Grande Aigrette Pipit d’Amérique
Héron vert Jaseur boréal
Urubu à tête rouge Paruline à ailes dorées
Busard Saint-Martin Paruline verdâtre
Balbuzard pêcheur Paruline à tête cendrée
Épervier Brun Paruline à croupion jaune
Buse à épaulettes Paruline à gorge orangée
Buse à queue rousse Paruline bleue
Crécerelle d’Amérique Paruline à couronne rousse
Faucon pèlerin Paruline rayée
Faucon émerillon Paruline à calotte noire
Grand-duc d’Amérique Paruline du Canada
Goéland à bec cerclé Bruant des champs
Sterne pierregarin Bruant hudsonien
Pigeon biset Bruant fauve
Moucherolle des saules Bruant de Lincoln
Moucherolle phébi Bruant à couronne blanche
Viréo à tête bleue Junco ardoisé
Viréo mélodieux Quiscale rouilleux
Viréo de Philadelphie Durbec des sapins
Grand Corbeau Sizerin flammé
Hirondelle noire Tarin des pins
Sittelle à poitrine rousse Moineau domestique

13
Zone A
Nombre d’oiseaux observés : 107
Nombre d’oiseaux nicheurs : 54
Nombre d’heures d’inventaire : 141h.20min.
Nombre de feuillets ÉPOQ : 55
Zone A
Oiseaux nicheurs
Espèces
Statut
Nicheur Code
possible
Nicheur
probable
Nicheur
confirmé
Canard branchu X P
Gélinotte huppée X H
Dindon sauvage X P, H
Pluvier kildir X H
Bécassine de Wilson X H
Bécasse d’Amérique X NJ
Tourterelle triste X H
Petit-duc maculé X H
Martinet ramoneur X H
Colibri à gorge rubis X H
Pic maculé X V, T, P, H
Pic mineur X H, AT, NO
Pic chevelu AT, NO
Pic flamboyant X H, P
Grand Pic X H
Pioui de l’Est X H
Moucherolle des aulnes X H
Moucherolle tchébec X H
Tyran huppé X H
Tyran tritri X CN,
Viréo aux yeux rouges X H, AT, CN, NO
Geai bleu X H
Corneille d’Amérique X H
Hirondelle bicolore X H
Mésange à tête noire X H, AT
Sittelle à poitrine blanche X H
Troglodyte familier X H
Grive fauve X H
Grive des bois X H
Merle d’Amérique X H,AT, CN
Moqueur chat X H, CN
Moqueur roux X H
Jaseur d’Amérique X H
Paruline obscure X H
Paruline à joue grises X H
Paruline à collier X H
14
Zone A
Oiseaux nicheurs (suite)
Espèces
Statut
Nicheur Code
possible
Nicheur
probable
Nicheur
confirmé
Paruline jaune X H, P, CN, NO
Paruline à gorge noire X H
Paruline à poitrine baie X H
Paruline noir et blanc X H
Paruline flamboyante X H, P
Paruline couronnée X H, AT
Paruline masquée X H
Tangara écarlate X NO
Bruant familier X H
Bruant chanteur X H
Cardinal rouge X H
Cardinal à poitrine rose X H, P
Passerin indigo X H
Carouge à épaulettes X P, AT
Quiscale bronzé X H, AT
Vacher à tête brune X H
Oriole de Baltimore X H, P, CN
Chardonneret jaune X H

15
Zone A
Autres espèces observées
Oie des neiges Grimpereau brun
Bernache du Canada Roitelet à couronne rubis
Canard colvert Roitelet à couronne dorée
Cormoran à aigrettes Grive à dos olive
Grand Héron Grive solitaire
Grande Aigrette Étourneau sansonnet
Bihoreau gris Pipit d’Amérique
Urubu à tête rouge Jaseur boréal
Busard Saint-Martin Paruline à ailes dorées
Épervier Brun Paruline à tête cendrée
Épervier de Cooper Paruline à croupion jaune
Buse à queue rousse Paruline à gorge orangée
Faucon pèlerin Paruline à couronne rousse
Faucon émerillon Paruline rayée
Grand-duc d’Amérique Paruline à calotte noire
Goéland à bec cerclé Paruline du Canada
Sterne pierregarin Bruant des champs
Moucherolle des saules Bruant hudsonien
Moucherolle phébi Bruant fauve
Viréo à tête bleue Bruant de Lincoln
Viréo mélodieux Bruant à couronne blanche
Viréo de Philadelphie Junco ardoisé
Grand Corbeau Quiscale rouilleux
Hirondelle noire Durbec des sapins
Hirondelle rustique Sizerin flammé
Mésange bicolore Tarin des pins
Sittelle à poitrine rousse

