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École
de voile Louis Charbonneau Lisez
... La Voile, la
revue électronique de l'apprentissage
de la voile, Conseils, achat de voilier, manuvres, voyages
au long cours, chronique, stratégies d'apprentissage, articles de fond
En
2008/09, Plus de plus
de 8500 personnes ont lu les cinq parties du premier tome de "Naufrage
à Gustavia" |
Naufrage à
Gustavia ©
Le naufrage d'un voilier
Un best seller
 |
Nicole
et Louis
Photos
Marianne
|  |
Les principaux acteurs et
les auteurs de cette histoire Louis Charbonneau et Nicole Barry
Naufrage
à Gustavia, tome I
For English version
Chapitre 1er ( de 5 ) Lien
pour
diaporama Lieu
du naufrage d'Ensueño
carte
| Il y a quelques années, Nicole, ma compagne
de vie et moi avons vécu une histoire de voile qui restera gravée
longtemps dans notre mémoire. Nous en parlerons et en reparlerons et assurément
même encore à nos petits enfants. Cette histoire a failli nous coûter
la vie. Elle a peut-être remis en question le goût de repartir en
haute mer dans des conditions similaires. Je me permets de raconter l'histoire
de ce " fait divers ", ne sachant pas si un jour je la publierai sur
papier. Pour la mise en situation, voir... la vieille page ...Lien
Pour mise en situation .
| 
( Récit
en 5 parties ) 1er tome
(Plus
de mille personnes ont déjà lu ce récit passionnant. Fév
08)
|
 If you want to read story in English, you can use Google Translate, a new page in English will appear.The translation will be a bit awkward. But ... We will soon write a proper version. |
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Nous étions
partis tourner un film, mais... Heureusement, toutes nos aventures ne tournent
pas ainsi !
Suivez nos aventures en visionnant nos films
Voir nos productions
de film
|
Première partie. Le port de Gustavia à Saint-Barthélemy, Antilles.
- Trouves-tu qu'on est bien, enfin seuls, la petite sieste, plus d'équipage
- Bon petit repas ce midi. Ah !
cette vie de bateau
- Saucisson, fromage, baguette, petit verre de vin rouge, belle petite sieste,
- Elles sont biens ces images ?
- Les images sont superbes, le
problème n'est pas, là je ne sais pas comment je pourrai finir mon
film, l'expérience s'est tellement terminée en queue de poisson
Il ne semble pas qu'il y ait une fin possible
- Pourtant tout
avait si bien commencé
- Est-ce qu'on peut réussir une
histoire sans fin ? Intéressant ton livre ?
- Plus ou moins, mais
c'est tellement calme
Notre petite soirée, hier soir, tranquille
à l'Île Fourchue, la petite traversée ce matin, bon vent,
pas besoin de se parler, ....
- Toute une différence avec cette aventure
depuis la côte américaine, dix jours, les quarts, les éternelles
explications, Olga, la Strip-teaseuse, l'ouragan qui nous menaçait de ses
charmes de 100
nuds et plus
La difficulté de se faire à
manger, le mal de mer
Veux-tu une petite bière ?
- Non, merci
! je suis à peine sorti de ma sieste. Joli, ce petit port de Gustavia.
- Oui, principalement les toits rouges
Il ne faudra pas oublier d'aller
s'enregistrer à la Capitainerie. Elle était fermée à
midi, donc elle est sûrement ouverte maintenant, bientôt quinze heures
!

- On a bien fait de faire le tour de la baie, c'est très joli, surtout
en ressortant, ça ouvre sur la mer et puis cette petite île à
gauche,
Il faudra y aller. Il y a vraiment beaucoup de bateaux, tous cordés,
je ne crois pas qu'il y aurait eu de la place pour nous à l'intérieur.
- As-tu remarqué là où l'on voulait d'abord mouiller,
la fumée. Bien petit port commercial, mais
Je comprends maintenant
pourquoi il y a peu de plaisanciers. On est mieux ici sur la pointe ouest, bon
courant d'air
Il fait chaud, heureusement que toutes les écoutilles
sont ouvertes, belle ventilation.
- Ce ne sont pas tes vêtements qui
te donnent ta chaleur.
