Toponymie du Lac Champlain suite,

Site intéressant sur l'histoire du lac Champlain en anglais (America's Historic Lakes)

Webmestre courriel: Louis Charbonneau

http://voileevasion.qc.ca/carte_nouvelle_france_apogee.htm

Pour vous ouvrir au monde de la voile parcourrez notre site

Même aujourd'hui il y a encore des aventuriers
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For English ( Lake Champlain toponymy )

Toponymie du lac Champlain 1ière édition

Historique de la toponymie du lac Champlain
Lac Champlain toponymie, suite ( plus complète )

L'influence de la civilisation française, canadienne française et québécoise a contribué au façonnement de l'Amérique du Nord. Vous trouverez sur ces pages le constat dans la toponymie des lieux au Sud de Montréal au pays des États-Unis. C'est également vrai dans de nombreuses régions de notre voisin du sud et.... L'ouest, dans les grandes découvertes. Lewis and Clark n'étaient-ils pas pilotés par mon ancêtre Charbonneau… Les grands découvreurs de la Louisiane, du Mississipi, des Grands Lacs, les provinces du Canada, à l'est et à l'ouest… Contribution qu'il faut reconnaître …Et de nombreux historiens vous aideront à reconnaître ces faits, cherchez …Ça serait dommage que cette civilisation se perde...

Voir la carte d'Amérique du Nord alors qu'elle était surtout française. Et quelques faits historiques
Note de l'éditeur de ce site : Louis Charbonneau

LAC CHAMPLAIN

DES LIEUX ET DES HOMMES

ESSAI DE DICTIONNAIRE
SUR LA TOPONYMIE HISTORIQUE
ET LA PRÉSENCE FRANÇAISE


PIERRE BIRON

Suivez l ’AMIRAL DU LAC CHAMPLAIN de Pierre Biron l'auteur de ce travail en toponymie  : Échos de la Nouvelle-France lien


" MONS. DE SALIERE A ENVOYÉ 18 OU 20 HOMMES
DESCOUVRIR L'ENTRÉE DU LAC CHAMPELLEIN
ILS ONT AVANCÉ 4 LIEUES DANS LE LAC &
ONT ADMIRÉ LA BEAUTÉ DU PAIS "

LE JOURNAL DES JÉSUITES
OCTOBRE 1665


HISTOIRE MISE À PART,
CE LAC D'UNE BEAUTÉ INÉGALÉE
PARMI CEUX D'AMÉRIQUE DU NORD,
BIEN QU'À SEULEMENT 1 HEURE* DE MONTRÉAL,
SEMBLE MÉCONNU DE TROP NOMBREUX QUÉBÉCOIS,
HORMIS DES PLAISANCIERS DONT UNE BONNE PARTIE HIVERNENT
LEURS BATEAUX À SAINT-PAUL DE L'ÎLE-AUX-NOIX SUR LE RICHELIEU.


1re version sur internet <voileevasion.qc.ca/ lac_champlain_toponymie.htm>
2e version, déposée 2003 à la Maison de la Généalogie, cote <S 917 B619c> 65 p
Dernière mise à jour de la présente 3e version: 2006-03-22 14:23
Pierre Biron © 2005 tous droits réservés

Pierre Biron © 2005 tous droits réservés
Faits historiques
Les faits saillants
- La découverte du lac par Samuel de Champlain et la 1ère bataille des Français contre les Agniers (Mohawks) en juillet 1609 (aux alentours de Crown Point NY ou Ticonderoga NY)
- Le lac Champlain fait partie de la Nouvelle-France durant 150 ans, sous Régime français jusqu'en 1759
- Avec la vallée du Richelieu le lac sert d'axe de défense contre la menace d'abord iroquoise, devenue anglaise jusqu'en 1759, puis américaine en 1775 et en 1812.
- Le système de défense contre les Iroquois est constitué de cinq forts sur la rivière: Richelieu à Sorel, l'Assomption à Saint-Marc , Saint-Louis à Chambly, Ste-Thérèse sur la rive sud face au nord de l'île du même nom, Saint-Jean au sud de la ville du même nom , et d'un 6e fort sur le lac: le fort Ste-Anne sur l'Île Lamotte, premier établissement européen du Vermont.
- La visite historique du botaniste scandinave Pehr KALM en 1749
- Le système de défense contre les Américains est constitué de deux forts sur le lac :
(a) Le fort Saint-Frédéric (à Crown Point). La colonie française établie durant 28 ans vit passer 16 commandants et ses 13 aumôniers célébrèrent 331 mariages, 243 baptêmes et 198 sépultures. Passé aux Anglais en 1759.
(b) Le fort Carillon (devenu Ticonderoga). Après Québec et Louisbourg, c'est la plus imposante
fortification construite par les Français durant l'époque coloniale en Amérique. Il fut en 1758
le site de la plus éclatante victoire militaire de Montcalm. Passé aux Anglais en 1759, il est
audacieusement capturé en 1775 par Ethan ALLEN au nom des insurgents Américains
- Les expéditions franco-amérindiennes contre les Iroquois puis contre les Anglais de Nouvelle-Angleterre empruntent souvent le lac Champlain
-L'île aux Noix est fortifiée en 1759 par les Français contre la menace anglaise imminente arrivant du lac Champlain; puis les Anglais y érigent le Fort Lennox en 1819 contre la menace américaine suite à l'érection du fort Montgomery en 1816 à Rouses Point NY.
- Quand les Américains envahissent le Québec en 1775 et sont repoussés en 1776 au début de la guerre d'Indépendance américaine, les capitaines Hazen et Livingston recrutent des Canadiens français proaméricains dits " Républicains " et après la fin de cette guerre en 1781, quelques Républicains s'installent sur des concessions à Chazy et Champlain NY mais réapparaissent occasionnellement dans la vallée du Richelieu pour y recevoir des sacrements.
- Un des " pères du Vermont ", Ethan Allen, est emprisonné à Montréal après avoir tenté témérairement de capturer la ville avec une poignée d'hommes en 1775. Sa fille Fanny Allen apprend le français au pensionnat de la Congrégation Notre-Dame, se convertit au catholicisme, devient une exemplaire Religieuse Hospitalière de Saint-Joseph à l'Hôtel-Dieu de Montréal où elle décède en 1819 et dont l'influence posthume mène à la fondation du Fanny Allen Hospital ouvert en 1894 à Winooski en banlieue nord de Burlington VT
- Durant la guerre canado-américaine de 1812 les expéditions du Canada anglais sur le lac se terminent par une victoire américaine devant Plattsburgh en 1814

En 1837-39 de nombreux Canadiens français participant à la révolte des Patriotes contre l'autorité britannique, dont Louis Hippolyte LAFONTAINE, s'exilent temporairement dans les états de New York et du Vermont, plusieurs y résident plus ou moins longtemps et se réunissent fréquemment dans la vallée du lac Champlain NY: Albany NY, français VT, Burlington VT, Chazy NY, Rouses Point NY, Saint Albans VT, Schenectady NY, Swanton VT, Vergennes VT.

Conventions: Entrée en police Arial 10 gras: le toponyme actuel d'un site géographique ou d'un établissement et son état ou province - Origine du nom: nom en gras du personnage ayant inspiré le toponyme précédent - Entrée en police Comic Sans MS 11 gras: personne, personnage, institution, événement ayant joué un rôle dans la petite ou la grande histoire du lac
Abréviations: CT = Connecticut m = mariage MA = Massachusetts ME = Maine NH = New Hampshire NY = New-York ON = Ontario QC = Québec T: Toponyme ancien, en police italique VT = Vermont

DES LIEUX
A
Adirondacks, Monts - NY
Origine du nom: une tribu amérindienne
T anglais: surnommés White Mountains, par opposition aux Green Mountains du VT

Albany - NY
Origine du nom: Duc d'Albany
T hollandais: Beverswyck
T anglais utilisé par les Hollandais: Fort Orange puis Orange jusqu'en 1664
Historique:
1609 Site découvert par le navigateur anglais Henry HUDSON en remontant la Hudson sur son Half-Moon à l'emploi d'une société hollandaise, à quelques mois de la découverte du lac Champlain par CHAMPLAIN.
1613 Les Hollandais y ont déjà un poste de traite et ont déjà conclu un traité avec les Iroquois.
1636 Les Agniers (Mohawks) et autres Iroquois commencent à échanger des armes à feu contre des fourrures avec les Hollandais de Fort Orange (Albany NY), leurs villages sont situés le long de la rivière Mohawk vers le lac Ontario
1664 Après la prise de Fort Orange par les Anglais le 3 septembre (période où New Amsterdam devient New York), des Hollandais y demeurent quand même et colonisent quelque peu. Les dirigeants sont Arendt von CORLAER, et son neveu le pasteur protestant Godfrey DELLIUS qui projette en 1696 de coloniser le lac Champlain et qui obtint d'ailleurs en 1696 une concession (grant) s'étendant jusqu'à Split Rock mais révoquée plus tard; ces deux Hollandais font la traite des fourrures à Chimney Point
1686 Le 1er maire d'Albany fut Peter SCHUYLER
1688 Le gouverneur New Yorkais catholique irlandais DONOGAN, ayant servi le général français TURENNE près de 30 ans en Europe, donne le statut de ville à cet établissement de quelques 300 maisons, habitées surtout par des Hollandais.
1690 Une expédition franco-indienne sous FRONTENAC se dirige vers Fort Orange mais se trompe de chemin et massacre Schenectady le 9 février.
1673 Les Hollandais reprennent contrôle à Fort Orange / Albany mais pour deux ans seulement.
1675 Les Anglais reprennent Albany
1749 En juin le botaniste suédois Pehr KALM visite Albany, son opinion sur les mœurs des habitants Hollandais est plutôt négative
1797 Devient capitale de l'État de NY
1807 Début de la navigation entre New-York et Albany.


Agniers, territoire des
T anglais: Mohawk Country
Site: villages établis sur la rive sud de la rivière Mohawk NY, entre Utica et Albany NY, près de Sprakers et de Fort Hunter, plus précisément face à Little Falls, Fonda et Amsterdam sur la rive nord. En automne 1666, TRACY y commanda un raid punitif et brûla les villages, ce qui lui valut 18 ans de paix avec les Agniers.

Alburg - VT
Site: latitude nord 45º03'; depuis le clubhouse du terrain de golf situé immédiatement au nord-est du pont de l'île La Motte on a une vue imprenable sur le Passage Lamotte
T français: Seigneurie de Foucault - Pointe Algonquin
T anglais: Alberg
Historique
1781 Obtient sa charte de la " République du Vermont " le 23 février; 6 pionniers sont des ex-Loyalistes revenus de Saint-Jean QC.
1782 Les ex-loyalistes apportent plusieurs améliorations aux installations. Ira ALLEN tente de les déloger par voie légale mais sans succès.
1792 Établissement permanent et site du Caldwell's Upper Manor
1839 Le 23 novembre, Dr Robert NELSON quitte Alburg pour aller alimenter la révolte des Patriotes contre l'autorité britannique au Québec, avant de proclamer l'indépendance du Canada et se déclarer Président de la République ! On sait que ce brillant médecin catholique irlandais fut le 1er en Amérique à faire une laparotomie (ouverture de l'abdomen) et le 1er à attribuer une péritonite à l'appendicite. check

Alburg Tongue - VT
T français: Pointe Algonquin
Site: extrémité sud: latitude nord 44º52'

Amtrack: rail Montréal-New York - NY
Le National Geographic Magazine affirmait il y a quelques années que le panorama du trajet de Montréal à New York était l'un des 10 plus beaux au monde; chauvinisme (américain) mis à part, les vues sur le lac, avec le Vermont et ses montagnes en arrière-plan, sont rien de moins que spectaculaires, qu'on pense à celles offertes depuis Westport, Willsborough, Valcour..., dommage que la qualité des équipements et du service laisse à désirer.

Arnold Bay - VT
Site: Panton VT
Origine du nom: Benedict ARNOLD
T anglais: Ferris Bay - Adams' Landing
Historique: 1776 L'Américain ARNOLD y échoua et brûla sa flotte le 13 octobre, en fuite depuis deux jours, après sa défaite en 25 hres aux mains du gouverneur canadien Guy CARLETON devant l'île de Valcour le 11 octobre; l'équipage s'enfuit à terre vers Crown Point; la bataille de Valcour était la 1re confrontation navale opposant Américains et Canadiens sur le lac. La flotte comprenait la goélette Congress et 4 chaloupes-cannonières . ? Dans les années 1850 un traversier relie Adams Landing (dans Arnold Bay) à Barber's Point

Auriesville - NY
T amérindien: Ossermenon
Historique: le jésuite français JOGUES y est torturé et tué (voir cette entrée)

Ausable Point, River - NY
T français: Pointe, Rivière au Sable
Site: Au sud de Valcour Island, latitude nord 44º35' 18'', à l'embouchure supérieure (Upper Mouth) de la Ausable River
Historique: Les cascades connues sous le nom de Ausable Chasm constituent une attraction touristique

B
Barn Rock Harbor - NY
T anglais probable: Barren Rock Harbor
Site: latitude nord 44º13', en face de Mile Point et Basin Harbor VT

Basin Harbor - VT
T français: Bassin (1720)
Site: latitude nord 44º12'
Historique: Le 7 juil 1734 une seigneurie, qui comprend Basin Harbor, est accordée aux Sieurs de CONTRECOEUR père et fils. Le 20 avril 1743 une seigneurie qui comprend Basin Harbor est accordée à Gilles HOCKART gouverneur. À la fin du régime Français, deux colonies Anglaises se disputent le territoire du futur Vermont, le gouverneur WENTWORTH du New Hampshire s'enrichit en vendant des concession connues sous le nom de New Hampshire Grants et en même temps les gouverneurs COLDEN et TRYON de l'État de New-York tentent d'en faire autant. La Wentworth Charter de Basin Harbor date de 1762 et grâce à des pressions à la cour du roi George III par un lobbying efficace WENTWORTH met fin aux prétentions de New-York.
1813 Le 3 juin l'Américain McDONOUGH y envoie ses deux navires de guerre, les sloops Growler et Eagle, pour attaquer les navires canadiens qui naviguaient au nord du lac; ceux-ci reviennent à l'Île-aux-Noix, les sloops américains les poursuivent dans le Richelieu mais n'y peuvent naviguer adéquatement; ces deux navires sont capturés et renommés Finch et Chub. 1814 McDONOUGH quitte Basin Harbor et établit en vitesse un chantier naval à Vergennes .
Ce port naturel sera accordé à la famille BEACH dont les descendants exploitent depuis longtemps le Basin Harbor Club qui fut jadis un site favori de villégiature pour l'élite sociale et politique de la Nouvelle-Angleterre, tout comme le lac George; les facilités incluent une piste d'atterrissage pour monomoteurs, un hôtel, un port de plaisance, un terrain de golf.

Beekmantown - NY
Origine: William Beekman, titulaire de la 1er concession (patent) de l'endroit, nom donné le 25 février 1820
T anglais: Hazenburgh (en 1786, pour honorer le colonel HAZEN)
T français: Point au Roche

Blockhouse Point - VT
Origine du nom: les Anglais y avaient un blockhouse avant l'indépendance américaine de 1783 mais refusèrent de l'abandonner avant le traité de JAY du 19 novembre 1794; noter que John JAY est un homme politique américain descendant de huguenots (protestants français), secrétaire d'État (1784-1789), 1er juge en chef de la Cour suprême fédérale (1789-95) et gouverneur de l'État de New York (1795-1801).
Site: sur l'île de North Hero, rive nord de Carry Bay, latitude nord 44º51' 30''
T anglais: Dutchman's Point

Bouquet River - NY (aussi Boquet River)
Site: Passe à Willsboro pour se jeter dans le lac au nord de Essex NY, latitude nord 44º21'
T français: Rivière Boquet - Rivière Boquette
Origine du nom: probablement Henri BOUQUET, colonel mercenaire Suisse au service des britanniques, qui maîtrisa les Outaniau du chef PONTIAC en été 1763. Il complota avec le baron et maréchal Jeffery AMHERST, heureusement sans suites pour les alliés des Français, la contamination des Indiens en leur offrant en cadeau des couvertures infectées de variole : la guerre bactériologique avant son temps !
Historique: 1737, une seigneurie accordée à Louis Joseph ROBERT le 13 juin au nord de Split Rock, inclut cette rivière. 1815, le vapeur Américain Vermont de 125 pieds coula tout près de cette rivière quand l'arbre du moteur perfora sa coque; l'épave récupérée en 1953 et transportée à Ausable Chasm pour être exhibée fut détruite pour faire place à un camping commercial !


Brattleboro - CT
T anglais: Fort Dummer
Historique: Fort construit en 1724 au coin sud-est de la ville actuelle. En mai 1748 le sieur Didace Mouet de MORAS (cousin de l'auteur au 10e degré), emprunte le lac Champlain pour se rendre au fort Saint-Frédéric à Crown Point puis se lance à l'attaque de fort Dummer avec 30 Indiens

Bulwaga Bay - NY
Site: immédiatement à l'ouest de la péninsule de Crown Point, latitude nord 44º01'
Origine du nom: Amérindienne (" faux lac " )
T français: Baie Saint-Frédéric
T anglais: West Bay

Burton Island - VT
T anglais: Isles of White, qui incluait Ball Island
Site: immédiatement au SO de Saint-Albans Point, latitude nord 44º46' 30''
Historique: devenu terrain de camping et port de plaisance très pittoresques, administrés par l'État du VT. Les géologues y ont trouvé des fossiles de coraux témoins d'une vie marine en climat tropical

Button Bay - VT
Site: latitude nord 44º10'
T anglais: Button Mould Bay
Origine du nom: des cailloux y ont sont formés comme un moule à boutons; géologues et touristes peuvent trouver des fossiles dans le roc de la côte jusqu'à Basin Harbor, surtout des Gastropodes qui ressemblent à des escargots pétrifiés

C
Camel's Hump - VT
T anglais: Camel's Rump
T français: Lion couchant
Site: pic montagneux des Montagnes Vertes (Appalaches), visible du lac Champlain, 4083 pieds


Carleton's Prize Island - VT
Site: à l'O de White Beach au sud de l'île de South-Hero, entre Providence Island et Stave Island, latitude nord 44º36'
Origine du nom: Guy CARLETON
Historique: bombardée inutilement par l'équipage de CARLETON vers le 12 octobre 1776, confondue avec un navire américain de ARNOLD, au cours de la première confrontation canado-américaine sur les eaux du lac près de l'île de Valcour NY.


Cedar Island - VT
T français: Île aux Cèdres
Site: dans Converse Bay, latitude nord 44º17'

Chambly, canal - QC
Historique: la construction, ralentie par des problèmes financiers et politiques, s'étend de 1831 à 1843. Cet ouvrage servira à acheminer du bois aux états du VT et de NY, les agriculteurs l'utiliseront pour exporter leurs produits à Montréal, des passagers seront transportés jusqu'en 1931, le transports de marchandises prendra fin 1970 et le dernier convoi sera de la dynamite fabriquée à la C.I.L. de McMasterville. Quelques plaisanciers continuent de l'utiliser pour passer des vacances nautiques au lac Champlain ou encore emprunter cette route intracôtière dans l'intention de passer l'hiver dans les eaux des Caraïbes.

Chambly, fort - QC (voir Fort Chambly)

Champlain - NY (voir aussi Point au Roche)
Origine du nom: Samuel de CHAMPLAIN
Historique: 1783 Benjamin MOOERS, les frères GOSSELIN et Françis MONTY, ex-officiers, et 8 ex-soldats, vétérans de la guerre d'Indépendance, et aussi John LAFRAMBOISE (qui s'était déjà installé avant la Révolution à Trombly Bay quelques milles au sud de l'embouchure des rivières Chazy), quittent Fishkill NY en juillet et s'installent le 10 août dans la région Champlain-Chazy à Point au Roche, commençant par se construire en bois.
1784, Louis GOSSELIN construit la 1re maison en maçonnerie de la région, lui et les autres pionniers y sont recensés en 1790.
1787, fondation du village par Pliny MOORE , né à Sheffield MA en 1759, il deviendra procureur pour d'autres colons du " Refugee Tract " tels que Clément GOSSELIN et Jacques ROUX.
1788, érection en village.
1813, en août durant la guerre américano-canadienne de 1812-14, la flotte britannique de MURRAY s'en retourne de Plattsburgh à l'Île-aux-Noix; elle incendie en passant des installations militaires américaines à Champlain constituées de baraques, d'un blockhouse et d'un entrepôt . C'est juste avant la grande bataille navale du 11 septembre 1814 devant Plattsburgh, 4500 troupes américaines campent à Champlain et Chazy . Anecdote: " Quant à la tricherie des Américains, pour de l'argent ils peuvent tout. En 1814 c'est un Yankee qui donna au général MURRAY un plan de Plattsburgh et environs. Ce fut découvert parce qu'en tirant son mouchoir de dedans sa pcohe, le général MURRAY le laissa tomber..."


Champlain Memorial Momument - NY
Site: face NE de la péninsule de Crown Point, immédiatement au sud du pont Champlain actuel, latitude nord 44º01' 30'' Aussi appelé Champlain Memorial Lighthouse, sur une plaque on peut lire " un tel site nous est apparu la meilleure façon de rendre hommage à un navigateur et explorateur de la stature de Champlain "
Historique du site: durant l'occupation française il y avait immédiatement à l'est du fort Saint-Frédéric un moulin à farine. Dessiné par Chaussegros de LÉRY, construit en même temps que le fort Saint-Frédéric, il ressemblait à celui conservé à l'Île Perrot mais comprenait des canons à l'étage supérieur. Certains, à l'instar de Pehr KALM, ont pensé que c'est là que le fort Saint-Frédéric aurait du être construit pour mieux détecter un ennemi arrivant du Sud par voie d'eau: " On y avait mis des soldats en garnison parce qu'ils pouvaient du haut de ce moulin, beaucoup mieux que du fort, avoir l'œil sur cette vaste étendue de la rivière et voir approcher les vaisseaux Anglais… tous ceux qui visitent cet endroit se demandent avec étonnement pourquoi le fort n'occupe pas plutôt la place du moulin. " C'est aujourd'hui le plus imposant monument dédié à CHAMPLAIN.

Charlestowm - NH
T anglais: Fort Number Four
Historique: Attaqué lors de raids français menés en 1746 et partis du fort Saint-Frédéric

Charlotte - VT
Historique: 1er colons: Derick WEBB et Elijah WOOLCUT en 1784. ? Le 8 juil 1756, au cours de la Guerre de Sept Ans (1755-1763), site de la 1re bataille navale franco-anglaise sur le lac, Robert ROGERS y commande les " bateaux " Anglais. Le 1er employé municipal John McNEIL organisa la 1re navette pour relier Essex NY, elle existe encore.

Chateauguay - NY
T anglais: Four Corners


Chazy - NY
Origine du nom: Nicolas de CHAZY
T français: Chazié Village
Historique du nom: Nicolas était cadet (futur officier) dans le régiment de Carignan-Salières, compagnie de MAXIMIEN en poste au fort Sainte-Anne sur l'Île la Motte, neveu de TRACY; calviniste français, il avait abjuré la religion huguenote le 28 août 1665. Au cours d'une simple expédition de chasse sur les berges de la rivière CHAZY située en face du fort Sainte-Anne, il est accompagné de 6 autres officiers de la garnison en congé: MORIN, MONTAGNY, le quartier-maître CHAMAT, le capitaine de TRAVERSY, Louis de Canchy de LEROLES un cousin de TRACY et un autre. Ils se sentent en sécurité à cause d'une supposée trêve avec les Iroquois mais ce 19 juillet 1666 le groupe est l'objet d'une attaque surprise par des Agniers dont le chef est AGARIATA. CHAZY est tué ainsi que TRAVERSY tandis que LEROLES est fait prisonnier. Les Français se vengeront rapidement.
L'assassin AGARIATA se retrouve bientôt, par un hasard de circonstances, à la table du gouverneur TRACY lors de négociations tenues à Québec. En effet un groupe de guerriers Agniers pilotés par le BÂTARD FLAMAND (un métis Hollandais et Agnier) et incluant AGARIATA et LEROLES, sont capturés par les soldats du capitaine SOREL qui commande depuis le 24 juil 1666 une expédition punitive ? la seconde de trois dans cette même année, forte de 300 hommes en route vers le pays des Agniers pour venger la mort de CHAZY et la capture de LEROLES. Les Agniers se disent en route vers Québec comme ambassadeurs porteurs de propositions de paix, explications qui plus tard s'avèreront fallacieuses. SOREL se laisse toutefois convaincre des bonnes intentions des Agniers, abandonne son projet d'expédition, vire de bord et mène " amicalement " à Québec comme prisonniers les ambassadeurs Agniers; le " Bâtard Flamand est enfermé au fort de Québec, habillé par M. de TRACY lui-même, traité comme un grand seigneur à la table de M. l'Intendant, Jean TALON, mais gardé de plusieurs soldats qui ne le quittent point " . TRACY tente de conclure un traité de paix avec les deux chefs en fin août-début septembre 1666. Mais voyons plutôt la suite.
Durant un repas offert par TRACY et arrosé d'alcool, AGARIATA a le malheur de se vanter d'avoir personnellement tué CHAZY ! C'est un TRACY outragé et en colère qui fait pendre immédiatement l'assassin trop bavard. . Voici comment l'explorateur-interprète Nicolas PERROT (un ancêtre paternel de l'auteur) raconte les faits :

" MR DE TRACY DONNANT UN JOUR À MANGER, TÉMOIGNA À TABLE COMBIEN LA PERTE QU'IL VENOIT DE FAIRE DE MR. SON NEPVEU LUY ESTOIT SENSIBLE; CE CHEF, LOIN DE COMPÂTIR À LA PEINE [de Tracy] LEVA EN SA PRÉSENCE SON BRAS SE VANTANT HAUTEMENT QUE C'ESTOIT LE SIEN QUI AVAIT CASSÉ LA TESTE [de Nicolas de Chazy]… CETTE INSOLENCE OUTRÉE ROMPIT LA PAIX ET FAISANT DIRE SUR LE CHAMP À CE CHEF INDISCRET QU'IL N'EN TUËROIT JAMAIS D'AUTRES, TRACY LE FIT PRENDRE ET LIER, ET AYANT ENVOYÉ CHERCHER L'EXÉCUTEUR, SANS LE FAIRE METTRE EN PRISON, IL ORDONNA QU'IL FUT ÉTRANGLÉ EN PRÉSENCE [d'autres Agniers dont le Bâtard Flamand] ET PARTIT PEU DE TEMPS APRÈS [octobre 1666] À LA TESTE DE 1400 HOMMES, SOLDATS, CANADIENS ET ALGONKINS ACCOMPAGNÉ DE MR. DE COURCELLES. "

Historique sur le village: Après avoir reçu la mission le 28 mars 1748 de construire le fort Saint-Jean QC, l'officier de LÉRY commence par visiter le chantier des frères CORBIN à la rivière CHAZY " pour y prendre les éclaircissements, secours et matériaux nécessaires " Il y aurait eu des maisons de Français avant 1749, encore abandonnées cette année-là, à l'embouchure de la Chazy selon le botaniste suédois Pehr KALM en visite. Jean LAFRAMBOISE et deux autres colons sont les premiers habitants permanents, avant 1763. Quand le Seigneur LIVAUDIERE vend sa seigneurie à Francis McKAY avant 1768, celui-ci confirme à LAFRAMBOISE ses droits sur deux propriétés près de l'embouchure de la CHAZY. Chassé par les Anglais en 1776, LAFRAMBOISE revient plus tard après la guerre d'Indépendance, rebâtit sa maison de bois en 10 jours et y meurt en 1710 . Une plaque rappelle LAFRAMBOISE le long du chemin du bord du lac à Chazy.
Le 29 février 1793 le prince EDWARD, futur duc de Kent, fils de GEORGE et père de la future reine VICTORIA, arrive à Chazy en provenance de Québec où il commandait un régiment. Il gagne ensuite Grande Isle puis Burlington sur la glace où il sera hébergé dans l'une des rares maisons charpentées. C'est là qu'il se sépare de sa compagne (sic) française , bien emmitouflée de fourrure, un gros chien à ses pieds, et lui donne rendez-vous dans les Caraïbes (West Indies) qu'elle gagnera via New York. La vie de jet-setter n'est pas d'hier chez les grands de ce monde.
Un autre colon, Joseph LAMONTE / MONTY, s'installe près de LAFRAMBOISE en 1774, celui-ci est chassé par les Anglais en 1776, revient en 1784 après la guerre d'Indépendance . Le 20 mars 1804, Chazy devient village distinct de Champlain dans le comté de Clinton. Chazy Landing fut l'escale la plus au nord pour le vapeur Vermont construit à Burlington en 1809. West Chazy possède la plus ancienne gare ferroviaire encore debout aux ÉU, construite en 1852. Le Lakeshore Road offre des vues remarquables du lac, on y voit aussi le 1er verger de pommes de l'état de NY.

Chazy River - NY
T français: Rivière Chazié
Origine du nom: Voir l'entrée Chazy

Chemin de Courcelles ? QC
Sentier construit à travers la forêt par le régiment de Carignan en octobre 1665 pour relier le fort de Saint-Louis (Chambly) à Longueuil; le secteur de la vallée du Richelieu était marécageux et infesté de moustiques, déjà qualifiés de maringouins

Chimney Point - VT
Site: en face de Crown Point NY, latitude nord 44º02'
Origine du nom: cheminées noircies, vestiges d'un établissement français brûlé par eux-mêmes durant l'évacuation du lac en 1759
T français: (site du) Fort de Pieux - (partie vermontoise de la) Pointe-à-la-chevelure. Noter que l'expression Pointe-à-la-Chevelure comprenait les deux pointes qui se font face ? Chimney Point VT où on l'érige en 1731 un Fort de Pieux et Crown Point NY où l'on érige le Fort Saint-Frédéric - ainsi que les environs colonisés par des Français.
T anglais: Scalp Point
Historique: Des fouilles archéologiques révèlent la présence de camps amérindiens depuis au moins 7500 ans. C'est peut-être là en 1609 que CHAMPLAIN donna son nom au lac
1690 le 26 mars, Jacobson de WARM, capitaine hollandais à Albany au compte du gouverneur DONOGAN de New-York et du Conseil d'Albany, y établit un 1er petit fortin de pierres (le site fait partie de la municipalité de Addison VT) pour surveiller les mouvements des troupes Françaises avec 20 Agniers et 12/17 Anglais: aussi minuscule soit-il, ce poste de reconnaissance constitue la première occupation Anglaise au lac Champlain contre les Français et le début d'une lutte franco-anglaise pour la conquête du lac jusqu'en 1759. C'est le 2e établissement européen au Vermont après celui du fort Ste-Anne par les Français en 1666.
1700, simple poste de traite où les Français troquent des fourrures contre des produits Anglais
1713, le traité d'Utrecht ne fixe pas avec assez de précision la frontière de la Nouvelle-France avec la Nouvelle-Angleterre
1730 le 19 août, le site est pris par les Français dirigés par Michel d'AGNEAU, mais c'est à l'encontre du traité d'Utrecht dans l'esprit des Colonies anglaises.
1731 le 22/29 septembre, Hertel de LAFRESNIERE envoyé le 16 août par le gouverneur BEAUHARNOIS y construit un 2e petit fortin de bois dénommé " fort de pieux ", l'ouvrage est terminé le 22 septembre, il y laisse une garnison sous deux officiers, son frère Hertel de MONCOURS et son neveu Hertel de ROUVILLE, avec 30 hommes. C'est la première occupation française du lac contre les Anglais. Des terres environnantes sont offertes pour favoriser la colonisation. Le gouverneur de New York est furieux mais trop occupé ailleurs. L'ambassadeur anglais WALDERGRAVE à Compiègne proteste auprès de Versailles. Mais Louis XV se réjouit de l'initiative de BEAUHARNOIS et confirme son intention de préserver cet avant-poste bientôt remplacé par le fort Saint-Frédéric sur la pointe de la Couronne côté NY du lac.
1759, en juillet les colons français qui pouvaient s'y trouver brûlent leurs propriétés et sont évacués par BOURLAMAQUE en même temps que la garnison du fort Saint-Frédéric
Vers 1900 une taverne-hôtel appelée Hotel Saint-Frederic desservait les visiteurs arrivant par traversier, dont l'un fut Thomas JEFFERSON. Le bâtiment actuel fut construit après la guerre d'Indépendance et servit d'hôtel à l'époque d'un service de traversier. Aujourd'hui c'est le Chimney Point State Historic Site, ouvert de Memorial Day à Colombus Day du mardi au dimanche (route 17, village de Addison VT). Des ruines sont possiblement celles des forts Anglais de 1690 et Français de 1731. Le pont reliant Chimney Point à Crown Point fut inauguré le 26 août 1929 .

Cliff Haven - NY
Site: immédiatement au sud de la base militaire de Plattsburg aujourd'hui remplacée par un parc industriel, on trouve le Community College, alias Hotel Champlain ouvert officiellement le 17 juin 1890, d'où le panorama sur l'île de Valcour est superbe
Historique: 1759 A la fin de la domination française sur le lac, après la prise de contrôle de Saint-Frédéric et Carillon par AMHERST fin juillet/début août, 3 xébecs Français (La Musquelongie, La Brochette, L'Esturgeon) commandés par le capitaine d'OLOBARATZ , ancien corsaire de Louisbourg, font route vers le Nord en direction de l'Île-aux-Noix quand ils sont repérés et poursuivis par les 3 sloops plus importants du capitaine anglais Joshua LORING, commandant à 44 ans de la flotte du lac. Le Français OLOBARATZ, après discussion avec ses officiers, eut la crédulité de croire la capture inévitable en se fiant au lieutenant McKAY qu'il venait de capturer la veille dans un radeau à l'Île aux Quatre Vents, ce prisonnier ayant gonflé à 10 000 hommes les effectifs anglais sur le lac.
Il décide - honteusement à la première alerte - de saborder ses 3 xébecs devant Cliff Haven le 12 octobre, deux sont coulés dans 5 brasses de fonds et un est échoué; cet abandon injustifié est suivi le 13 octobre d'une fuite à pied à travers bois avec son équipage " au grand déplaisir du brigadier-général BOURLAMAQUE chargé de la défense du Richelieu." Quand LORING arrive devant Cliff Haven le 13 octobre il confie au capitaine GRANT la tâche de récupérer les trois navires français. Lorsque AMHERST à la poursuite des Français parvient à cet endroit il constate le 18 octobre que La Musquelongie a déjà été réparée sur place, tandis que La Brochette et L'Esturgeon sont renfloués; ces 3 prises parviendront à Crown Point le 16 novembre. AMHERST détache 200 hommes en baleinières pour aider LORING à retrouver La Vigilante de Payant dit SAINT-ONGE, qui s'était toutefois échappée vers l'île aux Noix (voir l'entrée Sister Islands). Comme l'hiver s'en vient, AMHERST se retranche à Crown Point le 21 octobre 1759.

Clinton Community College - NY
Site: Bluff Point / Cliff Haven, route 9 immédiatement au sud de Plattsburgh et de son ex-base d'aviation militaire, latitude nord 44º39' Le panorama remarquable depuis la terrasse de ce lycée, inclut Crab Island et son monument aux morts de la bataille de Plattsburgh en 1814, ainsi que Valcour Island
T anglais: Hotel Champlain, destination touristique de luxe au milieu du 20e siècle, le Ticonderoga y faisait escale

Clinton County - NY
Origine du nom: Général britannique Henry CLINTON
Site: inclut Rouses Point, Champlain, Chazy, West Chazy, Point au Roche, Coopersville, Plattsburgh
Concessions (patents) v 1785 :
Smith & Graves: au nord-ouest de Coopersville/Corbeau
Dean's: immédiatement au nord de Point au Roche sur la Little Chazy River
Bell: toute petite, immédiatement au nord de Douglas
Douglas: petite, immédiatement au nord de Dean's
Duers: à l'ouest de Beekman et Point au Roche et Dean's
Gore: toute petite, au sud de Duer's et à l'ouest de Plattburgh
Plattsburgh: site de l'actuelle ville

Cloak Island - VT
Site: latitude nord 44º51', immédiatement au sud-est de l'île la Motte
Historique: L'attaque des Français à Point au Fer (King's Bay) le 6 juin 1760 contre les Rangers, miliciens anglo-américains de Robert ROGERS, fit quelques morts qui furent enterrés dans cette petite île

Colchester Point - VT
T anglais: Windmill Point
T français: Pointe du Moulin - Pointe au Sable (1690)
Site: latitude nord 44º33' 12''
Historique:
1666 Il est plausible que des Français occupèrent le site l'année de construction du fort Ste-Anne et qu'un moulin à vent y fut installé; on sait que " la coutume des Français partout où ils établissaient un poste, était de construire un moulin à vent pour moudre leur grain, chose toute particulière à eux… un poste Français a [du] exister "
1690, le capitaine John SCHULYER s'y arrête le 25 août au retour de son attaque contre Laprairie
1759, les restes d'un ancien blockhouse Français furent trouvés par un chirurgien Anglais de l'armée de WOLFE; " nous avons de fortes raisons de croire qu'une redoute française ait été construite "
1773, établissement du village de Colchester, " des restes de fortifications et d'autres constructions étaient encore parfaitement visibles sur la pointe et même à cette date elles portaient l'empreinte d'une longue vétusté "
1789, " sur la terre originairement occupée par Benjamin BOARDMAN, dont une partie occupée par la famille REAGAN en 1898, furent trouvées les fondations d'une vieille cheminée et les restes de murs de très vieille construction… on apercevait les traces de deux vieilles bâtisses évidemment construites pour des fins militaires ."
1789, les restes de 3 maisons (fondations de cheminées) sont découvertes par le 1er colon Anglais du site
1819, naufrage du Phoenix le 4 septembre, latitude nord 44º32'54'' un peu à l'ouest de Colchester Point et immédiatement au sud de Colchester Reef, les plongeurs peuvent visiter l'épave à 60'-110' de profondeur
1867, les restes de deux squelettes sont déterrés, témoignant de l'ancienneté de l'établissement

Cole Island - NY
Origine du nom: Lieutenant colonel COLE, assistant de William JOHNSON qui captura au lac George le baron de DIESKAU à la tête de forces françaises
T français: Isle Jogues
T anglais: Jogues Island
Origine du nom: Isaac JOGUES, torturé à cet endroit en août 1642 (voir l'entrée JOGUES)
Site: immédiatement au sud de Westport, latitude nord 44º08' 30''


Converse Bay - VT
Origine du nom: un certain Monsieur Converse
Site: latitude nord 44º17' 15'', mouillage populaire auprès des plaisanciers

Coopersville - NY
T français: Corbeau - Saint-Joseph-du-Corbeau
Site: latitude nord 45º00' 30'', entre Champlain et Chazy, à la jonction de la Great Chazy River et Corbeau Creek; aujourd'hui ce n'est qu'un secteur de Champlain
1782, par un acte du 11 mai l'État de NY accorde des concessions aux canadiens qui avaient combattu du côté des Américains et ne pouvaient plus réintégrer le Québec où les autorités Anglaises les considéraient comme des traîtres, plusieurs vétérans des régiments de HAZEN étaient des francophones catholiques dont certains s'installèrent ici, dont Antoine PAULIN (voir cette entrée) est probablement le pionnier: " Des vétérans [pro-américains] tels que les Tremblay, Poulin et Asselin se fixèrent sur ces terres autrefois traversées par les soldats de Montcalm. Ils défrichèrent les terres, bâtirent leurs maisons de bois rond et s'adonnèrent à l'agriculture. Les dimanches ils se réunissaient pour réciter le chapelet. De là est né le village du Corbeau (Coopersville). "
1786, Prisque ASHLINE (ASSELIN) est cité sur la rivière du Corbeau
1798, une liste des propriétés à Champlain est établie, elle inclut à Corbeau celles de Antoine PAULINT, son frère Aimable PAULINT, les voisins Prisque ASHLINE, Amable BOILEAU...
1806, Mgr PLESSIS de Québec demande avec insistance à Mgr CARROLL de Baltimore, incluant New York, de permettre aux pasteurs et missionnaires de son diocèse de desservir les colons franco-catholiques établis au nord des état frontaliers de NY et VT, celui-ci finit par accepter à condition que les lois du diocèse de Québec soient observées, sauf pour la publication des bans avant mariage et ce pour des raisons pratiques. Mgr PLESSIS choisit comme missionnaire le curé de Marieville (alias Sainte Marie de Monnoir et Saint Nom de Marie) Joseph SIGNAY, qui visite la petite " colonie " et choisit un site sur la rive nord de la Great Chazy pour établir une église et un presbytère, mais le terrain que les habitants sont prêts à concéder est insuffisant.
1807, Mgr PLESSIS recommande au curé SIGNAY de retourner à Corbeau pour convaincre les résidents de donner un terrain convenable pour la construction d'une chapelle, peut-être en commencant par un cimetière pour ensuite installer la chapelle en plein milieu.
1811, pas encore de chapelle pour SIGNAY. Le diocèse de New York est créé et Mgr PLESSIS ne veut plus envoyer SIGNAY dans la région de Corbeau.
1812, guerre Canado-Américaine, ce n'est pas le temps pour Mgr PLESSIS de s'occuper de Corbeau
1818, Le Corbeau devient une mission franco-catholique relevant du curé de Chambly l'abbé Pierre-Marie MIGNAULT, la 1re dans le nord du comté de Clinton. MIGNAULT était né à St Denis de Chambly en 1784, ordonné en 1812, deux ans curé à Québec et missionnaire 3 ans à Halifax. Il célèbre la 1re messe à la résidence de Louis MARNEY, installe le 1er cimetière dont la 1re inhumation consiste, étrangement, en celle des restes d'un colon franco-américain: " lower limb belonging to Francis BLEAU which was amputated. " La construction de la 1re église commence sous peu mais la date est indéterminée.
1821, les travaux de construction en bois de la 1re église sont documentés le 27 novembre, alors que Pehr PAULINT fils de Antoine et administrateur de la paroisse, accorde 1,25 acre " to include the building began for a church and to be finished thereon . " La 1re épitaphe gravée dans la pierre porte l'inscription " Bartime VENOUEX " mais est déjà illisible en 1946.
1823, le 19 février par un froid dimanche après midi, la petite église de bois au bord de la Great Chazy passe au feu, une braise s'était logée incognito dans le balai servant à nettoyer l'âtre qui réchauffe les paroissiens durant la messe, " The Roman Catholic Church lately created by the enterprising natives of Canada on the Chazy in the town of Champlain, took fire from a broom being set away with fire in it, and burned to the ground, it was a three story building and nearly finished "
1828, le curé de Chambly MIGNEAULT est remplacé par l'abbé Victor DUGAS pour visiter la Vallée du lac Champlain, incluant probablement la mission du Corbeau rattaché à la cure de Chambly
1839, date de la plus ancienne pierre tombale recensée en 1946 au cimetière de Corbeau, l'inscription est au nom de John MURPHY, effacée depuis par le temps
1843, incendie de l'église, perte probable de plusieurs registres avant le 1er avril; le 1er acte conservé est le mariage de Marie Amable BRIEN de Champlain à Zoé CORNEAU de Corbeau
1844, érection de l'église actuelle; Louis LAPIC nommé 1er curé résidant le 6 août, jusqu'en 1853
1853-1859, une succession de missionnaires viennent célébrer baptêmes, mariages et sépultures.
1859, l'abbé Francis Van CONPENDHONDT (Van CAMPENOUT) rédige les actes en latin, jusqu'en 1862
1861, date de la plus vieille épitaphe recensée en 1996, l'inscription est au nom de Joseph POCKET (Paquette)
1866, le curé LAPIC revient au Corbeau et reprend l'écriture en francais
1873-1874, l'abbé Damase ARCHAMBAULT reprend l'usage du latin
1875-7, les abbés JA ROY et P POISSANT commencent à rédiger en anglais
1880, en 37 ans (depuis 1843) on a célébré 5660 baptêmes, 913 mariages et 1190 sépultures
1985, Benoît PONTBRIAND publie les baptêmes et sépultures

Corbeau River ? NY
Origine: Village de Corbeau
Site: Entre la Little Chazy et la Great Chazy dans laquelle il se déverse à Coopersville.

