École de
voile Louis Charbonneau
Mouiller
l'ancre, ce qu'il faut savoir !
Nouveau film : «La voile, les deux pieds sur le pont». Un DVD oui, mais les utilisateurs peuvent étudier chaque apprentissage à partir d'un Menu/Manoeuvres. Nos figurants apprennent et vous montrent tout sur le mouillage : film instructif et sympathique
Sortie Janvier 2012

Un bon mouillage y va de la sécurité
de l'équipage et du bateau. On a beau prendre toutes
les précautions ... Les surprises sont toujours possibles.
Il faut...
Équipement approprié.
L'ancre doit avoir une pesanteur en relation avec la grosseur
du bateau et une chaîne suffisamment longue, (au moins
la longueur du bateau) reliée à un câblot
par une cosse
à une manille (image). Cosse et manille
reliée à la chaîne
préviennent
l'usure du câblot.
(Métal contre métal: cosse dans l'épissure
du câblot, manille de la cosse au dernier maillon de
la chaîne)
La chaîne d'ancre (ou câblot) doit être
fixée au fond du puits par un tire fond à il
très solide et vissé à la quille. Des
yachts de croisière devraient avoir deux ancres, idéalement
de types différents
Bien choisir le mouillage.
Toujours mouiller dans un endroit à l'abri du vent
et des vagues dans le fond d'une baie,... Éviter derrière
une petite île, le vent ne fait pas le tour, mais la
vague le fera et vous roulerez toute la nuit. Établir
sa météo pour la nuit et le lendemain.
Prévoir un mouillage alternatif qui vous permettra
de changer durant la nuit : prévoir la trajectoire
à suivre dans les détails, les profondeurs,
les bouées, points de repères, pointes, obstacles
hauts fonds, même faire vos points GPS. Dans le cas
de cartes électroniques, c'est beaucoup plus simple.
La profondeur idéale.
L e mieux, c'est de mouiller entre 8 et 15 pieds. Pas trop
de chaîne à remonter (c'est vrai que plusieurs
ont des guindeaux électriques). Évidemment,
il faut tenir compte des profondeurs, du temps de l'année,
du type de fonds. En eau douce, au mois d'août, à
nos latitude, alors que les phosphates ont bien engraissé
la flore lacustre, il est préférable de choisir
des profondeurs de plus de quinze pieds, le soleil n'aura
pas permis aux herbes de proliférer.
Le type de fonds, types d'ancres.
Types d'ancre
Ils y a des ancres plus intéressantes que d'autres.
Le type CQR ou Danfort est excellant dans le sable, la glaise
légèrement consolidée et dans les fonds
rocheux irréguliers. Rien ne tient dans les herbes,
... Quelque soit le type d'ancre ou de fond, la clé
est probablement dans la partie chaîne qui ajoute du
poids sinon à l'ancre du moins elle aide le câblot
à travailler plus en profondeur. Important de choisir
une ancre appropriée au bateau : certaines sont mieux
appropriées pour prendre dans certain types de fonds.
Personnellement, j'aime bien le type CQR.
Voir
le site suivant pour plus de détails
La chaîne vs le câblot. Observez bien les
bateaux dans les baies, ceux qui sont câblot tournent
plus rapidement que ceux sur chaîne. C'est occasionnellement
source de problèmes.
La chaîne a l'avantage de faire du poids additionnel
et donne effet de ressort. S'il y a câblot, remarquez
que la chaîne est au moins aussi longue que le bateau. 
Éviter que la chaîne vienne jusqu'au pont : ajouter
un câblot fixé à la chaîne en mettant
un câble qui prendra la tension de la chaîne à
quelques mètres de l'étrave, ce qui évitera
les coups brusques chaîne/étrave.
« Suffisamment
de chaîne (câblot) »
Mais pas trop. Plusieurs ont trop de touée et ils envahissent
les baies. 
La longueur de
la chaîne est insuffisante, l'ancre dérape.
Les manuvres
de l'équipage.
Bien préparer votre ancre : un équipier à
l'avant
Ou le doigt sur le bouton pour ceux qui ont
un guindeau électrique. Évaluer l'endroit, et
manuvrer en conséquence
Faire le tour de chat. (Pensez à un chat
qui établit son territoire)
Bien établir l'espace nécessaire à la
touée, i, e, qu'il n'y ait pas de haut fond ou des
bateaux dans le rayon que vous devrez occuper en fonction
des vents changeants. Ce tour se fait en parcourant un cercle
dans l'espace que vous envisagez d'occuper sans déranger
les autres déjà ancrés.
|
«
Cette manoeuvre sécurisera les autres voiliers
» |
La touée