- Y a pas foule ! Et je suis sur qu'ils ont déjà
vu mieux roulé. Je pourrais faire quelques prises sur les plages naturistes,
le triangle des Bermudes intrigue bien du monde
On en connaît un
qui aurait bien aimé le voir
- Tu sais ta fin, c'est pas plus
grave
Je me souviens d'avoir vu un film tout à fait bien réussi,
les images étaient superbes, les comédiens de qualités, le
tempo, l'inté
- Merde ! Qu'est-ce que c'est ?
Ma
foi ! Ce bruit de frottement, avec un changement de note : ré, ré,
do
d'où ça vient ?,
Une fumée sombre, grise foncée
aucune odeur,
la vapeur
Un tuyau d'eau chaude a éclaté,
il y a moins d'une semaine
c'était sur l'autre côté
du bateau, je n'étais pas à bord,
L'équipière
a arrêté le dégât, elle m'a bien décrit le nuage
de vapeur
Non! La fumée est maintenant noire
Qui a allumé
ces 15 allumettes en même temps ? On dirait un tas de fusées pyrotechniques
avortées lors d'un feu d'artifice
- Le feu !!! Les extincteurs,
vite
- Tiens ! Je garde l'autre. - Maudit ! Ça pue !
- Arrose à la base ! - Les jets de feu ! Jamais nous n'y arriverons
! Trois jets de feu sortent de dessous la table à carte, on dirait
des effets spéciaux pour films américains
- Y a un troisième
extincteur
Non ! Pas là !
Sur ta droite. - J'étouffe
! J'en peux plus ! La fumée ! Elle sort de la cabine par l'écoutille
arrière, accélérée par la circulation d'air venant
de l'écoutille avant, bel effet de cheminée
- C'est quoi
? Des torches ? - J'sais pas ! Mais on décrisse ! Y a pu rien à
faire ici ! Impossible de chercher à apporter quelque chose, la fumée
est partout,
Où est Nicole ? ... - Houtch ! - Ça
va ? - Je viens de me frapper la gueule ! On descend l'annexe ! Prends ton
côté ! Beau système de bossoir, mais en urgence
- Les maudites ficelles, y aurait pas pu mettre des bouts et des poulies convenables,
Faut couper ! Le couteau est dans le tiroir à côté
de la table à carte, pas question d'aller le chercher, c'est l'enfer à
l'intérieur ! Des annexes viennent vers nous
- On saute !
Photo
Britta
©
Rescapés
de la flotte, nous sommes
- Recule
! j'embarquerai en avant. Il fonce, il va me passer sur le corps. -
Arrête ton moteur ! Tu vas me dépecer ! Ton hélice ! Je
suis enfin hissé dans l'annexe, Nicole a été cueillie par
un jeune homme, elle est déjà à bord de son bateau
Nous nous retrouvons tous les deux assis dans le cockpit, regardant bêtement
ce qui se passe : les autres plaisanciers s'éloignent,
les pompiers
arrosent, un paquebot manuvre dans la direction d' Ensueño,
les flammes lui sortent de partout
Photo
Britta ©
-
Mettez ce short et ce T-shirt
Photo
Britta ©
Déroutant
de voir notre voilier en feu C'est
alors que je rends compte que je ne suis vêtu que de ma montre bracelet,
rien d'autres
Nicole un short un T-shirt,
et son alliance
Ouf ! Les images commencent à monter ! - Qu'est-ce qui nous arrive
?
Les annexes sont partout,
nous sommes assis immobiles, Nicole semble tout aussi dépassée que
moi par les événements. Ensueño semble s'évanouir
sous les flammes, ... Certains cherchent à s'approcher du bateau
Les voiliers mouillés près de nous, manuvrent toujours, ils
craignent probablement l'explosion. Ça bouge dans tous les sens, les pompiers
viennent d'arriver à bord d'une petite embarcation, ils sont munis de boyaux
d'arrosage de jardin
Ils disparaissent dans l'épaisse fumée
noire.
- Ciel que ça brûle
vite! C'est tout ce que je trouve à dire, de toutes manières,
tout le monde parle, personne n'écoute ! - N'approchez pas ! Le propane
!