Corlaer Bay - NY
Origine du nom: Arendt van Corlaer, magistrat d'origine hollandaise, explorateur au service des Anglais, gouverneur de Fort Orange (aujourd'hui Albany), homme au cœur noble et humain, aimé et bien considéré des Hollandais, des Anglais, des Français et des Amérindiens.
T anglais: Stolly Bay - Stony Bay - Douglass Bay - Corlear Bay (sic) sur carte marine actuelle
T français: Baye Corlaer - Baie Corlard
Site: au SO de Schuyler Island, devant Port Douglas, latitude nord 44º29'
Historique:
1643, le jésuite JOGUES, prisonnier des Mohawks depuis 13-14 mois, est emmené à Schenectady NY où, par magnanimité, le gouverneur CORLAER et le ministre luthérien Jan MEGAPOLENSIS, paient une rançon pour le libérer des Iroquois. Il est ramené à Manhattan d'où par bateau il gagnera l'Angleterre puis la France.
1666, le 20 février CORLAER accueille cordialement le gouverneur de COURCELLES rendu à Schenectady par erreur, avec 500 hommes souffrant du froid et peu habitués aux raquettes, il les renseigne au sujet des mouvements des Agniers, et leur donne de la nourriture pour le retour au Canada.
1667, CORLAER reçoit en remerciement une invitation à visiter le gouverneur COURCELLES à Québec mais se noie accidentellement au sud du lac (probablement entre Otter Creek et Schuyler Island, au sud de Rock Dunder) en voulant s'y rendre la même année.


Crab Island - NY
T français: Isle Saint-Michel
T anglais: Saint-Michael's Island ? Hospital Island (brièvement, par McDONOUGH)
Site: Immédiatement au Nord de Valcour Island, latitude 44º39'30''
Historique: A la fin de la guerre américano-canadienne de 1812-14, on y enterra les marins américains tués durant la bataille de Plattsburgh le 11 octobre 1814; un monument en forme d'obélisque, accessible par eau l'été et parfois l'hiver à pied quand le lac gèle à cet endroit, est visible de Cliff Haven / Bluff Point depuis le Clinton Community College (alias Hotel Champlain), point d'observation panoramique à ne pas manquer.

Crane Point - VT
Site: en face de Port Henry NY, latitude nord 44º02' 48''

Crown Point - NY
Site: la péninsule située au Nord du village de Crown Point est située immédiatement au sud de Chimney Point, latitude nord 44º02'
T amérindien: Tek-ye-dough-nigarigee
T hollandais: Crun Point
T français: Pointe de la Couronne
Dans les documents Français de l'époque l'expression Pointe-à-la-Chevelure comprend Chimney Pont VT et Crown Point NY et les environs colonisés par des Français. Le village actuel est immédiatement au Sud de la péninsule où se situe le fort Saint-Frédéric .
Visites: l'ancien poste de péage du pont (ouvert en 1929) est devenu le Lake Champlain Visitors Center 824 Bridge Road, Crown Point, 1-866-THE-LAKE, <lakechamplainregion.com>, ouvert toute l'année la semaine, ouvert aussi les fins de semaine de Memorial Day à Columbus Day. Le site extérieur est ouvert de mi-mai à mi-octobre chaque jour.

Cumberland Bay - NY
T anglais: Plattsburgh Harbor (1815) - Plattsburgh Bay (1815)
Site: latitude nord 44º42'

Cumberland Head - NY
T amérindien francisé: Cap Scononton ? Scoumonton
Historique: site de la victoire du 11 septembre 1814 de l'américain McDONOUGH contre l'Anglais DOWNIE, dernier affrontement naval sur le lac durant la guerre Américano-Canadienne de 1812-14

Cumberland Point - NY
T amérindien francisé: Pointe Aquinonton
Site: latitude nord 44º41' 30''


D
Dead Creek - NY
T amérindien francisé: Rivière Scononton
T français: Rivière Saint-Amand
Site: embouchure au fond de la baie Cumberland, latitude nord 44º3'
Anecdote: Le 1er janvier 1806 Benjamin MOOERS, résidant à Cumberland Head près de l'embouchure de Dead Creek, libère de l'esclavage sa servante Ann en guise de cadeau du Jour de l'An

Deep Bay - NY
Site: formée par Long Point, ouverte au sud dans Treadwell Bay, latitude nord 44º47' 30'', mouillage attrayant pour les plaisanciers
T français: Baye des Varseaux

Deerfield - MA
Historique: 1704 Ce village anglais fut attaqué la 1re fois lors d'un raid Français effectué en raquettes en passant par le lac Champlain, durant un épisode de la Guerre de succession d'Espagne (1702-13) ou Queen Anne's War pour les Américains. VAUDREUIL envoie une expédition dirigés par Jean Baptiste HERTEL de ROUVILLE avec ses 4 frères avec 200 miliciens et 140 amérindiens christianisés, Iroquois de Caughnawaga et Abénakis de Saint-François. On remonte le Richelieu, pagaie le lac Champlain, la rivière Winooski et la rivière Connecticut. Puis on franchit à la raquette les Alléghanys; le 28 fév se prépare le massacre Deerfield au Mass, Arrivés de nuit, on déclenche une attaque surprise à l'aube du 29 février 1704, au froid dans 3 pieds de neige. Le village entouré d'une palissade comprenait 291 personnes dont 20 soldats (et 3 franco-canadiens qui y avaient émigré). Vers 8h00 le village se rendait, 47/49 furent tués dans ou autour du village, 109/112 faits prisonniers, la moitié des maisons brûlées, il resta 80 hommes.
Les Français perdirent 40 hommes. Le retour amorcé le lendemain se fit surtout par les rivières Connecticut, White, Winooski, le lac Champlain, le Richelieu, sauf pour les Abénakis qui remontèrent la Connecticut, joignirent le lac Memphremagog puis la rivière Saint-François; Hertel arriva à Chambly le 25 mars après 25 jours de marche pénible. deux prisonniers s'échappèrent le 1er jour, 19/20 furent tués en route, une majorité furent amenés dans les villages amérindiens du Sault Saint-Louis (Caughnawaga) ou de Saint-François-du-Lac (à l'est de Sorel), d'autres aboutirent à la mission du Sault-au-Récollet (plus tard déménagée à Oka comme mission du Lac-des-Deux-Montagnes), quelques-uns furent adoptés par des canadiens-Français et convertis au catholicisme. 59 prisonniers étaient retournés en Nouvelle Angleterre avant 1731, ayant peut-être été rachetés. Malgré le style cruel des guerres de cette époque, les prisonniers ramenés en NF étaient toujours bien accueillis. " Les enfants et les jeunes gens faits prisonniers étaient tendrement traités et finissaient souvent par devenir catholiques et se fixer au pays où ils recevaient des lettres de naturalisation ". Benjamin CHURCH se vengera de Deerfield par des attaques en Acadie.


Voici l'histoire de la prisonnière Sarah ALLEYN

Si vous vous nommez LALONDE, probablement descendez-vous de cette Anglaise adoptée malgré elle... Fille de Edward ALLEYN & Mary / Mercy PAINTER de Deerfield, née à Deerfield MA le 1er mai 1692, prénommée Sarah à la naissance, rebaptisée Madeleine le 30 mai 1705 (8 ans) après avoir été capturée en février 1704, ramenée et " adoptée comme butin de guerre ". Épouse à Sainte-Anne-de-Bellevue le 27 avril 1710 Guillaume LALONDE dit Lespérance (fils de Jean & Marie BARBANT), est inhumée " Mme Madeleine LALONDE " à Soulanges le 26 décembre 1764 (72 ans).

Et voici celle de la prisonnière Elizabeth NIMS

Si vous vous nommez SÉGUIN, possiblement descendez-vous de cette Anglaise adoptée malgré elle… Son père est tué à la suite du raid franco-amérindien de Deerfield MA du 11 mars 1704 et sa mère meurt durant la marche forcée vers le Canada. Après sa capture à 4 ans " comme butin de guerre " en 1704, elle est adoptée par le chef de la tribu de l'Ours, bien traitée, élevée dans le wigwam d'une sauvagesse nommée Ganastarsi dans la mission du Sault-au-Récollet. Au baptême catholique à Montréal 15 juin 1704, la marraine est Elizabeth Lemoyne épouse de Charles baron de Longueuil qui signe Marie-Élizabeth Longueuil.
Elle refuse de retourner à Deerfield même si le Révérend Sheldon vient 3 fois en 1705-6 comme " redeemer " pour tenter de ramener (racheter) des captifs; elle est citée en 1895 parmi les captifs non retournés chez eux, " Abigail Nims, 2 years (sic) ". Lorsque son frère plus âgé John Nims vient à son tour tenter de la ramener en offrant une forte somme d'argent elle réplique qu'elle " aimerait mieux être une pauvre captive parmi les Catholiques que la riche héritière d'une famille Protestante ". Se marie le 29 juillet 1715 dans la chapelle de la mission du Sault-au-Récollet à Ignace Raizenne alias Josiah Rising, capturé en même temps qu'elle à Deerfield, sa vie se passe en français et dans la ferveur du catholicisme dans cette mission sulpicienne qui déménagera du Sault-au-Récollet à Oka.
Elle aura 8 enfants, dont Anne Raizenne qui épousera Jean-Baptiste Séguin dit Ladéroute, sans oublier Marie Raizenne qui deviendra supérieure générale des Dames de la Congrégation de Notre-Dame sous le nom de Sœur Saint-Ignace, 1778-1796; à cette époque cette communauté possède l'Île des Sœurs (alias Île Saint-Paul). Elle meurt le 2 janvier 1747 à Oka, toujours porteuse d'un cilice (ceinture de crin portée par mortification, même lors de la maladie qui l'emportera).

Diamond Island
T anglais: Sloop Island
Origine du terme: durant la guerre d'Indépendance un navire Anglais tire sur cet îlôt par temps brumeux, méprenant le tronc d'un pin au milieu de l'île pour le mât d'un sloop.
Site: latitude nord 44º14' 06'', les amateurs de plongée peuvent visiter l'épave d'un pierrier (Diamond Island Stone Boat) qui gît tout près à faible profondeur


E
East Bay - NY et VT
Site: dernier segment sud du lac Champlain, immédiatement au nord de Whitehall

Essex ? NY
Origine: inspiré de la région ancestrale de l'épouse de William GILLILAND, un pionnier du Sud du lac
Historique et visite: ancien site d'un petit chantier naval, le Essex Naval Shipyard, dont il reste un hangar, les rails de la descente; représente aujourd'hui pour le plaisancier une des plus jolies escales du lac, on se croirait reculer d'un siècle quand on explore ce petit village très Nouvelle-Angleterre, où les riverains ne verrouillent pas la porte de la maison. Son traversier vers Charlotte fut instauré par John McNEIL en 1790. Son restaurant au bord de l'eau, ses magasins d'antiquités, son panorama à 180º depuis le parc municipal. Le coup d'oeil vers la rive Vermontoise avec les montagnes Vertes en arrière plan rivalise certains jours celui vers Charlevoix depuis la région de Kamouraska.
Lors d'une escale par une belle après-midi d'été, l'auteur fut séduit par le site et y séjourna une semaine, avant de poursuivre un tour du lac sur son voilier de croisière. Le touriste qui passe par Essex doit absolument prendre le temps de descendre sur les quais de la marina et de visiter le parc municipal situé immédiatement au nord, le panorama rivalise certains jours avec celui du Bas du fleuve ou de Charlevoix . Le comté d'Essex, un des plus pauvres de l'État de NY, fut détaché de celui de Clinton le 1er mars 1799; Lake Placid, plus riche, en fait partie et souhaiterait s'en détacher .


F
Ferris Rock
Origine: repéré par le capitaine Hiram FERRIS; il est né le 25 mai 1792 à Panton VT et pilota tous les traversiers du lac.

Fishkill - NY
Site: immédiatement à l'Est de Beacon sur la rive Est de la rivière Hudson, à 125 km au sud de Albany et à 80 km au nord de NY, entre Poughkeepsie et WeSaint-Point (Académie militaire)
Historique: on y offrit des concessions à plusieurs vétérans Canadiens-français ayant combattu dans les régiments pro-américains de HAZEN et de LIVINGSTON.

Forts Français

LES FORTS FRANÇAIS DE LA VALLÉE DU RICHELIEU ET DU LAC CHAMPLAIN

Défense contre les Iroquois
Fort de Richelieu 1648 / de Sorel 1665, disparu
Fort de Saint-Louis 1665 / de Chambly 1672,
impeccablement préservé et à visiter
Fort de Sainte-Thérèse 1665 (face à l'île), disparu
Fort de l'Assomption 1666 (Saint-Marc), disparu
Fort de Saint-Jean 1666 (Collège militaire), disparu
Fort de Sainte-Anne 1666, Île La Motte VT, disparu mais
" Saint-Anne's Shrine " est à visiter

Défense contre les Anglais
Fort de Pieux 1731 à Chimney Point, disparu
Fort Saint-Frédéric 1735 à Crown Point, NY, disparu, mais
ruines de " Amherst Fort " 1759 à visiter
Fort Carillon 1755, Fort Ticonderoga 1759, NY, impeccablement
préservé, à visiter absolument


Fort Ann - NY
Origine du nom: Queen Ann Stuart, reine d'Angleterre 1702-1714, déclare la Guerre de Succession d'Espagne (Queen Anne's War) à la France le 4 mai 1702, signe le traité d'Utrecht 1713 qui met fin à cette guerre et redonne aux Anglais plusieurs colonies Françaises d'outre-mer
Site: sur la rive ouest de Wood Creek (aujourd'hui canal Champlain entre les écluses #9 et #11) au sud de Whitehall et au nord de Fort Edward, sur la route #4
Historique: Érigé en 1690, abandonné, reconstruit par colonel / général NICHOLSON v 1709/10 avec 2000 hommes, brûlé par le même NICHOLSON en 1711 à son retour d'Albany. Le visiteur botaniste suédois Pehr KALM constate en 1749 les palissades brûlées.
T anglais: Fort Schuyler
T français: Fort la Reine

Fort de l'Assomption - QC
Origine: terminé vers le 15 août, fête de l'Assomption
Site: Saint-Marc sur Richelieu, en face de Île aux Cerfs et Île Jeannotte
Historique: construit en bois en 1666
Découverte: il existait avant les recherches de BELLEMARE une certaine confusion entre le fort Saint-Jean et celui-ci; c'est par des études des cartes et textes de l'époque que Georges BELLEMARE en est venu à la conclusion de l'existence de ce fort établi à la même période que les autres forts du Richelieu comme ligne de défense contre les Iroquois qui partaient de l'État de NY sur la rivière Mohawk et descendaient le lac Champlain

Fort Carillon - NY
T français: fort Vaudreuil (brièvement)
T anglais: fort Ticonderoga, depuis 1759
Site: latitude nord 43º50', point de jonction de la rive nord de l'embouchure de la rivière La Chute (qui prend sa source au lac George) avec la rive ouest du lac Champlain, haut perché sur un promontoire qui domine le lac Champlain et l'effluent du lac George, contrôlant ainsi tout trafic maritime militaire entre les colonies anglaises de la région et le Canada. Le site était connu depuis longtemps, il se peut que le 1er combat de CHAMPLAIN contre des Iroquois en 1609 ait eu lieu dans les environs, s'il n'a pas eu lieu à Crown Point. 1646 Jean BOURDON et le père JOGUES passent par là pour découvrir et nommer le lac Saint-Sacrement (aujourd'hui Lake George). 1666 Le régiment de Carignan-Salières passe ici en plein hiver.
Historique: ce fort fut Français, Anglais et Américain. Attaqué 6 fois, 3 fois il résiste et 3 fois il tombe. Site historique le plus important et le plus imposant sur le lac.
Période Française: Depuis 1735 il constitue le poste français le plus au sud pour défendre l'accès au lac Champlain par la rivière Hudson, mais il aurait eu besoin de rénovations, de renforcement et il ne protégeait pas l'accès par le portage au nord de Lake George. 1755-1759 Sur les ordres du gouverneur VAUDREUIL signés le 20 septembre 1755 à Montréal, l'ingénieur Michel Chartier marquis de LOTBINIERE est choisi pour en diriger la construction, style VAUBAN, avec 4 bastions et deux demi-lunes.
Le bastion LA REINE au nord-ouest contient la citerne (encore en usage), le bastion LANGUEDOC pointé vers le Nord-Est surmonte la boulangerie (dont la voûte est encore intacte), le bastion JOANNES face au sud-Est surmonte le magasin à poudre et une écurie, le bastion GERMAIN pointé au Sud-Ouest constitue la casemate du fort (un abri fortifié contre bombes et boulets), la grande demi-lune entre les bastions La Reine et Languedoc pointe vers Montréal et la petite vers Lake George George. Près du fort se trouvent les redoutes Lotbinière et Pontleroy ainsi qu'une batterie à barbette. Le site comprend une petite colonie environnante et une garnisons Françaises de 1755 à 1759. En 1757 la pierre remplace le bois dans les fortifications.

1757 MONTCALM rassemble ici ses troupes avant d'attaquer et réduire en cendre le fort Anglais William Henry à la pointe Sud du lac George (alias Saint-Sacrement).

1758 La bataille de Carillon
Le général MONTCALM y réunit 3600 Français et 1800?? Indiens, " entreprend à la hâte un vaste retranchement improvisé formé d'un gigantesque abattis d'arbres entassés et dont les branches fortes sont appointies et tournées sur l'assaillant… le soir tombant les assaillants doivent décrocher et leur reflux se transforme en une véritable déroute, laissant tout, bagages et blessés, sur les chemins de leur retraite " et le 8 juil 1758 sous une chaleur écrasante il y remporte une victoire éclatante contre les troupes Anglaises pourtant 4 fois supérieures d'un ABERCROMBIE incompétent et hésitant, qui aurait du encercler le fort Carillon plutôt que d'engager une attaque frontale précipitée: 3857 Français affrontent 15 300 Anglais répartis en 6 000 Tuniques rouges et 10 000 miliciens " provinciaux ". Les Français assiégés perdent 40 officiers (ou 14?) et 400 hommes, tandis que les Anglais humiliés perdent deux officiers, 550 hommes et 1360 sont blessés .

1759 L'abandon de Carillon
Le maréchal anglais Jeffery AMHERST commande 12 000 hommes alors que le commandant français BOURLAMAQUE fait preuve de réalisme et organise la retraite de ses 2300 troupes, ne laissant qu'une petite garnison au fort Carillon; en même temps on évacue les colons français de la région et on détruit leurs bâtiments; BOURLAMAQUE fait sauter le Fort Carillon le 27 juillet à 23h00 (il brûlera jusqu'au 31 juillet) et ses troupes s'embarquent vers le fort Saint-Frédéric (Crown Point) pour le faire sauter lui aussi.


Fort Cassin Point - VT
Site: embouchure de Otter Creek, latitude nord 44º14'
Origine du nom: Lieutenant Stephen CASSIN, second de MacDONOUGH
Historique: Les américains en avril 1814 érigent un remblai de terre et installent une batterie de 7 canons qui repoussent le 18 mai 1814 la flotte anglo-britannique de PRING qui voulait venir bloquer l'embouchure de Otter Creek et empêcher ainsi la sortie des navires de guerre en construction à Vergennes. CASSIN co-dirige la résistance à l'entrée de Otter Creek

Fort de Chambly - QC
Site: à l'ouest des rapides de Chambly
Origine du nom: Capitaine Jacques de CHAMBLY
T français: Fort Saint-Louis (1665) jusqu'à ce que le capitaine Jacques de CHAMBLY du régiment de Carignan-Salières devienne seigneur de l'endroit et donne son nom au fort après le 29 octobre 1672 - Fort Pontchartrain (brièvement en 1711) - Fort Champlain (1773)
Origine des noms: Saint-Louis " commencé dans la semaine que l'on célébroit la feste de ce grand Saint Protecteur de nos Rois et de la France " - Le ministre PONTCHARTRAIN - Samuel de CHAMPLAIN
Historique:
1665, construction en bois par CHAMBLY pour se protéger des Iroquois; 4 compagnies quittent Québec le 23 juillet pour aller commencer la construction, le jésuite CHAUMONOT est leur chapelain, le tout est terminé le 25 août ; la chapelle à l'intérieur servait d'église et s'appelait Saint-Louis ou Saint-Louis-du-fort-Chambly.
1702, incendié par les Iroquois puis reconstruit en bois.
1709-1711, reconstruit en pierres par Jean-Maurice-Josué Dubois Berthelot Sieur de BEAUCOUR (voir cette entrée).
1721, érection canonique de la paroisse Saint-Louis et construction de l'église actuelle.
1746 en août, attaqué par l'anglais William JOHNSON avec des Iroquois des Cinq Nations qui capturent ou tuent la plupart des habitants.
1747, le matériel et la garnison sont presque tous transférés au fort Saint-Jean.
1760, capturé en septembre par les Anglais (major Robert ROGERS et colonel John DARBY).
1775, capturé par les Américains (Richard MONTGOMERY) qui ne l'occupent qu'un seul hiver
1776, repris en juin par les Anglais (BURGOYNE); on maintient une garnison jusqu'en 1780 puis on le laisse à l'abandon.
1983, restauré avec beaucoup d'authenticité par Parcs Canada, aujourd'hui devenu le plus ancien fort visitable au Canada, il aura 3 siècles en 2010, ouvert l'été au public; seule ombre au tableau, la présence de la chapelle n'est pas réaffirmée

Fort Edward - NY
Site: au sud-est du fort William-Henry au lac George, au sud-ouest de Fort Ann, au nord de fort Sarasto (Saratoga), au sud-est et en aval de Glens Falls sur la rivière Hudson à sa jonction avec le canal Champlain
Origine du nom: rebaptisé en 1755 par Sir William JOHNSON en l'honneur de King Edward
T anglais: Fort Nicholson (1709) ? Fort Lyman (1755)
T hollandais: Fort Lidius
Anecdote acadienne : " En 1756 on compte 141 Acadiens dans le comté de Westchester. En juillet 1757 un groupe d'Acadiens parvient à s'enfuir du comté de Westchester. Ils sont arrêtés près du fort Edouard (province de New York) en route pour Crown Point. Ce qui vaudra à tous d'être emprisonnés. "

Fort George - NY
Site: pointe Sud du lac George
Historique: bâti en 1756

Fort Lennox - QC
Origine du nom: Charles Gordon Lennox, né Notingham GB, député à Londres du comté de Sussex, membre du Conseil privé, lord-lieutenant d'Irlande, duc de Richmond, Bruxellois mondain avec son épouse Lady Charlotte de Gordon, gouverneur-général du Canada 1818, prend le parti des bureaucrates contre le parti canadien du Bas-Canada, " sans la clairvoyance, l'ouverture de jugement et l'esprit politique de conciliation du prédécesseur SHERBROOKE ". Les Cantons de l'Est s'ouvrent sous son mandat à la colonisation par 12 000 Irlandais. Le 28 août 1819 près de Kingston, toujours gouverneur, il meurt de la rage: son renard apprivoisé l'avait mordu durant une visite à Sorel. (voir aussi Île-aux-Noix)
Historique:
1819-1829 Les Anglais construisent le fort Lennox actuel et maintiennent une petite garnison jusqu'en 1870, toujours par méfiance des Américains qui avaient construit le fort Montgomery en 1816-18. La pierre provient de l'île Lamotte et elle contient des fossiles aquatiques datant de l'époque de la mer de Champlain.
1839 par méfiance des Patriotes révoltés en 1837 on renforce la garnison jusqu'à 500 hommes et on y emprisonne quelques patriotes

Fort Montgomery - NY
Site: latitude nord 45º00' 24'' dans la municipalité de Rouses Point immédiatement au nord du pont Korean War Memorial vers Alburg VT, route #2, d'où l'on a la meilleure vue sur le fort
Origine du nom: Richard MONTGOMERY, brigadier-général Irlandais, ayant servi les Anglais sous WOLFE et AMHERST, héros de la guerre d'Indépendance après son passage dans le camp américain, tué en 1775 devant Québec où son armée fut repoussée en tentant de prendre la ville de Québec (sous régime Anglais) durant la guerre d'Indépendance. Ses restes d'abord inhumés près des remparts de Québec furent transférés à New York en juil 1818, traversant le lac Champlain à bord du Phoenix. .
T anglais (sobriquet): Fort Blunder
Origine du surnom et historique:
Premier fort: Peu après la guerre de 1812-14 les ÉU croient à la persistance d'une menace des " Anglais au nord ". La construction du 1er fort s'étend de 1816 à 1818, elle coûte 200 000 $ mais le sol est trop mou et le site est choisi par erreur à 45º04' 30', légèrement au nord de la frontière de l'époque, soit le 45º04' 12'' qui avait été bien localisé par les Français et correspond aujourd'hui au pont de Rouses Point (0,8 mille plus au sud). Or, en 1766 le général anglais CARLETON et le gouverneur américain MOORE avaient erronément fixé la frontière à 2,5 milles au nord de Windmill Point, West Alburg VT. En 1818 de nouveaux relèvements démontrent l'erreur, l'estimation préalable par les Français s'avère être la bonne, et la construction est abandonnée. En 1842 le traité Webster-Ashburton cède le fort et le terrain controversés aux USA, fixant la frontière à 45º04' 12'', environ 6,5 milles au nord du 45e parallèle. Détérioré par l'abandon et par les pillards qui l'utilisent pour la construction domiciliaire à Rouses Point, on le surnomme "Fort Blunder" (fort La Gaffe !) et on le détruit.
Second fort: 1843 à 1870 la construction est entreprise sur le même site d'un nouveau fort de type médiéval avec 5 bastions, s'élevant 48 pieds au dessus de l'eau et pouvant accommoder 800 hommes, on utilise des blocs de marbre de 3 tonnes provenant de l'Île la Motte, on le termine après 26 ans. Le style est emprunté à Vauban et nommé Third System Fortification par les ingénieurs américains. Sauf pour une garnison de 15 hommes temporairement en poste en 1862 à la suite de tensions découlant de l'affaire Trent, il n'y avait qu'un sergent et un ingénieur. Le fort s'avérant sans objet est abandonné. En 1935 il est vendu aux contracteurs du pont Alburg-Rouses-Point. Il appartient aujourd'hui à un particulier et n'est pas un parc public.Pour plus de renseignements sur le Fort Montgomery

Fort de Sorel - QC
Origine du nom: Pierre de Saurel / Sorel, capitaine du régiment de Carignan-Salières arrivé sur la Justice le 14 septembre 1665, parti de La Rochelle vers le 25 mai
T français: Fort de Richelieu (1642) jusqu'en 1665 alors que le capitaine SAUREL lui donne son nom
Origine: Armand Jean du PLESSIS cardinal et duc de Richelieu (1585-1642)
Historique: Site du 1er fort de Richelieu construit de bois en 1642 par le chevalier Charles HUAULT de MONTMAGNY, gouverneur, " achevé en peu de temps " mais peu utile car les Iroquois " prirent leur chemin par les terres au dessus et au dessous " et de toute façon ils le brûlèrent en 1647. 2e fort " Restably depuis le [25 du] mois daoust 1665 par monsieur de sorel capitaine au regiment de Carignan soubs les ordres de monsieur de Tracy " employant 4 compagnies du régiment et rebaptisé alors Fort de Saurel; la construction terminée le 13 août; quelques cartes anciennes conservent le 1er nom durant quelques années après 1665. En octobre 1665 on confie à Pierre La MOTTE la construction d'un chemin (auj. route #223) reliant le fort de Sorel au forts de Chambly et de Sainte-Thérèse. ? Site du 1er sapin de Noël du Canada, décoré dans un moment de nostalgie par un soldat mercenaire allemand (venu pour contrer la menace des insurgents Américains en 1775)


Fort St Anne - VT
Historique: Site choisi par REPENTIGNY en 1665. Construit en bois en 1666 sous TRACY au cours de l'été par son 1er commandant Pierre de Saint-Paul, Sieur de La MOTTE, capitaine à la tête de 300 hommes du régiment de Carignan-Salières dont ce fut une des 1re missions à leur arrivée de France en 1665; situé en face de l'embouchure la rivière Chazy NY, il constitue le premier établissement européen du Vermont et la première occupation française du lac contre les Iroquois, terminé le 20 et dédicacé le 26 juillet 1666.


SITE OF FRENCH
FORT ST ANNE

VERMONT'S OLDEST SETTLEMENT
ON THIS SHORE WAS THE SITE OF
FORT SAINT-ANNE BUILT IN 1666 BY
CAPT PIERRE LA MOTTE FOR DEFENSE
AGAINST THE MOHAWKS. THE JESUITS
CELEBRATED THE FIRST MASS AND
ERECTED THE FIRST CHAPEL. THOUGH
NOT PERMANENT, THIS STOCKADE WAS
VERMONT'S FIRST WHITE SETTLEMENT


La plaque ci-haut est sur le site. Près du sanctuaire se trouve la statue de granite de Samuel de Champlain sculptée au pavillon du VT à l'Expo 67 de Montréal et déménagée à l'île La Motte en 1968

1666 - L'expédition de COURCELLES en janvier-mars (Voir l'entrée COURCELLES pour les détails)

1666-7 - Le séjour de l'aumônier François Dollier de CASSON - Arrivé à Québec le 7 septembre 1766 il part 1 semaine plus tard comme aumônier militaire pour accompagner le gouverneur TRACY contre les Agniers. À l'hiver 1667, non encore remis de cette 1re expédition, atteint aux genoux " d'une grosse enflure en forme de loupe " et affaibli d'une mauvaise saignée pratiquée par un " chirurgien mal à propos lui ayant tiré une furieuse quantité de sang, il s'évanouit dans ses bras… ". Son supérieur sulpicien François SOUART, à qui TRACY a demandé un aumônier pour le fort Sainte-Anne, le choisit quand même. CASSON part courageusement pour Chambly après 1 seule journée de repos avec deux soldats du fort Chambly qui venaient d'arriver à Montréal, ainsi qu'avec Charles LEMOYNE, Mongeon de BRAGGAT et LEBER qui trouvaient risqué de le laisser partir avec seulement deux soldats.
Rendus à Chambly les soldats de la garnison refusent d'abord par manque de courage, de le suivre au fort Sainte-Anne, mais au bout de 24 heures devant sa détermination, il réussit par en persuader une dizaine dont un enseigne. A l'arrivée de CASSON, le capitaine La MOTTE, M. de la DURANTAYE et d'autres officiers se précipitent pour l'embrasser. 40 des 60 soldats sont atteints de scorbut " le mal de terre ", deux déjà décédés, plusieurs à l'agonie, n'ayant pour nourriture que de la viande salée et de la farine détériorée durant la traversée Atlantique, l'odeur de leurs quartiers est insoutenable, ils en sont à faire leurs testaments. Voici comment ses soins empressés lui permirent de sauver plusieurs d'entre eux: CASSON est plus ému que le capitaine La MOTTE devant tant de misère, il doit insister pour qu'on envoie quelques soldats quérir des vivres à Montréal auprès du père SOUART et de Jeanne MANCE de l'Hôtel-Dieu. Quand les vivres arrivent elles sont consignées " aux soins de CASSON ". Celui-ci doit insister encore pour qu'on les fasse distribuer aux pauvres soldats. D'autres soldats durent être rapatriés à Ville-Marie et soignées par Jeanne Mance à l'Hôtel-Dieu.
1668 Fin mai-début juin, Mgr LAVAL visite le fort. Peu après, LAMOTTE quitte pour devenir gouverneur de Mtl en 1669 remplaçant MAISONNEUVE (c'était l'habitude du ministre en France de changer les gouverneurs à tous les 3-4 ans même quand ils sont sans reproche). L'abandon du fort s'est fait v 1669 puisque les Jésuites n'en parlent plus dans leurs Relations cette année là, et certainement avant 1671 car ce fut l'année d'un accord de paix avec les Iroquois qui rendait ce fort désormais inutile.