16
Zone B
Nombre d’oiseaux observés : 60
Nombre d’oiseaux nicheurs : 35
Nombre d’heures d’inventaire : 29h.10min.
Nombre de feuillets ÉPOQ : 16
Zone B
Oiseaux nicheurs
Espèces
Statut
Nicheur Code
possible
Nicheur
probable
Nicheur
confirmé
Bécasse d’Amérique X C
Tourterelle triste X H
Colibri à gorge rubis X H
Pic maculé X AT, NO
Pic chevelu X CN, NO
Pic flamboyant X P
Pioui de l’Est X H
Moucherolles des aulnes X H
Tyran huppé X H
Tyran tritri X CN, NO
Viréo aux yeux rouges X H
Geai bleu X H, CN
Corneille d’Amérique X H
Hirondelle bicolore X H
Mésange à tête noire X H, AT
Sittelle à poitrine blanche X H
Grive des bois X H
Merle d’Amérique X H, JE
Moqueur chat X H, CN
Jaseur d’Amérique X H
Paruline jaune X H, AT
Paruline noir et blanc X H
Paruline flamboyante X H
Paruline couronnée X H
Paruline masquée X H
Bruant familier X H
Bruant chanteur X H, AT
Bruant à gorge blanche X H
Cardinal rouge X H, AT
Cardinal à poitrine rose X H, C, NO
Carouge à épaulettes X H
Quiscale bronzé X H
Vacher à tête brune X H
Oriole de Baltimore X H, T, P
Chardonneret jaune X H

17
Zone B
Autres espèces observées
Oie des neiges Moucherolle des saules
Bernache du Canada Roitelet à couronne rubis
Canard colvert Grive à dos olive
Cormoran à aigrettes Moqueur polyglotte
Grand Héron Étourneau sansonnet
Grande Aigrette Jaseur boréal
Urubu à tête rouge Paruline verdâtre
Buse à épaulettes Paruline à croupion jaune
Buse à queue rousse Paruline à gorge noire
Goéland à bec cerclé Bruant hudsonien
Pic mineur Junco ardoisé
Sitelle à poitrine rousse Moineau domestique
Moucherolle phébi