L'explosion !
Nous leur faisons signe de ne pas s'approcher
du brasier, il faut leur faire comprendre que nous sommes sains et saufs. -
Non !
Non !
Il n'y a plus personne à bord, il faudrait
Je perds la fin de la phrase de mon sauveteur, le tumulte, ... - Je communique
avec le port tout de suite, répond Nicolas. C'est
comme si on avait tiré le tapis sous moi
Nos biens, ma caméra,
Plus rien. Je me pince, je touche Nicole
Nous sommes vivants.
Un
paquebot manuvre. Photo
Britta
©
La fumée
a envahi complètement Ensueño,le mat est encore debout, le gros
paquebot est à peine visible, Le feu à bord le pire cauchemar
du marin, heureusement nous étions rentrés au port. Au
large, à notre sud-ouest, un paquebot lève l'ancre, il manuvre,
Surprise ! Il se dirige vers le voilier en flamme,
Il se colle sur
le bâbord d' Ensueño, mouille l'ancre,
Que fait-il là
? Le bateau va lui sauter au visage ! Des touristes sont attroupés au bastingage
à tribord, ils regardent le spectacle, des membres d'équipage ont
commencé à arroser copieusement le bateau avec des canons d'eau
Son, lumière,
fontaines d'eau et fumée envahissent
le ciel
On ne voit plus la coque du bateau, le mât tombe,
" J'espère juste que le propane ne sautera pas ! A-t-on idée
de rester là ? Risquer des vies pour un tas de plastique ! " Elle
est petite cette embarcation qui nous conduit dans le port, les trois membres
d'équipage nous ont fait asseoir sur les banquettes latérales. "
J'espère qu'ils ont des gilets de sauvetage pour tout le monde ! "
Pieds nus, rien dans les mains, rien
dans les poches,
Quelles poches ? Plus moyens de retourner au bateau, "
mais Monsieur,
il n'y a plus de bateau ! " Plus de bateau
plus
rien du tout : ni cartes de crédits, ni passeports, ni argent,
Ce port me parait familier,
C'est vrai qu'on en a fait le tour ce midi
Tout cela semble si loin
On se dirige vers la capitainerie, je sens
les petits cailloux sous mes pieds. " Vont-ils me demander de m'enregistrer
? Hi ! Hi ! " Quelle entrée spectaculaire ! Il nous aurait été
si agréable de faire comme tous les autres plaisanciers,
Tout simplement
aller payer notre dû, au lieu de rendre des comptes. - Y a de la vie,
j'ai l'impression que toute la ville y est
Serait-ce la fin du monde ?
- En tout cas, ma belle, c'est la fin d'Ensueño ! La terre ferme,
il n'en fallut que peu pour ne pas la revoir. Les questions fusent de partout,
tout le monde veut savoir comment c'est arrivé et avant tous les autres
Mon sauveteur nous a suivis dans son annexe, il cherche à communiquer
avec nous : - Nous pouvons vous ac
Je manque le reste de la phrase,
il parle anglais et en plus avec un fort accent. Les gardes côtes n'ont
pas l'air de vouloir ralentir le pas, même quand Nicole et moi devons nous
arrêter sporadiquement pour nous débarrasser des cailloux collés
sous nos pieds. Pas de danse, non synchronisés
Une jeune femme s'approche
: - Monsieur, voici quelques cartes d'appels pour le téléphone,
vous en aurez sûrement besoin
Je reconnais son accent, elle est
de chez nous
- On m'appelle Lucie la Québécoise, tout
le monde me connaît ici, sous ce nom, je pourrai vous être utile,
je travaille à
Je ne comprends pas tout,
Enfin, nous
arrivons à la capitainerie, mes pieds n'en peuvent plus. Faut que je retienne
qu'elle a demandé au centre Internet de rester ouvert pour nous. Les
gens de la capitainerie comprennent très bien que nous ne soyons pas enregistrés.