Fort Saint-Frédéric - NY (voir aussi Crown Point)
T français: fort de la Pointe-à-la-Chevelure - fort Beauharnois - fort Maurepas
Site: latitude N 43º35' selon Chaussegros de Léry en 1734, et 44 02' sur la carte marine actuelle produite par la National Oceanic and Atmospheric Administration ou NOAA, sur la pointe nord de Crown Point, en face de Chimney Point VT; sur le plan administratif la colonie Française entourant le fort comprend les terres de Chimney Point VT sur la rive est du lac et celles de Crown Point NY au sud du fort sur la rive ouest du lac
Origine du nom: Jean Frédéric Phélypeaux comte de MAUREPAS, né à Versailles 1701, décès Paris 1781, ministre de la Marine à 24 ans (en conséquence responsable des colonies dont la Nouvelle-France) qu'il réforma de façon positive avant d'être malheureusement disgracié par l'influente marquise de POMPADOUR, maîtresse et favorite officielle du faible Louis XV. Esprit " doué d'activité, de finesse, de pénétration ", il parraina La CONDAMINE sous l'équateur, MAUPERTUIS au pôle boréal, JUSSIEU au Pérou pour étudier les plantes; heureusement rappelé par Louis XVI en 1774, il s'entoura d'hommes compétents comme VERGENNES (voir cette entrée)
Historique: fort Français de 1731 à 1759
1731 Jean-Louis de LACORNE lieutenant de Montréal avait signalé au gouverneur BEAUHARNOIS l'importance stratégique de Crown Point pour contrôler la contrebande de fourrures par les Amérindiens entre Orange (Albany) et Montréal; en mai le Roi dit oui et un simple fort de pieux fut érigé à Chimney Point (alors Pointe-à-la-Chevelure) du 8 mai au 22 septembre. VLC - Le 19 août 1730 une expédition de 30 français sous Michel d'AGNEAU débutent la construction du fort St Frédérique à Crown Point au S du lac Champlain check

1732 le Récollet La Jus ouvre un registre le 23 novembre, utilisant le nom de fort Beauharnois puis Pointe-à-la-Chevelure. L'ambassadeur britannique en France se plaint de ce que " les Français se sont emparés d'une partie du territoire de la province de New York et y ont érigé un fort à l'endroit appelé Pointe-de-la Couronne ".
1734 BEAUHARNOIS et HOCQUART demandent de remplacer le fort de pieux de Chimney Point par un imposant fort en pierres " en machicoulis ", l'ingénieur Chaussegros de LERY dresse les plans et supervise les travaux
1735 le ministre MAUREPAS approuve et accorde le financement, l'entrepreneur-architecte montréalais JANSON-LAPALME débute dès l'été
1737 on termine la redoute en novembre, Après l'arrivée d'une garnison de 120 soldats, des colons Français s'installent aux environs, ainsi que sur l'Île aux Boiteaux, disparue depuis, entre Hospital Creek et Chimney Point. La population de cet établissement français atteignit environ 800 âmes installés tant sur la péninsule, au sud du fort, que sur la rive est. Louis XV félicite BEAUHARNOIS et HOCQUART " de la diligence avec laquelle ils avaient travaillé à l'érection du fort de la Pointe à la Chevelure. " Il se développe un trafic maritime considérable entre fort Saint-Jean et fort Saint-Frédéric, des fournitures et des armes provenant de France sont acheminées en bateau.
1740, sur la rive est de la pointe on érige en pierres un moulin à vent destiné à moudre le grain produit localement, il ressemblait à celui qui existe encore sur l'Île Perrot sauf que des canons étaient installés au 2e étage; le site est celui de l'actuel Champlain Memorial, il permettait de surveiller le trafic arrivant du Sud du lac, et les historiens se demandent pourquoi la redoute n'y avait pas été installée.
1742 C'est le plus important fort Français de la colonie après celui de Québec.
1745 Sieur MARIN quitte l'Acadie après la chute de Louisbourg, arrive le 13 novembre au fort Saint-Frédéric, y organise une expédition sur Saratoga avec 280 Français et 229 Indiens: navigue d'abord jusqu'à Wood Creek, puis marche vers Great Carrying Place, atteint ensuite fort Lydius le 27 novembre, attaque enfin Saratoga le 28 novembre, y détruit toutes les maison, tue 12 hommes, fait 109 prisonniers, brûle le fort Lydius et ses maisons, pour finalement rejoindre fort Saint-Frédéric le 3 décembre.
1746 VAUDREUIL attaque Fort Massachusetts près de Williamstown le 29 août avec 400 Français et 300 Indiens, obtient la reddition de la garnison qu'il ramène au fort Saint-Frédéric en 10 jours de marche.
1747 VAUDREUIL décide en mai de renforcer la garnison avec 500-600 hommes de Montréal, 100 miliciens et 30-40 Indiens de Trois-Rivières qu'il dirige au fort Saint-Frédéric. Le 23 juin il envoye LACORNE de Saint-Luc avec 200 hommes pour attaquer Saratoga, le 30 juin ceux-ci capturent 40 Anglais dont le commandant du fort Clinton, quelques-uns se noient en tentant de s'évader du fort Saint-Frédéric; un autre prisonnier, blessé, se convertit le 15 juillet, reçoit l'Extrême-Onction et meurt le 4 août. VAUDREUIL retourne à Montréal et envoie au fort LANGY avec 50-60 Français et 30 Indiens pour couper du bois pour la garnison. En octobre on envoie un troupeau de bovins au fort et on ramène 35 prisonniers à Montréal. Ce fut une année sans répit: 3 commandants, deux aumôniers, 11 sépultures, 1 baptême, la présence de nombreux éclaireurs ennemis dans les environs, et enfin plusieurs mouvements de troupes car en plus du séjour de celle de VAUDREUIL en juin le fort vit partir 27 petites expéditions.
1748 NIVERVILLE arrive en août avec l'ordre de suspendre les hostilités car le traité d'Aix-la-Chapelle a été signé en avril. - 8 sépulture et 4 baptêmes.
1749 Visite de Pehr KALM le 2 juil, en route de Albany vers Québec (voir à la fin de la présente entrée), après avoir évité de justesse d'être capturé par une bande d'Amérindiens. Le gouverneur François LUSIGNAN le reçoit avec tous les égards. KALM remarque que les ex-soldats français qui ont colonisés les terres environnantes sont bien installés.
1750 Le fort a 20 canons, une redoute de 4 étages avec des murs de 3 mètres d'épais. La colonie Française compte 14 fermes.
1756 On compte environ 300 colons dans la région, surtout des soldats licenciés , c'est l'établissement HOCQUART.
1756, le chef milicien américain Robert ROGERS estime à 300 la présence française dans la région

Établissement Français durant 28 ans, de 1731 (incluant Chimney Point) à 1759.
Il y eut 13 aumôniers dont le (Franciscain) Récollet Jean-Baptiste LAJUS fut le premier, 31 mariages, 243 baptêmes, 198 sépultures; des ouvriers, des femmes, des enfants, des soldats, des Amérindiens, des esclaves, des colons, des ingénieurs, des visiteurs (Pehr KALM fut le plus cultivé), des malades, un chirurgien, 16 commandants (de Pierre HERTEL de Montcour 1731 à Louis HERBIN 1759).
1759 Le maréchal anglais Jeffery AMHERST commande 12 000 hommes alors que le commandant français BOURLAMAQUE fait preuve de réalisme et organise la retraite de ses 2300 troupes, ne laissant qu'une petite garnison au fort Carillon; en même temps on évacue les colons français et on détruit leurs bâtiments; BOURLAMAQUE fait sauter le Fort Carillon le 27 juillet à 23h00 (il brûlera jusqu'au 31 juillet) et ses troupes s'embarquent vers le fort Saint-Frédéric (Crown Point) pour le faire sauter lui aussi le 31.
La flotte de la garnison en retraite s'arrête à la rivière à la Barbue (Put's Creek) le 28 juil à 6h00 du matin; l'ingénieur DESANDROUINS est détaché pour aller miner le fort et le moulin à vent de Saint-Frédéric. Le 29 la flotte s'approche de Saint-Frédéric, le 31 on embarque les résidants du fort puis M. de LOUVICOURT officier d'artillerie demande la privilège d'allumer les mèches mais celle destinée à faire sauter le fort s'éteint à cause de l'explosion du moulin à vent, un courageux canonnier va la rallumer. BOURLAMAQUE avec ses 3023 soldats parvient à l'Île-aux-Noix à 8h00 le 3 août. Cela marque la fin du régime français au lac Champlain, par manque de support venant de la France et par la supériorité de l'immigration anglaise. Cette occupation avait duré 28 ans (depuis 1731).
Le fort Saint-Frédéric est investi le 4 août par le Jeffery AMHERST qui y fera construire le His Majesty's Fort at Crown Point, brièvement nommé Fort Amherst, la construction débute dès la mi-août, immédiatement à l'ouest des ruines du fort Saint-Frédéric, avec 1600 hommes. En même temps le capitaine LORING établit à Crown Point un chantier naval pour la marine anglaise de AMHERST qui veut nettoyer le lac de toute présence française résiduelle.

Crown Point fut colonie Anglaise de 1759 à 1775 puis de 1777 à 1784
1773 L'explosion du magasin à poudre cause des dommages considérables.
1775, le 11 mai, les insurgents américains Seth WARNER et Peleg SUNDERLAND capturent aisément le Fort Crown Point qui n'est défendu que par 1 sergent et 8 hommes, y est rejoint le 15 mai par Benedict ARNOLD et Ethan ALLEN qui viennent de prendre aux Anglais le fort Ticonderoga cinq jours plus tôt; on saisit en mai la goélette du loyaliste Philip SKENE pour ensuite la rebaptiser Liberty, ARNOLD en prend le commandement et descend saisir à Saint-Jean QC un sloop Anglais ; l'intrépide américain KNOX transporte à Boston les canons saisis dans le fort. En septembre les américains MONTGOMERY et Philip SCHUYLER se regroupent à Crown Point pour envahir le Canada; après leurs victoires à l'Île-aux-Noix, Saint-Jean et Montréal, ils sont rejoints par l'américain Benedict ARNOLD arrivant du Massachusetts à travers le Maine, l'attaque finale sur Québec est un échec, MONTGOMERY est tué, ARNOLD est blessé, les Américains retournent péniblement chez eux en 1776.
1777, le général Anglais John BURGOYNE envahit le lac Champlain avec 8000 hommes et 400 Indiens partis de Saint-Jean, regroupés ici avant d'aller subir en octobre une cuisante défaite aux mains des insurgents Américains à Bemis Heights près de Shuylerville. Il construit un magasin et un hôpital à Crown Point et y laisse une garnison de 200 hommes, sauf l'hiver.
1784, les Anglais se retirent définitivement.
1788, l'établissement devient village. Le Crown Point Fort ne servira pas malgré son coût de quelques deux millions de livres sterling / 10 millions de dollars.


Fort Saint-Jean - QC
T français: fort Saint-Jean Baptiste
Origine: Jean-Baptiste COLBERT ministre de la Marine (et des colonies) à Versailles
Site: rive ouest du Richelieu en amont des rapides de Saint-Jean, au sud de la ville actuelle, là où l'armée canadienne y a construit son Collège Militaire Royal ; Champlain passe devant le site en 1609 en route vers sa découverte du lac
Historique: Poste fait en bois et non fortifié, établi en été 1667 par Isaac Alexandre BERTHIER capitaine régiment de l'Allier, comme base d'approvisionnement pour se défendre des Iroquois; une carte de 1731 retrouvée à Paris montre que le fort est abandonné. La GALISSONNIERE en 1748 décide d'y construire un fort, après la démolition du fort Ste-Thérèse, la construction est dirigée par son protégé l'officier de LÉRY et son fils aîné, elle requit une garnison de 200 hommes de 1748 jusqu'en mars 1749. L'objectif était de secourir le fort Saint-Frédéric (Crown Point) et faciliter la colonisation agricole de la vallée du lac Champlain et l'exploitation du bois de construction par un site plus pratique que le fort Chambly en aval des rapides. . Après avoir reçu cette mission le 28 mars 1748, de LÉRY commenca par visite le chantier des frères CORBIN à la rivière CHAZY " pour y prendre les éclaircissements, secours et matériaux nécessaires ".
Le plan de reconstruction du fort en bois " au dessus du rapide St Jean où mouille la barque du lac Champlain " avait été fait à Saint-Jean le 9 juin 1748 par LÉRY et approuvé par La GALISSONIÈRE le 10. La barque est celle de Joseph PAYANT dit SAINT-ONGE qui avait alors un terrain adjacent au fort qui servait de pied-à-terre entre deux navettes reliant Saint-Jean au fort Saint-Frédéric. Le 26 juil 1748 La GALISSONNIÈRE et BIGOT mentionnent le transfert (en 1747) des équipements du fort Sainte-Thérèse au fort Saint-Jean. " Faute de ressources financières le poste fortifié de Saint-Jean sera de construction médiocre ", il y aura peu de maçonnerie et surtout du bois (Lamontagne). BIGOT reproche à LÉRY le 3 novembre 1748 de trop dépenser et de manquer de rigueur comptable, tandis que La GALISSONNIERE tente d'excuser son protégé.
Le 21 juillet 1749 le visiteur KALM constate que " l'année dernière la garnison comptait 200 hommes mais aujourd'hui 'il n'y a que le commandant DeGANNES ? chevalier, gentilhomme, très aimable ? un commissaire, un boulanger et 6 soldats; la forêt des alentours demeurant inhabitée, sauf par des maringouins, mot emprunté à la langue sauvage, en nombre si prodigieux que surnommerait avec plus d'à-propos le 'fort aux maringuoins'". Le commandant avait reçu des lettres de recommandation au sujet de KALM accompagnées de deux petits barils de vin, " dans la soirée nous bûmes à la santé des rois de France et de Suède " et on lui avait fait venir de Laprairie des chevaux pour se rendre à Montréal car Saint-Jean était sans chevaux, n'étant pas encore habité.
Associée à ce projet est la construction d'une route reliant Montréal à La Prairie, nécessitant 3 mois de travail à 200 hommes, c'est de LANOUILLER qui en trace les plans. " Au moyen du chemin qui prend depuis ce fort jusqu'à la prairie de Lamagdeleine, celui de St Frédéric se trouve à portée d'être secouru en deux fois 24 heures au lieu qu'auparavant on étoit obligé de faire passer les secours de Chambli, d'où il falloit monter 3 rapides, Chambli, Sainte Thérèse et Saint-Jean " écrivent La GALISSONNIÈRE et BIGOT le 26 septembre 1748. Des registres furent tenus de 1757 à 1760 . " En 1757 le fort sert à préparer la défense du fort Carillon en accueillant des concentrations de troupes. " Des registres de bms tenus entre 1757 et 1760 ont été retrouvés.
1760 le 29 août, le français BOURLAMAQUE est délogé du fort de l'Île-aux-Noix par l'anglais DEHAVILAND et se réfugie au fort Saint-Jean pour y rejoindre ROQUEMAURE, qui se contente de brûler le fort et de se réfugier derrière la rivière de l'Acadie avant de se replier à Montréal pour y rejoindre VAUDREUIL qui capitulera.
1775, le fort commandé par l'anglais Thomas PRESTON fut assiégé 45 jours par les insurgents Américains sous MONTGOMERY, ceux-ci finirent par gagner et faire plus d'une centaine de victimes; mais ce siège retarda les Américains dans leur expédition vers Québec, qu'ils durent attaquer en plein hiver, ce qui contribua à leur perte le 31 décembre alors que MONTGOMERY est tué devant Québec, faisant rater cette tentative d'invasion du Canada par les ÉU; les américains durent battre en retraite dès janvier 1776.

Fort Sainte-Thérèse - QC
Origine: terminé 15 octobre 1665 le jour où toutes les palissades furent plantées, fête de Sainte-Thérèse
Site: Saint-Luc entre Saint-Jean et Chambly, rive ouest (gauche) du Richelieu, à la hauteur de la pointe nord de l'Île Sainte-Marie qui prolonge vers le nord l'île Sainte Thérèse, au sud de la pointe du Portage (île Fryer), à la tête des rapides de Sainte-Thérèse, environ 9 milles au Sud de Chambly et 3 milles au nord de Saint-Jean. Un rang qui porte le même nom est annexé à la paroisse Saint-Joseph de Chambly, à Chambly Canton en 1910, puis à la paroisse Saint-Cœur de Marie ; l'actuel mont Johnson s'appelait mont Ste-Thérèse.
Historique:
1665 Construit en bois par le colonel Henri de Chastelard de SALIÈRES en octobre, le 28 octobre on apprend à Québec que SALIÈRES " ayant fait faire un bateau au fort, a envoyé 18 ou 20 hommes découvrir l'entrée du lac Champlain, ils ont avancé 4 lieues dans le lac et ont admiré la beauté du pays "
1666 Commandé par ROUGEMONT
1690 Abandonné, le matériel est transporté au fort Saint-Jean
1747 Démoli, " Le fort du rapide Sainte Thérèse a été entièrement abandonné; une partie des matériaux a servi à en construire un autre à Saint-Jean au dessus de tous les rapides " écrivaient le 26 septembre 1748 La GALISSONNIERE et BIGOT
1666 Sert de point de ralliement à l'expédition de COURCELLES en hiver, il quitta le 30 janvier en direction des Agniers de la rivière Mohawk, NY, sans les guides autochtones qu'il aurait du attendre; ce fut une erreur car en février ses troupes aboutirent erronément chez les Hollandais de Schenectady (alias Corlaer) plutôt que chez les Agniers.
1733 Cité sur carte Popple 1733

Fort William Henry - NY
Origine du nom: nommé en 1755 par Sir William JOHNSON; noter qu'un fort porta le même nom à Pemaquid dans le Maine
Site: à l'extrémité Sud du lac George dans le Village of Lake George sur la route 9/9N
Historique: une expédition Française partie le 22 mars 1757 en période d'occupation Française de la région, aboutit au massacre de l'établissement anglais du lac George en avril; MONTCALM l'emporte facilement sur le général WEBB et repart le 16 août

Four Brothers Islands ? NY
T français: Isles des Quatre Vents
T anglais: Four Winds Islands
Historique: KALM les note le 19 juillet 1749 " à 14 milles français du fort Saint-Frédéric nous aperçûmes 4 grandes îles dans le lac qui a ici près de 6 milles français de large " ? En 1776 les Anglais sous PRINGLE font fuir l'américain Benedict ARNOLD confronté près de ces îles
Site: latitude nord 44º25' 45'', à l'est de la péninsule de Wilsboro

G
Garden Island - NY
T français: Petite Isle
T anglais: Little Island
Site: immédiatement au Sud de l'Isle de Valcour, latitude nord 44º36'

Guay Creek ? NY
Site: se jette dans la partie nord de Monty Bay

Geneva - NY
Historique: près du lac Cayugas, village des Oioguens ou Goyogouins, en anglais Cayugas; les Jésuites y firent une mission en 1657

GÉOLOGIE-MINUTE


Période glaciaire: L'Amérique du Nord est recouverte de glace depuis 70 000 ans, le sol s'enfonce sous la masse des glaciers
Période saline: Suite à la fonte des glaces, le front du glacier continental se trouvait dans les Appalaches près de la frontière canado-américaine il y a 13 000-13 500 ans, les eaux salées forment la Mer de Champlain reliée à l'Atlantique, la Nouvelle Angleterre et l'est du Canada formant une île, son niveau était de 195 mètres au dessus du niveau actuel de la mer et 30 mètres au dessus du lac Hertel actuel (au mont Saint-Hilaire qui était une île).
Période douce: Il y a 11 400 ans l'Atlantique est coupée de la Mer de Champlain par un relèvement du sol suffisant pour que l'eau des Montagnes Blanches et Vertes et du lac George s'écoule vers le nord par le Richelieu, l'eau redevient douce.
Période future: Le sol du Québec continue de se relever imperceptiblement (3 mm par an) mais inexorablement depuis l'enfoncement glaciaire et un jour, dans environ 120 000 ans, l'eau s'écoulera à nouveau vers le Sud par la Hudson, asséchant ainsi le Richelieu.



Grand Isle - VT
T abénaki: K'chenamehau (" la grande île ")
T français: Grand'Isle - Pancalon
Site: cette municipalité correspond à l'île South Hero; latitudes nord de 44º36' à 44º51'
Historique: une charte de village est accordée dès 1779 mais on doit attendre 1783 pour l'installation des premiers colons Ebenezer ALLEN et Enos WOOD . Le paysage en fait l'une des plus belles îles du lac; les chalets situés sur la rive ouest ne s'obtiennent qu'à fort prix.

Great Ausable River - NY
T français: Rivière au Sable

Great Chazy River - NY
Origine du nom: Nicolas de Chazy
Site: embouchure latitude nord 45ºimmédiatement au Sud de l'ouverture de Kings Bay

Grog Harbor - NY
Site: immédiatement au Sud de Split Rock Point, latitude nord 44º15' 30''
Origine du nom: 1756 le 7 juil cette crique aurait servi au capitaine/major Robert ROGERS à cacher des alcools de contrebande (vins, brandy) la veille du premier engagement naval entre Français et Anglais sur le lac en face de Charlotte au VT. On dit aussi que les villageois de Essex utilisèrent cette cachette en 1776 pour empêcher les Anglais de CARLETON de saisir leur rhum en début de guerre d'indépendance

LES GUERRES

Guerres non déclarées faites d'expéditions et de guérillas quand les Amérindiens décident de résister aux envahisseurs européens, leurs flèches s'enrichirissent de fusils quand Anglais et Français les arment en échange de fourrures et de collaboration militaire
Guerre du roi Guillaume (King William's War, War of the Grand Alliance) 1689-1697
Guerre de Succession d'Espagne (Queen Anne's War) 1702-1713, opposant l'Angleterre à la France et la Nouvelle Angleterre à la Nouvelle France
Guerre de Succession d'Autriche (du roi George, King George's War) 1744-48
Guerre de Sept-Ans (Guerre de la Conquête; French and Indian War, Seven Years War) 1755-1763, opposant la France à l'Angleterre, Franco-Canadiens aux Anglo-Canadiens, Iroquois contre Algonquins, impliquant le Fort de Carillon, le lac George, le fort Saint-Frédéric, le fort Chambly, l'Île-aux-Noix. Le Canada devient colonie britannique, arraché à la France en 1759-60.
Invasion américaine du Canada en 1775-76, 1re menace américaine contre cette colonie britannique, s'avérant infructueuse quand l'américain MONTGOMERY est tué aux portes de Québec le 31 décembre 1775; s'ensuit la formation de deux compagnies (Hazen et Livingston) de Canadiens-français ? dit " républicains " ? volontaires passés au service des insurgents américains, c'est un " à côté " des débuts de la guerre de l'Indépendance.
Guerre de l'Indépendance américaine en 1775-81 (Revolutionary War), opposant l'Angleterre aux colons des 13 colonies insurgées, terminée sur le terrain par la victoire des insurgents à Yorktown (17 octobre 1781) et sur le papier par le traité de Versailles en 1813.
Guerre Canado-Américaine de 1812-14 (War of 1812), futile aux yeux des historiens, dernier sursaut de la guerre d'indépendance, impliquant Vergennes et Battery Park à Burlington VT, Plattsburgh NY, et le blockhouse de Lacolle QC, en plus du lac Champlain où les Américains gagnent sur l'eau devant Plattsburgh en 1814.
Guerre civile américaine de Sécession (1861-65)


H
Hand's Cove - VT
Historique: en mai 1775 sert de point de ralliement aux insurgents américains Ethan ALLEN et Benedict ARNOLD avant de prendre aux Anglais le Fort Ticonderoga.

Hudson Canal ? NY
Historique: La construction débute en 1814 sous l'administration du gouverneur De Witt CLINTON et se termine en 1823. La " voie maritime Hudson " comprend 64 milles de Whitehall à Waterford, répartis en 6,5 milles le long de Wood Creek, 46,5 milles de canal proprement dit et les 11 derniers milles sur la Hudson. 3 des 17 écluses sont à Whitehall. Le premier navire à l'emprunter, le Gleaner surnommé la " Barque des montagnes ", quitte la baie de Saint-Albans VT en septembre 1823 et marque le début d'une époque de prospérité pour Whitehall comme gare maritime.

Hudson River - NY
Origine du nom: Henry Hudson, navigateur Anglais, n v 1550, mort 1611 tragiquement, abandonné sur un radeau dans la baie de HUDSON à la suite d'une mutinerie de son équipage, ce n'était pas la première mais ce fut la dernière; triste fin pour un grand explorateur qui cherchait un passage par le nord vers l'Asie
Historique: 1609 à l'emploi de la Dutch East India Co, il arrive par la riv Hudson à seulement 160 km de CHAMPLAIN qui vient d'arriver au nord du lac à peine deux mois auparavant. Il se rendit à Albany mais pas au lac Champlain (il aurait fallu faire un bout par voie de terre, sans son navire), se fit toutefois décrire les vastes territoires au nord jusqu'au Saint-Laurent, en prit possession (sur papier) au nom des États Généraux de la Hollande et les nomma New Netherlands. CHAMPLAIN et HUDSON ignoraient leurs exploits presque simultanés. HUDSON ne découvrit donc pas le lac par lui-même mais en entendit parler. Il avait également "découvert" que l'eau-de-vie était une monnaie indispensable à la traite des fourrures avec les Amérindiens, ce qui ne l'empêchera pas d'être honoré par la Société canadienne des Postes en 1986 . Les Hollandais nommeront ce plan d'eau " lac Corlaer " en mémoire du sympathique gouverneur CORLAER noyé en se rendant à Québec en voyage d'amitié à l'invitation du gouverneur de Nouvelle-France COURCELLES.
T anglais: Orange River

I
Iberville - QC
T français: Milles Roches - Christieville (jusqu'en 1859) - Bleury
Origine du nom: Pierre Lemoyne D'IBERVILLE, navigateur n Ville-Marie 1661, décès La Havane 1708, fils d'un immigrant Dieppois, combattit les Anglais à la baie d'Hudson, en Acadie et à Terre-Neuve, fonda la Louisiane en 1702 et en fut le 1er gouverneur. Les frères LEMOYNE constituent la plus illustre famille née d'un immigrant en Nouvelle-France.
Historique: 1er colons v 1775, seigneurie de Moses HAZEN et Gabriel CHRISTIE. On peut voir le manoir Christie construit v 1835 près du ruisseau Hazen le long du Richelieu.

Île-au-sang - QC
T anglais: Bloody Island
Site: 3,5 miles au nord de la frontière

Île-aux-Noix - QC
Origine du nom: Le seigneur NOYAN concéda l'île le 6 avril 1753 à Pierre JOURDENET soldat compagnie de DeLORIMIER, à condition de payer à la maison du seigneur à Montréal " une pochée de noix des noyers dud isle pour chaque année " et de défricher 1 arpent par an, sans couper aucun noyer
Historique:
1759 Au cours de la Guerre de Sept Ans (Guerre de la Conquête, French and Indian War 1755-63) un fort en pierres est établi par les Français sur décision du chevalier de LÉVIS comme défense contre les forces Anglaises supérieures de Jefferey AMHERST qui en juillet prennent le contrôle du lac Champlain en forcant le général BOURLAMAQUE à évacuer et faire sauter les forts Saint-Frédéric (Crown Point) et Carillon (Ticonderoga). Au printemps LÉVIS avait choisi le site à cause des marécages environnants difficilles à counterner par l'ennemi et, dès le 20 mai, 130 hommes commencent à ériger des fortifications sous La PAUSE puis sous FOURNIER secondé par Joseph de GERMAIN (ingénieur français ayant contribué à la construction du fort Carillon, voir cette entrée). Quand BOURLAMAQUE en retraite arrive à 8h00 le 3 août avec ses 3023 hommes et leur équipement, ramenés des deux forts abandonnés, plus de 600 hommes travaillent alors à fortifier l'Île-aux-Noix. Un chantier naval vite établi lance un navire de 16 canons le 1er septembre. BOUGAINVILLE et LOTBINIERE renforcent le fort durant l'hiver en prévision du siège de 1760 par les Anglais.
1760 Les Anglais veulent attaquer le fort, le lieutenant-colonel William HAVILAND dirige 3400 hommes, ROGERS commande 400 miliciens surnommés Rangers qui assiègent du 16 au 20 août; le 25 août Payant St-Onge est pris avec sa goélette par ROGERS ; le 28 août à minuit BOUGAINVILLE abandonne le fort, y laisse 40 hommes, marche sur la rive est du Richelieu vers Saint-Jean. Le 29 août BOUGAINVILLE brûle Fort Saint-Jean, s'enfuit vers Chambly que capturent ROGERS et DARBY sans coup de feu, juste avant que 17 000 hommes de AMHERST, HAVILAND et MURRAY entourent Montréal et fassent capituler le gouverneur VAUDREUIL. Après la victoire Anglaise, AMHERST sur le chemin du retour vers la ville de New-York s'arrête à l'Île-aux-Noix et y fait démanteler les fortifications.
1775 Les insurgents Américains s'attaquent au Canada, ils s'arrêtent à l'Île-aux-Noix début septembre, en marche vers Montréal où il seront temporairement victorieux. Les fortifications sont à l'abandon, il n'y a qu'une maison de ferme, les américains MONTGOMERY, SCHUYLER et Ethan ALLEN débarquent leurs troupes puis partent le 6 septembre pour Saint-Jean où ils sont repoussés mais reviennent le 17 septembre. Après leur défaite humiliante devant Québec la veille du jour de l'an, MONTGOMERY y est tué, les insurgents en déroute ne feront que passer à l'Île-aux-noix dans leur retraite vers le Sud en 1776. L'île est à l'abandon.
1777 L'armée anglaise du général BURGOYNE s'arrête à l'île en route vers le lac Champlain où ils connaîtront la défaite à Saratoga aux mains des insurgents Américains, ce fut un point tournant de leur guerre d'Indépendance.
1778 le gouverneur Anglais CARLETON reconstruit un plus petit fort incorporant les restes de l'ancien fort des Français, remplaçant une série de blockouses établis dans l'axe Richelieu-lac Champlain, et planifie la reconstruction et le renforcement des forts à Ticonderoga, Crown Point et au lac George, comme défense contre la menace potentielle des Américains.
1782 Ira ALLEN, frère de Ethan (voir cette entrée) " vient à l'île pour discuter avec les Britanniques de la possibilité de rattacher le Vermont à la colonie anglaise, ALLEN ne voulait, par ce geste, que forcer le Congrès américain à accepter le Vermont comme 14e État "

Guerre Canado-Américaine de 1812-1814:
1812 Les Américains attaquent le blockouse de Lacolle, le gouverneur anglais PREVOST renforce l'Île-aux-Noix, en augmente la garnison, établit au nord de l'île un chantier naval, et place un avant-poste à l'Île-aux-Têtes (Île Langevin, Ash Island). On y construit les navires qui s'engageront dans la bataille de Plattsburg du 11 septembre 1814, ainsi on lance en 1814 le plus gros navire de guerre à naviguer sur le lac Champlain, le brigantin Confiance de 1200 tonnes et 36 canons, vaisseau amiral des britanniques qui connaîtront pourtant la défaite aux mains de l'Américain McDONOUGH devant Plattsburgh; la paix revient lors du traité du 24 décembre 1814 mais les deux pays continuent à se méfier l'un de l'autre. Le chantier naval commence à ralentir ses activité dès 1815 et ferme définitivement en 1834.
1819-1829 Les Anglais construisent le fort Lennox actuel et maintiennent une petite garnison jusqu'en 1870, toujours par méfiance des Américains qui avaient construit le fort Montgomery en 1816-18
1839 par méfiance des Patriotes canadiens Français révoltés en 1837 on renforce la garnison jusqu'à 500 hommes et on y emprisonne quelques patriotes

En temps de paix:
En 1858 on s'en sert pour réhabiliter de jeunes délinquants, en 1870 on décide d'abandonner le fort et on le loue à des cultivateurs pour le pâturage, en 1899 un certain NAYLOR loue le fort pour en faire un centre de villégiature, en 1921 le Ministère de la Défense remet l'île à celui de l'Intérieur qui la déclare Lieu historique. ? Visite: Parc Canada maintient durant l'été une visite libre ou guidée du fort, un terrain de pique-nique, un service de traversier depuis Saint-Paul (immédiatement au Sud de la marina Gagnon).

Île-aux-Têtes - QC
Site: le Richelieu
T français: Île Langevin
T anglais: Ash Island
T abénaki: Odepsék (" endroit des têtes ")
Historique: Les Abénakis y avaient tué et décapité des Iroquois lors d'une bataille en 1694, placé leurs têtes au bout de pieux autour de le l'île et visibles depuis l'eau, message dissuasif envers les Mohawks.

Île Goyer - QC
T français: La Grande Isle

Inland Sea - VT
Site: partie NE du lac entre les îles North et South Hero à l'ouest et le VT à l'est, le Sand Bar au Sud et la baie Missisquoi au N.
T anglais: Great Back Bay Le terme Inland Sea ou Mer intérieure est utilisé par les plaisanciers

Isle la Motte / Lamotte- VT
T anglais: Isle la Mothe (1733) - Vineyard (1802) - Isle of Motte (1815)- Isle La Motte (1830)
T français: Île la Mothe - Île La Motte (< 1802)
Origine du nom: Pierre de SAINT-PAUL de La MOTTE; le surnom de Lussière / Lucière résulte de la confusion avec un commandant du fort Niagara en 1690
Site: au NO de l'Île La Motte près d'une plage naturelle, face à l'embouchure de la rivière Great Chazy NY, site d'un sanctuaire catholique ouvert l'été (Saint-Anne's Shrine)
Historique: Géologiquement il s'agissait d'un récif corallien connu sous le nom de Chazan Coral Reef, des coquilles fossilisées ont été trouvée près de Holcomb Point;
1609 Découverte par CHAMPLAIN la 1re semaine de juillet.
1642 en août des Iroquois torturent les jésuites Isaac JOGUES, René GOUPIL, Guillaume COUTURE et 20 Hurons. 1646, en mai et juin le père JOGUES est en mission auprès des Iroquois.
1666 construction en juillet du fort Ste-Anne par le capitaine de La MOTTE du régiment de Carignan-Salières qui en fut le commandant jusque vers 1669. C'était alors le 1er établissement européen du Vermont.
1666 Célébration de la 1re messe catholique au Vermont par le 1er missionnaire de la garnison le jésuite Jean-Baptiste DUBOIS au fort Ste-Anne de l'Île Lamotte ; pour y aller, il fallait partir de Longueuil et de là se rendre à pied à Chambly (alors fort Saint-Louis), puis remonter le Richelieu, 125 km en tout...
1668 1re visite de Mgr LAVAL, la seule qu'il fit en territoire américain, suivie en mai 1669 d'une 2e visite.
1746 En août les quelques colons Français qui s'y trouvent sont massacrés par William JOHNSON et ses Iroquois, en réponse au massacre de Saratoga par MARIN le 28 novembre 1745.
1779 Déclarée grant par la république Vermontoise.
1785 Le 1er colon Ebenezer HYDE, sera suivi de William BLANCHARD et Enoch HALL.
1788 le 1er Franco-Américain à s'installer est William BLANCHARD (patronyme acadien) qui a servi les Américains dans la guerre d'Indépendance.
1791 l'île devient village.
1792 William BLANCHARD devient le 1er constable, et le 17 septembre sa fille Laura devient la 1re descendante européenne à naître sur l'Île.
1802 Le nom de l'île devient Vineyard. Caleb HILL développe l'île, opère le 1er ferry vers Alburg VT puis reçoit une subvention du Vermont pour continuer le service jusqu'en 1882 alors qu'un pont est érigé.
1830 Le nom redevient La Motte
1894 Construction de la basilique Sainte Anne - L'exploitation de carrières de marbre noir servira à construire le Capitol de Washington, le Radio City Music Hall de New York, d'autres pierres serviront à construire le pont Victoria au QC, le pont de Brooklyn NY et des églises de Burlington.
1814 le 16 août des marins de la flotte de guerre du commodore américain McDONOUGH, stationnés sur l'île en attendant la confrontation devant Plattsburgh le 18 octobre, déguisés en uniformes pris à des prisonniers anglais, assassinent le notable Caleb HILL qui s'était plaint de leur conduite.
1830 le nom de l'île redevient La Motte

J

Jones Point - NY
T anglais: Flat Rock Point
Situe: immédiatement au Sud de la péninsule de Willsboro, latitude nord 44º23'

K

Kanawake - QC
T francais: St Francois Xavier
T amérindiens: Carnawago - Caughnawaga

Kingsland Bay - VT
T anglais: Hawley's Bay
Historique: relié par ferry à Grog Harbor NY v 1850

Kings Bay - NY
T anglais: Back Bay - Chazy Bay
Site: latitude nord 45º01', formée par Point au Fer; ouverte au Sud, elle reçoit par vent sud les sédiments de l'embouchure de la Great Chazy River et la profondeur d'eau diminue au fil des siècles. C'était un bras d'eau, et Point au Fer était une île, quand CHAMPLAIN passa par-là en 1609. Le bras d'eau n'est plus, mais le terrain demeure marécageux au printemps.

Knight's Point - VT
Site: South Hero (Grand Isle) du côté eest, entre Keeler Bay et le Sud de la Mer Intérieure du lac Champlain, latitude nord 44º40'
T anglais: Campbell Point (carte Bouchette 1815)


L
Lac Champlain - NY - VT ? QC
Origine: Samuel de CHAMPLAIN qui le découvre et le nomme en juillet 1609
Ses affluents: Au Vermont les rivières Missisquoi, Lamoille, Winooski, Otter Creek et Poultney. Côté New-York les rivières Great and Little Chazy, Saranac, Great and Little Ausable, Salmon, Wood Creek, Bouquet, La Chute (depuis le lac Georges), Poultney et Mettowee.

La Chute River - NY
T français: Rivière la Chute (carte Bouchette 1815)
Site: prend son origine au nord du lac Georges et se déverse dans le lac Champlain immédiatement au Sud de Ticonderoga; une chute oblige au portage, limitant sa navigation aux petites embarcation
Historique: les troupes de Montcalm s'y installent quelques jours avant d'être remplacées par celles de l'anglais ABERCROMBIE, juste avant l'attaque et la défaite des Anglais 4 fois plus nombreux face à MONTCALM qui remporte une glorieuse victoire le 8 juillet 1758

Lacolle, blockhouse de - QC
Historique: érigé en 1778/1781, construit de poutres et de pierres par des soldats anglo-canadiens pour protéger un moulin à scie des attaques anglo-américaines. Après 1814 il fut converti en résidence et on ajouta de grandes fenêtres. Devenu monument historique avec visites guidées chaque jour, de fin mai à la fête du Travail, mais limitées aux fins de semaine jusqu'à mi-septembre.

Lacolle, rivière - QC
T français: Rivière-à-la-colle

Ladd Point - VT
T anglais: Gordon's Point (1815)
Site: extrême NE de South Hero, latitude nord 44º51'

Lake Champlain - NY, VT, QC
T français: Lac Champlain (1609) -- Lac Chambly/Chamblé (1733)
Origine du nom: Samuel de CHAMPLAIN qui arriva par le Richelieu le 4 juillet et le baptisa le 29 juillet 1609 dans la région de Crown Point ou de Ticonderoga après avoir y avoir confronté et vaincu une bande d'Iroquois
T français: Lac des Iroquois (1733)
T anglais: Sea of the Iroquois
Origine du nom: le lac côté NY était situé dans leur territoire
T hollandais: Lake Corlaer - Lake Corlair (1733)
Origine du nom: Arendt von CORLAER. Les Hollandais installés à Fort Orange (Albany après le 3 septembre 1664), firent quelques voyages d'exploration au nord et nommèrent le lac en l'honneur de leur magistrat de Fort Orange. Les Hollandais avaient baptisé New Netherlands ces " vastes contrées " entourant le lac Champlain.
T abénakis: Petoubouque - Patawabouke (les eaux au milieu, entre les deux; une altération de terre et d'eau) - Petowpargow (la grande eau) - Bitawbàgw
T iroquois: Caniaderiguarunte (la porte d'entrée au pays) - Reggio (nom d'un chef Agnier ou Mohawk noyé devant Split Rock NY dans une tempête)
T Indiens: Skanetoghrowahna (le plus grand lac) - Kakchoquahna

Lake George - NY
Origine du nom: rebaptisé 1755 par le général Sir William JOHNSON en l'honneur de George roi d'Angleterre
T anglais: Saint-Sacrament Lake - Horicon, corruption de Hirocois par l'écrivain Cooper; c'est le patronyme que Murray préconiserait, tout comme Lac aux Iroquois, à cause de sa connotation historique d'une part mais surtout parce qu'il a peu d'estime pour le roi George II de l'époque, " un grossier et stupide roi Hanovrien " né près de Hanovre en Basse-Saxe, roi d'Angleterre 1727-1760.
T français: Lac du Saint-Sacrement
Origine du nom: le jésuite JOGUES, alors captif des Agniers, découvrit le lac le jour de la fête du Saint-Sacrement le 28 août 1642; il y repassa le 29 mai 1646 à titre de parlementaire chez les Agniers, avant d'être décapité en octobre à Auriesville NY
T abénaki: Andiaterocté
T mohawk: Antiadaocté
Historique: Fut fréquenté par l'élite sociale et politique de la Nouvelle-Angleterre, notamment par Albert EINSTEIN qui y faisait de la voile sur dériveur monoplace; fut aussi visité par le pilote et écrivain français Antoine de SAINT-EXUPÉRY avec son épouse Consuelo, ils venaient s'y reposer.