La baie est pour plusieurs ne pas exagérer sur la touée !
Attention ! Certains
bateaux occupent trop de place car ils ont la mauvaise habitude
de mettre beaucoup trop de câblot. Vous
pouvez généralement les identifier facilement
car ils vont laisser flotter une petite flotte (ils l'appellent
orin) retenue par un bout attaché à l'organeau
de leur ancre, ce qui vous permet de reconnaître l'emplacement
de l'ancre et la toué de leur bateau. Certains d'entre
eux l'ont tellement étirée qu'ils balayent la
baie quand le vent change de direction. Ne pas oublier que
le bateau déjà ancré a priorité
et que s'il y avait conflit d'espace c'est à vous de
vous déplacer.
Directives claires et communication. L'équipier
va préparer l'ancre : il place l'ancre au dessus de
l'eau à l'avant, place la chaîne sur l'engrenage
du guindeau, avertit le barreur qu'il est prêt à
mouiller.
Mouiller l'ancre et le remonter peut devenir une occasion
de chicane entre le barreur et l'équipier : il
est préférable d'utiliser des signes que de
crier des ordres.
|
«
Belle complicité entre barreur et équipier
» |
Le barreur a immobilisé le bateau, vent debout, il
fait savoir à l'équiper qu'il doit être
prêt à mouiller, l'équipier répond
" Paré!" ou lui fait le signe convenu. Le
barreur donne l'ordre de mouiller.
L'équipier mouille l'ancre à l'eau (on ne le
ne jette pas), il laisse filler la chaîne (pas en paquet)
jusqu'à ce que l'ancre touche le fond. (On sent la
diminution du poids). Il arrête ! Signifie au barreur
que l'ancre est au fond. Le barreur fait reculer le bateau
lentement, l'équipier laisse glisser la chaîne
en gardant une petite tension, la chaîne va ainsi se
placer derrière l'ancre. Le barreur évaluera
la distance de la toué et au moment opportun, il signifiera
à son équipier de bloquer la chaîne. Le
barreur donnera un peu de renverse pour vérifier si
l'ancre est prise. Éviter de reculer trop rapidement,
évitant ainsi de faire plonger le devant du bateau
(Oui, ça arrive!).

L'équipière
signifie au barreur que l'ancre est prise, le pouce en l'air.
Remarquez que Nicole a encore le pied sur la chaîne,
au dessus de l'engrenage du guideau, ayant évité
ainsi que la chaîne dérape au moment où
l'ancre a mordu.
Le barreur évalue la situation en vérifiant
ses amères, arbres, pointes, bateaux,
Il faut
savoir si l'ancre tient.
L'ancre tiendra-t-il?
Par gros temps le capitaine inquiet pourra toujours enclencher
une alarme, avec le GPS ou le profondimètre. Dans des
situations critiques, très mauvais temps, trop prêt
d'un chenal fréquenté, mauvais fonds, une veille
peut-être mise sur pied.
Mouillage à deux ancres
Affourcher : mouiller avec deux ancres, de manière
à ce que leurs câbles forment une espèce
de fourche.