À la porte, une voiture de police, une fourgonnette,
des gendarmes
nous attendent, il y aura sûrement des comptes à rendre : - Il
y aura déposition à faire à la gendarmerie, vous pouvez la
faire aujourd'hui ou demain, elle sera tout aussi valable. Une brève
consultation auprès de Nicole, nous irons maintenant. Nous marchons vers
le véhicule des policiers. Mon ange gardien nous rejoint, j'entends
et surtout, je comprends : - Je vous attends, je serai ici quand vous reviendrez
de la gendarmerie. Nous avons de la place à bord pour vous. Voilà
une bonne nouvelle. 
Déposition à la gendarmerie Je ne pensais
jamais qu'un jour, je ferais un tour de panier à salade. Petites rues sinueuses,
j'espère qu'il connaît bien la route
À cette vitesse
! Pentes escarpées, environ 10 minutes, le temps de reprendre notre souffle
(sic !), la gendarmerie est à droite la pente descendante est très
abrupte, le chauffeur fait un écart sur la gauche pour mieux rentrer à
droite, il y a une courbe. Peut-il voir les voitures monter dans le sens inverse
?
Houps ! En voici une
Elle a tout un air d'aller ! Ce serait trop
bête de se faire massacrer dans un accident d'autos
Ouf !
-
Noms, prénoms, adresse,

Nicole
est dans une autre pièce, elle semble subir le même sort
- Nous étions arrivés depuis midi, nous avions mangé, fait
la sieste. À 14.30 heures, nous nous sommes levés, j'étais
à regarder mes images,
- Qu'y a-t-il Monsieur ? Vous vous sentez
mal ! En fait, je viens de me rendre compte que j'ai perdu toutes mes images
-
Nicole, c'est ma compagne de vie, celle qui est dans l'autre
pièce,
elle lisait
nous étions assis dans le carré,
moi, le dos à la cuisinière, elle à tribord, juste à
côté de la table à carte,
il était environ 15.00
heures,
quand tout à coup, j'ai entendu un bruit semblable à
un frottement de plusieurs allumettes, et la fumée, blanche puis noire
je ne savais pas ce qui nous arrivait ! Les extincteurs, le premier, le
deuxième, le troisième,
inutiles !
Le gendarme
prend des notes, pose des questions, m'aide à préciser ma pensée...
J'ai l'impression d'être dans un film, je réponds du mieux que je
peux.. Ils nous ont probablement séparés pour confronter nos dépositions.
Ils me laissent seul, j'entends des bribes de conversation dans la salle à
côté,
Pourquoi est-ce si long ? Nicole revient. Nous nous
regardons, je suis persuadé que nous pensons la même chose
Plus de papiers, plus d'argent, plus de vêtements, comment allons-nous nous
en sortir ?
- Vous savez, quand
on arrive à St-Barth, même quand on arrive de St-Martin, il faut
se présenter au port à la douane
Il continue son baratin,
je l'écoute
J'ai l'impression que nous ne sommes pas sortis de l'auberge..
-
Nous comprenons très bien qu'il vous fût difficile de répondre
aux exigences
au fait
Auriez-vous soif ? - Oui, un verre d'eau,
serait bien. - Non
, un Pernaud ? Ce que vous voulez
Ils vont
m'achever !
Deux bonnes bières Kroenembourg bien froides. Nous sommes
vraiment en France. Remise de papiers
qui montrent officiellement que nous sommes des " sans papiers ", un
extrait de la déposition, le numéro du dossier, les noms des gendarmes
qui ont fait les contats,
Francis le responsable du quart, il a pris ma
déposition, le beau jeune homme, il s'est occupé de Nicole, les
autres, plusieurs jeunes. Ils font des stages dans les différentes régions
de France et outre mer,
Craintes inutiles, nous étions entre amis,
Faut dire, nous ne sommes pas habitués aux enquêtes policières. Chapitre
2  
Suite au naufrage d'Ensueño, nous nous
sommes retrouvés à Gustavia, dans l'île de Saint-Barthelemy
sans vêtements, sans papiers et sans le sous, mais heureusement sans blessure.
Les gendarmes viennent de nous faire des documents officiels attestant que nous
sommes des sans-papiers. Ils nous ont ramenés au port de Gustavia
Bon
! Gentille la petite dame,
Mais comment fonctionnent ces cartes d'appel
?