Lamoille River - VT
T français: Rivière-à-la-Mouille - Rivière-à-la-Moelle/Moëlle (1736) - Rivière-à-la-Mouelle (Charlevoix 1744) - Rivière-à-la-Mouette. Traverse un territoire qui deviendra en 1736 la seigneurie de la Minaudière (seigneurie de La Moelle)
Origine du nom: le cartographe CHARLEVOIX aurait-il lu Mouette? Il est difficile de comprendre pourquoi une rivière s'appellerait La Moelle.
T anglais: Lamoelle River


Lamotte Passage ? VT
Origine: Pierre de La MOTTE
Site: plan d'eau entre l'île Lamotte et la péninsule de Alburg, s'étendant nord-sud depuis le de terrain de golf de Alburg jusqu'à Cloak Island

La Platte River - VT
Site: se déverse dans le fond de la baie de Shelburne, embouchure latitude nord 44º24'
T abénaki: Ouineaska
T français: Rivière la Plate
Historique: Les trouvailles archéologiques témoignent d'une habitation Amérindienne. Rivière navigable en 1776

Laprairie - QC
T français: La Prairie de la Madeleine
Historique: bien que situé dans la vallée du Saint-Laurent, cet établissement fut intimement lié aux luttes pour la domination du lac Champlain
1690 Première attaque contre le fort de Laprairie, en réponse au massacre de Corlaer / Schenectady NY par FRONTENAC en février, menée par le capitaine John SCHUYLER, fils d'un immigrant hollandais venu d'Amsterdam à Albany et devenu expert en affaires amérindiennes pour l'État de NY. Ses 29 miliciens et 120 Indiens, le matin du 23 août, prennent par surprise soldats, villageois, femmes et enfants occupés aux champs et sans défense. Résultat: 6 tués et 19 prisonniers côté Français, pratiquement tous les 16 bâtiments hors du fort sont brûlés, 150 vaches tuées. Si le fort où les Français s'étaient réfugiés s'en sauve, c'est que les Indiens de SCHUYLER refusent de l'attaquer. SCHUYLER rentre à Fort Orange (Albany) le 30 août.
1691 Seconde attaque contre Laprairie le 1er août par le major Peter SCHUYLER (frère de l'autre), Il se rendit d'abord avec 120 hommes et > 146 Amérindiens jusqu'à 10 milles au Sud du fort Chambly. Averti, CALLIERE gouverneur de Montréal réunit environ 750 hommes à la Prairie. SCHUYLER s'y rend par voie de terre, atteignant le fort de Laprairie par une nuit pluvieuse le 31 juillet. Le lendemain, une heure avant l'aube, la bataille s'engage, des renforts Français arrivent de Chambly commandés par de VALLERENNES, les Anglais se retirent en bon ordre vers le Richelieu où les Français se cachent derrière les arbres et tirent sur les Anglais pour les empêcher de rejoindre leurs canots, mais SCHUYLER réussit quand même à s'enfuir vers le sud et déclare avoir " perdu 21 Chrétiens, 16 Agniers, 6 autres Indiens, avec 25 hommes blessés… et tué environ 200 Français et Indiens " . Il est vrai que les Français perdirent les lieutenants LEVERLET, LEBER-DUCHESNE, DENYS de la BRUYÈRE et DEPEIRAS. Un monument à l'angle de la route #104 (reliant Saint-Jean à Laprairie) et du rang de la Bataille (alias rang Saint-François de Borgia) rappelle la défaite de SCHUYLER.
1749 Le voyageur suédois Pehr KALM note " au milieu du village s'élève une belle église surmontée à sa face ouest d'une flèche contenant des cloches. Devant la porte une croix surchargée de sculptures représentant des échelles, des pincettes, des marteaux, des clous… tous les instruments qu'on s'est imaginé à tort ou à raison avoir servi au crucifiement. "

Lewis Creek
T abénaki: Sungahnee (" barrage à poisson ")

Ligonier Point - NY
Origine du nom: John LIGONIER est le supérieur de Jeffery AMHERST quand celui-ci débute sa carrière dans l'armée britannique; il promouvoit AMHERST major général et le charge d'aller combattre les Français en Amérique du Nord; celui-ci accomplit sa tâche parfaitement en prenant Louisbourg en 1758, fort Carillon et fort Saint-Frédéric en 1759 et Montréal en 1760.
Site: rive est de Willsboro Point, latitude nord 44º25'

Little Ausable River - NY
T français: Rivière au Castor

Little Carrying Place ? NY
Site: entre fort Carillon (Ticonderoga) et le lac Saint-Sacrement (George) sur la rivière La Chute (Coolidge p 154)
T français: Fort Vaudreuil (1757-8)
Historique: VAUDREUIL en 1755 avait pris le contrôle du site et y avait installé une garnison de 670 hommes, selon une lettre de janvier 1756

Little Chazy River - NY
Origine du nom: Nicolas de Chazy

Long Point - NY
T français: Pointe aux Pommes
Site: entre Great et Little Chazy River

M
Mallett's Bay - VT
Site: Colchester VT
Origine du nom: Capitaine Pierre Mallette
T Indiens: Ouinouschick - Ouinieaski
T anglais: Colchester Bay
Historique: 1774, ce capitaine français s'installe et s'intègre dans la région jusqu'à son décès. Personnage au caractère indépendant, impudent, impie, brigand, insoumis au roi Anglais et aux gouvernements des colonies américaines, refusant d'obtempérer au Traité de Paix qui donnait ses terres aux Anglais, il accueillait rebelles, espions et contrebandiers durant la Révolution américaine. " Vers 1776 vivait sur la grande baie de Colchester un Français du nom de Pierre Mallette, tenant une sorte de taverne tout en cultivant la terre, Pendant la révolution, gardant une conduite tout à fait neutre, il recevait indifféremment tantôt les Congressistes [insurgents] tantôt les Loyalistes, comptant que les deux partis étaient aussi honnêtes que l'autre... Il disparut soudainement pour des lieux inconnus vers 1790, laissant pour unique souvenir son nom à la baie. "


Marine de guerre Française, lexique
De Saint-Jean au fort Carillon les bâtiments de la flotte portent des noms universels ou régionaux

Barque: trois-mâts carré dont le mât arrière est aurique (gréement longitudinal, voiles triangulaires)
Bateau: ancien terme Nord-Américain adopté par les Anglais ? au lieu de shallop ? désignant une longue chaloupe à rame à fond plat aux extrémités effilées
Berge: petit bateau plat, servant aux éclaireurs sur le lac Champlain, de 6 à 9 mètres, pouvant transporter de 16 à 24 hommes, parfois dénommée whaleboat par les Anglais
Brigantin (brigantine en anglais): navire à voile à deux mâts: misaine (en avant) à voiles carrées (gréement transversal) et grand mât (en arrière) à voile aurique (gréement longitudinal)
Chaloupe canonnière (gunboat en anglais): chaloupe à rames sur laquelle on installe des petits canons
Gabare: nom donné à un ouvrage flottant qu'on attachait aux extrémités de l'estacade bloquant l'accès à la rive est de l'Île-aux-Noix, transformée en redoute par quelques canons et un soldat, 1759-60; désigne normalement une embarcation souvent plate pour le transport des marchandises (source: Rey), à rapprocher de la barge
Jacaubite: terme régional pour un petit bateau à canon conçu par l'officier d'artillerie Jacau de FIEDMONT, égueulé à son extrémité pour y porter un canon, utilisé en 1757-60 au fort Carillon, à Québec, à l'Île-aux-Noix; en 1759 BOURLAMAQUE fait un croquis d'une barque égueulée à chaque extrémité pour y recevoir un canon
Tartane: petite galère à rame, peu manoeuvrante; utilisée à l'embouchure de la Rivière-du-Sud en 1760
Chébec (xébec): le terme original dérivé de l'arabe chabbâk désigne un trois-mâts à voiles auriques utilisé en Méditerranée, le terme n'est pas dérivé de Québec. Cet ancien terme régional désigne un sloop à 8 canons


Missisquoi River - VT
T abénakis: Missisquoi (endroit herbeux et marécageux) - Mississco - Michiscouy - Missisqui (1815) - Missisiak ? Mazipskolk (place de la pierre à feu)
Historique: West Swanton, à l'embouchure de la rivière et sur sa rive droite, fut le site d'un très ancien fort et village de la tribu Abénaki dite de la Saint-François , en 1736 une épidémie réduisit la population de 800 à 180, et la tribu se replia à la rivière Saint-François près de Sorel. On retrouve des centaines de traces d'occupation amérindienne jusqu'à 15 milles de l'embouchure le long de cette rivière - 1749 René Nicolas LEVASSEUR érige le 1er moulin à scie de la colonie Française dans la vallée du lac Champlain et construit des navires pour la Marine Française.


Montréal - PQ
T français: Ville-Marie
T amérindien: Hochelaga, nom du village amérindien aperçu par Jacques Cartier en 1535 au pied du Mont-Royal
Historique: C'est sa reddition définitive en 1760 par les Anglais qui mit fin au Régime Français et aux combats dans la vallée du lac Champlain et du Richelieu. Temporairement capturée par les Américains en 1775, sans changer de nom.

Monty's Bay - NY
Origine du nom: François MONTY (voir cette entrée)
Site: latitude nord 45º52', municipalité Chazy comté Clinton
T français: Baie de Montes - Baie des Français (1815)


Mount Defiance - NY
Site: au sud-ouest de Ticonderoga et à l'ouest de Mount Independence, latitude nord 43º50' Depuis le sommet la vue vers Ticonderoga est superbe
T français: Serpent à sonnette
T anglais: Rattlesnake Hill - Sugar Loaf Hill

Mount Independance - VT
Site: au sud de Ticonderoga, à l'est du Mount Defiance NY, latitude nord 43º50'
T français: Cap au Diamant

Mount Mansfield - VT
T abénaki: Mozeodebewadso (la montagne à tête d'orignal)
Historique: quand CHAMPLAIN fit son voyage de découverte du lac en juillet 1609, il nota cette haute montagne dont le sommet lui parut recouvert de neige, illusion due soit aux réflections du soleil sur une surface rocheuse soit à un banc de brume

Mount Philo - VT
Site: municipalité de Charlotte, route 7, latitude nord??; sauf l'hiver on accède facilement en auto au sommet de 900 pieds, le panorama qui révèle la partie sud du lac est des plus spectaculaire et représente un des points forts d'un tour du lac en automobile. On accède au sommet en voiture et du stationnement il suffit de marcher une minute jusqu'au belvédère aménagé près d'un camping.
Visite: on y accède depuis Essex NY en empruntant le ferry jusqu'à Charlotte, ou encore depuis Burlington VT

N
Nicholson, Fort - NY
Site: rivière Hudson

North Adams - MA
T anglais: Fort Massachusetts
Historique: Attaqué en 1746 par VAUDREUIL après s'être regroupé au fort Saint-Frédéric

North Hero - VT
Origine: voulant honorer les frères Ethan et Ira ALLEN, deux héros au rôle prédominant dans la fondation de l'État, on songe d'abord à nommer les deux îles Two Heros Islands, puis on opte pour North Hero et South Hero
T français: Isle Longue, découverte et nommée par CHAMPLAIN en 1609
T anglais: Long Island

North Point - NY
T anglais: Ram's Head (1815)
Site: limite sud de Monty's Bay au NE de Point au Roche, latitude nord 44º50'

North West Bay - NY
Site: à l'E de Westport, latitude nord 44º13' 30''
T français: Baye du rocher fendu.
T anglais: Bay of the Split Rock - Bessboro Bay

O
Otter Creek- VT
Site: mbouchure latitude nord 44º13' 30''
T abénakis: Pecouktook (rivière coudée) - Pecunktuk
T français: Rivière aux Loutres
Historique: 1690 le 1er avril le capitaine Abram SCHUYLER installe ses troupes à l'embouchure. 1734 L'attribution d'une seigneurie à Sieur de CONTRECOEUR Jr, enseigne d'infanterie, est attestée. 1709, le 29 juin RAMEZAY affronte à Otter Creek John SCHUYLER, qui cherche toujours à monter les Iroquois contre les Français. 1814, premier chantier naval des EU établi à Vergennes, on y construit en vitesse des navires de guerre qui assurent la victoire contre les Anglais du Canada devant Plattsburgh 18 octobre 1814.


P

Plattsburgh - NY
Origine du nom: son fondateur hollandais Charles PLATT
Historique: ville érigée en 1788, on y voit figurer les noms de Clément GOSSELIN chef du grand jury, Louis LIZOTTE constable, Jabez PETIT.
La bataille de Plattsburgh, opposant les Américains aux Canadiens, fut gagnée par le commodore américain Thomas McDONOUGH le 11 septembre 1814. Dans un rare témoignage oculaire par le Français E. P. TACHÉ, on y comprend que l'une des raisons de la défaite canadienne fut l'excès de confiance de leur commandant DOWNIE: " tous ceux qui ont connu la bouillante valeur de l'infortuné DOWNIE savent très bien que ce brave mais téméraire officier déclarait 15 jours avant la bataille dans un mess-room à Odell Town qu'uniquement avec le brigantin Confiance il pourrait rosser (lick) l'escadre américaine tout entière. L'armée ne le vit-elle pas, à 8 h AM, une lieue en avant de sa flotte, attaquer seul l'escadre américaine… le pauvre DOWNIE était déjà mort et son navire complètement désemparé avant que PRING aux commandes du Linnet puisse tirer son 1er coup de canon pour secourir le Confiance ! "
On y apprend aussi une différence de comportement à bord des chaloupes canonnières (gunboats): les chaloupes canonnières des marins français tinrent leur poste tant que le pavillon ne fut pas amené (descendu) sur les navires canadiens, mais la majorité des chaloupes canonnières anglaises sous les ordres du lieutenant de marine RAYOT " prirent la fuite dès la commencement du combat " et l'historien Robert CHRISTIE parle de " …misconduct of the officer in command Lieutenant RAYOT…. this gentleman soon after his disgraceful flight from the naval action at Plattsburgh, disappeared while under arrest preparatory to his trial by a naval court martial and was struck from the Navy list. "


Pointe-à-la-Chevelure - NY et VT
Historique: L'expression comprend les deux pointes qui se font face ? Chimney Point VT où on l'érige en 1731 un Fort de Pieux et Crown Point NY où l'on érige le Fort Saint-Frédéric - ainsi que les environs colonisés par des Français. Voir ces entrées

Point au Fer - NY
T français: Pointe de Fer - Pointe au Fer ?Pointe au Feu
Historique:
1609 Au temps de Champlain cette pointe de terre était périodiquement une île séparée de Champlain et Rouses Point. Depuis, l'apport des sédiments par la rivière Great Chazy, aidée des vents dominants du sud, a relevé le fond des berges de Kings Bay dont la profondeur diminue lentement mais sûrement d'année en année. Des marécages entourent encore au printemps le chemin de Point au Fer.
1736 Les marins français ont déjà repéré les hauts fonds rocheux qui prolongent dangereusement le Sud de la pointe, suite à une étude des fonds que BEAUHARNOIS jugea nécessaire avant de s'engager dans la construction navale pour approvisionner le fort Saint-Frédéric.
1760 Confrontation entre franco-canadiens et anglo-américains le 4 juin alors que 213 miliciens de Robert RODGERS, surnommés Rangers, partis de la flotte mouillée entre Isle la Motte et Point au Fer, s'installent dans Kings Bay sur des baleiniers, des " bateaux " et deux petits sloops. Le 6 juin une expédition de 350 Français venant de l'Isle-aux-Noix attaque à 11h30 du matin. RODGERS se défend bien durant 3 heures, les Français se dispersent dans l'épaisse forêt de cèdres d'autant plus marécageuse qu'il a plu abondamment . 40 franco-canadiens périssent ainsi que 16 Anglais, ceux-ci sont enterrés à Cloak Island immédiatement au sud-est de l'île la Motte.
1774 les britanniques construisent un petit blockhouse de pierre à deux étages
1775 les américains s'emparent et améliorent un peu cet avant-poste. Une partie des troupes américaines sous ARNOLD, en retraite depuis leur défaite à Québec le 1er janvier 1776, s'y arrêtent, parties de Saint-Jean par un sentier Indien, puis continuant par bateau ils gagnent l'île La Motte.
1776-1796 les britanniques utilisent au besoin cette péninsule pour y regrouper des troupes.
1776 Guy CARLETON entreprend une expédition contre les américains, début octobre il envoie des troupes à Point au Fer, on y construit un blockhouse et 4 compagnies restent en garnison. Le blockhouse y est encore en 1780
1784 en mai, malgré le traité de Versailles de 1783 confirmant l'indépendance américaine et la frontière au 45e parallèle, HALDIMAN insiste pour conserver un poste Anglais à cet endroit sous prétexte que l'État de New York n'a pas encore adhéré officiellement à l'indépendance des colonies américaines.
1785, le juge Pliny MOORE, qui vient de s'installer à Champlain, reçoit chaque mois la visite d'un caporal de la garnison de Point au Fer, escorté de quelques soldats anglais, pour lui signifier que ses prétentions territoriales pour l'État de New York ne sont pas reconnues; MOORE l'envoie promener chaque fois, jusqu'à ce que les Anglais renoncent à cette possession
1793 la goélette de guerre Maria du gouverneur Canadien CARLETON y est au mouillage
1796, le 1er juin l'endroit passe définitivement aux américains par la mise en vigueur du traité de John JAY, qui l'incorpore à l'État de NY, alors les Anglais quittent définitivement.
1814 les troupes américaines de Thomas MACDONOUGH se servent de ce mouillage bien protégé pour préparer leur historique victoire navale devant Plattsburgh.

Point au Roche - NY
Site: latitude nord 44º50'
T français: Pointe-aux-Roches
T anglais: Hazenburgh (1786), aujourd'hui dans Beekmantown

Pottier's Point - VT
T anglais: Erkly's Point
Site: 2,5 miles au sud de Burlington dans la baie de Shelburne

Put's Creek
Site: latitude nord 43º57', entre Crown Point et Ticonderoga
T anglais: Putnam Creek
Origine du nom: Général Israel PUTNAM
T français: Rivière-à-la-Barbue
Historique: 1758 en début août, un détachement de troupes Anglaises, qui viennent de battre en retraite devant MONTCALM au fort Carillon et incluent Robert ROGERS et ses Rangers, le capitaine James DADYELL et le major/général Israël PUTNAM et leurs " réguliers et provinciaux ", est attaqué par 500 Franco-Canadiens et amérindiens sous Joseph MARIN de La Malgue. Les Anglais perdent 33 hommes et PUTNAM est fait prisonnier durant une tournée de reconnaissance, attaché à un poteau par des Indiens (alliés des Français) qui s'amusent à lui lancer des tomahawks près de la tête sans lui toucher, ensuite un Français pose un pistolet sur sa poitrine et tire la gâchette mais le coup n'étant pas parti il se contente de lui asséner un coup de crosse au visage; les Indiens préparent un bûcher avec des broussailles et l'allument sous ses pieds.
C'est alors que MARIN, qui a maintes fois combattu PUTNAM lors d'escarmouches entre patrouilles de reconnaissance, fait preuve du sens de l'honneur et, à la toute dernière minute, usant de son autorité, écarte les broussailles enflammées et coupe les liens qui attachent cet officier anglais au poteau, lui évitant d'être brûlé vif. Il l'envoie ensuite au fort Saint-Frédéric puis à Québec comme prisonnier et MONTCALM l'échangera plus tard contre des prisonniers Français. Il servira durant la guerre d'Indépendance.
1759 Lors de la retraite de la flotte transportant la garnison du fort de Carillon, que HÉBÉCOURT vient de faire sauter le 31 juillet devant l'imminence d'une capture par AMHERST, BOURLAMAQUE s'arrête ici début août avant d'arrêter au fort Saint-Frédéric pour embarquer ses résidants avant de le faire sauter, pour ensuite se réfugier à l'Île-aux-Noix.

Rapides de Chambly - QC
T français: Sault du Richelieu (1665)


Rivière des Indes - QC
Site: traverse la ville de Iberville, se jette dans le Richelieu
T français: Rivière d'Hazen
Origine du nom: Moses HAZEN, premier habitant d'Iberville

Rivière l'Acadie - QC
T français: rivière Montréal

Rivière du Sud - QC
Site: embouchure devant la pointe nord de l'Île-aux-noix sur la rive est du Richelieu; elle peut servir à rejoindre la baie Mississiquoi à condition de faire du portage. Les Anglais de DEHAVILAND s'en servirent pour assiéger l'Île-aux-Noix après être débarqués sur la rive est du Richelieu à la hauteur de la pointe à Margot. Le 25 août 1760 la goélette de 70 tonnes La Vigilante, construite à Saint-Jean par Nicolas-René LEVASSEUR en 1757 et pilotée par Joseph PAYANT de Saint-ONGE, fut placée par BOURLAMAQUE " en aval des chaines pour la défense du chenal à l'est de l'Île-aux-Noix… près de l'embouchure de la Rivière-du-Sud pour prévenir la circulation ennemie de ce côté. Durant le siège les Anglais sous de DEHAVILAND réussissent à s'en emparer " Durant l'invasion Américaine au Canada en 1775-7 ce cours d'eau représentait pour l'ennemi une approche vers Montréal et Québec qui contournait les fortifications Anglaises de l'Île-aux-Noix, mais elle ne fut pas utilisée car il aurait fallu construire un canal reliant cette rivière à la baie Mississiquoi.
T anglais: Great South River

Rivière Richelieu - QC
Origine du nom: Armand-Jean du Plessis, Cardinal et Duc de RICHELIEU (1585-1647), homme d'état influent à Versailles - Nom original du fort de Sorel
T français: Des Iroquois - Saint-Louis - Chambly - Champlain - Saint-Jean - Sorel

Robinson Point
T anglais: Halls Point (1815)

Rochester - NY
Historique: au sud-est de cette ville se trouvait le village des Sonnontouans ou Tsonnontouans, en anglais Senecas. Ils ne faisaient pas la guerre aux Français

Rock Dunder - VT
Site: baie de Burlington
T abénaki: Wujahose - Odziozo
T mohawk: Rotsio - Corlaer (brièvement, après la noyade de leur " ami " le gouverneur hollandais de Fort Orange) -
T anglais: Mohawk Rock, brièvement; mais selon W.H.H. Murray c'est le toponyme que l'on aurait du conserver puisqu'il séparait le territoire des Iroquois au sud-ouest (l'ouest incluant NY jusqu'aux Grands Lacs, le sud incluant une partie des Carolines et de Virginie, les Mohawks dominant dans les Adirondacks) de celui des Algonquins au nord-est (Vermont, Québec, Nouvelle-Angleterre, les Abénakis concentrés de la rivière Kennebec jusqu'au lac Champlain)

Rock Island - VT
T anglais: Prospect Island (1815)
Site: au sud de Arnold Bay

Rocky Point - NY
T français: Pointe aux Roches (1815)
Site: extrême sud de Long Point à Deep Bay

Rome - NY
Historique: village des Onneyouts, en anglais Oneidas. Ils n'aimaient pas les Français, brouillaient les propositions de paix, mais étaient moins activement agressifs que les Agniers (Mohawks)
Site: entre Oneida et Utica, sur la rivière Mohawk qui prend sa source au lac Oneida, sur la route d'Albany à Owsego


Rouses Point - NY
Origine du nom: Jacques Roux, pionnier dans la Seigneurie de Beaujeu en 1783 , établi comme réfugié canadien après son volontariat dans " l'armée républicaine ". Devenu Jaque Rous (signe ainsi en 1787 au lac Champlain), puis américanisé en James ROUSE.
Historique: 1877 Érection en village le 27 février?? Tuttle
1760 Durant la guerre de Sept Ans une bataille eut lieu le 6 juin à Rouses Point. L'anglais Robert ROGERS avec 200 Rangers fut surpris par 350 Français sous Pépin-Laforce et dut se replier à l'île Lamotte avant d'aller attaquer Saint-Jean et se replier cette fois-ci à Crown Point au His Majesty's Fort.
Le capitaine et major Clément GOSSELIN commandait les colons francais passés du côté Américain dans le régiment de Moses HAZEN durant la guerre d'Indépendance (1775-1781) et après cette guerre le Congrès Américain céda des terres à GOSSELIN qui en revendit une de 1000 acres en 1781 à un autre vétéran, Jacques ROUX fils de Louis, pionnier de l'endroit en 1783 , recensé 11 août 1787 sous le nom de James ROUSE. Les autres pionniers furent Donald et David CAMERON et Olivier ROUSE .
1803 on n'y comptait que 6 " huttes "
1840 les Américains projètent un fort à Stoney Point (et un en face à Windmill Pt Alburg VT) comme défense contre une éventuelle invasion canadienne depuis le Richelieu. Ces sites sont suffisamment éloignées de la frontière dont la position exacte fut mal évaluée en 1816 en bâtissant le fort Montgomery.
1848 Érection d'un pont ferroviaire flottant enjambant le lac vers Alburg
1851 Construction du 1er pont ferroviaire fixe, reconstruit 3 fois, abandonné en 1950, il reste des pilotis dont ceux du côté NY sont visibles de près en passant par la marina Lighthouse Point, on y a une vue remarquable du plan d'eau et du pont.
1890 Cinq compagnies ferroviaires utilisent Rouses Point, un débarcadère permet le transfert de marchandises sur barges. Le village comprend scieries, magasins, entrepôts et hôtels dont le Holland Hotel sur Lake Street.

Royal Savage Inn - NY
Site: Cette auberge au charme Nouvelle-Angleterre d'antan est au bord de la Salmon River.
Origine du nom: navire Royal Savage
Historique: vaisseau de la flotte de guerre américaine utilisé contre les britanniques et sabordé le 13 octobre 1776 par l'Américain ARNOLD dans la baie d'Arnold à Panton VT


Salmon River - NY
T français: Rivière au Canot
T anglais: Mill Creek

Saranac River - NY
T français: Rivière Salasanac - Rivière Saint-Amant

Saratoga - NY
Historique: 1745 En novembre Paul MARIN de La Malgue, à la tête de 509 hommes et amérindiens réussit à détruire Saratoga. Il était en compagnie de son fils Joseph qui, en août 1758, sortira victorieux d'une confrontation avec un détachement Anglais surpris à Put's Creek et sauvera la vie à un officier anglais PUTNAM que les amérindiens voulaient brûler vif, voir l'entrée Put's Creek , avant de l'envoyer à Québec comme prisonnier ? 1777 L'armée Anglaise du général BURGOYNE est défaite par les insurgents américains, ce fut un point tournant de leur guerre d'Indépendance.

Savage Island
T français: Isle-à-la-Couverte

Schenectady - NY
Site: sur la rivière Mohawk
T hollandais: Rensselaerswyck ? Corlaer
Historique:
1666, le 20 février CORLAER accueille cordialement l'expédition du gouverneur de COURCELLES rendu à Schenectady par erreur, avec 500 hommes souffrant du froid et peu habitués aux raquettes, il les renseigna au sujet des mouvements des Agniers, et leur donna de la nourriture pour le retour au Canada.
1690 en hiver, le gouverneur FRONTENAC veut venger le massacre de Lachine du 1er août 1689 et entreprend une expédition en vue de détruire Fort Orange / Albany, il part de Mtl le 15 janvier avec 210 hommes en raquettes (114 Français, 96 Indiens), fait escale à Chambly, au fort Sainte-Anne (île La Motte), mais en bout de voyage se trompe de chemin, aboutit le 9 février 1690 un peu à l'ouest durant une tempête de neige et finit par se " contenter " du massacre de Schenectady (alors Corlaer), tuant 60 Anglais/Hollandais (hommes, femmes, enfants), prenant 80 prisonniers et brûlant toutes les maisons sauf deux.
On ramène 27 prisonniers et 50 chevaux. Au retour, le major Peter SCHUYLER les poursuit avec 150 Agniers mais abandonne à Crown Point. Les Français affamés doivent manger quelques chevaux (dont seulement 16 survécurent jusqu'à Montréal), sans compter le cuir de bottes bouilli avec des pommes de terre; 6 hommes meurent de faim et d'autres se perdent. Les Anglais rétorquent en envoyant en mars le hollandais Jacobus de WARM avec 12 Anglais et 20 Agniers installer un poste d'observation à Chimney Point, VT pour surveiller les mouvements des Français, et en attaquant Laprairie en août 1690 et en août 1691.
1837, Louis Joseph PAPINEAU réfugié aux EU durant les " troubles des patriotes " qu'il avait lui-même amorçés, demeura un certain temps à Schenectady ainsi qu'à Albany. La bourgeoisie Canadienne-française ne lui pardonnera pas tout à fait d'avoir l'air d'un contastataire qui disparaît quand le vent tourne, évidemment c'était plus compliqué que cela.

Schuyler's Island - NY
Origine: les militaires John, Peter et Philip SCHUYLER d'origine hollandaise
Site: latitude nord 44º29' 54''
T français: Isle au Chapon

Scotch Bonnet
T anglais: Scotchman's Bonnet - Bason Point (1815)
Site: latitude nord 49º11' 30'' au sud de Basin Harbor

Schroon Lake ? NY
Origine du nom: Duchess of Scharon
Historique: fondé le 20 mars 1814

Seigneuries
" Vers 1731 le roi de France ayant été informé que les Anglais menaçaient de s'établir dans ce pays [la vallée Champlain-Richelieu], ordonna l'érection du fort de Saint-Frédéric... deux ans plus tard, le gouverneur [BEAUHARNOIS] et l'intendant [HOCQUART] concédaient la plus grande partie de ce territoire... le Gouvernement fit en même temps préparer des cartes des terres avoisinantes afin d'en prendre possession " On accorde ces concessions avec la condition d'y installer des colons mais la plupart seront reprises par la couronne Française parce que les seigneurs ne les avaient pas développées tel que convenu.
1733
Ø BLEURY Le 1er avril: M. de BLEURY et son frère M. de SABREVOIS recoivent une terre sur la rive est du Richelieu (devenue Iberville). 6 mois moins 8 jours après, selon le traité de Paris du 10 février 1763, les deux concessions doivent être vendues, elles le sont le 2 août 1764 à Gabriel CHRISTIE et Moses HAZEN, ce dernier devint le 1er habitant d'Iberville.
Ø FOUCAULT
Ø LA GAUCHETIÈRE, NY
Ø BEAUJEU NY, accordée le 9 avril 1733 à Louis I Liénard de Beaujeu, reprise par la couronne le 10 mai 1741 pour insuffisance de colonisation, reconcédée à son fils Daniel Hyacinthe Marie Liénard de Beaujeu le 6 mars 1752, vendue le 14 avril 1765 à Gabriel Christie. Comprend Rouses Point
Ø LIVAUDIÈRE, NY
Ø BOISFRANC
1734
Ø CONTRECOEUR le 7 juillet, inclut Basin Harbor
Ø PANCALON ou GRANDE ISLE, concédée le 1er juillet 1734 à François-Antoine Pécaudy de CONTRECOEUR, reprise par la couronne française le 10 mai 1741 faute de l'installation de colons français malgré les efforts de recrutement, réels ou prétendus, de CONTRECOEUR. Après la conquête de 1760 ses descendants demandèrent aux Anglais de reconnaître leurs anciens droits de seigneurie mais ce fut sans succès.
Ø La PÉCAUDIÈRE, VT
Ø RAIMBAULT, vendue sous régime Anglais par les héritiers de Sieur Pierre RAIMBAULT le 27 septembre 1766 à Benjamin PRICE, Daniel ROBERTSON et John LIVINGSTON
Ø LAPEIRÈRE le 7 juillet autour de la rivière Ouinooski VT
1736
Ø LA MOINAUDIÈRE ou LA MOELLE, VT, accordée le 8 octobre à Sieur Pierre RAIMBAULT, lieutenant-général de la jurisdiction de Montréal, ratification royale le 30 avril 1737; léguée à Paul-François I puis à Paul-François II. La couronne reprend reprend la seigneurie en 1741. Il n'est pas impossible que le capitaine MALLETTE ait acquis ses terres à cet endroit.
1737
Ø ROCBERT/ROBERT NY, accordée le 13 juin
1743
Ø HOCQUART accordée le 20 avril, inclut Chimney Point, Vergennes et Basin Harbor VT
1744
Ø LA GAUCHETIÈRE, NY
1748
Ø ST ARMAND
1749
Ø RAMEZAY-LA-GESSE, NY
1752
Ø LIVAUDIÈRE, NY
Ø DANEAU DE MUY, VT
1758
Ø ALAINVILLE, NY

Shelburne Bay - VT
T abénaki: Ouineaske Bay

Shelburne Point - VT
T abénaki: Quineaskatook (longue jonction)

Sister Islands: Bixby Island et Young Island - VT
T français: Iles aux bois blanc
T anglais: The Brothers
Origine: Dr George F Bixby, historien, éditeur du Republican à Plattsburgh; c'est lui qui insiste le plus pour situer sur la péninsule de Crown Point l'affrontement historique de Samuel de Champlain avec les Iroquois, plutôt qu'à Ticonderoga. On nommera aussi Bixby's Grotto à Ausable Chasm NY
Site: A l'est de Nichols Point à Grand-Isle (South-Hero), latitude nord 44º46'
Historique: un Français joue un bon tour aux Anglais
Le 12 octobre 1759 Joseph Payant dit SAINT-ONGE commande les 70 tonnes de La Vigilante, goélette à voiles latines et 10 canons, bâtie par Nicolas René LEVASSEUR à Saint-Jean en 1757 . La veille il mouille pour la nuit entre Grand Isle (South Hero Island) et North Hero Island, abrité de Nichols Point, " au point du jour il aperçut heureusement à travers les Îles-au-Bois-Blanc (Sister Islands) un brigantin de 20 pièces de canon, le Duke of Cumberland, et un seneau, le Boscawen, aussi fort que sa goélette, dont les commandants anglais s'apprêtent à attaquer. SAINT-ONGE s'engage immédiatement dans le chenal (The Gut) menant à Grand Isle. Le brigantin lui donna la chasse et s'en serait emparé mais il s'échoua, tandis que la goélette de SAINT-ONGE filait vers la baie de Mississiquoi toutes voiles au vent longeant la côte est de North-Hero Island. Le brigantin et le seneau anglais parvinrent à se dégager, le vent ayant tourné au nord-est. "
Les capitaines anglais étaient Joshua LORING (1716-1781) et ABERCROMBIE, non habitués des hauts-fonds entourant les îles Bixby et Young . C'est en frôlant ces îles que les Anglais s'échouent et doivent attendre un vent favorable.
Voici comment Nicolas des Meloizes relate l'événement : " Il arriva dans la nuit du 12 au 13 octobre 1759 deux matelots qui dirent à Mr de Bourlamaque que la barque commandée par St Onge avoit été poursuivie par un senault anglois et une esquif à canon, qu'elle auroit été prise infaïblement si le senault ne s'étoit point échoué. St-Onge entra dans la rivière Missisquouë où il est encore. C'est lui qui a tiré tout le canon entendu hier pour nous avertir et [avertir] les chébecs au cas qu'ils ne soient pas pris. "
Et voilà la version de l'historien Philippe Demers : " Au point du jour, Saint-Onge aperçut heureusement à travers les Îles au bois blanc, maintenant Sisters Islands, un brigantin de vingt pièces de canon de 18 et un senau aussi fort que sa goélette lesquels se préparaient à l'attaquer; il s'engagea immédiatement dans le chenal de la grande île. Le brigantin lui donna la chasse et il s'en serait emparé, lorsqu'il s'échoua, tandis que la goélette filait vers la baie de Missisquoi, toutes voiles au vent… Tous croyaient, à l'Île-aux-Noix, que la goélette de St-Onge était prise ou brulées; elle attendait tranquillement depuis trois jours au nord de l'Île-à-Lamothe un vent favorable et elle fut la seule à rentrer au port. L'expérience du vieux pilote valait mieux que la science de l'officier de la marine "

Sloop Island - VT
Origine du nom: Un pin fut pris pour le mât d'un sloop par temps de brume, au cours d'une bataille navale entre Britanniques et Américains

Sorel - QC
Historique: paroisse Saint-Pierre érigée en 1670 par Mgr LAVAL près du fort sur une terre concédée par le capitaine Pierre de SAUREL 29 octobre 1672

South Bay - NY
T français: Grande Baie
Site: extension sud-ouest de l'extrémité sud du lac, deux milles au nord de Whitehall
Historique: 1755 l'expédition de 1500 Français et Indiens du baron DIESKAU s'arrêtent ici en route vers le camp des Anglais au lac George

South Hero ? NY
Origine: voulant honorer les frères Ethan et Ira ALLEN, les deux " pères du Vermont ", certainement héroïques, on songe à nommer les deux îles Two Heros Islands avant de finalement opter pour North Hero et South Hero
T français: Grande Isle, découverte et nommée par CHAMPLAIN en 1609. La municipalité se nomme Grand Isle

South River - QC
T français: Rivière du Sud
Site: rive est du Richelieu, embouchure devant l'Île-aux-Noix

Split Rock - NY
Site: entre Essex et Westport, latitude nord 44º16'
T abénaki: Tobapsqua (" passe à travers le roc ")
T français: Rocher Fendu
T anglais: Regiochne - Regio / Regeo Rock - Cloven Rock et Cleft Rock
Historique: Frontière contestée ! En effet, pour les Anglais le traité Anglo-Français d'Utrecht 1713 qui terminait la guerre de succession d'Espagne séparait à cet endroit la Nouvelle-France de la Nouvelle-Angleterre selon les Anglais; mais pour les Français la Nouvelle-France s'étendait 18 miles plus au sud jusqu'à Crown Point ! Ce rocher aurait aussi servi à séparer le territoire des Mohawks de celui des tribus du Saint-Laurent.

Saint-Albans Bay et Saint-Albans - VT
T anglais: Ballamaqueen Bay (1815)
Historique: fondé en 1785, le village servit de point de départ aux Finns avant leur " invasion " du Canada. Aujourd'hui on trouve 1 bibliothèque et deux librairies, des édifices centenaires, un kiosque à musique

Saint-Anne's Shrine - VT
Site: coin NO de l'île la Motte
Origine du nom: Fort Sainte-Anne
Visite: gratuite, info 2004, courriel <fstanne@pshift.com>, tel 802-928-3362 ou 3385, fax 3305; POB 280, Isle La Motte VT 05463;

Saint-Armand Bay ? NY
Origine: seigneurie accordée en 1748 à Saint-ARMAND
Site: aujourd'hui plage de sable et camping public du Point au Roche State Park, bordée à l'Est par Middle Point et Long Point qui bordent deux mouillages appréciés des plaisanciers
Historique: 1776 le 19 septembre, le vent souffle du nord et Benedict ARNOLD y mouille sa flotte, avant de progresser vers l'île de Valcour où il connaîtra la défaite le 11 octobre contre Guy CARLETON

Saint-Jean ? QC
Historique: 1851, le 6 septembre le dernier départ du vapeur Whitehall vers Whitehall NY marque la fin du rôle de Saint-Jean désormais remplacé par Rouses Point comme gare maritime pour le Nord du lac.

Saint-Mathias - QC (depuis 1809)
T français: chapelle Conception de la Sainte-Vierge de la Pointe-à-Olivier (1739) ? Immaculée-Conception (1744) ? Saint-Olivier (1772) - Pointe-Olivier
Origine du nom: Mgr Olivier BRIAND évêque de Québec
Historique: durant l'invasion américaine de 1775, le commandant Ethan ALLEN y séjourna

Saint-Ours, village - QC
Origine du nom: Pierre de Saint-Ours, cet officier français commanda le fort Saint-Frédéric (Crown Point, NY) de 1836 à 1739 et y résida jusqu'en 1741

Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix ? QC
Site: rive ouest du Richelieu, en face de l'Île-aux-Noix
T français: Pointe à la Mule - St Valentin de Stotsville 1832 (lieu de rendez-vous des patriotes 1837-8) - Après 1898 St Paul Île-aux-Noix se détache de Saint-Valentin

Sunset & Law Islands - VT
T anglais: The Two Sisters
Site: immédiatement au NE de Colchester Point, au sud de Stave Island

Swanton - VT
Historique : Site d'un ancien village des Amérindiens de la Missisquoi. West Swanton, à l'embouchure de la rivière et sur sa rive droite, fut en effet le site d'un très ancien fort et village de la tribu Abénaki dite de la Saint-François , en 1736 une épidémie réduisit la population de 800 à 180, et on se replia à la rivière Saint-François près de Sorel QC. On retrouve des centaines de traces d'occupation amérindienne jusqu'à 15 milles de l'embouchure le long de cette rivière
1759 Établissement français près des chutes de Swanton
1763 Concédé (chartered) par le New Hampshire
1765 James ROBERTSSON s'y installe, des pionniers anglais vendent du bois au Québec
1776 Le village brûle durant la guerre d'Indépendance ? il ne reste plus d'Amérindiens dans les environs
1787 Premier établissement permanent
1790 La municipalité s'organise

Syracuse - NY
Historique: village des Iroquois Onnontagués, en anglais Onondagas, fort de 300 hommes quand les Jésuites de Québec y eurent une mission de 1656 à 1657
Site: entre Oswego sur le lac Ontario et Utica sur la rivière Mohawk, au sud du lac Oneida

T
Thompson's Point - VT
T français: Pointe Régiochêne

Ticonderoga, Fort ? NY
Site: latitude nord 43º50' 05''
T amérindien: Cheonderoga, " terre entre les eaux " ? " place de plusieurs sons agréables " selon W.H.H. Murray
T français: Fort Carillon (avant 1760)
Historique: ce fort fut français (1755-59), anglais (1759-1775) puis américain sauf durant une brève reprise anglaise en 1777. Attaqué 4 fois, deux fois il résiste, deux fois il tombe. Site historique le plus important et imposant sur le lac; c'est la 3e fortification en importance après Québec et Louisbourg parmi celles laissées par le régime français; c'est aussi la ruine la plus importante parmi les témoins de la révolution américaine .
Visite: <fort-ticonderoga.org>

Période Française du fort Carillon: 1755-1759
Sur les ordres du gouverneur VAUDREUIL la construction (1755-1759) est dirigée par l'ingénieur Michel CHARTIER marquis de LOTBINIÈRE. En juil 1757 le général MONTCALM y conduit 7600 Français et 1800 Indiens et le 8 juil 1758 y remporte une victoire éclatante contre les troupes anglaises pourtant 4 fois supérieures d'un ABERCROMBIE incompétent et hésitant qui attaque pendant 5 heures puis ordonne la débandade: 3857 troupes côté français l'emportent sur 15 300 troupes anglaises. Les Français perdent 40 officiers et 400 hommes (110 morts et 270 blessés), les Anglais perdent deux officiers et 2000 hommes (1360 blessés, 550 tués) . Le site comprenait une colonie environnante et une garnison françaises de 1755 à 1759.