18
Zone C
Nombre d’oiseaux observés : 90
Nombre d’oiseaux nicheurs : 53
Nombre d’heures d’inventaire : 117h.
Nombre de feuillets ÉPOQ : 54
Zone C
Oiseaux nicheurs
Espèces
Statut
Nicheur Code
possible
Nicheur
probable
Nicheur
confirmé
Canard branchu X P, V,
Canard colvert X P
Épervier de Cooper X H
Bécassine de Wilson X H
Bécasse d’Amérique X H
Tourterelle triste X H
Petit-duc maculé X A
Martinet ramoneur X H
Colibri à gorge rubis X H
Pic maculé X T, AT
Pic mineur X H
Pic chevelu X H
Pic flamboyant X AT
Grand Pic X H
Pioui de l’Est X T
Moucherolle des aulnes X H
Moucherolle tchébec X H
Tyran huppé X H, T
Viréo aux yeux rouges X H
Geai bleu X H, T, C
Corneille d’Amérique X AT,
Hirondelle bicolore X H
Hirondelle rustique X H
Mésange à tête noire X H, AT
Mésange bicolore X H
Sitelle à poitrine blanche X H
Grimpereau brun X H
Troglodyte familier X H
Grive fauve X H
Grive solitaire X H
Grive des bois X H
Merle d’Amérique X H, NO
Moqueur chat X H, AT
Étourneau sansonnet X CN, AT
Jaseur d’Amérique X H
19
Zone C
Oiseaux nicheurs (suite)
Espèces
Statut
Nicheur Code
possible
Nicheur
probable
Nicheur
confirmé
Paruline jaune X H, AT
Paruline à flancs marrons X H
Paruline noir et blanc X H
Paruline flamboyante X H, P, T, CN, AT
Paruline couronnée X H
Paruline masquée X H
Bruant familier X H
Bruant chanteur X H, AT
Bruant des marais X H
Bruant à gorge blanche X T
Cardinal rouge X H, P
Cardinal à poitrine rose X H, P, AT
Passerin indigo X H, T
Carouge à épaulettes X H, P
Quiscale bronzé X H, CN, AT
Vacher à tête brune X H
Oriole de Baltimore X H, P, NO
Chardonneret jaune X H, T
Zone C
Autres espèces observées
Oie des neiges Grand Corbeau
Bernache du Canada Roitelet à couronne dorée
Gélinotte huppée Roitelet à couronne rubis
Cormoran à aigrettes Jaseur boréal
Grand Héron Grive à dos olive
Grande Aigrette Paruline à croupion jaune
Héron vert Paruline à gorge noire
Bihoreau gris Paruline rayée
Urubu à tête rouge Paruline à joues grises
Balbuzard pêcheur Paruline à collier
Busard Saint-Martin Paruline à tête cendrée
Buse à épaulettes Paruline bleue
Buse à queue rousse Tangara écarlate
Crécerelle d’Amérique Bruant fauve
Faucon émerillon Bruant à couronne blanche
Goéland à bec cerclé Junco ardoisé
Pigeon biset Quiscale rouilleux
Moucherolle des saules Moineau domestique
Viréo à tête bleue
20
Zone D
Nombre d’oiseaux observés : 47
Nombre d’oiseaux nicheurs : 33
Nombre d’heures d’inventaire : 15h
Nombre de feuillets ÉPOQ : 12
Zone D
Oiseaux nicheurs
Espèces
Statut
Nicheur Code
possible
Nicheur
probable
Nicheur
confirmé
Bernache du Canada X P
Canard branchu X V
Canard noir X H
Canard colvert X P
Grèbe à bec bigarré X H
Butor d’Amérique X H
Bihoreau gris X H
Râle de Virginie X H
Marouette de Caroline X H
Bécassine de Wilson X H
Tourterelle triste X H
Colibri à gorge rubis X H
Pic maculé X H
Pic mineur X H
Pic chevelu X P
Pic flamboyant X H
Pioui de l’Est X P
Viréo aux yeux rouges X H
Geai bleu X H
Corneille d’Amérique X CN
Mésange à tête noire X AT
Sittelle à poitrine blanche X H
Troglodyte des marais X H
Merle d’Amérique X AT
Jaseur d’Amérique X H
Paruline masquée X H
Bruant chanteur X H
Bruant des marais X H
Cardinal rouge X H
Carouge à épaulettes X H
Quiscale bronzé X H
Vacher à tête brune X H
Oriole de Baltimore X CN

21
Zone D
Autres espèces observées
Sarcelle d’hiver Pigeon biset
Cormoran à aigrettes Grand Corbeau
Grand Héron Hirondelle bicolore
Grande Aigrette Roitelet à couronne rubis
Urubu à tête rouge Moqueur chat
Busard Saint-Martin Paruline jaune
Goéland à bec cerclé Chardonneret jaune
22
Remerciements
Cet inventaire a requis beaucoup de planification, de préparation et de compilation en plus des
302,5 heures d’observation sur le terrain. Le conseil d’administration du COC tient à remercier
tous les bénévoles qui y ont participé. De plus, sans la participation, la disponibilité, l’implication
et la générosité des personnes suivantes : Monique Groulx, Robert Saint-Denis, Marc-Philippe
Christophe, Isabelle Bourget et Dominic Gendron, un tel projet n’aurait pas pu être complété
aussi efficacement.
Pour des informations sur cet inventaire :
Club des ornithologues de Châteauguay
A/s Dominic Gendron, Vice-président
15 boulevard Maple,
Châteauguay, Québec, J6J 3P7
gendrondominic@hotmail.com
Juillet 2009

www.heritagestbernard.qc.ca

Septembre 2010