L'éclairage n'est pas à son meilleur
Merde, j'ai
même oublié mon numéro de téléphone. Ça
y est il m'est revenu ! Les numéros pour l'inter. Re merde
je n'y
arrive pas,
la grosseur des chiffres ? L'âge ? Essayons le 0
Ça y est ! Ça sonne
J'attends, je me retourne, Nicole reste
auprès de notre ange gardien,
la baie, les immenses cruisers à
bosse, au quai, les voiliers au mouillage, leur feu d'ancrage allumé,
trois coup,
quatre,
Va-t-il répondre ? Les chemins éclairés
serpentent vers le sommet d'une petite élévation au pied de laquelle
il y a des complexes bien éclairés, prob
-
Jean-Paul ? - Non monsieur, vous avez le mauvais numéro. - Mais
c'est impossible, c'est mon numéro personnel. C'est bien le
- Oui, mais c'est chez moi. - Vous avez bien compris que le numéro
est le
- Oui et j'ai ce même numéro depuis 15 ans. Click
! Nicole, où est Nicole ? Avec le type au drôle d'accent,
J'ai oublié son nom
le gîte possible
- Viens, ça
va pas,
notre numéro de
- C'est le 450
- Ça
va pas dans ma tête
Je composais mon ancien numéro?!
d'il y a plus de vingt ans
- J'ai l'impression que l'accident est plus
gr
Et puis une voix de femme
- Ça va les naufragés
? Ils ont gardé le centre Internet ouvert pour vous
Décidément,
tout le monde est au courant ! Elle m'explique comment m'y rendre, c'est tout
près. Faut dire que la ville est petite
Il y fera sûrement
plus clair ! Nicole reste avec Martin, je préfère y aller seul,
Il semble toujours prêt à nous aider, il ne faut surtout pas
qu'il nous échappe. - Merci d'avoir gardé le centre ouvert !
- Lucie la Québécoise est arrêtée pour me demander
de retarder la fermeture, vous avez sûrement besoin de communiquer. J'ai
peine à parler, le centre de communication est à l'étage
supérieur. J'ai grimpé les marches deux par deux, je dois rejoindre
André, le propriétaire du bateau. Le centre est vide, sauf cette
jeune femme. Des ordinateurs,
des télécopieurs, des téléphones,
tout ce qu'il
faut pour communiquer,
Mais je ne me souviens de rien
Mon adresse
courriel ? Oui, elle me revient ! Mon agenda Yahoo,
Je pourrai au moins
écrire à André, faudra que je lui demande de m'envoyer ses
nos de téléphones
- Voilà, je vous ai allumé
cet ordinateur, il est en français
Je me place devant cet appareil,
je dois avoir l'air complètement hébété,

- Vous ne savez pas ?
- Je sais comment ça fonctionne, mais
je n'ai pas mes lunettes
Elle s'assoit devant l'ordinateur, elle
va me l'écrire, je suis à côté d'elle
Yahoo.ca,
l'adresse, le mot de passe, tout me revient, et encore plus, je dois vraiment
prendre du mieux, je remarque qu'elle est mignonne. Je suis encore en vie
Mais comment dicter un message comme celui-ci ? - Aujourd'hui, le 11 décembre,
à Gustavia,
Quelques phrases clés, des détails,
Je lui demande de le relire
Ça semble un peu confus. Je ne
peux quand même pas lui demander de recommencer, maudit âge qui m'oblige
de porter des lunettes, - Rajoutez
désolé à la
fin, SVP;
Non ! confus serait mieux, mes regrets,
je ne sais plus
merde - Dois-je écrire merde ? En voilà une pour
détendre l'atmosphère ! Elle rougit, ça lui va bien
- Si je pouvais juste lui parler
- Je peux placer l'appel pour vous
- Je n'ai pas son numéro,
Mais, vous pouvez téléphoner
chez moi
Tenez, Lucie m'a donné des cartes d'appel
Heureusement
qu'elle est là, l'éclairage est meilleur, mais les chiffres sont
toujours trop petits et qui plus est, il y a toute une série de numéros
à signaler avant de composer chez nous et je ne suis pas en condition de
le faire. C'est le répondeur! - Oui, bonjour, écoute Jean-Paul,
je t'appelle de Gustavia, on a eu un gros, gros, gros,
. problème.