Période Anglaise du fort Ticonderoga: 1759-1775
Le 31 juil 1759 le maréchal britannique Jeffery AMHERST est victorieux en 4 jours de siège et pratiquement sans combat. En effet BOURLAMAQUE a décidé d'évacuer la garnison française de 2300 hommes dès le 23 juillet, à l'insu de AMHERST, tout en laissant son officier HÉBÉCOURT avec 400 hommes qui ne cessent de tirer contre les Anglais, avant de quitter dans l'obscurité après avoir allumé une mèche dans le magasin à poudre qui saute à 23h00 le 26 juillet. AMHERST ne peut éteindre le feu et le fort abandonné brûlera jusqu'au 31 juillet. L'armée française va immédiatement aller faire sauter le fort Saint-Frédéric pour ensuite s'enfuir à l'Île-aux-Noix par voie d'eau avec les derniers Français établis sur les rives, dont plusieurs retourneront en Nouvelle-France. Cela marque la fin du régime français au lac Champlain, par manque de support venant de la France. Cette occupation avait duré 28 ans (depuis 1731). Les Anglais renommeront le fort et le répareront sur les mêmes fondations.

Période militaire américaine: 1775+
1775 au tout début de la révolution américaine, les Américains s'emparent du fort Ticonderoga; Ethan ALLEN et sa bande de 83 miliciens regroupés à Hand's Cove VT pour préparer l'invasion, prennent la garnison Anglaise par surprise. Le 20 mai, en une dizaine de minutes, ils capturent aisément le fort, en présence de Benedict ARNOLD, jaloux de Ethan qui le retient à l'écart, et Seth WARNER. En effet le fort n'était défendu que par deux officiers, 42 soldats et 24 femmes et enfants. L'audacieux ALLEN obtient " au nom du grand Jehovah et du Congrès Continental " la reddition du capitaine DELAPLACE et du lieutenant FELTHAM. Les canons seront transportés vers Boston par le général américain Henry KNOX, pour aider le général WASHINGTON à déloger les Anglais de Boston.
1776-77 Un pont à usage militaire relie le fort au Mont Independence VT

1777: brève reprise anglaise. Depuis le Canada, l'anglais John BURGOYNE remonte le lac Champlain au début de l'année, installe des canons au sommet du mont Defiance NY, forçant la garnison du général américain Arthur Saint-CLAIR à battre en retraite, et reprend le fort; en septembre l'Américain John BROWN tente de le reprendre sans succès; le lent et indécis BURGOYNE doit finalement capituler à Saratoga avec 4800 hommes le 16 octobre, la garnison anglaise du fort est vaincue par les Américains et emmenée prisonnière à Boston.

1783 Visite du général George WASHINGTON. Après la révolution américaine on offre les terres environnantes aux collèges Columbia et Union
1804 Ticonderoga est constitué en village distinct de Crown Point
1848 Quand l'historien Benson J LOSSING visite le fort, il le trouve en ruine, abandonné. Victime du pillage par les colons des environs, on en trouve les pierres dans plusieurs constructions sur les deux rives du lac

Période muséale américaine: 1820 à aujourd'hui
1820 William Ferris PELL, négociant New-Yorkais, commence par louer puis en septembre se décide d'acheter le terrain des Collèges pour se consacrer à sa préservation. Il met fin aux pillages, cloture les redoutes, entreprend des réparations
1826 PELL relève le terrain au bord du lac, repère l'ancien Jardin du roi organisé par les officiers français en 1756 et y construit pour lui-même un manoir surnommé The Pavilion, bientôt entouré de jardins.
1838/9 Anecdote malheureuse: lors de la célébration de la restoration du fort, le fils Archibald PELL place une charge de poudre dans l'un des vieux canons rouillés et après avoir allumé la mèche, est tué par l'explosion du canon. C'en est trop, le père PELL perd intérêt dans la restauration et transforme son Pavillion en auberge qui devient en quelques années un populaire relais pour les calèches du Northern Tour qu'affectionnent les touristes aisés, sous la gestion d'un autre fils de William, James Kent PELL. Au décès de James, son fils John Howland PELL prend le relais.
1903 L'arrière-petit-fils Stephen HP PELL, fils de John, commence à faire restaurer le fort abandonné depuis un demi-siècle et amorce la collection des artefacts. Il parcoure le monde et sollicite antiquaires, universitaires et hommes d'état à la recherche de canons de l'époque et il en ramène à Ticonderoga, plusieurs sont des canons français et espagnols retrouvés aux Indes Occidentales jadis occupées par ces deux pays; les canons actuels sont donc authentiques quant à l'époque et parfois quant aux constructeurs.
1909 Ouverture de la caserne au public, en présence du président américain TAFT, des gouverneurs de NY et VT, des ambassadeurs de France et d'Angleterre et de tous les PELL; le fort restauré est enfin ouvert au public exactement 300 ans après la découverte du lac et l'historique bataille de Champlain dans les environs. Stephen PELL se consacre corps et âme à la restauration, y mettant de son propre argent et sollicitant les contributions du public. Après avoir servi en France dans la guerre de 1914-18, PELL décide de remplacer les 30% de pierres dégradées ou pillées, par soucis d'authenticité il va jusqu'à parcourir les bibliothèques et archives françaises pour retrouver les plans de LOTBINIÈRE et le Traité des sièges publié par VAUBAN en 1714, il visite les galeries et musées américains et européens pour retraçer peintures et documents de l'époque.
1948 On restaure la tour du fort.
1950 John HG PELL, fils de Stephen, prend le relais d'une oeuvre de conservation menée depuis 130 ans par la même famille

Ticonderoga - NY
Site: sur la route du portage reliant le lac Champlain au lac George, portage utilisé avant, pendant et après le rôle militaire du fort. Accès depuis Montréal: route 15 Sud, frontière, route Interstate 87, sortie 28 vers l'Est sur route 74
Historique:
1646 Le père jésuite JOGUES, en mission chez les Iroquois, passe ici pour la 2e fois, accompagné de Jean BOURDON ingénieur-arpenteur et de quelques Amérindiens; il continue jusqu'à un lac qu'il nomme Saint-Sacrement.
1666 Une expédition des troupes du régiment de Carignan-Salières dirigée par TRACY passe ici au milieu de l'hiver en direction des contrées Agniers (Mohawks) immédiatement à l'est de Schenectady NY.
1691 Le major Peter SCHUYLER campe jour en route vers Lachine et Ville-Marie. Depuis 1823 l'ouverture du canal Champlain met évidemment fin à cette situation stratégique de route de portage.
1830 On trouve du graphite dans la région, la Joseph Dixon Crucible Company fabrique des crayons à mine et répand le nom de Ticonderoga à travers l'Amérique du Nord.
Musée: Dans une réplique du manoir bostonnais de John Hancock, la Hancock House loge la Ticonderoga Historical Society, ouverte chaque jour juillet-août et du mercredi au samedi le reste de l'année, Montcalm-Street et Moses Circle

Tracy - QC
Site: rive ouest du Richelieu, à sa jonction avec le Saint-Laurent, en face de Sorel
Origine du nom: Alexandre de Prouville marquis de TRACY

Tracy Brook - NY
Origine: Marquis de TRACY
Site: se jette dans la Little Chazy River à Chazy

Treadwell Bay - NY
Origine du nom: Thomas TREADWELL , né à Smithtown, Long Island en 1742, diplômé de Princeton en 1764, arrivé en 1793 à la baie Saint-Armand, avec sa famille et plus de 40 esclaves ; diplômé de Princeton en 1764, pionnier de Plattsburgh, juge du comté de Suffolk en 1783, sénateur, membre de la Convention qui rédigea la Constitution de l'État de NY, étudia en 1788 le projet de Constitution des ÉU substitut du comté de Clinton en 1807; mort le 30 janvier 1832
Site: latitude nord 44º46' au sud de Long Point et Deep Bay, en face du Gut séparant North et South Hero VT

Trombly Bay - NY
T francais: Baie-des-Francais - Baie Tremblay
Site: au sud de Chazy Landing, quelques milles au sud de l'embouchure des rivières Chazy
Historique: le pionnier est le canadien Jean-Baptiste LAFRAMBOISE établi avant 1763, chassé en 1776 puis réinstallé en 1783; de 1790 à 1793 le sulpicien Pierre Huet de la VALINIÈRE s'y établit et fait bâtir la 1re chapelle de la région, en fait la 1re chapelle catholique de la partie nord de l'état de NY, mais son caractère querelleur irrite les voisins (anglo-protestants) qui se plaignent auprès juge Pliny MOORE et finissent par incendier la chapelle en 1792, menant au départ de VALINIÈRE.

Trout Brook - NY
Site: au SO de Ticonderoga, à l'ouest de la route 9N, se jette dans la rivière La Chute provenanant du lac George.
T français: ruisseau Bernetz
Origine: Chevalier de Bernetz, commandant en 1756 du régiment Royal Roussillon

V
Valcour Island - NY
T français: île Valcourt
Historique: La bataille de Valcourt: le 11 octobre 1776 l'Américain ARNOLD perdit contre le gouverneur Anglais du Canada Guy CARLETON la 1re confrontation navale sur le lac entre ces deux " nations "; après 6 heures de combat et de lourdes pertes, ARNOLD s'enfuit brûler sa flotte à Arnold Bay VT puis l'équipage continua sa retraite par voie de terre vers le fort de Crown Point; sa flotte comprenait 15 navires dont 11 furent pris, détruits ou brûlées entre le 11 et le 15 octobre et 4 le furent en 1777 . En 1874 un phare est érigé sur la rive ouest, on l'abandonne an 1931, il demeure l'un des 12 phares historiques sur le lac

Vallée du lac Champlain - NY, VT, QC
Historiquement parlant cette expression connaît plus d'une signification. Les Amérindiens empruntent cet axe navigable bien avant l'arrivée des Blancs et on pourrait y inclure le Richelieu dans son entier et le lac George qui s'y déverse. Les forts français qui sont établis en 1665-1666 de Sorel à l'île Lamotte visent à contrer la menace Iroquoise. Après la Grande Paix de 1701, " Le Richelieu supérieur, c'eSaint-à-dire depuis sa source jusqu'à Iberville, était considéré [en 1731] comme faisant partie du lac Champlain. Cette région n'était qu'un pays de chasse et de pêche dont les Français se considéraient les maîtres " Dès 1735 on construit le fort Saint-Frédéric pour s'opposer aux Anglais arrivant de la vallée de la Hudson et en 1755 c'est au tour du fort Carillon pour bloquer ceux arrivant du lac George.
Après la conquête, les Américains érigent en 1816-18 le fort Montgomery à l'embouchure du Richelieu pour parer une éventuelle menace canadienne, les Anglais construisent en 1819-20 le fort Lennox à l'île-aux-Noix pour contrer une éventuelle menace américaine. Un nouvel axe, maritime cette fois, relie Saint-Jean à Burlington et Plattsburg, il s'étend suite à la construction en 1843 du canal de Chambly. Mais le transport routier et ferroviaire rend cet axe désuet et aujourd'hui le terme de vallée du lac Champlain se limite aux terres irriguées par ses nombreux affluents.

Van Ness Farms - VT
Site: " au sud de la grande prairie formée par les alluvions de la rivière aux oignons , précisément à l'endroit où se trouvent aujourd'hui l'orphelinat catholique et le Lake View Cemetery "
Historique: il se peut que Samuel de CHAMPLAIN s'y soit arrêté en 1609 car il décrit l'existence de marronniers " qui ne se trouvent nulle part sur les deux rives du lac si ce n'est que sur le haut de la côte qui longe au nord la baie de Burlington, sur la terre généralement connue sous le nom de Van-Ness Farms " CHAMPLAIN suivait vraisemblablement la rive du Vermont pour éviter de longer le territoire New Yorkais des Agniers

Vergennes - VT
Origine du nom: Nommée ainsi par Ethan ALLEN (voir cette entrée), un admirateur reconnaissant envers le comte Charles Gravier de VERGENNES, homme d'état Français qui aida en 1778 les insurgents américains, ministre de Louis XVI, signataire du 1er traité d'amitié entre la France et les ÉU en 1778. Ce diplomate né à Dijon en 1719 et mort à Versailles en 1787, engagea la France dans la guerre d'Indépendance américaine en 1778, déclara la guerre à l'Angleterre pour se venger de l'issue de la Guerre de Sept-Ans gagnée par l'Angleterre, envoya en 1780 le maréchal ROCHAMBEAU avec 6000 hommes pour rejoindre WASHINGTON sur la Hudson et l'aider à vaincre les Britanniques à Yorktown . On sait que le marquis de La FAYETTE (voir cette entrée) est un autre Français notoire qui aida les insurgents, en venant commander personnellement une aile à la bataille de Yorktown.
T anglais: New Haven Falls
Site: sur la rivière aux Loutres (Otter Creek) à 7 miles du lac Champlain, bâtie autour du bassin au bas des chutes; c'était à l'époque le seul établissement d'importance situé sur une rivière navigable et à l'abri des regards de " l'ennemi " patrouillant le lac
Historique: Ethan ALLEN croyait que cette localité avait un grand avenir, avantagée par une chute permettant d'alimenter un moulin à bois, une rivière pour y embarquer les richesses naturelles environnantes (bois de charpente, récoltes, fer de Monkton), site idéal pour un chantier naval
1765 Premier moulin à scie près des chutes
1783 Première vague de pionniers après la Révolution
1788 Incorporation en ville, c'est aujourd'hui la 3e plus ancienne ville de Nouvelle-Angleterre et la plus petite ville des ÉU en surface, soit 1,25 x 1,5 mile.
1789 Établissement du canton
1794 Établissement de la ville
1814 Le potentiel pour un chantier naval se réalise en 1814 quand Mc DONOUGH y construit à toute vitesse une flotte de guerre; le 18 mai la flotte anglaise de PRING tente de bloquer l'embouchure de Otter Creek pour empêcher la sortie des navires de guerre, mais est repoussée par la batterie du Fort Cassin; les Américains seront quand même victorieux en septembre à Plattsburgh .
1837: Le 31 décembre a lieu une assemblée des insurgés canadiens-français " patriotes de 1837 "
Visite: Lake Champlain Maritime Museum, 4472 Basin Road, Vergennes, <lcmm.org>

Vermont
T français: Verts-Monts ? Vermont
Origine du nom: baptisé Verts Monts par Samuel de CHAMPLAIN en 1609, nommé ainsi sur une carte en 1612, à cause de la verdure de ses nombreuses montagnes qui en font le plus photographié et le plus photogénique des États américains.
Historique: À la fin du régime français, le territoire est cédé à la GB par le traité de Paris de 1763, puis deux colonies anglaises aux vues autonomistes se le disputent, le gouverneur WENTWORTH du New Hampshire s'enrichit en vendant des concession connues sous le nom de New Hampshire Grants et en même temps les gouverneurs COLDEN et TRYON de l'État de New-York tentent d'en faire autant. En 1778 Heman ALLEN, Ira ALLEN, Thomas CHITTENDEN et Jonas FAY lors d'une " convention " déclarent que The Grants (alias New Hampshire Grants) forment un état indépendant, on propose de le renommer New Connecticut, finalement Thomas YOUNG, un ami de Ethan ALLEN, l'emporte en suggérant le toponyme d'origine française. - En 1837 on estime à environ 50 000, soit 1/7 des 360 000, les citoyens du VT comptant des Français parmi leurs ancêtres .
T anglais: Green Mountains ? New Hampshire Grants - The Grants ? New Connecticut

W
Westport - NY
T anglais: Bessboro
Origine du nom: le nom de BESSBORO fut donné par William GILLILAND en 1765.
Historique: Cet irlandais nomme aussi Willsboro (pour William) et Elisabethtown (pour Élizabeth sa fille), Charlotteboro, Janesboro, Milltown, concessions obtenues pour avoir combattu Français et Indiens. Le véritable " royaume " de ce pionnier du Sud du lac fut confisqué lors de la Révolution américaine, tout comme celui de Ira ALLEN le fut dans la région de Burlington VT. Le 15 janvier 1778 il est emprisonné et dépouillé sans motif valable par le général GATES à Fort Albany .

Westport Bay - NY
T français: Baye du Rocher Fendu
T anglais: Northwest Bay

Whitehall - NY
Site: immédiatement à l'est de South Bay, latitude nord 43º33' et à l'embouchure de Wood Creek dans East Bay, frontière sud du lac Champlain et entrée (écluse # 12) du canal Champlain qui remplaça Wood Creek (alias Rivière au Chicot) en 1823 où des mules sur un chemin de halage y tiraient les premières embarcations à utiliser le canal
T amérindien: Kahphoquahna (" là où plonge le poisson ") - Canaghsione
T français: Petit Sault, les " petits rapides " sont contournés aujourd'hui par une écluse
T anglais: Skenesborough (1761-1788)
Origine du nom: Philip SKENE
Historique: Le 2 juil 1749 le voyageur botaniste finlandais Pehr KALM commence sa visite des colonies, de Skeenesborough (Whitehall) au Canada. Il est passager sur la barque du roi de Joseph PAYANT dit Saint-ONGE entre Saint-Frédéric (Crown Point) NY et Saint-Jean QC. ? Site du premier chantier naval Anglais.? 1761 le colonel / major Philip SKENE, semi-pensionné de l'armée, y obtient une concession directement de Londres en récompense de ses combats contre les britanniques et les Indiens, et fonde le village. Ce pionnier du Sud du lac explora Port Henry et y établi les premières mines de fer. 73 familles recensées en 1773, dont 71 sont " censitaires " (tenants). Son " royaume personnel " fut confisqué par la Révolution américaine car il était du côté des Loyalistes; en mai 1775 sa goélette fut saisie, rebaptisée Liberty, ARNOLD en prit le commandement et se rendit à Saint-Jean QC capturer un sloop Anglais.
" Dans les années 1920, le Dr Paul-Zotique HÉBERT [un descendant acadien] né à Saint Constant [vers 1850] et s'installe à Whitehall NY au lac Champlain. En 1934, âgé de 85 ans, il vit encore à Los Angeles. "
Visite: Skenesborough Museum, ouvert chaque jour du 15 juin au Labor Day, on y trouve la goélette Ticonderoga utilisée durant la guerre de 1812 contre le Canada

Willsboro Bay - NY
T anglais: Perue Bay
T français: Baie Péru - Baie de Pichon - Baie du rocher fendu

Willsboro Point - NY
T français: Pointe Sabousin
Site: pointe nord de la péninsule de Willsboro (latitude nord 44º27')

Windmill Point ? West Alburg VT
T français: Pointe du détour
Site: West Alburg en face de Rouses Point, latitude nord 44º58' 54''
Historique: Un solide moulin à vent est construit en pierres par les Français durant la construction du fort Saint-Frédéric et quelques colons ont du s'y installer quand une concession est accordée en 1740 à Sieur François FOUCAULT, membre du Conseil souverain de Québec mais il ne reste que le moulin lors du passage de Pehr KALM en juillet 1749,
" Un moulin à vent bâti en pierre autour duquel quelques Français s'étaient établis avant la guerre, ils déguerpirent aux premières hostilités et n'y sont pas encore revenus, on estime à 8 lieues la distance entre ce moulin et le fort St. Jean, les Anglais avec le secours de leurs alliés sauvages ont brûlé plusieurs fois les maisons ici sans que le moulin ait aucunement souffert, les quelques habitations françaises y furent plus d'une fois brûlées par les Anglais et cet établissement n'allait pas durer, en face du moulin le lac mesure près de 3 brasses mais cette profondeur diminue peu à peu en approchant de Saint-Jean, au nord du moulin le lac n'a plus qu'une portée de mousquet de large, ce qui lui donne plutôt l'apparence d'une rivière que d'un lac, d'une profondeur de 6 à 10 pieds, renferme plusieurs îlots "
Juste avant la bataille de Valcour en 1776, l'américain Benedict ARNOLD mouille sa flotte à cette hauteur, et le radeau Thunderer coule aussi devant cet endroit en transportant les blessés de la bataille perdue par l'Anglais BURGOYNE à Saratoga. Il y a d'autres Windmill Point sur le lac mais c'est la plus ancienne.

Winooski River - VT
T abénaki: Ouinooskitook (rivière du pays de l'oignon) - Ouinouschick - Ouinosque - Ouynouski
T français: Rivière Française - Rivière à l'oignon - Rivière aux oignons
T anglais: Onion River - French River
Historique: cette voie fut empruntée par ROUVILLE lors de son attaque contre Deerfield MA (voir cette entrée) - 1773 au printemps, les 1er colons anglais sont Remember BAKER avec sa famille et Ira ALLEN son jeune cousin célibataire, détenteurs d'une charte datant du 7 juin 1763 nommée Onion River Company octroyée par Benning WENWORTH gouverneur et émetteur des New Hampshire's Grants; pour se défendre contre les amérindiens et contre l'état de New York dont les Yorkers réclamaient l'état du Vermont, ils construisirent un fort (fort Frédéric pour les français) près de la rivière Winooski, le quittèrent en 1776 au début de la révolution américaine, revinrent en 1783 avec quelques colons.

Wood Creek - NY
T français: Rivière du Chicot (v 1731)
T anglais: Great Marias (corruption de marais)
Origine du nom: La région riveraine s'appelait le Grand Marais
T hollandais: De Verdronkene landen (" les terres submergées ") s'applique à la région, " les terrains bas, inondés, me rappellent nos marais de Suède " écrivait KALM
Site: s'écoule de Crown Point à Whitehall NY

DES HOMMES
A
ALBANI, LA CANTATRICE

Origine du surnom: Albany NY
Marie-Louise-Cécilia-Emma LAJEUNESSE, née à Chambly le 1er novembre 1852 (116 ans avant Céline Dion) dans la " Petite Cadie " du Richelieu au 316 Martel, devenue célèbre cantatrice soprano canadienne, était acadienne par sa mère Rachel-Mélanie MIGNAULT et fut notre première prima donna québécoise. Sa grande voix de soliste est découverte à 12 ans à la faveur d'une grande cantate pour 400 voix interprétée à Montréal en 1860, elle étudie chant et piano chez les Dames-du-Sacré-Cœur au Sault au Récollet, donne un récital en 1862 au Mechanic's Hall à Montréal, chante, touche du piano et pince de la harpe. Son père croit qu'elle aura plus d'avenir dans cette ville de l'État de New York et y débute réellement sa carrière.
Elle choisit son surnom d'artiste en italianisant le toponyme. En 1930 on disait qu'elle était la plus grande cantatrice que le Canada n'ait jamais produit. Elle chante à Messine, Florence, Turin, Paris, New-York, Saint-Petersbourg, et surtout à Covent Garden devant la royauté anglaise. Elle épouse le fils du directeur de la grande maison Ernest GYE. En 1925 le quotidien La Presse lance une souscription au bénéfice de notre plus grande cantatrice, le mouvement prend vite la forme d'un hommage national à la prima donna des Canadiens. En 1926 le premier ministre canadien Mackenzie KING organise une souscription nationale car elle avait donné tous ses biens aux déshérités. Elle fut la seule amie intime de la reine VICTORIA qui la recevait en privé et la combla d'honneur et de faveurs.
Après l'avoir entendue dans Lohengrin de WAGNER, l'empereur d'Allemagne GUILLAUME 1er la créa première cantatrice de sa maison royale. Après son dernier concert en 1912 (60 ans), elle se consacre aux œuvres charitables, dont l'orphelinat de Londres nommé Rawleigh Children Manor. C'est dans la pauvreté qu'elle meurt le 3 avril 1930 à Londres à 77 ans, après avoir déclaré: " Je croyais que mon pays m'avait oubliée, moi qui ne l'ai jamais oublié ".

ALLEN, ETHAN (1737-1789)

Voici les faits saillants de la vie de ce flamboyant et frondeur " père du Vermont ", rebelle convaincu et convaincant à l'époque de la Révolution américaine.

· Fonde une milice vermontoise révolutionnaire en 1771, surnommés les Green Mountain Boys. Sous sa direction ces miliciens serviront à 3 missions. D'abord défendre contre les prétentions territoriales de New York et du New Hampshire les pionniers vermontois installés sur des concessions connues sous le nom de New Hampshire Grants ou simplement The Grants; en 1773 il déloge sans ménagement des colons écossais que le gouverneur de New-York avait installés en chassant outrageusement d'autres pionniers " vermontois " déjà sur place, ses Boys vont parfois jusqu'à brûler maison et moisson de cerains Yorkers. Ensuite et surtout ils serviront à attaquer l'armée anglaise qui s'oppose au mouvement indépendantiste des Colonies. Finalement quelques-uns accompagneront Ethan lors de son attaque contre Montréal en 1775.
· Capture par surprise le fort Ticonderoga en 1775 et en déloge les Anglais, ce coup d'éclat audacieux est un événement marquant de la Révolution américaine et Ethan fait immédiatement parler de lui d'un bout à l'autre des Colonies et même au Canada
· Père-fondateur, avec son frère Ira, d'un " Vermont indépendant " qui le restera 14 ans avant de joindre l'Union des colonies " sous condition " d'une certaine autonomie. Il comprit en 1760 que le Congrès américain n'était pas favorable à l'autonomie du Vermont et les Anglais tentèrent alors de lui vendre l'idée d'un rapprochement et ? quoiqu'il fisse semblant d'explorer la possibilité d'annexer le Vermont au Canada à condition de demeurer " indépendant " et de ne pas être contraint de prendre les armes contre les insurgents américains ? il n'en fait qu'un argument de négociation avec le Congrès américain et n'y donne pas suite, mais des historiens y voient un manque de loyauté.
· Tente de recruter des Canadiens-français pour contribuer à la guerre d'Indépendance.
· Après la Révolution il promouvoit le libre-échange entre le Québec et le " Vermont indépendant " et son frère Ira poursuit cette initiative après le décès de Ethan en 1789
· Tente audacieusement mais témérairement de capturer Montréal en 1775, attaque ratée, mal conçue, mal exécutée. C'est lui qui est capturé puis exilé en Angleterre près de deux ans, détenu dans le château de Pendennis à Falmouth en Cornouailles, GB. Son récit de cette expérience est aussi narcissique et coloré que le personnage.
· Sa fille cadette Fanny, fruit d'un 2e mariage avec la fille d'un huguenot nommé MONTRÉSOR, se convertit et devient Religieuse Hospitalière de Saint-Joseph à l'Hôtel-Dieu de Montréal; le charisme de Fanny morte prématurément mènera à la fondation du Fanny Allen Hospital à Winooski par ces mêmes religieuses.
· Après la guerre d'Indépendance il nomme Vergennes VT pour honorer le comte et homme d'État Français qui " engagea la France dans la guerre pour l'indépendance de l'Amérique ."


Caractère
Né le 10 janvier 1737 à Litchfield CT, il commence dans la vie comme l'homme de tous les métiers, tour à tour apothicaire, revendeur, commandant de navire, jockey, dépensant avec extravagance, n'hésitant pas à s'endetter et à recourir au parjure et à l'usage de faux pour échapper à ses créanciers. Rien ne laisse prévoir qu'une de ses filles deviendra un jour une exemplaire religieuse hospitalière, catholique, canadienne et francophone par surcroit, surnommée " The Beautiful American Nun ".
Auteur autodidacte, orateur inspirant, pamphlétaire politique populaire qui argumente clairement et vigoureusement, auteur d'un ouvrage théologique qui dénonce le clergé protestant de Nouvelle-Angleterre trop distant du commun des mortels, il raconte ses mésaventures et ses exploits avec talent sinon avec exagération, se montre un libre-penseur épris de liberté. Un de ses ouvrages, Reason, The Only Oracle of Man, soumis à l'auteur mémorialiste franco-américain Hector Saint-Jean (alias Michel Jean-de-Crèvecoeur) suscita l'admiration; rappelons que cet ami français " parti rejoindre MONTCALM au Canada, s'établit définitivement comme fermier dans la colonie de New York " dans le comté d'Orange NY, publia Lettres d'un fermier américain, devint consul de France à New-York, correspondit avec FRANKLIN, JEFFERSON et WASHINGTON, et Saint-Johnsbury VT fut nommée d'après lui, peut-être à la suggestion de son ami Ethan. Les libre-penseurs jubilent, les sceptiques sont amusés, le clergé est furieux.
Ethan fut tour à tour qualifié de flamboyant, audacieux, impudent, impie, brigand, brave, téméraire, personnage haut en couleur dont le moral est à toute épreuve, excessif, indépendant. En privé il est franc, généreux et sans prétention. Il est taillé sur mesure pour participer à une Révolution , doté d'un moral à toute épreuve, c'est le brave parmi les braves, capable de s'avérer à la fois grand guerrier et homme méprisable, prêt à surmonter tous les obstacles, à prendre tous les risques. Sur le champ de bataille il se montre ferme, audacieux et ne perd jamais son sang-froid. Comme meneur il se montre téméraire, décidé, d'un optimisme inébranlable. Dans ses écrits il est vantard et narcissique. Il aura 3 frères, Éli, Lévi et Ira. Ethan et Ira s'avéreront être de véreux spéculateurs fonciers .
Les Green Mountain Boys n'étaient pas des enfants de choeur; quand ils n'étaient pas occupés par un affrontement ou un pillage, ils aimaient bien lever le coude à la taverne Catamount à Bennington VT .

Mariages
Le premier à Mary N., d'où 5 enfants dont un fils Joseph né le 25 novembre 1765, mort pendant l'emprisonnement de Ethan à Falmouth en Angleterre.
Le second le 9 février 1784 à Westminster avec Frances dite Fanny MONTRÉSOR, fille illégitime d'un officier huguenot (calviniste français) réfugié en Angleterre et combattant dans l'armée britannique, et de Margaret Schoolcraft d'ascendance hollandaise. Frances était veuve du capitaine anglais BUCHANAN qu'elle avait du épouser à 16 ans et dont elle avait eu un fils né après la mort de son père. Même si ses propres enfants sont fiers de cette hérédité française, elle-même préfère oublier le patronyme MONTRÉSOR et se nomme Leydia BUCHANAN lors de ce 2e mariage et aussi en d'autres occasions. Ils auront 3 enfants, Ethan-Voltaire (d 6 janvier 1845 Norfolk County VA), Hannibal et Fanny .

Attaque et capture à Montréal, suivies d'expulsion en Angleterre
1775, dans le sillage de la capture des forts Saint-Frédéric (Crown Point) et Carillon (Ticonderoga), le Congrès américain songe à abandonner ces deux forts mais ARNOLD et ALLEN les convainquent du contraire à cause de la vulnérabilité de quelques 500 familles qui habitent les rives du lac Champlain au nord de la rivière aux Loutres (Otter Creek) et proposent même une expédition vers le nord pour désarmer les forces Anglaises, c'est réellement une invasion américaine du Canada. ARNOLD descend le Richelieu et capture à 6h00 du matin le 18 mai la garnison (1 sergent, 12 hommes) du fort Saint-Jean en plus de mettre la main sur un sloop armé mouillé en amont (7 hommes, deux canons). À peine parti sur le chemin du retour ARNOLD croise Ethan et ses miliciens qui se dirigent vers Saint-Jean QC, ARNOLD empresse Ethan de faire demi-tour parce qu'un détachement Anglais est en route vers Saint-Jean mais Ethan fait à sa tête et se rend prendre possession du fort Saint-Jean.
Mais devant l'arrivée des troupes Anglaises il se réfugie sur l'autre rive du Richelieu (à Iberville). Ne pouvant soutenir le tir de l'ennemi plus longtemps, Ethan continue à descendre le Richelieu jusqu'à Sorel, visitant la rive ouest pour recruter des volontaires favorables à sa cause; il fait de même en remontant la rive sud du Saint-Laurent jusqu'à Longueuil. Le 9 juin CARLETON tente de mobiliser la population contre l'envahisseur Américain, proclame la loi martiale pour recruter des miliciens mais ils refusent, entre autres à cause de la sélection des capitaines de milices parmi la noblesse; le clergé se range avec CARLETON et se fait contester; les paysans menacent de se révolter contre cette conscription. Il y a de nombreux espions et sympathisants des Américains à Montréal, tels les marchands anglais pilotés par Thomas WALKER; le 10 mai 1775 le président du Congrès [révolutionnaire] de Philadelphie envoie aux Montréalais une lettre de propagande les enjoignant à joindre la rébellion contre les Anglais, c'est l'opération séduction.
CARLETON ne dispose que de 600 hommes pour défendre la vallée du Saint-Laurent. Les francophones semblent plus neutres que royalistes, et quelques groupes d'une " milice parallèle " pro-américaine s'organisent à travers la province. ALLEN et ARNOLD étaient tous deux convaincus que Montréal pouvait être facilement capturée mais le Congrès refuse de les mettre en charge d'une telle invasion et préfèrent confier la tâche le 27 juin à Philip SCHUYLER, officier hollandais d'Albany. Ils tenteront quand même de prendre Montréal par eux-mêmes. Le 24 septembre 1775 Ethan est rendu à Longueuil avec 30 miliciens américains et 80 miliciens canadiens (pro-américains), il s'entend avec le major BROWN pour exécuter un plan audacieux: BROWN traversera depuis Laprairie vers Lachine avec 200 hommes tandis que ALLEN passera la nuit à traverser en canot depuis Longueuil vers Longue-Pointe, faisant plus d'un voyage car le nombre de canots ne suffit pas à embarquer tout son monde à la fois. Le 25 septembre au matin Ethan regroupe ses troupes dans les environs de la maison Lachapelle sur la rue Notre-Dame est , non loin de la rue Dickson actuelle . Il ne sait pas qu'à la dernière minute BROWN s'était désisté après avoir réalisé l'ampleur des rapides de Lachine.
Ethan est prêt à marcher vers la ville emmurée de Montréal mais les quelques 500 hommes de CARLETON découvrent le complot grâce à un espion, sortent par la Porte de Québec en direction de Longue Pointe, détruisent les canots de ALLEN, et c'est alors que les deux groupes s'avancent l'un contre l'autre, la confrontation inévitable et inégale dure une heure et trois-quarts, de 14h30 à 16h15. Un officier anglais coure en direction de Ethan, tire et le manque de peu, celui-ci en fait autant en fuyant. Mais les jeux sont faits et alors que les deux courent encore, Ethan crie à cet officier qu'il est prêt à se rendre à condition d'être traité honorablement et que ses hommes soient épargnés. Quelques instants plus tard il rend son sabre à l'officier mais voilà qu'un Amérindien au regard diabolique se précipite pour abattre ALLEN qui même en se cachant derrière l'officier ne doit sa vie qu'à un Irlandais qui écarte l'Amérindien avec sa baïonnette. Ouf!
Après quoi Ethan, objet de curiosité, est traité avec respect durant son raccompagnement à Montréal entouré d'un gentilhomme français et d'un officier anglais. Mais quand il arrive au quartier du général PRESCOTT et s'identifie comme étant celui qui a capturé le fort Ticonderoga, le général entre en colère et le traite de sale rebelle tout en le frappant à coups de cane. L'imperturbable ALLEN s'insurge et lève un poing fermé et menaçant envers PRESCOTT qui est aussitôt rappelé à l'ordre par un de ses officiers. Le général donne alors l'ordre à ses soldats d'exécuter 13 insurgents canadiens qui accompagnaient Ethan, mais celui-ci, frondeur et désarmant comme d'habitude, s'interpose entre les soldats et les malheureux condamnés déjà à genoux pour réciter leurs dernières prières, ouvre sa chemise et bombe sa poitrine en offrant à PRESCOTT d'y faire enfoncer les baïonnettes, se disant seul responsable de la rébellion de ces Canadiens ! Wow !
Autant son succès dans la prise du fort Ticonderoga fut spectaculaire, autant cet échec lui fera vivre l'une des plus humiliantes périodes de sa vie. PRESCOTT cède à l'envie de punir ALLEN et opte pour l'emprisonnement et la déportation, comme prisonnier ordinaire dans la cale de la goélette Gaspé jusqu'à Québec; durant 6 semaines sous la surveillance de deux gardiens armés de baïonnettes, enchaîné par les deux chevilles, forcé ainsi de dormir assis sur un coffre, ALLEN est ensuite transféré pour 9 jours dans un vaisseau de guerre où l'équipage le traite un peu mieux. Il est enfin transféré sur le Adamant en route vers l'Angleterre, à la merci d'un personnel antipathique, enfermé dans des conditions difficiles avec 33 autres prisonniers, menotté, insulté, le pénible voyage dure 40 jours.
On l'emprisonne alors durant 20 mois au donjon du château de Pendennis à Falmouth. Le gouvernement britannique, hésitant à l'égard du mouvement séparatiste Américain, décide de l'épargner au lieu de le pendre pour cause de trahison. Il est mieux traité et en profite pour faire connaître ses opinions. Sa libération sera due en partie à son bagout, au contexte politique et aux négociations pilotées d'outre-Atlantique par son frère Ira.

Retour en Amérique
Le 8 janvier 1778 il quitte l'Angleterre comme prisonnier à bord d'un navire de guerre. Arrivé en Amérique le 3 mai, il est transféré à New York, puis Halifax NS et encore New York, enfin libéré grâce à un échange de prisonnier (le lieutenant John CAMPBELL) le 6 mai. Le général George WASHINGTON le reçoit à dîner, le recommande auprès de l'Armée continentale américaine qui lui accorde le rang de Lieutenant-Colonel, le peuple vermontois le reçoit en " héros de Ticonderoga, martyr de Montréal… " Il arrive à temps pour assister à la naissance de son État. Ses frères Heman et Ira ALLEN, Thomas CHITTENDEN et Jonas FAY tiennent une " convention " et déclarent que The Grants forment un état indépendant, proposent de le renommer New Connecticut, mais c'est la suggestion de Thomas YOUNG, un ami de Ethan, qui l'emporte avec le terme français Vermont.
Le Congrès refuse initialement de reconnaître l'État du Vermont mais comme New York ne n'y oppose pas, le Vermont devient dans les faits une république indépendante. Après la victoire américaine de Bennington VT contre les Anglais en 1777, on forme un Conseil de sécurité sous Ira ALLEN, remplacé en mars 1778 par un gouverneur, un conseil et une assemblée où l'on remarque Timothy BROWNSON beau-frère de Ethan qui, quant à lui, devient à juste titre membre de l'Assemblée législative du Vermont et délégué spécial au Congrès américain.

Décès
1789, le 12 février. Voici deux récits légèrement différents du même événement. Voyons d'abord celui qu'écrivait en 1906 l'abbé AUDET, missionnaire catholique à Winooski qui ne semble pas apprécier le personnage. Dans la nuit du 11 au 12 février " il mourut comme il avait vécu, étant allé à la Grande-Ile chez un de ses amis, du nom d'ALLEN comme lui, il fit une orgie de 3 jours. Dans une ivresse complète, son serviteur nègre le coucha enveloppé dans une robe de buffalo sur un voyage de foin et prit le chemin de Burlington. Arrivé à sa résidence sur la Old Van Ness Farm à peu près où est l'orphelinat catholique aujourd'hui, son serviteur le trouva mort dans son jus. C'était le 12 février 1789. "
Voyons maintenant celui de sœur MORRISSEY , que je traduis librement et résume. Le cousin et colonel Ebenezer ALLEN avait invité Ethan à Allen's Point, South Hero pour venir y chercher un voyage de foin en passant sur le lac gelé, accompagné de son serviteur nègre qui conduisait quelques chevaux et boeufs. Ce fut une véritable fête bien arrosée pour Ethan, pour Ebenezer et ses voisins qui comptaient plusieurs anciens miliciens vermontois invités pour l'occasion. On se remémore le bon vieux temps sans ménager le punch. Aux petites heures du matin son serviteur noir assoie Ethan à ses côtés derrière l'attelage de bœuf. Rendu entre la pointe sud de l'île South Hero et la terre ferme de Burlington, le serviteur remarque que Ethan ne parle plus et ne bouge plus, il comprend que c'est un cadavre qu'il ramène à la maison.
On l'expose dans la maison du frère Ira à Colchester en face de la rivière et on l'inhume au Green Mountain Cemetery le 16 février
Certains historiens trouvent regrettable que son frère Ira ALLEN, envoyé en Europe en 1795 en mission diplomatique pour acheter des armes, 1er Secrétaire du Vermont puis Trésorier d'État et Inspecteur général, aussi méritoire que Ethan du titre de " père fondateur " du Vermont, mourut dans l'oubli et la misère le 7 janvier 1814 à Philadelphie où sa dépouille fut déposée dans un terrain public sous une pierre tombale anonyme . Peut-être eSaint-ce parce qu'il avait fini par rejoindre les forces britanniques que Ethan l'avait mis de côté . Pourtant il avait été instrumental dans la libération de Ethan détenu à Falmouth.