Méthode utilisée
dans des conditions de changement de vent et de marée.
Elle permet d'éviter les autres bateaux, en faisant
une ellipse au lieu d'un cercle complet comme par mouillage
simple.
Mouillage de marée,
au bord d'un chenal (deux ancres)
Une ancre en amont, une autre, en aval.
Une ancre en amont, une autre, en aval. Au changement du courant
de marée, le bateau
gardera le même axe le long du chenal.

Au changement de marée,
le bateau restera dans l'axe. S'il n'y avait qu'une ancre,
le rayon de la touée occuperait le un espace dangereux
dans le chenal. Également très utilisable le
long d'un haut fond.
Embosser
Très intéressant dans une zone où il
y a peu d'espace et où les profondeurs le permettent.
Une ancre (habituellement) à l'avant, une amarre sur
terre sur un boulard (bollard, les deux se disent), jamais
après un arbre vivant.
|
Respect
de la nature, de l'environnement |
Faire passer l'amarre autour du
boulard, la ramener au bateau ; en cas d'un départ
prématuré et urgent, vous n'aurez qu'à
faire glisser l'amarre et n'aurez donc pas à aller
détacher l'amarre sur la côte. En plus imaginez
si c'est durant la nuit.
Préparation à
la nuit.
Revoir le mouillage alternatif sur la carte, allumer la lumière
de nuit. Oui ! Il y a des navigateurs de nuit et veulent vous
éviter en venant mouiller. La consommation d'électricité
vaut-elle les risques d'accidents ou autres inconvénients.
Tout ramasser, ne rien laisser traîner, intérieur,
extérieur. Toujours faire la vaisselle, un déplacement
de nuit provoquerait l'apparition d'O.V.N.I.!
Mouiller, c'est comme pour d'autres
manuvres, il faut le faire sérieusement, mais
pas se prendre au sérieux.
Mouiller à la voile. Les deux manœuvres suivantes se font en cas d’obligation : panne de moteur…
Enrouler ou baisser le foc, le voilier va modérer.
Border la GV, placez-vous vent debout. L'équiper doit
être prêt à mouiller l'ancre. Affalez la
GV. Aussitôt que le voilier sera immobilisé et
toujours vent debout, donner l'ordre de mouiller (voir plus
haut). Le vent se chargera de faire reculer le voilier, l'ancre
prendra.
Quitter le mouillage à voile
Une belle synchronisation entre le barreur et les équipiers. D’abord vérifier si c’est faisable : pas trop de bateaux autour, suffisamment d’espace et de profondeur pour manœuvrer. Un jeu d’équipiers à la GV à la voile avant et à l’ancre. Ne pas hisser la grand-voile avant d’avoir choqué son écoute. La GV est hissée, elle se comportera comme un drapeau. La personne à l’ancre fera signe au barreur qu’il peut border la GV pour permettre au bateau d’avancer. Il se placera en position pour lever l’ancre, le bateau avancera doucement sur l’ancre lui permettant de l’amener. Il faut être patient. Le bateau arrivera au dessus de l’ancre et c’est à ce moment là que ça se passe, le mouvement du bateau décrochera l’ancre, l’équipier l’embarquera ; deux autres équipiers se chargeront de mettre à voile avant au service de la manœuvre : l’un sortira partiellement le génois (foc), l’autre placera la voile avant à contre pour faire tourner le bateau et quand le voilier sera engagé, ils pourront amener la voile avant du bon côté, la manœuvre sera ainsi complété pour le plaisir de tous. Attention ! Si le bateau s’engage sur la mauvaise amure et qu’il veut s’en aller vers la rive, il faut alors que le barreur agisse vite : donner l’ordre de passer la voile avant sur l’autre côté pour exercer une poussée, choquer la GV pour aider le bateau à virer, faire un empannage contrôlé et s’orienter vers la bonne direction. Ouf !
Avis : ceux qui ont
déjà le manuel
"Cours de base" de l'école de
voile devrait imprimer cette page. Elle est plus complète
que celle qui s'y trouve. On la retrouvera dans la prochaine
édition.
Quelques fois
On a beau être bien mouillé, à l'abri,
il
arrive
que
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