Le bateau
c'est une perte totale
Va sur Internet, tu trouveras plus
de détails ! Je t'ai envoyé copie du message que j'ai fait parvenir
à André
Tu trouveras sur le babillard, une lettre, en cas
d'urgence, dans laquelle il y a les numéros de cartes de crédit,
de passeport,
Faudra faire ce qu'il faut, les numéros de téléphones
où appeler, y compris celui d'André
Si le cur t'en
dit, tu peux communiquer avec lui, il n'ouvrira peut-être pas ses courriels
Vive les boites vocales, on n'éternise pas les communications.
- Bonsoir mademoiselle et merci
Elle se nomme Nathalie et j'ai comme
l'impression que je vais la revoir.
1ère
soirée sur le voilier de notre sauveteur. Quelle générosité
de nous accueillir sur leur bateau
J'aurais sûrement fait pareil
Il faut que je me laisse aller là-dedans, j'ai toutes sortes de
choses à vivre, des moins bonnes et des meilleures. L'important, c'est
qu'il n'y ait pas eu de blessés
La vie va se charger de nous
En attendant, allons voir sur quel bateau nous conduit notre nouvel ami
Nicole me pince et fixe son regard sur un superbe grand bateau,
Nous nous
dirigeons vers cette embarcation. Oh ! Là ! Là ! Quel gréement,
quelles lignes,
si elle est aussi racée que son apparence,
si sa conversation et son esprit égalent sa beauté
Bateau,
quel bateau ? C'est de Britta, dont je parle, la femme de Martin
Couple
d'allemands, ils viennent faire de la voile dans la région tous les hivers.
Ils nous montrent notre cabine,
quelques bières, un souper et dodo.
La chambre côté tribord, très coquette. J'entends vaguement
Martin me parler d'un service de location impeccable. Un coup de téléphone
et ils sont venus préparer la cabine,
À demain, les choses
sérieuses ! 
Nos
hôtes, Martin et Britta Petit déjeuner
jour 2 Je suis vraiment surpris d'avoir si bien dormi. Il fait beau, le soleil
entre par le hublot, les autres dorment encore, je sors. Ensueño n'est
plus là ! - Merde, il a coulé ! J'aurais dû
impossible,
j'étais épuisé, il aurait fallu faire quelque chose, les
deux bières, le vin, le bon repas,
je suis tombé comme un
- Bonjour Louis ! Tu as
- Oui, mais
le bateau a coulé
! - Non
C'est la capitainerie,
Ils l'on fait remorquer, regarde
là-bas, au quai commercial. Le spectacle n'est pas joli à travers
les lentilles de la lunette d'approche, le mât est plié en deux,
il flotte bas. Les filles se lèvent, nous mettons la table, du café,
des toasts, des confitures, du fromage, des fruits,
Nous sommes toujours
en vie
et bien accueillis chez nos nouveaux amis. Comme c'est bon de me
sentir porté
Martin me verse une autre tasse de café
: - J'ai vu la fumée sortir par les écoutilles, je savais que
c'était grave, je suis sauté dans mon annexe, il y en avait d'autres
qui se précipitaient pour vous aider, j'ai vu un jeune homme attraper Nicole,
la hisser à bord de son youyou, Louis semblait effrayé, il regardait
partout probablement qu'il te cherchait, Nicole,
Il m'a crié de
reculer, je cherchais à savoir s'il y avait d'autre monde à bord,
je l'ai attrapé, il n'a pas été facile à monter dans
le gonflable, il est costaud,
Britta reprend : j'ai pris des photos
au moment où vous êtes arrivés au bateau du jeune homme. Il
t'a passé un T-shirt. J'ai photographié quand le paquebot a manuvré,
c'était formidable de le voir s'approcher. Il a abordé votre voilier
sur bâbord, j'avais une vue fantastique sur ce qui se passait : les gros
boyaux, un jet d'une grande puissance, la fumée, la vapeur. Par moment,
on ne voyait plus le voilier, le paquebot était envahi d'un épais
brouillard, il y avait des passagers massés à l'avant du bateau.