Statues
Le Vermont ne cesse pas de rappeler son affection pour son principal fondateur, un peu partout son nom est gravé dans la pierre, écrit sur des plaques, incorporé à des raisons sociales, donné à de multiples institutions. C'est ainsi que sa statue garde l'entrée du Capitol à Montpelier. Le 4 juillet 1873 on lui érige une statue dans le Green Mount Cemetery de Burlington près de sa sépulture. Sur la face ouest du socle on peut lire


TAKEN PRISONER IN A DARING ATTACK ON MONTREAL
AND TRANSPORTED TO ENGLAND, HE DISARMED THE
PURPOSE OF HIS ENEMY BY THE RESPECT WHICH HE
INSPIRED FOR THE REBELLION AND THE REBEL


Commentant cette érection, l'abbé AUDET ne peut s'empêcher d'exprimer le fond de sa pensée, " si l'Amérique infidèle n'a que des héros de cet acabit à offrir en imitation aux générations futures, on pourra se faire une idée de ce que seront ces générations, en fait de principe, d'honneur et de moralité " ; AUDET aurait-il prédit l'avènement du bushisme post 9/11?

ALLEN, FRANCES MARGARET DITE FANNY (1784-1819)
" The Beautiful American Nun "

Née 13 novembre 1784, 9 mois après le mariage du général américain Ethan ALLEN avec Frances MONTRÉSOR, mi-huguenote mi-hollandaise, mariés tous deux en 2e noces. Après le décès de son père Ethan en 1789, Fanny a alors 4 ans, sa mère Frances se remarie au Dr Jabez PENNIMAN de Colchester VT qui achète " Penniman Place ", une ferme située à 1,5 mile au sud du village de Westminster VT sur la rivière Connecticut dans le Sud de l'État. Fanny y habite de 1789 à 1801.
Adonnée très jeune à la lecture et la réflexion, d'un naturel incrédule, elle éprouve à 12 ans, en 1798 au bord de cette rivière Connecticut la vision d'un monstre qui semble sortir de la rivière et venir vers elle, et d'un vieillard qui s'approche pour la protéger et la sauver de cette menace. Fanny décide à 21 ans en 1805 de visiter Montréal pour savoir ce qu'il en est du catholicisme qui lui est tellement décrié dans son milieu, prétextant auprès de son beau-père PENNIMAN le désir d'apprendre le Français. Sa mère huguenote convaincue insiste alors pour un baptême dans l'église presbytérienne mais Fanny rigole et se comporte en véritable adolescente rebelle durant la cérémonie au point d'en être réprimandée par le ministre du culte.
1807, parvenue à Montréal à 22 ans elle s'inscrit au cours de Français au pensionnat des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, alors sur la rue Saint-Paul à côté de l'ancien Hôtel-Dieu. Un jour elle est l'objet d'une conversion religieuse alors qu'elle s'apprête à aller porter des fleurs sur l'autel de la vieille chapelle à la demande d'une religieuse du pensionnat: " arrivée à la balustrade elle ouvre la porte et soudain elle se sent arrêtée sans pouvoir passer outre. Surprise d'un obstacle si extraordinaire elle fait effort jusqu'à trois fois pour avancer. Saisie et vaincue elle tombe à genoux et adore dans la sincérité de son cœur Jésus-Christ, de la présence duquel elle est convaincue à l'heure même. Elle se retire, fond en larmes et se dit 'Après un tel miracle, je dois me rendre à mon Sauveur' . " Elle avait appris que le catholicisme canadien-français était loin du fanatisme morbide dont l'accusaient les protestants et prônait plutôt la paix, la justice et la compassion, vertus peu répandues au Vermont de l'époque.
Elle opte définitivement pour un style de vie différent de celui de sa mère. Elle abjure le protestantisme, est baptisée par LESAULNIER curé de Ville-Marie, fait sa 1re communion et décide de devenir religieuse, vend sa part héritée de terrain familial à son beau-père PENNIMAN pour la somme de 200$, juste assez pour défrayer une autre année à Montréal. Déception pour son fiancé Archibald HYDE qui vient de terminer ses études à l'embryonnaire Université du Vermont fondée par Ira ALLEN oncle de Fanny. Mécontentement pour sa mère et son beau-père, qui souhaitent que Fanny, bien éduquée et aimée de tout son entourage, épouse un Vermontois à l'aise et protestant. Ils la rapatrient donc à Winooski VT.
Malaise pour PENNIMAN qui tente à cette époque d'inciter les Vermontois à s'abstenir de commercer avec le Canada et à imposer un blocus naval sur le lac Champlain. Devant son insistance, on se résigne à la ramener à Montréal pour y choisir une communauté, elle opte pour les Filles de Saint-Joseph à l'Hôtel-Dieu car en visitant cette institution elle croît reconnaître dans le Saint-Joseph d'une peinture de la Sainte Famille le vieillard qui, à 12 ans en 1798 au bord de la rivière Winooski, l'avait sauvée d'un monstre sorti des eaux. Cette peinture est conservée à la maison-mère des RHSJ de l'HD à Montréal.
1808, elle entre au noviciat le 9 septembre
1811, le jour de ses derniers vœux, plusieurs connaissances bien en vue viennent du Vermont et remplissent le chœur et l'église pour assister à la cérémonie, ce qui n'empêche pas la presse de Burlington de ridiculiser sa conversion. Sa mère et son beau-père PENNEMAN se sont entièrement réconciliés avec le choix de Fanny et la dotent suffisamment pour couvrir le coût de ses études.
1812, l'invasion américaine du Canada interrompt temporairement les contacts avec sa famille tandis qu'elle soigne dans les deux langues des soldats blessés, tant Canadiens qu'Américains. Au fil des ans elle convertit plus d'un hérétique quand elle remplace les hospitalières auprès des malades, " il y en eut même jusqu'à quatre qui, dans la même semaine, firent leur abjuration. "

Décès
1819, le 10 décembre à 35 ans; affligée d'une " fluxion de poitrine ", on fait venir le Dr Martyn PAINE originaire de Williamstown VT, qui venait d'ouvrir une pratique auprès des anglo-montréalais, mais il ne peut que lui offrir sa présence dans les derniers moments; cette mort n'était pas trop inattendue quand on pense que ces religieuses vivaient simplement et pauvrement, ne mangeant parfois qu'une soupe diluée et couchant sur des anciens brancards des troupes britanniques. Vivement ému par toute la communauté priant à genou et pleurant, le médecin se met respectueusement à genou, il écrira un récit émouvant de sa mort et de l'attitude des Religieuses, insistant dans la Gazette sur le bonheur que la religion catholique fait goûter aux âmes en ces moments, à tel point que 18 mois plus tard il vend ses biens, quitte le Canada, et l'on pense qu'il rentra en Europe pour s'y convertir.

Son influence: Un sillage de conversions parmi ses proches, et un hôpital

v Dr Martyn PAYNE: sa conversion déjà relatée ci-dessus.
v Fanny a conduit à des rapprochements entre le Vermont anglo-protestant et le Québec.
v L'ex-fiancé de Fanny, Archibald HYDE, succéda au Dr PENNIMAN à la direction des Douanes à Swanton VT, se mit à supporter les droits des immigrants québécois en Nouvelle Angleterre et, en l'absence de prêtres au Vermont, il enseigna le catéchisme à leurs enfants en suivant les directives du curé de Chambly. Il dota le Vermont de son premier édifice catholique en 1830, bientôt incendié par des vermontois intolérants, et finit par se convertir lui-même.
v William BRAYTON, juge à la cour suprême du Vermont et beau-frère de Fanny, se convertit lui-aussi et avant sa mort il fit des arrangements pour que ses 3 filles soient éduquées au pensionnait de la Congrégation de Notre-Dame à Montréal. C'est d'ailleurs le Dr PENNIMAN lui-même qui les y transporta en calèche (buckboard).
v Daniel BARBER, un des premiers prêtres Anglicans du Vermont, avait tenté de dissuader Fanny à la demande de ses parents, mais lui aussi se convertit, moins d'un an après la profession de Fanny
v Cynthia MARVIN, amie de toujours de Fanny, la visita souvent à Montréal, épousa le Dr PENNIMAN devenu veuf de Frances, et se convertit elle-aussi après le décès de PENNIMAN.
v Mlle Abby HEMENWAY, une historienne régionale qui s'était intéressée à la vie de Fanny, se convertit au catholicisme et suit ses traces à Montréal; sans toutefois devenir religieuse, elle orienta ses études sur la vie des catholiques et protestants dévots et s'appliqua à brandir Fanny en exemple de réconciliation entre les peuples.
v La trace la plus visible de l'influence de Fanny demeure " son " hôpital en banlieue nord de Burlington.

Le Fanny Allen Hospital
" En 1893, un riche fermier catholique [irlandais] de Winooski, Michael KELLY, pour perpétuer le souvenir de Mlle Allen, fit don à l'évêque de Burlington d'un magnifique terrain à proximité du lieu où, en 1798, Mlle Allen eut cette apparition... à condition d'y fonder un hôpital sous la charge des RHSJ de l'HDM. " Ce terrain appartenait autrefois à Ethan ALLEN, là où Fanny passa une partie de son enfance; au moment de sa donation il avait là une ancienne taverne; 35 acres devinrent le Winooski Park. Le Fanny Allen Hospital ouvre ses portes à l'été 1894 après l'arrivée le 24 mai de six RHSJ de l'HDM. Une école d'infirmière s'y ajoute en 1898. Le centenaire fut célébré en 1994.

Commémoration
1936, dans l'édition du 17 juin du Montreal Daily Star (précurseur du Montreal Star) on peut lire un article intitulé Memory of Noted Nurse is Honored, Frances Margaret Allen's Life is Recalled at Ceremony. Une gerbe de fleur fut déposée sur sa sépulture dans la vieille chapelle mortuaire de l'Hôtel-Dieu, parmi les dignitaires on note le gouverneur AIKEN du Vermont, sœur Helen MORRISSEY biographe de Fanny, et révérende mère ALLARD supérieure à l'HDM.


AMHERST, JEFFERY (1717-1787)

Personnage important dans l'histoire du lac Champlain, commandant à 41 ans des troupes britanniques en Amérique incluant l'armée " qui acheva la conquête du Canada à Louisbourg et à Montréal " , baron et maréchal. Il complota ? sans toutefois passer à l'acte - avec le colonel mercenaire Suisse Henri BOUQUET pour contaminer des AmérIndiens amis des Français en leur offrant en cadeau des couvertures infectées de variole: un projet de guerre bactériologique avant son temps ! ? En 1759 dirige personnellement les troupes du lac Champlain, commande 12 000 hommes, prend possession des forts Carillon et Saint-Frédéric. Ce dernier est investi le 4 août, AMHERST y fait construire le His Majesty's Fort at Crown Point, temporairement nommé Fort Amherst; la construction débute dès la mi-août avec 1600 hommes, immédiatement à l'ouest des ruines du fort Saint-Frédéric.
En septembre 1760 il commande 17 000 hommes avec HAVILAND et MURRAY, entoure Montréal et fait capituler VAUDREUIL, après quoi, en route vers la ville de New-York, il fait escale à l'Île-aux-Noix et y fait démanteler les fortifications. Cette victoire anglaise met fin au régime français.

B
*BEAUCOUR, JEAN-MAURICE-JOSUÉ DUBOIS-BERTHELOT SIEUR DE

Voici une esquisse de la carrière du dessinateur du fort de Chambly (voir cette entrée) : Fils du chevalier Jacques-Hyacinthe et de Péronelle de MAGNAN, du département des Côtes-d'Armor en Bretagne. Il débute comme garde-marine à Brest, 1688 devient lieutenant en Nouvelle-France, puis 1695 enseigne de vaisseau, 1701 promu capitaine, 1709-11 capitaine et dessinateur des plans de la construction en pierres du fort Chambly (voir cette entrée),
1704 - Au cours de la guerre de Succession d'Espagne (Queen Anne's War 1702-1713) vers le début juillet, il est chargé, avec 800 hommes et Indiens alliés, d'une expédition punitive au Connecticut; il quitte Québec vers le 1er juillet, emprunte le lac Memphremagog mais en atteignant la vallée du Connecticut un soldat Français mécontent déserte au profit des Anglais; l'effet de surprise n'y étant plus, il continue vers le Sud avec une partie des troupes et brûle des maisons à Lancaster MA le 31 juillet.
Cela qui alarme les colons Anglais et force les Français à prendre le chemin du retour vers Québec où le gouverneur VAUDREUIL en colère blâme le pauvre capitaine pour cette seule défection, le démet de ses fonctions, lui retire son sabre et le jette prison. Heureusement ce ne fut qu'un épisode malencontreux au milieu d'une belle carrière.
1712 ingénieur militaire en chef pour la Nouvelle-France, lieutenant du roi et ingénieur du roi 1715-1717 et 1723-1720 à l'Île du Cap Breton (Louisbourg), 1730 gouverneur des Trois-Rivières, 1733-1748 gouverneur de Montréal, décès 9 mai 1750 Montréal

BERTHIER, Alexandre

Immigrant n v 1638 à Bergerac (Dordogne), 1665 arrive capitaine compagnie de Berthier du régiment de l'Allier (Carignan) et abjure le protestantisme, 1666 nommé commandant au fort Saint-Jean, accompagne TRACY au fort Sainte-Anne en septembre (du 14 au 28), en route vers les territoires des Agniers au sud du lac Saint-Sacrement, le long de la rivière des Agniers (Mohawk River), dirigeant avec CHAMBLY l'arrière-garde de 1300 hommes; 1672 épouse Marie LEGARDEUR (Charles de Tilly & Geneviève Juchereau) et devient Sieur de Bellechasse (Berthier-en-haut), 1673 Sieur de Villemur (Berthier-en-bas), mort < 1709

BOILEAU, RENE

Né 1707 et d 1772, son père et son frère étaient interprètes auprès des amérindiens du lac Champlain. Il s'établit v 1740 au nord-ouest de l'Île-aux-Noix à la pointe à Boileau près des seconds arbres matachés, puis quitte durant la Guerre de succession d'Autriche 1740-48. On le retrouve au fort Missisquoi chez les Abénaquis en 1752, à l'île aux Têtes en 1754, puis au lac Champlain.

BOUGAINVILLE, LOUIS-ANTOINE

Dut abandonner les forts de l'Île-aux-Noix et de Saint-Jean aux mains des Anglais en 1760. " Aide de camp de MONTCALM à 31 ans, puis commandant de secteur du Richelieu lors du siège (1760), jugé piètre militaire par LÉVIS... connut par la suite une brillante carrière de navigateur, scientifique et écrivain. "

BOURLAMAQUE, FRANÇOIS-CHARLES DE

Né en 1716, capitaine français durant la Guerre de Succession d'Autriche , il est promu colonel et devient le 3e dans la chaîne de commandement militaire en Nouvelle-France où il émigre en avril 1756. Participe aux victoires contre le fort Oswego (lac Ontario) en 1756 et contre le fort William-Henry (lac George) en 1757. Chargé par VAUDEUIL et surtout par MONTCALM du commandemant sur le front Richelieu-lac Champlain en 1759, il exécutera la stratégie suggérée par LÉVIS de " retarder l'ennemi plutôt que l'affronter ", c.a.d. l'abandon et la destruction des forts Carillon et Saint-Frédéric et le repli sur l'Île-aux-Noix. Il reste en Amérique jusqu'à la chute du régime français, pour être finalement nommé gouverneur de la Guadeloupe en 1763 où il décède en 1764.

C
CARLETON, GUY

Britannique devenu 3e gouverneur du Canada 1768-78, rapatrié en GB puis revenu pour être 5e gouverneur du Canada 1786-1796; nommé Lord Dorchester.

CASSON, FRANÇOIS DOLLIER DE
MILITAIRE, AUMÔNIER, ARCHITECTE, URBANISTE, MISSIONNAIRE, EXPLORATEUR

Il avait été capitaine de cavalerie pour le Maréchal TURENNE en France avant de joindre les Sulpiciens, sa force physique était exceptionnelle, pouvant porter deux hommes assis sur ses deux mains, physiquement courageux, il extirpe de la glace au risque de sa propre vie un homme en raquettes tombé dans l'eau, indifférent à la douleur et au danger. En septembre 1666 il est aumônier militaire au Fort Sainte-Anne (voir cette entrée). Trace le plan des 1re rues (1er urbaniste-arpenteur-architecte et historien de Montréal en 1672), de la 1re église paroissiale (Notre-Dame) et du second séminaire rue Notre-Dame (vieux séminaire Saint-Sulpice), ainsi que du 1er canal Lachine dont la construction est interrompue par le célèbre massacre. Il meurt en 1701.
Cet ecclésiastique récite son bréviaire en faisant du jogging l'hiver au fort Ste-Anne sur l'île Lamotte. Ce missionnaire à la baie de Quinte au lac Ontario subit une tentation car " nous savons qu'à partir de ce moment il aurait aimé être adopté par une tribu et ne plus revenir à Montréal " et jouir de la liberté de mouvement des tribus amérindiennes. Un beau type d'aventurier généreux, tour à tour militaire (en France), immigrant comme aumônier du régiment de Carignan, missionnaire à pied et en canot (Lac Champlain, baie de Quinte), explorateur qui vérifie l'intercommunication des lacs Ontario, Érié et Huron, 1er concepteur d'un canal à Lachine, capable de tenir tête aux autorités et bon organisateur, il participe à la construction de l'église Notre-Dame, à celle du vieux séminaire Saint-Sulpice et à la reconstruction de l'Hôtel-Dieu.

" Champ "
Origine du nom: Champlain
Historique: Le légendaire monstre marin du lac, que CHAMPLAIN lui-même en 1609 a décrit après en avoir vu un de 5 pieds de long; pour l'instant l'hypothèse la plus probable en fait un très gros poisson, peut-être un esturgeon particulier ou une espèce disparue. Les pilotes des 3 traversiers du lac Champlain que j'ai pu interviewer en 1982 en préparation de la 1re édition du Guide de croisière du lac Champlain n'ont jamais aperçu ce monstre marin.
Samuel de Champlain en aurait aperçu en 1609 selon le récit de ses voyages " J'en ai vu qui contenaient 5 pieds, qui étoient de la grosseur de la cuisse & avoient la teste grosse comme les deux points avec un bec de deux pieds & demi de long & à double rang de dents fort agues & dangereuses. Il a toute la forme du corps tirant au brochet mais il est armé d'écailles si fortes qu'un coup de poignard de les sauroit percer & de couleur gris argenté. Il a aussi l'extremité du bec comme un cochon ". Les Indiens lui disent en avoir vu de 8 à 10 pieds de long. " Selon SAGARD dans son Histoire du Canada, la description est assez semblable et suggère le genre Lépisostée de Lacépède, sauf pour la grosseur.
T amérindien: Chaousarou (mesurant 8 à 10 pieds selon eux)

CHAMPLAIN, SAMUEL DE
SA DÉCOUVERTE DU LAC ET SON HISTORIQUE BATAILLE CONTRE LES IROQUOIS EN 1609

CHAMPLAIN fut " un grand explorateur, plein de ressources et d'énergie, un des plus éminents colonisateurs du continent " dit le poète américain Carlos Williams, et il n'était pas un militaire même s'il dirigea au le Sud du lac 1609 le 1er combat de Français contre la tribu Iroquoise des Agniers (Mohawks). C'est à Québec en automne 1608 qu'il avait songé à mener une expédition exploratoire et punitive en territoire Iroquois. Premier motif, satisfaire à la grande Alliance des Nations conclue 6 ans auparavant à Tadoussac le 27 mai 1603 entre les chefs des Algonquins, Etchemins et Montagnais, rejoints plus tard par les Hurons, et satisfaire PONTGRAVÉ alors commandant en Nouvelle-France, c.a.d. faire la paix avec les Français à condition " de faire la guerre aux Iroquois " . Second motif: CHAMPLAIN vient d'apprendre qu'il doit se rapporter au sieur De MONTS en France et dans ses propres mots " l'informer des choses que je pouvais avoir faites et des découvertes dudit pays. "
De mai au 28 juin 1609 CHAMPLAIN prépare à Québec une grande chaloupe pour lui, 4 officiers dont le pilote LAROUTTE et DESMARAIS le gendre de PONTGRAVÉ, 9 colons et quelques Montagnais " rusés, ils lui ont dit que le chemin pour aller aux Iroquois était des plus faciles " sans mentionner l'existence des rapides de Chambly . Le 3 juillet, rejoints par des troupes amérindiennes, ils partent vers Trois-Rivières où ils rencontrent le gros des troupes amérindiennes, puis a lieu un grand festoiement qui donne l'impression que les Français se sentent en vacances, " nous séjournâmes deux jours et nous rafraîchîmes de bonnes venaisons, oiseaux et poissons que nous donnaient les Sauvages " alors que les Indiens commencent à tergiverser car des dissensions surgissent entre eux, " il n'y eut qu'une partie [60] qui se résolurent de venir avec moi, les autres s'en retournèrent en leur pays. " CHAMPLAIN suivi de 24 canots de Sauvages arrive devant les rapides de Chambly, ses hommes sont découragés parce que la chaloupe est trop encombrante pour un portage, et il réalise alors avoir été mal renseigné par les Amérindiens.
Les blancs retournent en chaloupe à Québec, il n'en reste plus que deux " volontaires ", CHAMPLAIN réfléchit puis " après avoir bien pensé en moi-même, je me résolus d'y aller pour accomplir ma promesse " et sans y être obligé il remonte lui-même les rapides en canot vers le 12 juillet 1609 tandis que les deux blancs et 60 Indiens effectuent à pied le portage des rapides de Chambly, " les hommes que j'avois furent aussi par terre & moy par eau dedans un canot ". On campe à Saint-Jean, on découvre l'île Ste-Thérèse. Le convoi de 63 hommes remonte le Richelieu dans 24 canots et aboutit enfin à " la mer des Iroquois ". " Le lendemain entrasmes dans le lac, où j'y vis 4 belles isles, qui autrefois ont été habitées par les sauvages ". Il s'agit de: Île Lamotte, Île Longue (North-Hero), Grande-Île (South-Hero) et île de Valcour. On longe vraisemblablement la rive ouest (NY) du lac jusqu'à la pointe de Cumberland ou de Valcour, avant de traverser dans la région de Colchester Point.
C'est ensuite la rive est du lac qu'on longe, l'actuel Vermont, si on se fie aux arbres fruitiers que CHAMPLAIN décrit, ainsi il n'y a de noyers qu'au nord de Burlington. Dans une région encore incertaine, 43º de latitude nord selon CHAMPLAIN, probablement Crown Point mais possiblement Ticonderoga, chaque site est disputé par des historiens passionnés; des éclaireurs Montagnais rencontrent des éclaireurs Iroquois le 29 juillet et entreprennent " des palabres de dernière minute afin de décider s'ils allaient livrer combat " . Durant la nuit les deux camps chantent, dansent et crient selon leurs rituels de guerre. CHAMPLAIN demeure médusé devant ces étranges pratiques. A l'aube du 30 juillet 1609 on engage le combat contre quelques 200 Iroquois Agniers (Mohawks). Victoire rapide due aux arquebuses, CHAMPLAIN en braque une et fait feu 4 fois, tuant un chef et deux guerriers. Victoire historique qui allume chez les Agniers un sentiment anti-français qui se fait encore sentir lors des crises à Oka et à Caughnawaga 4 siècles plus tard.
" L'effet est semblable à celui de la bombe atomique sur le Japon. Les Iroquois sont absolument terrifiés. L'homme blanc exploite sa supériorité technique non pas pour aider l'homme rouge mais pour le réduire au rang des colonisés. " On traverse à Chimney Point et ce serait là que CHAMPLAIN donna son nom au lac; les prisonniers sont amenés à un site qui pourrait être l'embouchure de Otter Creek VT (Rivière aux Loutres), pour y être torturés si cruellement que CHAMPLAIN dut en achever quelques uns, les Agniers ne pardonneront jamais cette humiliante défaite aux mains des Français et de leurs alliés Algonquins, " tout en poursuivant leur plan d'extermination des Hurons, les Iroquois s'en prirent bientôt aux colons sans défenses des rives du St Laurent " , ils s'allièrent aux Hollandais et aux Anglais qui eux-aussi possédaient des armes à feu. " Ce fut la seule victoire que les Français remportèrent facilement en Amérique du Nord. Durant les 150 années qui suivirent, les Iroquois ne cessèrent de combattre avec acharnement leurs nouveaux ennemis. "

CONTRECOEUR, FRANÇOIS-ANTOINE PÉCAUDY SIEUR DE

On le retrouve officier parmi la troupe de TRACY rassemblée au fort Ste-Anne en septembre 1666, seigneur de Contrecoeur sur le Richelieu en 1672 . Commandant au fort Saint-Frédéric 1734-36 et 1741-43, seigneur de Pancalon (Grand Isle) 1er juillet 1734, fils de Antoine PÉCAUDY??

DE COURCELLES, DANIEL DE RÉMY
SON EXPÉDITION MANQUÉE, EN PLEIN HIVER 1666

Né en 1626, Sieur de Montigny et de La Fresnaye, il meurt à Toulon le 24 octobre 1698. Nommé gouverneur de Nouvelle-France le 23 mars 1665, débarque à Québec le 12 septembre " ne respirant que la guerre, construit et garnit les forts le long du Richelieu ", puis commande la 2e expédition contre les Agniers dans la même année, encouragé par le commandant TRACY et l'intendant TALON, la 1re expédition ayant été celle de SOREL qui rebroussa chemin après la rencontre des ambassadeurs Agniers. Ses troupes s'avancent en janvier-mars 1666 en direction de l'Iroquoisie sur les bords de la rivière Mohawk dans l'État de NY, " il fallait un courage français et la constance de COURCELLES pour l'entreprendre " car une campagne d'hiver était trop hardie à cause du froid intense et de l'impossibilité d'utiliser le transport maritime quand les eaux sont gelées.
COURCELLES quitte Québec le 9 janvier avec 300 hommes du régiment Carignan-Salières en raquettes pour la 1re fois et " environ une centaine de françois du païs "; on utilise des chiens mastiffs pour traîner le matériel . Le 10 janvier on quitte Sillery et déjà le 13 janvier les engelures commencent ainsi que le mal des raquettes tandis que certains passent près de mourir de froid; on fait escale chez Pézard de La Touche à Champlain avant d'arriver au Cap de la Madeleine le 15 janvier, et le 16 janvier la troupe est accueillie à Trois Rivières par Pierre BOUCHER gouverneur du lieu, " Monsieur Boucher y a donné ordre à tout " ce qui permet un repos de quelques jours, COURCELLES quitte le premier le 17 avec 88 hommes, les autres suivront sous peu.
Le 18 janvier, environ 70-80 capots bleus ou miliciens de Montréal les rejoignent sous Charles LEMOINE, " 80 soldats, 4 officiers & 45 habitans, enfans du païs & volontaires ". Les capitaines LAFOUILLE, MAXIMIN et LOUBIAS/LOBIAC avec une centaine de miliciens se joignent à eux aux Trois-Rivières le 24 janvier. Le 25 janvier on traverse le lac St Pierre jusqu'au fort Richelieu à Sorel par vent glacial. Plusieurs ont des extrémités gelées. Le 29 janvier on quitte le fort St Louis à Chambly avec près de 500 hommes " il part du fort St Louys avec 500 à 600 hommes en tout ". Le convoi arrive au fort Sainte Thérèse (entre Chambly et St Jean) pour attendre la trentaine d'Algonquins, menés par NORMANVILLE, qui malheureusement se sont enivrés et ne sont pas au rendez-vous. COURCELLES commet l'imprudence militaire de quitter sans bons guides le 30 janvier, " le 30 il part du fort Ste-Terese "
Après un arrêt au Fort Sainte-Anne sur l'île La Motte, on suit le lac Champlain, le lac Saint-Sacrement (George), avant de piquer en pleine forêt montagneuses; la troupe atteint la rivière Mohawk vers le 12 février après s'être trompé de chemin à plusieurs reprises et avoir perdu un officier et 10 hommes aux mains d'Agniers embusqués, mais c'est au mauvais endroit " faute de guide n'ayant pas un des Algonquins avec soy, il a pris la route de la Nouvelle Hollande au lieu d'Anniée ". On se retrouve trop à l'est (15-20 lieues ou 60-80 km) des premières bourgades Agniers et à 6 lieues d'Albany, à 3 jours au moins de l'objectif visé. En fait on arrive chez les Hollandais de CORLAER en bordure de Schenectady maintenant sous régime britannique, avec qui on était en paix depuis que Charles II et Louis XIV étaient en bons termes.
Le 15 février COURCELLES apprend que les établissements hollandais sont passés aux Anglais en septembre 1664 et que la Nouvelle-Hollande est devenue l'État de New-York et il ne peut s'empêcher de déplorer " que le roi d'Angleterre met la main sur toute l'Amérique " . On obtient de 3 notables d'acheter des vivres que COURCELLES paie sans hésiter, et de faire soigner 7 blessés aux mains des colons hollandais d'Albany. Les deux partis ignorent, heureusement, que depuis deux semaines la guerre a repris entre la France et l'Angleterre. Le commandant de l'endroit, le sympathique CORLAER, explique que les Agniers sont partis en guerre vers l'Ouest, " Monsieur le gouverneur eut divers entretiens avec le commandant hollandois " et des prisonniers capturés disent que les Agniers sont partis vers le sud.
Vers le 15 on s'engage en direction des Agniers mais on se contente de brûler une cabane, de tuer 4 Iroquois et une vieille femme, tout en perdant 6 hommes par le froid (ils seront scalpés quand les Agniers les trouveront) et 3 faits prisonniers, " deux cabanes iroquoises enlevées auprès d'une bourgade hollandoise à 6 lieues d'Orange, outre 4 iroquois tues en escarmouchant dans la campagne; 6 françois y sont demeurés "; on rebrousse chemin pour revenir au camp près de Schenectady, par prudence, panique, mutinerie, faim et/ou fatigue ou tout à la fois, ne pouvant envisager de franchir encore 15 lieues/60 km dans de telles circonstances .
L'expédition à la recherche d'une confrontation et d'une victoire s'avère donc un échec et, découragé et bredouille, COURCELLES quitte Schenectady NY dès le 21 par un dimanche soir de dégel soudain et de pluie, " on décampa avec précipitation, on marcha toute la nuit & une partie du lundi "; le lundi 22 février en soirée " on rencontra les Algonquins environ 30 que l'ivrognerie avait arresté en chemin, ils apportèrent quelque soulagement aux troupes par la chasse ".
Le retour fut difficile à cause du harcèlement par des Agniers " invisibles " qui se mirent à leurs trousses; les vivres manquent au beau milieu du lac Champlain quand on réalise qu'une cache de vivres préparée à l'aller avait été dérobée, " se trouvant tantost à la fin de ses vivres, estant vers le milieu du lac de Champlain, envoya querir une cache de provisions où les Pères Rafeix & Boquet avaient laissé aussi quelques vivres, en tout environ pour 80 livres, on trouva que tout avait été dérobé ". Une soixantaine de soldats périssent de faim et de froid, " plusieurs sont morts de faim, on n'en sait pas encore le nombre, plus de 60. " Le 8 mars cette armée parvient au fort Saint-Louis (Chambly) dans un état misérable, affamé et fatigué.
On parvient à Québec le 17 mars avec plus d'une centaine d'hommes de moins qu'au départ, sans la gloire du combat, environ 100 tués par les Iroquois, 60 morts de froid et de faim. Certains sont atteints de la cécité ou " mal des neiges " car les réflections du soleil occasionnent des brûlures à la rétine. COURCELLES " retourne à Québec en bonne santé... arriva heureusement à Québec le 17", il avait beaucoup appris de cette nouvelle expérience nord-américaine. L'expédition avait été une erreur, surtout de la conduire en mi-hiver, sans expérience des conditions forestières hivernales prévalentes, sans connaissance des techniques de leurs ennemis, avec des soldats européens non préparés à ces conditions, sans vêtements adéquats, sans transport maritime, chaque raquetteur portant 25-30 livres sur le dos, sans guides amérindiens compétents, sans avoir suffisamment de vivres. Le seul avantage stratégique de l'hiver est d'empècher les Iroquois de se cacher derrière le feuillage.

D
DIESKAU, BARON DE
DÉFAIT AU LAC GEORGE EN 1755

Ce général allemand d'expérience qui avait jadis servi le Maréchal de Saxe, se joint à la France et le 3 mai 1755 quitte Brest en Bretagne pour venir se placer au service du gouverneur VAUDREUIL. Celui-ci l'envoie le 15 août 1755 pour renforcer le fort Saint-Frédéric, cru menacé, et prendre le fort Edward sur la Hudson. Accompagné de 3573 hommes répartis en soldats Français, miliciens Canadiens et Amérindiens, suivant les conseils de ses alliés autochtones, il se dirige plutôt vers le lac George pour attaquer le fort William Henry. Le 4 septembre, DIESKAU laisse la moitié des troupes en garnison au fort Carillon, ce qui s'avérera une erreur stratégique après qu'un prisonnier anglais lui eut fait croire que William JOHNSON n'avait que 500 hommes au fort Edward. Au bout du lac George il attaque JOHNSON le 7 septembre mais en dépit de grandes pertes anglaises c'est un échec.
En effet, les Iroquois de DIESKAU, dont il se méfiait déjà, se tiennent en retrait au moment crucial de l'attaque, les Français perdent 500-600 hommes et, même si JOHNSON est blessé, les Anglais maintenant commandés par son second LYMAN gagnent la bataille le 8 septembre et capturent DIESKAU immobilisé près d'une souche par 3 blessures. L'armée française de quelques 1800 hommes maintenant commandés par MONTREUIL se replie au fort Saint-Frédéric où elle parvient le 11 septembre sans manger depuis 4 jours . Après cette défaite DIESKAU écrit à VAUDREUIL " Je vous avais prédit que les Iroquois n'étaient pas dignes de confiance, j'ai eu le malheur d'avoir raison ".


G
GAUDINOT, ÉTIENNE

Chasseur dans le comté de Clinton NY, il servait d'éclaireur pour la garnison anglaise de Ticonderoga avant 1775. Au début de la guerre d'Indépendance en 1775, Ticonderoga fut capturé, GAUDINOT fut fait prisonnier par les insurgents américains et passa à leur service.

GERMAIN, JOSEPH DE
LE BASTION GERMAIN DU FORT CARILLON (TICONDEROGA )
LA DESCENDANCE DE JOSEPH DE GERMAIN

Origine du nom: Capitaine Joseph de GERMAIN, ingénieur militaire, marié en 1855 à Agnès LEMOYNE de LONGUEUIL fille du Baron. VAUDREUIL avait commandé la construction du fort à LOTBINIÈRE mais avait par la suite demandé à Joseph de GERMAIN sa contribution d'ingénieur militaire durant la construction du fort effectuée en 1755-8. Joseph devait à ce titre être sous les ordres directs de LOTBINIÈRE. VAUDREUIL appréciait les talents de Joseph qui donna en premier le nom de Vaudreuil au fort. JOANNES, dont l'un des 4 bastions porte le nom, était l'adjoint de Joseph de GERMAIN.
En 1756 la construction est toujours en cours, notamment la complétion des bastions La Reine et Germain, les plus exposés aux attaques par voie de terre. En mi-juillet le bastion La Reine fait déjà 13 pieds de haut et porte 11 canons, on présume que le bastion Germain fut complété à la même période. En 1958 le capitaine GERMAIN rédige un plan du " Fort Vaudreuil "; l'original est conservé à Paris, une section est reproduite dans Fort Ticonderoga 1755-1955 par Pell sous le nom " Section of Captain Germain's Map of Fort Vaudreuil ". Quand les Anglais s'emparèrent du Fort, ils exprimèrent leur admiration au sujet du site et de la qualité générale des bâtiments; leurs plans de rénovation suivirent d'ailleurs les lignes directrices de LOTBINIERE et de ses ingénieurs .
Joseph de GERMAIN est aussi capitaine au régiment de la Reine, participe à la fameuse victoire de Carillon du 8 juil 1758, sous les ordres du Colonel de BOURLAMAQUE il commandait 3 piquets (compagnies de 50 hommes prêtes à partir au premier signal.) Voici un extrait du journal de MONTCALM , décrivant le repli des troupes allées sur la rivière La Chute détecter les troupes Anglaises deux jours avant la fameuse bataille: " Le 6 juillet 1758… le sieur GERMAIN rentre au camp après avoir fusillé les berges qui passent à portée de lui. " Il fut à deux doigts d'être scalpé, quelques centaines d'Iroquois rôdaient en effet à proximité au cours des échanges franco-anglais, et en effet, quand des compagnies du régiment de La Reine arrivent en renfort de la garnison du fort Carillon le 22 mars 1756, un sergent est scalpé le même jour… Puis la Nouvelle France passe aux Anglais en 1759 et le couple GERMAIN & Le MOYNE choisit de gagner la France.
Parmi les diverses branches Le MOYNE (Longueuil, Sainte-Hélène, d'Iberville, Maricourt, Bienville, Sérigny etc...) deux subsistent aujourd'hui:
· LONGUEUIL, par les femmes, ce qui est exceptionnel; c'est Louis XIV qui a voulu qu'il se perpétue ainsi pour que le nom de Longueuil ne s'éteigne pas
· SÉRIGNY, par les hommes.
Joseph de GERMAIN, après la campagne du Canada, fut fait baron. La famille de Cyrille de GERMAIN porte ainsi ce titre depuis ce jour et représente actuellement la branche française des LONGUEUIL de la fameuse famille Le MOYNE. Voici sa liste descendante, branche de Longueuil, depuis Agnès Le Moyne. Il reçut aussi le titre honorifique de Chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis.

1ère génération anoblie

François-Joseph de Germain, n 1717 en France de François (doyen des conseillers à la chambre des comptes) & Dauphine De PETIT, de Notre-Dame-des-Tables, Montpellier, Bas-Languedoc; marié à 38 ans; décès 1788 France
m Notre Dame de Montréal 11 décembre 1755
Agnès le Moyne de LONGUEUIL*, n Montréal 1738, jumelle de Louis-Étienne et dernière enfant de Charles III Le Moyne 2e baron de LONGUEUIL & dame Claude Charlotte Lagoes de Grais / de Gray, b 22 janvier 1739 Notre Dame de Montréal. Eurent 7 enfants, 1 seul survivant

*Agnès, mariée à 17 ans, jolie et bien faite aux dires de Joseph, signait " Longueüil Germain ". Parmi les témoins du mariage figurent le Marquis de Vaudreuil et son épouse, Monsieur et Madame de Noyan, le Lieutenant-Colonel de Rocquemaure, commandant de Joseph, et quelques capitaines du Régiment de la Reine. Sur les 7 enfants qu'Agnès mit au monde, un seul survécut, et il connut les affres de la Révolution Française. Alors veuve habitant Etampes au sud de Paris, elle opposa une résistance farouche aux Révolutionnaires de 1789. Lieu et date du décès non retracés.

2e génération

Marie-Jean-Baptiste-François-Mathieu De Germain, n 1761, décès 1818
Adélaïde-Marie-Thérèse des Mazis n 1765 décès 1819. Au mariage témoin de l'épouse, Joseph Pierre de Vigny, ascendant du poète Alfred de Vigny. En 1791 le couple poursuivi par les révolutionnaires arrive dans le plus grand dénuement à la Cour des émigrés en Allemagne

3e génération

François Ernest De Germain n 1796 Brunswick, Allemagne durant l'exil, eut comme parrain au b François Balthazar baron de Hoheneck, valet de chambre du Sérénissime Duc de Brunswick; décès non retracé
Émilie Lozé n 1803, décès 1826 à 23 ans

4e génération

Ange Ernest De Germain n 1825 décès 1900, un royaliste convaincu
Marie Cécile Lemaire de Beaumarchais n 1826 décès 1892

5e génération

Marie-Henri De Germain n 1852 décès 1897, zouave pontifical jusqu'à la dissolution de la Légion des Volontaires de l'Ouest.
Pauline Amélie Alanche n 1854 décès 1941, dont le père eut comme collègue Henri Rousseau dit le douanier Rousseau, peintre primitif. Pour l'anecdote: un jour l'artiste donna à M. de GERMAIN une de ses toiles qui, n'en connaissant pas la valeur, s'empressa de la mettre au rebut.