J'avais peur à l'explosion. J'espère que les photos seront réussies.
Je me rends compte de leur façon différente de voir les choses,
l'incident : photos
Britta
- J'ai vu la fumée
sortir de l'écoutille arrière, j'ai pris l'extincteur, je suis sauté
dans l'annexe,
Vous étiez à l'eau, j'ai vu un autre plaisancier
t'attraper Nicole et là, Louis, je t'ai tendu la main; je t'ai demandé
s'il y avait d'autre monde à bord,
- Je ne me souviens pas
de t'avoir répondu
- Tout allait si vite
Et j'ai suivi
le jeune homme. Il a fait monter Nicole à bord, le jeune
- Nicolas,
beau jeune homme. N'est-ce pas Nicole ? - Super ! -
te tendit un
T-shirt. - .
Et la conversation continue.
La belle Britta raconte qu'elle était tellement inquiète
Son émotion est grande et vraie. Martin
m'amène à sa cabine, les filles sont parties de leur côté.
Il ouvre une grande valise, quelques vêtements, des sandales,
Il
m'avance quelques billets, il comprend qu'il nous faudra faire quelques achats.
J'entends les filles ricaner dans l'autre cabine. - Viens voir, Louis !
- Wow ! joli pantalon, sexy T-shirt, ils te vont comme des gants,
de quoi
réveiller un marin atterré. - Attends de voir la mini jupe
et la petite blouse
La parade de mode continue. Britta ne fournit ni
le soutien gorge, ni les petites culottes
Diable, je suis encore vivant
! Martin va nous conduire au bord, Britta sera de la partie, elle veut aller
faire quelques achats, elle parle de l'achat d'un bikini. Ils nous assurent qu'ils
ne retourneront pas au bateau sans nous. De toutes manières, la ville est
toute petite et nous aurons sûrement la chance de nous croiser. Mais avant,
nous nous rendons à l'épave. La
visite à l'épave photo
Britta
Le
quai commercial voir
carte Quelle
tristesse ! Ils ont dû remorquer
l'épave au quai commercial ce matin ou hier soir
Il est à
la sortie de la baie. - On va s'amarrer devant. Regarde, il y a une échelle,
ce sera plus facile de monter sur le quai. - C'est assez surprenant qu'il
n'ait pas coulé. - Le paquebot, les pompiers ont suffisamment arrosé
- On dirait une immense barque. Le roof est tombé sur le
pont, le pont dans la cale, il ne reste pas grand chose. Des gens, deux hommes
deux femmes examinent les débris : - Vous savez, on l'a vu brûler
hier. C'était tout un spectacle ! - À qui le dites-vous !
- Vous l'avez vu vous aussi ? - Oui ! Et nous avions même une place
de choix
Nous leur expliquons dans les menus détails ce qui
s'était passé : notre arrivée, le déclenchement subit
du feu, la rapidité avec laquelle les gens avaient réagi
- Je crois que je vais monter à bord, voir s'il n'y a pas moyen de récupérer
quelque chose. - À ta place, je n'irais pas, ça pourrait céder.
- Tu ne connais pas Louis, il s'agit de lui dire de
- Je pense que
vous avez raison, il n'y a là que cendres et plastiques fondus

Se
rebâtir L'annexe nous porte lentement vers l'intérieur de la
baie, laissant derrière, cette épave qui aurait pu devenir notre
cercueil. C'est un joli paysage, des quais s'allongent de chaque coté,
des bateaux partout, grands et petits, des cruisers, une forêt de mâts,
les couleurs vives des enveloppes de grand-voile, quelques biminis déjà
à poste pour nous rappeler que nous sommes dans les Antilles, les vacances,
le soleil,
Les gens s'animent aux travaux habituels du matin, nettoyage
du pont, linge à sécher sur les rambardes,
Nicole
et moi marchons vers la pharmacie, nous pourrons y faire quelques menus achats,
Martin m'a avancé 200$ US. Nous marchons sur la rue le long du port, il
m'a prêté ses sandales, mes pieds sont heureux. Nicole a celles de
Britta, dans les deux cas, les pointures correspondent.; il m'a donné un
T-shirt, la grandeur, la couleur, tout est parfait. Nicole est vêtue d'un
ensemble de Britta, il lui va à merveille. Décidément, on
a trouvé chaussures à nos pieds. Nicole est toute belle, mais le
sait-elle ? Que ces gestes sont importants, il faudra leur répéter
comme on apprécie tout ce qu'ils font pour nous
-
Bonjour, je voudrais avoir des gouttes pour les yeux, j'ai un problème
de glaucome et j'ai perdu mes gouttes, nous avons tout perdu, notre bateau a brûlé,
je n'ai pas de prescription
- Vous n'avez pas été blessés
toujours ?
- Il nous faut aussi des brosses à dents, des lunettes
de lecture pour nous deux
L'énumération de tout ce qu'on
pense trouver dans une pharmacie, Nicole a perdu ses lunettes de myope, mais,
heureusement, elle portait ses verres de contact,
Il faut donc du liquide
pour les nettoyer, les conserver,
- On a vu et entendu tout ce brouhaha
! Les pompiers,
Et le bateau ?
- Perte totale ! Nous sommes
les premiers clients du matin, nous sentons une empathie réelle, on s'occupe
de nous. Nous trouvons ce dont nous avons besoin, de quoi nous dépanner.
- Au revoir et merci . - Attendez un moment, voici pour vous un petit cadeau
de la maison
Et bon courage ! La patronne tend à Nicole un petit
sac fourre-tout, dans lequel se trouvent quelques petits trésors de femmes,
limes à ongles, quelques produits nettoyants,
Nicole sourit aux
anges, c'est un début
Nicole part de son côté pour
d'autres achats, moi, je me dirige vers le centre de communication. Dresser
un plan de match et de communication au centre Internet Il faut dresser un
plan de match : André a été averti par courriel, Jean-Paul
devrait m'envoyer une copie de tous les renseignements consignés dans la
précieuse enveloppe. À la condition qu'il l'ait trouvée.
C'est marqué dessus en gros crayon feutre " En cas de perte de documents
! " Je devrais recevoir le tout aujourd'hui. Si nous voulons rentrer, il
nous faudra communiquer avec le gouvernement canadien, pour récupérer
des papiers,
Faire venir de l'argent,
Ne pas oublier les compagnies
de cartes de crédits,
À peine cinq minutes entre la
pharmacie et le Centre@alizés, neuf heures,
tout est proche ici,
à l'échelle humaine
Il est déjà ouvert.
Les heures, 9 à 12 : 30, 14 : 30 à 18 : 30. Bon c'est à retenir,
j'ai comme l'impression que je vais souvent me retrouver ici durant les prochains
jours. - Bonjour Louis ! Vous avez bien dormi ? Vous sentez-vous mieux ce
matin. Vous vous souvenez que vous êtes venu me voir, hier soir ? Superbe
façon de me détendre
Elle m'ouvre un ordinateur, il y en
a une trentaine, tous alignés, six par rangée, français,
anglais, autres langues sûrement. Le local est très propre, des fenêtres
sur l'extérieur, fax, imprimantes, tranches, téléphones,
prises pour les ordinateurs portables,
et surtout un bon accueil, un joli
sourire, en fait tout ce dont un naufragé a besoin
Allons voir
ce que me réserve mon courrier. D'abord voyons ce que j'ai écrit
au propriétaire, je ne souviens plus des détails
Louis
Charbonneau
En 2008,
Plus de 3000 personnes ont lu les cinq parties du premier tome de "Naufrage
à Gustavia" Le deuxième tome est déjà écrit,
j'hésite, le publier ici ou aller en édition papier pour l'ensemble
des deux uvres
S'il y en a qui veulent me faire des commentaires à
ce propos ou sur cette histoire ... Communiquez
avec moi |
D'autres
marins ont vécu la même chose Voir
lettre À
suivre la
2e partie Autre
voilier en feu May
Day ! May Day ! May Day !
Lors de ce naufrage, nous avons perdu les images tournées, mais il y en
a eu d'autres depuis :
Voyez
nos productions de films sur la voile et la navigation.
Lisez
conseils de capitaine 
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