6e génération

Gaston De Germain, né 1890, décès 1926
Émilienne Pontio, n 1892, décès 1956, sa mère Isabelle était une chanteuse unanimement reconnue v 1900 sous le pseudonyme de Miette, et se produisit souvent en public et même à la cour du Tsar de Russie Nicolas II

7e génération

Xavier De Germain, né 1920, décès 2000
Mariage 1950
Marguerite Cockenpot, née 1923 décès 1999, cousine de Francine Cockenpot dont les chansons devinrent très populaires en France; elle occupera des fonctions à caractère social à l'ONU et à l'UNESCO.

8e génération

Cyrille de Germain
Mariage 1981
Chantal de Joannis de Verclos, cousine de Gérard d'Abboville qui traversa à la rame le Pacifique et l'Atlantique


GOSSELIN, LES FRÈRES LOUIS ET CLÉMENT

Voici l'histoire de deux colons d'origine française, passés du côté Américain, pionniers de la région de Point au Roche NY. Fils de Gabriel & Geneviève CRÉPEAU, Louis fut baptisé le 4 septembre 1744 Sainte Famile I.O. et Clément est né à Sainte-Famille I.O. le 12 juin 1747.
Louis épouse Anastasie BOURGEOIS le 29 avril 1771 à Montréal. Le 5 mai 1775 à Sainte Anne de la Pocatière, Louis est parrain au b de Geneviève GOSSELIN fille de Clément & Marie DIONNE.
Clément se marie 3 fois:
1er m La Pocatière 22 janvier 1770 à Marie-Beuve DIONNE dit Sansoucy (Germain & Louise BERNIER)
2e m Longueuil 15 janvier 1787 à Charlotte OUIMET (Ignace & Marie-Amable PIEDALUE dit Laprairie)
3e m à Chazy début 1791 devant le juge de paix James Murlock McPHERSON ex-lieutenant régiment HAZEN, à M-Catherine MONTY (François & M-Josèphe Bergevin dit Langevin), lieutenant du régiment LIVINGSTON; ce 3e mariage fut réhabilité à Saint-Hyacinthe 12 mai 1791 par le curé J.B. DUROUVERAY, autrefois de l'île d'Orléans, après présentation d'une dispense obtenue le 5 avril 1791. Une fille Geneviève GOSSELIN est baptisée le 20 septembre 1804 par le curé BÉLAIRE de la paroisse de Saint-Luc
1775 à l'automne, dans le contexte de l'invasion américaine Clément offre ses services au général américain MONTGOMERY à Québec, s'enrôle en décembre, participe à une attaque à la Rivière du Sud contre le royaliste Seigneur de BEAUJEU " qui volait au secours de Québec avec un fort détachement de Canadiens et fut entièrement mis en déroute par une bande de soldats américains et un corps de volontaires canadiens "
1775 du 8 décembre à mai 1776, Clément participe au siège contre le gouvernement anglais de Québec. Les américains se retirent à Montréal en mai à l'arrivée à Québec d'une flotte Anglaise, Louis est fait prisonnier près de deux ans, s'évade pour rejoindre l'armée américaine le 26 juillet 1778 à White Plains NY
1776 le 4 mars Clément est promu capitaine dans le nouveau régiment de HAZEN, Louis devient lieutenant (Compagnie White)
Suite à la déroute et la mort de MONTGOMERY devant Québec le 31 décembre 1775, Clément et son beau-père Germain DIONNE (riche habitant de La Pocatière qui fournissait des vivres à l'armée américaine avec profit) se retirent à La Pocatière en 1776-7 probablement refugiés dans les bois. La visite du ll juillet 1776 des inspecteurs de Guy CARLETON ? Messieurs BABY, TASCHEREAU et WILLIAMS ? à Cap St Ignace (immédiatement au nord de Montmagny) est révélatrice de l'allégeance des familles Gosselin et Dionne:


" LE CAPITAINE DE MILICE AUGUSTIN BERNIER A ÉTÉ CASSÉ… IL PRÊTA SERMENT DE FIDÉLITÉ AU SERVICE DES REBELS À LA DEMANDE DE CLÉMENT GOSSELIN QUI LE FIT RECONNAÎTRE POUR CAPITAINE ET LUI RETIRA LA COMMISSION QU'IL AVAIT REÇU DU GÉNÉRAL CARLETON… BAPTISTE DION FUT NOMMÉ ENSEIGNE AUSSI PAR LE DIT CLÉMENT GOSSELIN QUOIQUE ABSENT DANS LE MOMENT DANS L'ASSEMBLÉE DE LA PAROISSE… PAR ORDRE DU SIEUR CLÉMENT GOSSELIN LA PAROISSE A FAIT TROIS FEUX POUR SERVIR DE SIGNAL AUX REBELS À L'OCCASION DES VAISSEAUX… OBSERVATIONS: GERMAIN DIONNE, CLÉMENT GOSSELIN SONT DEUX FAMEUX REBELS QUI ONT aIDÉ ET aSSISTÉ LES ENNEMIS DU GOUVERNEMENT DE TOUT LEUR POUVOIR. ILS ONT SOULEVÉ DES ESPRITS, ENGAGÉ DU MONDE POUR LE SERVICE DU CONGRÈS, BAFFOUÉ ET MENACÉ LES ROYALISTES.
LE DIT SIEUR CLÉMENT GOSSELIN NE S'EST PAS CONTENTÉ D'UNE TELLE CONDUITE SEULEMENT DANS CETTE PAROISSE, IL A PARCOURU TOUTES LES AUTRES JUSQU'À LA POINTE LÉVY [LAUSON] PRÊCHANT LA REBELION PARTOUT, EXCITANT À PILLER LE PETIT NOMBRE DES ZELÉS SERVITEURS DU ROY ET À LES FAIRE ARRÊTER; LISANT LUI MÊME AUX PORTES DES ÉGLISES ET fORÇANT QUELQUEFOIS LES OFFICIERS DU ROY À LIRE LES ORDRES ET PROCLAMATIONS DES REBELS. IL PASSAIT POUR OFFICIER AMBULANT DU CONGRÈS [AMÉRICAIN] ET EN CETTE QUALITÉ RECRUTAIT ET ÉTABLISSAIT QUELQUES FOIS DES OFFICIERS. CE FAMEUX SCÉLÉRAT aINSI QUE GERMAIN DIONNE N'ONT POINT PARU DEPUIS LA DÉROUTE DES REBELS [DEVANT QUÉBEC]...
LE NOMMÉ JOSEPH DIONNE NOTAIRE A COMMANDÉ UNE ASSEMBLÉE POUR INVITER LES GENS DE CETTE PAROISSE À S'ENGAGER POUR LE CONGRÈS [AMÉRICAIN]. IL A SERVI DE GREFFIER DANS LES INTERROGATOIRES FAITS PAR GERMAIN DIONNE SON NEVEU ET CLÉMENT GOSSELIN GENDRE DE GERMAIN DIONNE À L'OCCASION DE L'ÉVASION DE MRS RIVERIN BLONDIN ET fERRÉ… LOUIS GOSSELIN EST DU NOMBRE DES PLUS SÉDITIEUX ET DES PLUS AFFIDÉS AUX REBELS… VOICI DES NOMS DE CEUX QUI SE SONT ENGAGÉS AU SERVICE DES REBELS SUR LE NOMBRE DESQUELS QUELQUES UNS ÉTAIENT À L'ACTION PASSÉ À ST PIERRE: LE FILS DE GERMAIN DIONNE, LE FILS D'AUGUSTIN DIONNE, LOUIS GOSSELIN, LE FILS DE JOSEPH DIONNE…


1777, en octobre Clément est emprisonné à Québec jusqu'à l'hiver 1778
1778, au printemps, les deux frères GOSSELIN et Germain DIONNE traversent aux ÉU à travers bois avec un guide amérindien le long de la rivière Connecticut pour joindre l'armée américaine de George WASHINGTON à White Plains NY; Louis arrive le 26 juillet; ils serviront jusqu'en juin 1783, Louis est alors enseigne sous HAZEN.
1778 et 1780, WASHINGTON " ayant entendu parler de sa bravoure [la famille GOSSELIN] et de son intrépidité aussi bien que de son dévouement aux principes de la Révolution, les chargea de remplir plusieurs importantes missions au Canada " et envoie les GOSSELIN " en service secret " au Canada pour recruter des sympathisants à la cause Américaine. Ils montent par le lac Champlain et le Richelieu et reviennent à travers les forêts inhabitées du Maine. A son retour aux ÉU, Louis sert dans la compagnie OLIVIA.
Quand le général français marquis de LAFAYETTE venu de Paris appuyer les insurgents américains à la bataille de Yorktown, y commande une des ailes, les frères GOSSELIN sont là; Clément est capitaine dans le 2e régiment Canadien de HAZEN et le 4 octobre il est grièvement blessé; à 14h00 le 19 octobre 1781 le britannique CORNWALLIS doit se rendre au général américain WASHINGTON, c'est la victoire des insurgents. " LAFAYETTE fit l'éloge du sang-froid et de la bravoure déployée par le 2e régiment canadien de HAZEN pendant cet héroïque combat, ce petit bataillon de braves en était réduit à 250 hommes " Louis avait aussi participé aux batailles de Elizabethtown et de Morrisania.
1783 en juin, Clément est promu major et licencié honorablement, Louis est licencié à New Windsor NY; LAFAYETTE félicite les deux régiments de Canadiens dont les GOSSELIN faisaient partie. - Membres fondateurs à Newburgh-on-the-Hudson, tout comme François MONTY et Germain DIONNE, de l'Ordre de Cincinnati décerné aux officiers de la guerre de l'Indépendance; le général George WASHINGTON en fut le 1er président; ce cercle restreint ne durera pas longtemps. ? En juillet ils partent avec 8 ex-soldats du régiment de HAZEN et Benjamin MOOERS; ce dernier se fit le promoteur de la colonisation de Point au Roche en s'y installant et en rachetant les billets de concessions des vétérans préférant aller défricher ailleurs. Le groupe est à Newburgh puis Fishkill Landing sur la Hudson et se rend à la voile et en portage, quitte Poughkeepsie le 26 juillet dans un bateau, arrive à Albany le 29 , est joint par John LAFAMBOISE, emprunte la Hudson le 31, le 2 août se retrouve à Fort Miller et le 3 à Fort Edward. On joint par portage le lac George et on navigue sur le lac Champlain jusqu'à Point au Roche. Le 10 août, ils deviennent les pionniers du comté de Clinton. LAFRAMBOISE se rend à Chazy et y construit sa maison de bois en 10 jours.
1784, les GOSSELIN deviennent les 1er maçons de Champlain en y construisant la 1re maison de pierre; se regrouperont autour d'eux dans la région les Antoine PAULIN, JB LAFRAMBOISE, François MONTY, André PÉPIN, Amable BOILEAU, Théodore CHARTIER, Pierre AYOTTE, etc.
1787, Louis " reçoit en prime 1000 acres de terre dans les environs de Champlain "
1790, Louis est recensé à Champlain avec épouse, deux filles, 1 garçon de moins de 16 ans.
1812 le 12 octobre à Chambly, Louis assiste au mariage de sa fille Sophie à François ROBERT. Il ne participe pas à la guerre Canado-Américaine de 1812
1816, décès de Clément??
1819 en juin, Louis perçoit une pension de 20US$ comme vétéran; recensé à Champlain 1819-20 avec épouse et sa petite fille Constance LAFONTAINE, toujours actif comme maçon
1823 le 7 août, Louis meurt à Champlain

H
HAZEN, MOSES

Selon DEMERS que nous résumons ici, il est né 1er juin 1733 Haverhill MA, peut-être d'origine hollandaise, possiblement juive. Le colonel HAZEN, un brave militaire qui participe à l'expédition de 1756 contre Saint-Frédéric, au siège de Louisbourg en 1758 et à celui de Québec avec WOLFE; son rôle à la bataille du 20 avril 1760 lui vaut d'être promu lieutenant. Il quitte l'armée et se joint à CHRISTIE qui " est en train de devenir le plus grand propriétaire foncier du Canada ". Installé comme marchand à d'Iberville en 1763, acheteur le 2 août 1764 avec CHRISTIE de la concession de BLEURY et SABREVOIS, il y établit des colons, deux moulins, une maison seigneuriale, puis se lance dans le commerce du bois et l'exploitation minière. Pour fournir des mâts à la Marine britannique en 1767, son associé McKAY et lui " dirigeaient par flottage de la région du lac Champlain vers Montréal 200 troncs d'arbres qui furent saisis par Benjamin PRICE et Daniel ROBERTSON, lesquels prétendaient qu'ils provenaient de leurs terres. "
" Jamais à court d'expédients, souvent à court d'argent, les jugements pleuvent sur sa tête... CHRISTIE perd confiance et prend jugement contre lui, obtient le partage en deux de leur seigneurie, HAZEN reçoit le territoire de la ville d'Iberville, la plupart des terres de Saint-Jean, le Sud de la seigneurie de BLEURY, une terre à Saint-Luc, la moitié du terrain du fort ".
Parfait bilingue, il épouse Charlotte Daniau de LASAUSSAYE à Montréal le 5 décembre 1770; elle suivit son mari aux ÉU et mourut à Troy NY. Par sagesse il quitte les mines et le bois et se consacre à l'agriculture. Mais quand survient la révolution américaine il penche de leur côté en 1775. Il abandonnera ses vastes domaines et son épouse le suivra . Il participe à l'attaque contre Saint-Jean le 18 septembre et est fait prisonnier, CARLETON le fait embarquer sur le Gaspé , mais aussitôt délivré par les Américains, il passe l'hiver 1776 à Montréal qui est alors sous contrôle américain.
En janvier 1776 il visite le Congrès américain qui le nomme colonel du 2e régiment nommé Congress Own's, imitant ainsi LIVINGSTON qui vient de lever le 1er régiment canadien-français pro-américain . Il formule au Congrès de nombreuses recommandations pour faire pencher les canadiens du côté américain, l'une d'elles est d'envoyer des commissaires infuents et le 15 février Benjamin FRANKLIN , Samuel CHASE et Charles CARROLL arrivent à Saint-Jean le 28 avril et séjournent à Iberville dans la maison de HAZEN où ils sont très bien reçus par une canadienne-française. Du 20 mars au 18 avril HAZEN est commandant militaire de Montréal pour les forces révolutionnaires. Son successeur est ARNOLD qui devra abandonner Montréal le 15 juin suite à l'arrivée à Québec en mai de troupes anglaises et allemandes pour combattre les insurgents américains.
Forcé de quitter, ARNOLD pille Lachine puis ordonne à HAZEN de superviser le pillage des marchandises dans les magasins de Montréal; celui-ci refuse d'obéir, ARNOLD le poursuivra mais perdra son procès. HAZEN participe généreusement à la guerre d'indépendance de 1776 à 1783 , est nommé brigadier général le 29 juin 1781, se retire sur une concession accordée au Vermont, meurt à Troy NY le 30 janvier 1802 (ou 5 février 1803 ) et est inhumé le 8 fvérier à Albany.
HAZEN, MOSES, officier, fonctionnaire, propriétaire foncier, seigneur et marchand, né le 1er juin 1733 à Haverhill, Massachusetts, troisième enfant de Moses Hazzen, marchand, et d'Abigail White; le 5 décembre 1770, il épousa à Montréal Charlotte de La Saussaye, et ils n'eurent pas d'enfants; décédé le 5 février 1803 à Troy, New York, et inhumé le 8 février à Albany. Moses Hazzen s'enrôla dans une unité coloniale américaine en 1755, et, selon l'historien Francis Parkman, il servit cette année-là, sous les ordres du lieutenant-colonel Robert Monckton*, au fort Beauséjour (près de Sackville, Nouveau-Brunswick). En 1756, il se trouvait au lac Saint-Sacrement (lac George, New York). Sorti de l'armée l'année suivante, il expédia à Halifax des vivres et du matériel en vue de l'attaque britannique projetée contre Louisbourg, île Royale (île du Cap-Breton). Le 7 avril 1758, il reçut une commission de lieutenant en premier dans la compagnie de John McCurdy, au sein des rangers de Robert Rogers*, et il combattit, sous les ordres du général de brigade James Wolfe*, lors de la prise de Louisbourg. Il passa l'hiver au fort Frederick (Saint-Jean, Nouveau-Brunswick) et, ayant succédé à McCurdy comme commandant de sa compagnie en janvier 1759, il mena un raid contre Sainte-Anne-du-Pays-Bas (Fredericton, Nouveau-Brunswick) le mois suivant; il brûla l'établissement et fit des prisonniers, dont Joseph Godin*, dit Bellefontaine, et dit Beauséjour, qui avait été une épine au flanc des Britanniques. Ce raid valut à Hazen le grade de capitaine. En 1759, sa compagnie faisant partie de l'expédition contre Québec, Hazen transporta sur ce front le style brutal de la guerre de partisans pratiqué par Rogers, se portant hardiment volontaire, avec ses hommes, pour des expéditions dans les campagnes environnant Québec. Il était occupé à une action de ce genre quand survint la bataille des plaines d'Abraham, le 13 septembre. Pendant que les Britanniques attendaient, à l'intérieur des murs de Québec, la fin de l'hiver de 1759-1760, les audacieuses sorties de Hazen impressionnèrent le général de brigade Murray*. Ayant subi une mauvaise blessure à la cuisse pendant la bataille de Sainte-Foy, en avril 1760, Hazen fut par la suite obligé d'abandonner sa compagnie de rangers. Le 21 février 1761, sur la recommandation de Murray, qui lui attribuait " tant de tranquille bravoure et une si bonne conduite [qu'elles] lui donneraient justement droit à toute récompense militaire qu'il pourrait demander ou réclamer ", Hazen reçut l'autorisation d'acheter, au prix de 800 guinées, une commission de lieutenant dans le 44e d'infanterie. De 1761 à 1763, son régiment fut mis en garnison à Montréal, et, quand il fut réduit à neuf compagnies, en 1763, Hazen prit sa retraite, à la demi-solde. Hazen s'établit à Montréal; en 1765, il fut nommé juge de paix par Murray. Deux ans plus tard, il était membre du jury d'accusation dans le procès pour tentative de voies de fait intenté à Thomas Walker*. Entre-temps, il avait commencé à faire l'acquisition de terres, tant pour la colonisation que pour la spéculation. Au début des années 1760, il obtint deux actions, comme propriétaire, dans deux petites villes du New Hampshire, de même que la concession d'une autre petite ville, plus tard connue sous le nom de Moortown (Bradford, Vermont). En 1764, il était au nombre des officiers britanniques et autres associés qui formèrent une compagnie, connue plus tard sous le nom de Saint John River Society, aux fins d'acquérir de vastes étendues de terre dans la vallée de la Saint-Jean (Nouveau-Brunswick) [V. Beamsley Perlons Glasier*]. La même année, Hazen et le lieutenant-colonel Gabriel Christie* achetèrent conjointement les seigneuries de Sabrevois et de Bleury, sur la rive est du Richelieu, de même que cinq fermes sur l'emplacement de Saint-Jean (Saint-Jean-sur-Richelieu). Tous deux devinrent alors les maîtres de la riche vallée du haut Richelieu. Christie avait fourni la plupart des capitaux, mais il s'absentait pour de longues périodes; Hazen exploita avec acharnement leurs propriétés, défrichant, établissant des colons, construisant deux scieries et bâtissant un manoir là où se trouve aujourd'hui Iberville. Sa nomination, par Murray, en 1765, comme sous-inspecteur des forêts du roi facilita à Hazen son entrée dans le commerce du bois. En 1766, il signa une entente personnelle avec Samuel McKay, inspecteur adjoint de la marine au Canada, et avec un fournisseur londonien de la marine, John Henniker, s'engageant à fournir un grand nombre de mâts. Les exigences relatives à la qualité des mâts étaient telles que Hazen et McKay durent probablement couper des arbres sur des terres où ils n'avaient aucun titre; en 1767, ils dirigeaient par flottage, de la région du lac Champlain vers Montréal, 200 troncs d'arbres qui furent saisis par Benjamin Price* et Daniel Robertson, lesquels prétendaient qu'ils provenaient de leurs terres. À partir de 1766, Hazen fut sans cesse devant les tribunaux, au sujet d'un certain nombre d'affaires commerciales. En octobre de cette année, un marchand de Saint-Jean, Joseph Kelly, publiait dans la Gazette de Québec une lettre accusant Hazen d'avoir " d'une manière infâme séduit " sa femme, pendant qu'il s'était absenté pour ses affaires, en juillet, et de l'avoir ensuite fait lui-même emprisonner à Québec pour une dette inexistante, quand il s'était rendu dans cette ville pour obtenir réparation. En 1766, les coûteux projets de mise en valeur de Hazen avaient amené Christie à imposer de strictes limites à l'activité de son trop pressé et ambitieux associé, lequel, cependant, fut porté à les interpréter à sa façon. Il s'endetta lourdement dans les seigneuries, si bien qu'en 1766 il en hypothéqua sa moitié à Christie pour la somme de £800. Il continua d'emprunter fortement et obtint £2 000 de son frère William et de l'associé de ce dernier, Leonard Jarvis. En 1770, Christie demanda avec insistance le partage de leurs propriétés. Hazen eut la partie située dans le fort Saint-Jean et les environs, ainsi qu'une ferme sise non loin de là, et la moitié sud de Bleury, avec le manoir; il devint alors seigneur de Bleury-Sud. À l'automne de la même année, on annonça la vente aux enchères, sous l'autorité du shérif, de certains de ses biens et de ses bestiaux; le printemps suivant, des terres appartenant à Hazen furent vendues aux enchères, sous l'autorité du shérif, en vue de rembourser une dette contractée envers Joseph Fleury* Deschambault. Ces coups durs n'empêchèrent pas Hazen de pousser la mise en valeur de sa seigneurie: il y construisit une forge, une fabrique de potasse et une deuxième scierie, pour remplacer celle qui était passée à Christie lors du partage de leurs propriétés. En 1773, il adressa une requête à Guy Carleton pour l'obtention d'une grande étendue de terre joignant Bleury-Sud à l'est, de même que d'une seigneurie pour son frère William et d'une autre pour Jarvis; aucune de ces demandes ne fut satisfaite avant le début de la Révolution américaine, en 1775. Alarmé des premières nouvelles d'une rébellion ouverte dans les colonies du Sud, Hazen, en février 1775, rendit visite à Carleton, à Québec; le gouverneur, qui le décrivit comme un officier brave et expérimenté, le recommanda pour une commission, et, en mars, il l'envoya, porteur de dépêches, au lieutenant général Thomas Gage*, à Boston. Deux mois plus tard, Hazen apportait à Carleton la nouvelle de la descente de Benedict Arnold contre le fort Saint-Jean. Puis il retourna dans sa seigneurie, et, comme des terres étaient situées le long d'une route qu'emprunteraient probablement les envahisseurs américains, il passa l'été à réfléchir à sa situation. Par tempérament, Hazen était incapable de rester neutre, mais sa décision, quant à la cause qu'il embrasserait, serait fondée en bonne partie sur les chances de chacun des belligérants, et dès lors sur le sort ultime de ses propriétés. À l'automne de 1775, les Américains entreprirent d'envahir le Canada par deux voies différentes; une armée entra dans la colonie en empruntant la vallée du Richelieu [V. Richard Montgomery*] ais elle devait d'abord reprendre le fort Saint-Jean, dont les défenses avaient été affermies sous les ordres du major Charles Preston. Hazen reçut de Carleton l'autorisation de lever des troupes et de rejoindre Preston, mais, non encore fixé sur le côté auquel il se rallierait, il tergiversa. Peut-être dans l'espoir de détourner la menace de l'invasion, qui ne pouvait que ravager ses terres, plutôt que de se rapporter à Preston, il rendit visite au commandant américain, Philip John Schuyler, et l'entretint des chances de réussite peu reluisantes des Américains. En conséquence, un conseil de guerre décida d'abandonner le projet d'invasion; mais cette décision fut renversée quand James Livingston*, Américain vivant à Chambly, décrivit la situation sous un jour de beaucoup plus favorable. À cause de sa conduite équivoque, Hazen fut arrêté par un détachement américain, qui dut l'abandonner, toutefois, lors de l'approche d'une unité britannique, qui l'arrêta à son tour. Preston envoya Hazen à Carleton, à Montréal, où il fut emprisonné sous surveillance étroite, après, selon ce qu'il devait déclarer plus tard, avoir refusé les offres du gouverneur de prendre le commandement d'un régiment britannique ou de rentrer en Grande-Bretagne pour la durée de la guerre. À la suite de la prise du fort Saint-Jean le 3 novembre, Carleton fut obligé de quitter précipitamment Montréal pour Québec; il prit Hazen avec lui, mais quand il vint bien près d'être fait prisonnier en route, il dut le laisser aux Américains. Dès lors, et sans doute possible, engagé du côté américain, Hazen participa au siège de Québec. Après l'échec de l'attaque désespérée de Montgomery contre la ville, le 31 décembre 1775, on envoya Hazen et Edward Antill, Américain qui vivait à Québec et qui en avait été expulsé par Carleton, auprès du second Congrès continental de Philadelphie, porter la nouvelle de la mort de Montgomery et demander des renforts. Le Congrès décida de lever deux régiments canadiens de 1 000 hommes chacun. On donna le commandement du premier à Livingston et on offrit à Hazen le commandement du second, avec le grade de colonel. On vint à bout de ses hésitations en lui garantissant une compensation pour la perte de sa demi-solde britannique et en lui donnant l'assurance que ses propriétés canadiennes ne seraient pas confisquées par les Britanniques, puisque l'invasion américaine ne pouvait que réussir. Hazen retourna à Montréal et commença le recrutement, en concurrence avec Livingston, offrant l'équivalent de 40ª à ceux qui s'enrôlaient, plus une solde mensuelle. Le marchand James Bell était l'un de ses recruteurs dans la vallée du Richelieu. Au départ, Hazen eut du succès auprès des dissidents canadiens, mais le recrutement fléchit, en conséquence, affirma Hazen, de la mauvaise conduite des militaires et des civils américains au Canada, du trop petit nombre de troupes dans la colonie et des paiements faits en argent de papier et en certificats que les quartiers-maîtres refusaient ensuite d'honorer. À la fin de février, Hazen avait 150 soldats; un mois plus tard, il n'en avait encore que 250. Même l'engagement, à titre d'aumônier, du jésuite Pierre-René Floquet*, dans une tentative pour venir à bout de l'attitude de l'Église qui dissuadait les gens de s'enrôler, n'eut pas beaucoup d'effet. À la fin de mars 1776, Hazen prit le commandement de Montréal, le général de brigade David Wooster ayant reçu l'ordre de remplacer Arnold devant Québec. Peu après son arrivée à Montréal, Arnold envoya Hazen assumer le commandement des forts Saint-Jean et Chambly; Hazen devait aussi préparer une ligne de retraite pour les Américains, le long de la vallée du Richelieu. Son expérience des Canadiens le poussa à écrire, en mai, au général de brigade John Sullivan, qui était à préparer une dernière tentative de résistance à Sorel: " Ne comptez sur aucune aide véritable de la part des Canadiens que vous êtes en train de rassembler.- Je les connais bien; soyez certain que, dans notre situation actuelle, ils nous laisseront à l'heure des difficultés [...] Qu'avons-nous à espérer d'une poignée d'hommes comme ceux-là contre ce qu'on reconnaît comme les meilleures troupes du monde? " En juin, au moment où Hazen se joignit à ceux qui battaient en retraite, en fuyant le Canada, des 477 hommes, au maximum, qu'il affirmait avoir recrutés, seulement 175, environ, le suivirent. Le régiment de Hazen, augmenté de recrues venant des colonies américaines, demeura intact pendant tout le cours de la révolution. Il participa au combat à l'île Staten, dans la colonie de New York, à Brandywine, en Pennsylvanie, à Germantown (Philadelphie) et à Yorktown, en Virginie, se faisant une excellente réputation. Hazen était l'un de ceux qui insistaient le plus en faveur d'une deuxième invasion du Canada, et, en janvier 1778, il fut nommé sous-quartier-maître général d'une armée d'invasion que devait commander le marquis de La Fayette; mais le projet fut abandonné le 13 mars. En septembre 1778, Hazen lança quand même une nouvelle campagne pour une invasion du Canada [V. sir Frederick Haldimand], et, l'année suivante, le régiment de Hazen construisit une route, dans cette éventualité, appelée Hazen Road, à travers le nord-est du Vermont et en direction de la baie de Missisquoi, mais la seconde invasion ne se produisit jamais. Hazen lutta pour la promotion et les prérogatives de ses hommes, multipliant les requêtes au général George Washington et au Congrès, mais ne réussit qu'à obtenir, pour lui-même, un brevet de général de brigade, en 1781. Les hommes de Hazen allèrent en congé en juin 1783, et le régiment fut licencié en novembre. Les soldats canadiens rejoignirent leurs familles dans des camps de réfugiés à Albany et à Fishkill, dans la colonie de New York, où ils reçurent des rations du Congrès; certains retoumèrent graduellement au Canada [V. Clément Gosselin]. Avant la fin de la guerre, Hazen avait essayé d'obtenir des concessions de terre pour eux, et, bien que le Congrès n'eût rien fait, la colonie de New York créa la Canadian and Nova Scotia Refugee Tract le long du lac Champlain. En 1786, les réfugiés s'installaient sur leurs nouvelles terres. Après la guerre, Hazen livra un combat de tous les instants contre le Congrès afin d'obtenir compensation pour ses pertes au Canada, pour ses dépenses occasionnées par le recrutement et le maintien de son régiment, et pour la perte de sa demi-solde britannique. Son domaine avait été pillé par les deux armées, et, pendant la retraite de 1776, son manoir avait été rasé pour empêcher qu'il ne servît aux Britanniques. En 1783, les terres de la Saint John River Society, y compris celles de Hazen, furent confisquées. L'année suivante, Gabriel Christie le poursuivit avec succès devant la Cour des plaids communs de Montréal et obtint la somme de £1 900 (cours d'Angleterre). Il fit arrêter Hazen deux fois, à New York, pour dettes, et, en août 1785, il fit saisir ses propriétés de la vallée du Richelieu pour vente aux enchères sous l'autorité du shérif. Hazen gagna sa cause en appel, mais vit le jugement annulé par le Conseil privé britannique. En 1790, à une vente aux enchères faite sous l'autorité du shérif, Christie acquit Bleury-Sud et quelques-uns des autres lots de Hazen dans les environs de Saint-Jean. En dépit de ses dettes et de ses revers, Hazen avait de grands projets de spéculation foncière et de colonisation aux États-Unis; tout cela n'aboutit à rien, en particulier après qu'une attaque en 1786 l'eut rendu invalide pour le reste de ses jours. En 1787, il s'établit à New York; il alla ensuite se fixer à Troy. Pendant les années qui suivirent la guerre, il eut des relations d'affaires cordiales avec James Bell, au Canada. Mais, en 1790, après avoir pendant des années adressé en vain des requêtes au Congrès en vue d'être remboursé des 6 000 $ qu'il avait personnellement avancés pour la cause américaine, Bell poursuivit Hazen pour la somme de 826 $, représentant des avances garanties par Hazen. Ayant gagné sa cause, Bell fit saisir, en 1794, une partie des terres de Hazen dans le comté de Clinton, New York, dont 1 000 acres dans la Refugee Tract et une ferme modèle que Hazen avait mise en valeur sur les rives du lac Champlain. Dans les 20 dernières années de sa vie, Hazen fut arrêté 14 fois pour dettes et il intenta autant de procès. Un tribunal le déclara non sain d'esprit en 1802; il n'en fut pas moins arrêté deux fois pour dettes quelques semaines seulement avant sa mort, le 5 février 1803. Théoriquement, il mourut riche, mais sa veuve fut incapable de percevoir, avant sa mort en 1827, des réclamations se montant à 42 000 $ à l'endroit du Congrès et de particuliers. L'exécuteur testamentaire de Hazen obtint finalement du Congrès le règlement de certaines de ces réclamations. Comme soldat, Moses Hazen avait fait montre d'extraordinaires qualités de chef. Combatif, il était heureux dans le feu de l'action. Courageux et impétueux, il fut aussi, tout au long de sa vie, infatigable, déçu par les obstacles, entêté et hypersensible quant à son honneur. En 1790, le secrétaire américain à la Guerre, Henry Knox, parlait ainsi de lui: " le malheureux Hazen [...] la nature l'a doté du caractère le plus obstiné qui eût jamais affligé l'humanité ". Fonceur, Hazen était plus encore mû par le besoin d'agir, mais il ne parvint jamais à donner à sa vie une direction précise.Allan S. Everest Pour une bibliographie détaillée sur Moses Hazen voir Allan Seymour Everest, Moses Hazen and the Canadian refugees in the American revolution (Syracuse, N.Y., 1976). Aux sources imprimées mentionnées dans cet ouvrage on peut ajouter les suivantes: " Inventaire des biens de Luc Lacorne de Saint-Luc ", Jean-Jacques Lefebvre, édit., ANQ Rapport, 1947-1948: 62; " l'Outrage Walker, 1764 ", APC Rapport, 1888: 14; " Pierre du Calvet ", Lefebvre, édit., ANQ Rapport, 1945-1946: 367; Vital records of Haverhill, Massachusetts, to the end of the year 1849 [...] (2 vol., Topsfield, Mass., 1910-1911), 1: 167.


J
JOGUES, LE PÈRE ISAAC
Né à Orléans le 10 janvier 1607, devient Jésuite, arrive à Québec le 2 juil 1636, quitte Trois-Rivières le 1er août puis 8 août 1642 est capturé dans une embuscade par 70 Iroquois à l'embouchure du Richelieu au lac Saint-Pierre, torturé par des Iroquois à l'île la Motte VT puis à Cole Island NY où il est " bastonné, lapidé, brûlé, mutilé, suspendu à des poteaux, couvert d'ordures "; on arrache ses cheveux, sa barbe et ses ongles avant de mâcher ses doigts ; il passe devant Ticonderoga (premier blanc à le faire), est conduit en contrée Mohawk, est gardé 13-14 mois comme esclave dans une famille amérindienne, traîné d'un village à l'autre et maltraité par femmes et enfants; durant un voyage de pêche au lac Saratoga, les Iroquois qui ont emmené Jogues avec eux s'arrêtent à Shenectady où il est rançonné le 31 juil 1643 pour 200 piastres offerts par le magistrat hollandais compatissant Arendt von CORLAER, le ministre Luthérien Jan MEGAPOLENSIS (Jacob Jensen) et Jacques LABADIE.
On le ramène à Manhattan d'où par bateau il gagnera l'Angleterre grâce aux Hollandais, pour enfin rentrer en France suite à l'intervention de la reine Anne?? . Le Pape lui accorde alors la permission de célébrer la messe sans tous ses 10 doigts. Il revient en Amérique en 1644 et repart pour l'Iroquoisie le 16 mai 1646 vers le lac Saint-Sacrement, visite à titre de parlementaire Fort Orange (auj Albany) pour remercier les hollandais de l'avoir libéré par une rançon en 1643, retourne en NF le 26 juin puis revient chez les Agniers (Mohawks) dans l'État de NY à leur invitation. Mais le 15 oct 1646 c'est la reprise des hostilités, les Agniers capturent le père Isaac JOGUES et Jean de LA LANDE, croyant que les Français qui reviennent d'Europe causent des décès dans leur communautés (infections contagieuses) et pour conjurer l'épidémie mortelle attribuée à la sorcellerie, un Agnier du " clan des Ours " met à mort d'un coup de hache le père JOGUES le 18 oct 1646 et Jean de LA LANDE le lendemain, au village de Guadavuague (anc Ossernenon; auj Auriesville, NY). On coupe la tête de JOGUES pour la monter sur un piquet de palissade, face au N d'où venaient les " robes noires" que l'on haissait . Son caractère? " Jogues was fitted for the drawing-room or the university, a delicate personality, all nerves and compact muscles of steel " de répondre l'historien américain W Max REID .

K
KALM, PEHR (1716-1779)
Jeune académicien (33 ans) né le 6 mars 1716 en Suède, fils d'un pasteur finlandais et d'une écossaise, élevé en Finlande où il s'adonne aux sciences naturelles. Ce professeur et auteur de botanique, de sciences naturelles et d'économie de l'histoire naturelle, mandaté par son élève et ami le naturaliste Carl von LINNÉ pour se renseigner sur des plantes qui seraient éventuellement utiles à l'agriculture et l'industrie et dont il rapportera des semences. Il visite donc en 1749 la Nouvelle-Angleterre et la Nouvelle-France en passant par le lac Champlain dont il décrit les coutumes amérindiennes, la géologie, la botanique, les animaux, et les fortifications du fort St Frédéric (Crown Point). Sa visite survient entre la guerre de succession d'Autriche (1744-48) et celle de Sept Ans (1755-1763) entre le 4 septembre 1748 et le 16 février 1751. Il se marie en février 1750 à Philadelphie PA à une immigrante suédoise. Parti d'Albany NY il remonte la Hudson puis fait du portage pour atteindre le lac. Au fort Saint-Frédéric il attend 17 jours l'arrivée de la barque de Joseph PAYANT dit Saint-ONGE et celle d'un vent favorable pour être conduit au fort Saint-Jean QC, d'où il gagne Laprairie en voiture à cheval avant de traverser le fleuve sur un bateau en bois de pin.
Il est reçu à Québec par le gouverneur La GALISSONIÈRE qui le traite avec tous les égards, recommandé par la cour de France; les 130 jours passés en Nouvelle-France du 21 juin au 29 octobre sont des plus heureux car ses hôtes assurent généreusement la logistique de ses déplacements. Au retour il prendra 17 jours pour arriver à Albany depuis Montréal par le même trajet empruntant le lac Champlain et toujours en canot d'écorce de bouleau. Il est mort en Finlande en 1779.
Comme le formule si bien Nichole OUELLETTE, " ni conquérant, ni soldat, ni missionnaire, il enregistre ce qu'il voit avec la rigueur d'un clinicien, son regard essentiellement scientifique donne un poids inestimable à ses notes. Il note les us et coutumes des premiers et nouveaux habitants. " Son site contient des observations à la limite du commérage mais néanmoins fort révélatrices sur les mœurs quotidiennes des filles et femmes de Québec et de Montréal. Il n'avait pas trouvé cette coquetterie chez les femmes d'origine anglaise en Nouvelle-Angleterre et encore moins chez celles d'origine hollandaise à New-York et Albany. Après 250 ans ça n'a pas beaucoup changé. " Lorsque Kalm dit que les françaises du Canada sont jolies, bien élevées, vertueuses, un peu moqueuses peut-être, et portées au badinage, mais en toute innocence de cœur, et de plus, qu'elles sont meilleures ménagères que leurs voisines des plantations anglaises, nous n'avons pas de peine à croire qu'il a tracé un portrait fidèle de la canadienne d'alors. "

Les Montréalaises

Une grande partie des Français venus s'installer en Nouvelle-France accusent les femmes de Montréal de manquer, dans une grande mesure, de la bonne éducation et de la politesse des Françaises d'origine. Les personnes du beau sexe, à Montréal, semblent poussées par un certain orgueil et comme contaminées par l'esprit imaginatif des Sauvages d'Amérique. On leur trouve une sorte de fierté sauvage. Le matin, elles se lèvent avant le diable en personne. Le soir, les femmes, les jeunes filles et les garçons se promènent dans les rues, bras dessus bras dessous, en plaisantant et badinant entre eux, avec une gaieté folle. En général, ces dames sont plus jolies que celles de Québec.
De plus, elles les surpassent dans le domaine de la chasteté ! Les jeunes Montréalaises cousent et mettent la main aux travaux ménagers. Elles ne pouffent pas de rire autant que les Québécoises, bien qu'elles soient assez enjouées et aimables. Personne ne peut dire qu'elles soient dépourvues de charme et d'intelligence. Les Montréalaises se marient ordinairement plus tard que les Québécoises.

Les Québécoises

Les femmes de Québec ressemblent, à leur façon d'être, aux femmes de France. Mais les femmes mariées vivent trop librement. Il paraît qu'on les présente aux jeunes Français de la marine royale, stationnés à Québec durant un mois et davantage. Ces messieurs n'ont d'autre occupation que de rendre visite à ces dames, avant de regagner la France. Les femmes de cette ville, en particulier celles de la haute société, se lèvent à 7h du matin, s'habillent, se poudrent et se frisent jusqu'à 9h en sirotant un café au lait. Les jeunes filles se parent ensuite de façon magnifique, s'assoient sur une chaise près d'une fenêtre ouverte donnant sur la rue. Un ouvrage de couture à la main, elles font un point de temps en temps.
Elles tournent continuellement les yeux du côté de la rue et si quelque jeune homme vient à entrer, la jeune fille abandonne son ouvrage. Elle s'assoit alors le plus près possible du jeune homme, cause et bavarde avec lui, sourit et pouffe de rire, et la langue marche comme les ailes de l'hirondelle, sinon plus rapidement. Toute la journée s'écoule de la sorte sans que la jeune fille s'adonne au plus léger travail. Elle reste assise et bavarde avec les jeunes gens. Même à l'intérieur des maisons, les jeunes filles s'habillent chaque jour de magnifique façon, comme si elles étaient invitées à dîner chez le gouverneur général. Elles portent sur elles toute leur fortune, et même parfois davantage, rien que pour être splendides. De nombreux Français viennent à Québec avec leur navire, tombent parfois amoureux et se marient. Ces mêmes hommes montent rarement jusqu'à Montréal.

KALM, PEHR (baptisé Petter), auteur d'ouvrages d'histoire naturelle, né le 6 mars 1716 (nouveau style) dans la province d'Ångermanland, en Suède, fils de Gabriel Kalm, homme d'Église finlandais, et de Catherine Ross, d'ascendance écossaise; il épousa en février 1750, à Philadelphie, Pennsylvanie, Anna Magaretha Sandin, née Sjöman; décédé le 16 novembre 1779 à Åbo (Turku), en Finlande.
Pehr Kalm naquit en Suède mais fut emmené en Finlande, postérieurement à 1721. Élevé dans la pauvreté, il put quand même fréquenter l'école à Vaasa et être admis à l'université d'Åbo en 1735. Il y étudia sous la direction du minéralogiste utilitaire Herman Diedrich Spöring et de deux disciples du naturaliste Carl Linné, Johan Browallius et Carl Fredrik Mennander. Il donna des leçons dans plusieurs régions de la Finlande en 1738 et en 1739, tout en prenant des notes sur l'histoire naturelle du pays.
En 1740, Kalm attira l'attention du baron Sten Carl Bielke, un juge d'Åbo, membre de l'Académie royale des sciences de Suède. Devenant le protégé de Bielke, il partit pour le domaine du baron, en Suède, afin d'y diriger ses plantations expérimentales. En décembre, il entra à l'université d'Upsal, où il suivit les conférences du célèbre savant Anders Celsius. À partir de 1741, il fut l'élève et l'ami de Linné. Sous l'influence de Bielke et de Linné, Kalm fut pris d'un grand intérêt pour la botanique utilitaire, c'eSaint-à-dire la botanique appliquée aux problèmes de l'agriculture et de l'industrie. Dès ce moment, Linné projeta de faire une expédition en Amérique du Nord, afin d'y colliger des renseignements sur des plantes d'intérêt pour l'industrie agricole et qui seraient viables en Scandinavie; en 1747, Kalm fut choisi pour entreprendre le voyage. Juste avant son départ, il fut nommé professeur d'æconornia (aspects économiques de l'histoire naturelle), à Åbo.
Kalm s'embarqua pour l'Angleterre en novembre 1747 et y demeura pendant quelques mois; il atteignit Philadelphie en septembre 1748. Il rencontra les principaux naturalistes américains et se mit en devoir d'apprendre tout ce qu'il put relativement à l'histoire naturelle des colonies britanniques. Les instructions qu'il avait reçues de l'Académie royale des sciences de Suède, toutefois, lui enjoignaient de passer le plus de temps possible au Canada, dont le climat, pensait-on, était semblable à celui de la Suède et de la Finlande; aussi se dirigea-t-il vers le nord.
Le 2 juillet 1749, Kalm pénétrait en Nouvelle-France au fort Saint-Frédéric (près de Crown Point, New York). Le commandant général de la colonie, Roland-Michel Barrin* de La Galissonière, qui avait reçu ordre du ministre de la Marine d'assumer les dépenses de Kalm, fit en sorte que les officiers du fort l'attendissent. Kalm y apprit avec surprise que ces derniers recueillaient des spécimens minéralogiques et botaniques, sur les ordres de La Galissonière. Après trois semaines passées à herboriser, Kalm se rendit à Montréal, où il fut l'hôte du baron Charles Le Moyne* de Longueuil.
Arrivé à Québec le 5 août, Kalm rencontra La Galissonière, qui l'impressionna grandement. Il avait déjà apprécié les naturalistes américains, mais, dans le commandant général, il s'imagina voir le " grand Linné sous un autre visage ", écrit-il. Accompagné du médecin et naturaliste Jean-François Gaultier*, Kalm recueillit les semences de plusieurs plantes d'intérêt, trouvées dans la région. Il jugea le climat de Québec plus extrême que celui de la Suède et eut le sentiment que plusieurs plantes canadiennes ne se développeraient pas bien dans son pays. Après son retour à Montréal le 26 septembre, il continua ses cueillettes. Il désirait retourner dans les colonies britanniques via les forts Frontenac (Kingston, Ontario), où, lui avait-on dit, il y avait d'importantes plantes à teinture et du riz sauvage, et Niagara (près de Youngstown, New York), mais sa demande en ce sens fut refusée par le nouveau gouverneur général, La Jonquière [Taffanel*], à cause de tensions qui existaient alors dans ces territoires frontaliers. Il fut obligé de retourner parle fort Saint-Frédéric.
Il atteignit Albany le 29 octobre. Au cours de l'hiver, il put obtenir l'autorisation de visiter Niagara, ce qu'il fit en août 1750. Les officiers l'y reçurent bien et l'aidèrent dans sa cueillette de semences. Sa description des chutes fut publiée par Benjamin Franklin et par John Bartram, mais le journal de son voyage à Niagara est malheureusement perdu, et le récit complet de ce voyage ne parut jamais. Ses voyages en Nouvelle-France lui permirent d'amasser une multitude de renseignements et quantité de semences de valeur, parmi lesquelles on retrouve celles de l'érable à sucre, du noyer et du maïs à maturation rapide, qu'il espérait beaucoup acclimater en Scandinavie.
Le journal des voyages de Kalm forme un ouvrage en trois volumes, En resa til Norra America (Stockholm, 1753-1761). Cet ouvrage fournit une précieuse description de la société canadienne, de ses institutions religieuses et sociales, de sa structure économique et politique, de ses mœurs et de ses traditions, de ses modes et de ses habitudes alimentaires. Les peuples indigènes l'intéressèrent beaucoup, et il consigna de nombreuses observations ou des rapports qu'on lui fit sur leurs manières de vivre, leur apparence et leurs origines. Son journal personnel montre qu'il fut beaucoup plus favorablement impressionné par les Canadiens que son livre ne le laisse voir. Dans le récit qu'il a publié, il parle en termes chaleureux de leurs qualités personnelles. Il vante la politesse et la gaieté qu'il rencontra à tous les niveaux de la société et met le caractère industrieux des canadiennes en opposition avec celui des femmes des colonies anglaises " qui se sont donné de fait la liberté de rejeter tout le fardeau des travaux domestiques sur leurs maris ". Dans ses manuscrits, il se montre encore plus favorable, disant que le Canada se compare aux colonies britanniques comme le ciel à la terre et le blanc au noir. À n'en pas douter, ce sentiment tient en partie au traitement royal qu'il reçut en Nouvelle-France, par suite de l'intervention de l'ambassadeur suédois à Paris. Kalm reconnut, toutefois, que des hommes comme La Galissonière étaient rares; ce qu'il ne remarqua pas, cependant, c'est qu'il arriva en Nouvelle-France au moment où y culminait l'intérêt scientifique de la France.
Kalm s'embarqua pour l'Europe en février 1751 et atteignit Stockholm en mai; à la fin de l'année, il rentra à Åbo pour y reprendre son enseignement. Il y demeura le reste de sa vie, enseignant et publiant, outre le récit de son voyage en Amérique du Nord, de nombreux articles dont plusieurs avaient rapport à l'histoire naturelle de cette région. Il manque beaucoup de renseignements concernant la botanique canadienne dans le récit publié par Kalm. Il espérait produire un " Flora canadensis " à son retour en Finlande, mais l'ouvrage ne prit jamais corps. Néanmoins, la plupart des renseignements qu'il avait glanés parurent dans des thèses rédigées sous sa direction.
Kalm fut l'un des botanistes utilitaires remarquables de l'école de Linné; un genre et 90 espèces de plantes reçurent son nom. Son livre - son apport le plus important - stimula l'histoire naturelle en Suède et mit à la portée des Européens une description exacte et élargie des conditions de vie et des mœurs existant en Amérique du Nord. Les descriptions faites par Kalm de la vie et des mœurs du Canada comptent parmi les meilleures qu'a données la littérature de voyage concernant ce pays.
RICHARD A. JARRELL
La partie du récit de voyage de Pehr Kalm relative à l'Amérique du Nord parut en anglais sous le titre de Travels into North America [...], J. R. Forster, trad. (3 vol., Warrington, Angl., et Londres, 1770-1771) et fut rééditée, avec des documents nouveaux, sous le titre The America of 1750: Peter Kalm's travels in North America, A. B. Benson, édit. (2 vol., New York, 1927; réimpr., 1966). Aussi traduit en français par L.-W. Marchand, Voyage de Kalm en Amérique (2 vol., Montréal, 1880), et en hollandais, l'ouvrage parut au complet en allemand. La description de la rivière Niagara est reproduite dans [John Bartram], Observations on the inhabitants [...] and other matters worthy of notice, made by Mr. John Bartram, in his travels from Pensilvania to Onondago, Oswego and the Lake Ontario [...] (Londres, 1751), ouvrage réimprimé sous le titre Travels in Pensilvania and Canada (Ana Arbor, Mich., 1966). Outre son livre, Kalm écrivit un grand nombre d'articles sur des plantes et des animaux propres à l'Amérique du Nord, qui parurent dans les publications de l'Académie royale des sciences de Suède. E. L. Larsen a traduit en anglais et publié huit de ces articles dans Agricultural History ([Baltimore, Md.]) de 1935 à 1950. Parmi les monographies et les articles consacrés à Kalm, citons
1. Dictionary of scientific biography, C. C. Gillispie et al., ed. (14 vol., New York, 1970-1976), VII: 210s
2. Martti Kerkkonen, Peter Kalm's North American journey; its ideological background and results (Helsinki, 1959)
3. P.-G. Roy, " Le voyageur Kalm et les cloîtres de Québec ", BRH, XXXV (1929): 449-451
4. Carl Skottsberg, " Pehr Kalm: levnadsteckning ", Levnadsteckningar över Kungl. Svenska vetenskapsakademiens ledamöter (Stockholm), 8 (1949-1954): 219-505
5. Armand Yon, " Pour un IIe centenaire: du nouveau sur Kalm ", RHAF, III (1949-1950): 234-255 [R. A. J.]

L
LA FAYETTE, MARQUIS DE
Ce jeune noble Français vient aux USA avec des volontaires pour aider les Américains à gagner leur guerre d'Indépendance; après la victoire il félicite le major Clément GOSSELIN (voir cette entrée) de sa bravoure à la victoire des américains à Yorktown contre les Britanniques. Il visite le lac Champlain en 1825, de Burlington à Whitehall à bord du vapeur Phoenix II arborant pour l'occasion les pavillons américains et français. Anecdote maritime: le bateau précédant le Phoenix II eut comme passager le président américain James MONROE, transporta la dépouille du général MONTGOMERY, puis brûla le 4 septembre 1819 près de Providence Island VT avec 46 personnes à bord en route de Burlington VT vers Saint-Jean QC

LAFRAMBOISE, JEAN-(BAPTISTE) DIT JOHN LAFRAMBOIS
1763 Premier colon de Chazy, établi avant la guerre d'Indépendance, avec deux autres Canadiens, au bord de Trombly's Bay avant 1763
1776 Chassé par les Anglais de BURGOYNE qui viennent au lac Champlain pour réprimer les 13 colonies américaines insurgentes
1783 Retour à Chazy avec le groupe de MOOERS. On peut voir une plaque commémorative le long du Lakeshore Drive au sud de l'embouchure de la Great Chazy

LA MOTTE SIEUR DE SAINT-PAUL, PIERRE
Ce " noble homme " militaire qui signe " Lamotte St Paul " arrive en août 1665 à Québec, " homme de coeur, homme d'honneur ", est capitaine dans le régiment de Carignan-Salières octobre 1665-1670, dirige en 1665 la construction d'un chemin reliant le fort Sainte-Thérèse (sur le Richelieu) au fort Saint-Louis (aujourd'hui Chambly) sur la rive ouest du Richelieu, dirige au printemps 1666 la construction du fort Sainte-Anne sur l'île La Motte VT, commande sa garnison qui, atteinte de famine et de scorbut, sera secourue par l'aumônier Dollier de CASSON en hiver 1667. Ce fort servira de point de ralliement aux troupes de COURCELLES en février 1666 puis de TRACY en octobre 1666 en route vers le " pays des Agniers " sur la rivière Mohawk au centre de l'État de NY.
Début 1669 il remplace Zacharie DUPUY comme gouverneur intérimaire de Montréal, MAISONNEUVE ayant terminé son terme; il est parrain de Pierre Le BER baptisé le 11 août 1669. Le voilà " Commandant des régiments de la Nouvelle-France " en 1669-1670. Puis il rentre en France avec son régiment début été 1670, toujours célibataire, remplacé temporairement par La FREDIÈRE en attendant l'arrivée en août 1670 de François-Marie PERROT nommé gouverneur de Montréal . Une rue Lamotte est nommée le 21 avril 1964 le long du parc Louisbourg à Cartierville.

LOISEAU, AUGUSTIN
Forgeron de Chambly devenu capitaine dans le régiment de Ethan ALLEN

LYDIUS, JH
Selon BOYER, " ce marchand hollandais fut banni à perpétuité de la colonie [Nouvelle-France] en 1730 et condamné à payer un amende de 3000 livres pour avoir eu intelligence avec les Anglais d'Albany en contravention de l'édit du Roi [de France] de 1727 qui défendait aux étrangers établis dans la colonie d'être 'marchands, courtiers et agents d'affaires'".


M
MAUREPAS, JEAN FRÉDÉRIC PHÉLYPEAUX COMTE DE

Né à Versailles 1701, mort à Paris 1781, ministre de la Marine ? en conséquence responsable des colonies dont la Nouvelle-France ? qu'il réforma de façon positive avant d'être malheureusement disgracié par l'influente marquise de POMPADOUR, maîtresse et favorite officielle de Louis XV, roi faible et peu compétent. Esprit " doué d'activité, de finesse, de pénétration ", MAUREPAS fut rappelé par Louis XVI en 1774 et s'entoura d'hommes compétents comme VERGENNES (voir ce nom). Le fort Saint-Frédéric de Crown Point fut nommé en son honneur.

MONARQUE, CLAUDE
Quelques résidants du fort Saint-Frédéric font partie des histoires de familles de nos ancêtres. Voici la fiche de famille du chirurgien MONARQUE. Si vous vous appelez MONARQUE, vous descendez probablement de lui. Voici sa fiche de mariage:

Charles MONARQUE, b Saint-Étienne-de-Mont, Paris v 1697, immigrant à Montréal v 1721, décès Rivière des Prairies 1761 / 1765, chirurgien militaire de la Marine (ministère Français responsable des colonies), assigné à la garnison de fort Saint-Jean, y reçoit 1 terre qu'il revend; habite Montréal (1722-1729+) où il soigne la garnison; semble avoir quitté Montréal de 1730 à 1738, assigné chirurgien à la garnison du fort St-Frédéric de la Pointe-à-la-Chevelure (Crown Point) au lac Champlain, 4 enfants naissent entre 1832 et 1738, y est cité 1737 sergent. Loue une maison à Pointe-aux-Trembles en 1738 sur l'Île de Montréal; loue du maître-tailleur Charles QUENNEVILLE une ferme à Rivière-des-Prairies en 1741 où il exerce la chirurgie jusqu'à sa mort entre 1761 et 1765.
mariés à Montréal le 5 juin 1721
Madeleine DAZÉ, n et b Repentigny 25 juil 1700, décès 9 et sépulture Rivière Prairies 10 janvier 1760 (60a). Témoins au mariage: Nicolas PERTHUIS notable de Montréal, Joseph BENOÎT chirurgien major des troupes de la Marine à Montréal et chirurgien à l'Hôtel-Dieu de Montréal. Des neuf enfants, cinq sont nés à Montréal (1722-1751), quatre au Fort Saint-Frédéric (1732-1738) où Charles était en garnison comme chirurgien.

Voici les 9 enfants MONARQUE
1. Charles, né et décès Montréal 1722
2. Anne, n Montréal 1723, mariée Pierre BOULARD 1744, mariée Michel QUEVILLON 1760
3. Jacques, n Montréal 1725, marié Anne LACROIX 1744
4. Angélique, n Montréal 1727, mariée Charles BÉLANGER 1746
5. Thérèse, n Montréal 1729, mariée François HOGUE 1751
6. Antoine, n 1732 Crown Point*, marié M-Josèphe MORIN 1765
7. Pierre, n Crown Point 1734
8. Marie-Josèphe, n Crown Point 1736, mariée Joseph PÉPIN 1765
9. Charles, n Crown Point 1738, marié Marie FILIATREAULT 1761


*Voilà l'acte de baptême du 6e enfants Antoine :

L'AN DE GRACE MIL SEPT CENS TRENTE DEUX, LE 23 NOVEMBRE A ETE PAR MOY, AUMONIER DU FORT DE LA POINTE A LA CHEVELURE, BAPTISE ANTOINE, FILS DU SR. CHARLES MONARQUE SERGENT DANS LES TROUPES ET CHIRURGIEN MAJOR DANS LE DIT POSTE DE LA POINTE A LA CHEVELURE, ET DE MARIE DAZE. LE PARAIN A ETE MONSIEUR DE LAPERRIERE, CAPITAINE DES TROUPES DU DETACHEMENT DE LA MARINE ET COMMANDANT POUR LE ROY AU FORT DE LA POINTE A LA CHEVELURE. LA MARAINE A ETE MARIE-ANNE CUEILLERIER, RELIGIEUSE HOSPITALIERE A MONTREAL. LE PARAIN A SIGNE AVEC MOY LE JOUR ET L'AN QUE DESSUS - LAPERRIERE - MONARQUE - F. JEAN CAPT. - LA JUS, RECOLLET AUMONIER DU FORT DE LA POINTE A LA CHEVELURE


MONTCALM, LOUIS-JOSEPH GOZON DE SAINT-VÉRAN MARQUIS DE
VICTORIEUX AU FORT CARILLON EN 1758

Né au château de Candiac près de Nîmes 1712, mort à Québec 1759 victime de soldats Anglais. Il connut une courageuse et brillante carrière militaire en Europe, blessé à plusieurs reprises , puis pensionné dans l'armée de réserve après le traité d'Aix-la-Chapelle en 1748. Au début de la guerre de Sept-Ans on le nomme général en Nouvelle-France en 1756 après la défaite et la capture du Baron de DIESKAU au lac George le 8 septembre 1755. C'est alors qu'il conquiert brillamment 3 des forts britanniques: au lac Ontario c'est fort Oswego 1756, au lac George NY c'est fort William Henry 1757 et au lac Champlain c'est fort Carillon 1758. Mais il perd sa 4e bataille et sa vie à Québec en 1759.

MONTY, FRANÇOIS-(AMABLE)

1736, né à Chambly le 20 février (4e de 14 enfants) de Jean MONTY (n v 1693 de Dominge & Jeanne Benoist), décès 1755, marié 1729 à Marthe POYER dit LaPintade (Jacques & Marguerite Dubois), immigrant v 1727, établis à Chambly dont plusieurs fils et petit-fils se battront du côté Américain)
1760, épouse à Chambly le 21 janvier Marie-Josèphe BERGEVIN (François-Marie & Thérèse VILLENEUVE) de Charlesbourg.
1775 le 25 novembre, promu enseigne dans le régiment de James LIVINGSTON (compagnie Abraham Livingston) destiné à envahir le Canada
1776, devient lieutenant 18 décembre, 1er lieutenant 20 novembre
1777/1778, sa femme et ses enfants s'expatrient avec lui, puis il est blessé à Quaker Hill le 29 août
1781, licencié le 1er janvier
1782, son fils Jean s'établit à Beekmantown NY
1783, épouse et enfants le rejoignent après la guerre et leur fils Joseph reçoit une terre à Chazy.
1787, reçoit une terre près de Champlain à Monty's Bay, Chazy; son fils Placide s'établit à Plattsburgh NY,
1790, réside à Champlain avec 3 fils et deux filles et sa femme
1791, leur fille Catherine épouse le major Clément GOSSELIN (voir l'entrée GOSSELIN) devant un juge de paix Américain, après quoi un prêtre de Saint-Hyacinthe réhabilite le mariage le 12 mai 1791. Membre fondateur, tout comme Clément GOSSELIN, Germain DIONNE et Louis GOSSELIN de l'Ordre de Cincinnati, décerné aux officiers de la guerre de l'Indépendance; le général WASHINGTON en fut le 1er président (ce cercle restreint ne dura pas longtemps).
1798, recensé " Town of Champlain, Oct 1st,: Francois Monty, 50 acres adjoining Monty's Bay and near Deans Patent on the north, on log barn 30x20 $225. " Eut > 10 enfants, dont Jean et Placide qui servirent brièvement dans le régiment de HAZEN, ce fils Jean deviendra John, marié à Sarah CLARK, dont le fils Lewis marié 1839 à Harriet SEARS aura une fille Sarah mariée 1882 à Daniel HIBBARD dont les enfants renieront leur sang canadien et se prétendront de descendance " française de France. "
1809 le 8 février, meurt à Chazy
Les patronymes des descendants incluent : Barré (Bare), Bennett (Benoît), Besset (Bessette), Bray, Brodeur, Choquet (Choquette), Courtin, Daignault, Gamache, Gelineau, Gervais, Goguet (Goyette, Goyet), Guertin, Hins (Ainse, Hains, Hainse), Lareau, Larivec, Ledoux, Lizotte (Lezott, Leazote), Menard (Mesnard, Mainard), Miller, Moquin, Papineau, Patenaude (Patnaud, Patnod), Racine, Raymond, Senecal, Trudeau, Vandanaigue, Vinet (Binet)


P
PATENAUDE
EXEMPLE DE LIGNÉE ÉTABLIE NON LOIN DE LA FRONTIÈRE
· Nicolas Patenaude m Québec 1651 à Marguerite Breton
· Pierre Patenaude m Montréal 1685 à Catherine Brunet
· François Patenaude m Longueuil 1722 à Ursule Achin dit St André
· François Patenaude m Chambly 1765 à Charlotte Ménard
· Alexis Patenaude m Chambly 1791 à Marie-Desanges Monty
· Léon Patenode b 16 septembre 1802 Chambly, m St Luc 30 mai 1825 à Henriette Trempe, fille de François & Marguerite Germaine, morte 30 octobre 1837 St Valentin; Léon est remarié à Esther Cameron v 1838 et recensé fermier 1840 à Grand Isle VT, il meurt 14 août 1883 North Hero VT
· Leonard Patnode, b 5 juil 1829 St Cyprien de Léry à Napierville, m 10 octobre 1851 St Joseph du Corbeau NY (auj. Coopersville) à Julie Bérard dit Lépine (fille de Antoine & Marguerite Germain dit Bélisle)

PATRONYMES, MUTATION DE

La majorité des patronymes des immigrants canadiens-français installés au lac Champlain, que ce soit avant ou après la guerre d'Indépendance américaine, ont été américanisés, on n'a qu'à relever les épitaphes des établissement septentrionaux de NY (Saint-Joseph de Coopersville...) et du VT (Alburg St Amadeus Cemetery, Isle Lamotte Cemetery, North Hero South End Cemetery, South Hero Ste-Rose de Lima Cemetery...) ou encore à consulter le bottin téléphonique. C'est ainsi que:

v Asselin, Ancelin deviendront ASHLINE, AUSLINE
v Bélair deviendra BLAIR
v Bélisle deviendra BILLINGS
v Benoît deviendra BENNET
v Bessette deviendra BESSET
v Bleau deviendra BLOW
v Boileau deviendra BILOW, BUYLO
v Boucher deviendra BUSHEY
v Bourgeois deviendra BUSHWAY
v Choinière, Chouinard deviendront SAWYER, SWEENEY
v Couturier deviendra SEAMSTER, TAYLOR
v Demers deviendra DeMARCE
v Descoteaux deviendra HILL
v Desroches deviendra STONE, DERUSH
v Dufaults deviendra DEFOE
v Gervais deviendra JARVIS
v Giguère deviendra JIGGER
v Gosselin deviendra JOSLYN
v Guyon, Dion deviendront YOUNG
v Hayot deviendra AYOTTE
v Lacroix deviendra CROSS
v Lajeunesse deviendra YOUNG
v Lebrun deviendra BROWN
v Lefebvre deviendra BEAN
v Mailloux deviendra MAYO
v Tremblay deviendra TROMBLY, TROMBLEY
v Patenaude deviendra PATNAUD, PATNODE (quelques rues et chemins portent ce nom entre la frontière canadienne et Plattsburgh)
v Paulin deviendra POLING, PAULAIN, POLAND, PAULING, POLLIN, PAULEIN
v Perreault deviendra PERROT
v Poissant, Poisson deviendront FISH
v Saint-Onge, Payant dit Saint-Onge deviendront SANTOR
v Sylvestre deviendra SYLVESTER
v Trempe deviendra TROMP
v Vincelette deviendra VanSELETTE

PAULIN, ANTOINE

Le capitaine-major Antoine II PAULIN, fils d'Antoine I né près de Grenoble à Saint-Paul-de-Varces et venu combattre l'Anglais ABERCROMBIE à fort Carillon (Ticonderoga) en 1758 sous MONTCALM. Antoine II quitte Chambly en juin 1776 et combat les Anglais aux côtés des Américains, son leadership lui vaut d'être promu rapidement; licencié à demi-salaire le 1er juil 1783, recensé à Albany puis à Fishkill (entre Albany et NY) en 1783, reçoit une concession de 500-900 acres entourant la rivière Great Chazy, y défriche un lot et se bâti une maison en bois rond en 1786. Le plus jeune fils Pierre né à Corbeau (Coopersville) se marie au Québec puis revient élever une famille nombreuse à Corbeau. Les voisins sont des franco-catholiques, souvent des anciens officiers du régiment de HAZEN.
Lors du 1er recensement Américain en 1790, on cite " Anthony POLING, spouse, 2 sons, 4 daughters ". Jean-Baptiste PELLETIER, né 1783 Saint-Denis QC, épouse en 1808 à l'Acadie QC la fille Françoise PAULIN née en 1783 à Albany NY; avec deux filles et 4 fils il s'établit à Corbeau (Coopersville) près de son beau-père en 1786. Le 1er avril 1793 une liste est publiée des propriétés du village de Champlain (dont Corbeau fait partie), on y trouve " Antoine PAULINT with wife Theosite and children in a log homme assessed at 30$, log barn 20x24 feet, brother Amable PAULINT with home on a parcel measuring 416 acres " . Antoine Ii est mort le 7 septembre 1812 et, faute de cimetière à Corbeau, les restes sont déposés à Grave-Acres sur la ferme d'un certain Hiram SHUTE.

PAYANT DIT SAINT-ONGE, JOSEPH
SURNOMMÉ L'AMIRAL DU LAC CHAMPLAIN

1er habitant de Saint-Jean QC, il signait Joseph Payant. Fils de Jacques PAYAN soldat des troupes de la Marine devenu cordonnier & Louise MORIN, b Joseph-Jacques 19 jan 1700 Québec, élevé rue des Pauvres face à l'Hôtel-Dieu, marié à Québec 2 novembre 1721 à Marie-Geneviève dit Marie-Jeanne LEGRIS d Québec 2 mars 1753, maître de barque de 1743 à 1760, il appartient à la petite histoire du lac Champlain parce qu'il en fut le 1er pilote et participa à la Guerre de Sept Ans. À ses débuts le fort Saint-Frédéric était ravitaillé seulement par des chaloupes depuis le fort Sainte-Thérèse mais en 1742 les frères CORBIN de Québec, charpentiers et constructeurs du roi construisirent au fort Saint-Frédéric (Crown Point) la goélette Saint-Frédéric de 45 tonneaux pour relier Saint-Jean au fort Saint-Frédéric. Saint-ONGE en fut le premier et unique pilote, surnommé " l'amiral de la barque du roi " et il venait aussi de Québec. De 1746 à 1754 il fait partie des résidents du fort Saint-Frédéric car déjà le 8 mai 1746 il manque le mariage de son fils aîné à Québec parce qu'il est " présent à la Pointe-à-la-Chevelure " mais il réside à Québec l'hiver.
Son fils Nicolas Payant dit Saint-ONGE épouse au fort Saint-Jean le 4 avril 1758 Rosalie LERIGER dit LAPLANTE (Paul & Barbe DUPUY) de Saint-François-Régis, veuve de Jean Marie PAPERLE de Laprairie, les deux pères des époux témoins aux mariages, Nicolas Payant est alors " peintre au service du Roy ". D'où Joseph-Marie Payant dit Saint-ONGE b au fort Saint-Jean le 5 juin 1757, puis Joseph Payant dit Saint-ONGE b au même endroit le 5 mai 1759 .
En 1749 le 19 juillet vers 11h00 au fort Saint-Frédéric c'est Saint-ONGE qui embarque l'illustre naturaliste suédois Pehr KALM , qui raconte que: " Le yacht qui navigue tout l'été entre les forts Saint-Jean et Saint-Frédéric... qui nous a conduit à Saint-Jean est le 1er qui ait été construit ici et qui ait jamais navigué sur le lac Champlain, car autrefois en n'employait que des bateaux pour transporter les provisions. Le capitaine était français d'origine mais né dans ce pays; il avait lui même (sic) bâti son yacht et fait les sondages pour trouver une route sûre entre les forts Saint-Jean et Saint-Frédéric "
Le 25 août 1759 la goélette de 70 tonnes La Vigilante, construite à Saint-Jean par Nicolas-René LEVASSEUR en 1757 et pilotée par Joseph PAYANT de Saint-ONGE, fut placée par BOURLAMAQUE " en aval des chaines pour la défense du chenal à l'est de l'Île-aux-noix… près de l'embouchure de la Rivière-du-Sud pour prévenir la circulation ennemie de ce côté. Durant le siège les Anglais (sous DeHAVILAND) réussissent à s'en emparer " " Payant, âgé de soixante ans, comprit que sa carrière était finie. Le drapeau qu'il avait servi avait repassé les mers; le beau lac qu'il avait défendu était, en 1763, par une malencontreuse proclamation, abandonné à l'état de New-York. Il se contenta désormais du titre d'ancien marinier se retira à Chambly (ou plutôt à Laprairie) où il vécut encore plusieurs années "

PERRAULT, LOUIS
PATRIOTE RÉFUGIÉ AU VERMONT 1837-1839

Journaliste et imprimeur à Montréal du seul journal " patriote et républicain " de langue anglaise durant la période de la révolte des " Patriotes de 1737 ", il dut s'exiler au Sud après le saccage de son imprimerie par les Tories. Ce sera l'époque de la pendaison des " insurgés " au Pied-du-Courant, des viols de canadiennes-françaises à Beauharnois, Sainte-Martine et Châteauguay, des procès devant la Cour martiale, de la mort de son frère Ovide durant la bataille de Saint-Denis-sur-Richelieu. Il s'installe tour à tour à Middlebury VT (chez l'oncle de sa femme), puis Burlington, New York et encore Burlington, stratégiquement mieux placés. De chaque endroit il assure par lettres les communications avec le réseau des autres patriotes réfugiés aux ÉU, dont les frères Robert et Dr Wolfred Nelson, Abraham Duvernay, Dr Thomas Bouthilier, Dr EB O'Callaghan, Louis-Joseph Papineau??
Des patriotes demeurent près du lac Champlain et y tiennent des assemblées parfois encouragés par des citoyens locaux:
Ø Alburgh VT,
Ø Champlain NY (DeLORIMIER, Dr CÔTÉ, GAGNON; DUVERNAY en juin 1838 " se réjouit de voir avec quelle dextérité la contrebande s'effectue à Rouses Point, chaque soir des voitures, des canots, des waggons chargés partent pour divers points du Bas-Canada [Québec] " ),
Ø Chazy NY (" la famille de GAGNON qui probablement par ce temps-ci, a de la misère " ),
Ø Rouses-Point NY (Ludger DUVERNAY en juin-août 1838, Dr BOUTHILIER),
Ø Saint-Albans VT (Dr HALL sympathisant américain; Robert NELSON y réside en juin 1838 ),
Ø Swanton VT (DUVERNAY, DESMARAY, BEAUDRIAU, J BELL...; " des milices américains, en se rendant sur les lignes, criaient 'Hourra pour PAPINEAU' ... M. PLATT, capitaine de milice du Vermont, nous logea, nous informant que les soldats anglais avançaient "
Ø Vergennes VT.
On sait que Louis-Joseph PAPINEAU et le Dr O'CALLAGHAN passaient pour des traîtres aux yeux des Patriotes purs et durs, parce qu'ils faisaient de beaux discours mais refusaient de s'impliquer dans la révolte armée et s'enfuirent aux ÉU dès la première goutte de sang versée. C'est ainsi que Robert NELSON écrivait " PAPINEAU and O'Cs conduct has been the conduct of dastardly cowards " . Mais PERRAULT demeura fidèle à ces deux " exilés " aux mains propres.
Les patriotes trouvent des appuis dans les Colonies américaines, indépendantes des Britanniques depuis le traité de Versailles en 1813. " Si le gouvernement anglais veut agir de rigueur envers le Dr Wolfred Nelson, je n'ai pas de doute d'après ce qui se manifeste ici [Boston, New York], que l'indignation des Green Mountain Boys sera si grande qu'ils nous aideront ouvertement "

R
LES RÉPUBLICAINS
" LE PETIT CANADA RÉPUBLICAIN DU LAC CHAMPLAIN " - NY

Historique: Au début (1775-76) de la guerre de l'Indépendance terminée en 1781, des colons Français se portent volontaires pour combattre avec les insurgents Américains ayant l'intention d'enlever le pouvoir aux Britanniques, d'abord au Bas-Canada, puis au Sud sur le territoire des 13 colonies. On les dit républicains par opposition aux loyalistes ou monarchistes loyaux à la couronne anglaise. Deux régiments (nommés alors Congress Own's parce que découlant d'une décision du Congrès américain) furent formés, commandés par LIVINGSTON et par HAZEN. Après une expédition infructueuse au Québec pour renverser le pouvoir des autorités britanniques, ces volontaires se joignirent aux rebelles américains.
Après la victoire finale des Américains, ces volontaires n'étaient plus acceptés par le Canada où les autorités les considéraient comme des traîtres et les nouvelles autorités américaines durent leur offrir des certificats de primes d'engagement donnant droit à des concessions (grants) au Nord-Ouest du lac Champlain, concessions qui ne se matérialiseront cependant qu'après plusieurs tracasseries administratives. C'est ainsi que des canadiens-français vétérans de cette " Armée continentale " se fixèrent définitivement dans l'état de NY. Après avoir battu en retraite et évacué le Canada en 1776, l'armée révolutionnaire les installa dans des camps à Albany et à Fishkill (entre Albany et New-York), les mirent en congé en juin 1783 et ainsi leurs familles purent les rejoindre.
Par un acte du 11 mai 1782 l'État de NY avait décidé d'accorder des certificats de concessions (grants) dans le Nord-Est et le centre du comté de Clinton aux réfugiés et soldats provenant du Canada et de Nouvelle-Écosse (Nova Scotia Refugee Tract), les lots ont 80 ou 420 acres tandis que 5000 acres sont divisés entre les 15 officiers et soldats qui ont combattu du côté Américain. Il fallut 4 ans pour concrétiser toutes ces concessions; c'est le gouvernement Américain qui paya le transport vers ces terres en bois debout. Des colons défrichèrent et s'établirent dans le comté de Clinton, à Corbeau (Coopersville), Chazy, WeSaint-Chazy et Champlain à partir de 1783-84; un total de 131 500 acres furent accordés à 252 " vétérans et réfugiés " . Mais beaucoup vendirent ces certificats et préférèrent s'établir à New York et à Albany.
Ces républicains sont restés attachés à leur religion, leurs enfants venaient souvent se marier et faire baptiser leurs propres enfants par les curés de Chambly ou de Belœil. Plusieurs de ces expatriés catholiques revinrent au Canada à cause de la pauvreté notée dès 1808 par Mgr PLESSIS. En 1843 Mgr BOURGET note qu'ils sont encore bien pauvres. Voir les entrées Coopersville, Monty's Bay, François MONTY, Point au Roche, Clément GOSSELIN. Plusieurs s'établirent dans la région de Champlain et Chazy, dont Antoine Paulin, Alexandre Friot, , André Pépin, Amable Boileau, Théodore Chartier, Pierre Ayotte, JB Laframboise, etc
Déplacements des troupes du Régiment de Hazen ,
1776, quittent le Canada pour Crown Point en juin, rejoignent Ticonderoga en juillet et Albany en septembre, s'installent dans les quartiers d'hiver à Fishkill
1777, quittent pour Princeton NJ en juin, participent à la bataille de Staten Island en août et à celles de Brandywine et Germantown en septembre-octobre, se replient à Wilmington DL pour y hiverner
1778, vont à Albany en février en préparation de l'attaque avortée contre le Canada, se rendent à West Point NY en avril, puis en juillet vont à White Plains NY pour protéger la ville de New York, le contonnement d'hiver se fera à Danbury CT
1779, en mai ils participent à la construction d'une route à Coos, en octobre le voici à Peekskill NY, puis on les installe à Morristown NJ pour l'hiver
1780, à King's Ferry NY pour l'été, ils participent à Garrison NY à la campagne de Morrisania, puis on réintègre le cantonnement d'hiver de Fishkill NY
1781, en juin ils assurent la protection contre une éventuelle attaque britannique à Albany et dans la Vallée Mohawk, renvoyés en juillet à West Point, ils se rendent à Dobbs Ferry et au nord du NJ pour menacer Staten Island, en septembre à Williamsburg et Yorktown VA ils participent au glorieux siège de Yorktown, en décembre on leur confie à Lancaster PA la gardiennage de prisonniers de guerre britanniques
1782, en novembre ils installent leur cantonnement d'hiver à Pompton NJ
1783, en juin ils sont mis en congé à Newburgh NY et en novembre le régiment est dissous à White Plains NY

S
SAILLY, PETER
FRANÇAIS IMMIGRÉ DE LA LORRAINE,
HOMME D'ÉTAT ET JURISTE DU COMTÉ DE CLINTON NY
Il visite les ÉU en 1783, explore le lac Champlain et la rivière Mohawk, retourne en France en 1785 pour y quérir sa famille, revient à New York en 1785, passe l'hiver à Albany, puis s'installe en 1786 à Plattsburgh où il démontre ses aptitudes à exercer des fonctions publiques dans cette jeune nation, en plus d'être un homme d'affaires à la fois dynamique et rigoureux; élu représentant du disctrict Sarasota-Essex-Clinton en 1804, il gagne la confiance de Thomas JEFFERSON qui le nomme Collecteur des Douanes du district de Champlain et s'acquitte de cette fonction jusqu'à sa mort en 1826 avec beaucoup d'intégrité et de diplomatie.


SOREL, PIERRE DE
SON EXPÉDITION AVORTÉE EN JUILLET
Capitaine du régiment de Carignan-Salières arrivé sur la Justice le 14 septembre 1665, parti de La Rochelle vers le 25 mai. En juillet 1666 le Lieutenant général TRACY l'envoie vers le pays des Agniers (rivière des Agniers, NY), c'est la seconde expédition punitive du genre cette année là. Mais en chemin il rencontre un groupe d'Agniers dont les chefs, AGARIATA et le Bâtard Flamand, se disent en mission diplomatique vers Québec; on vire de bord et on les y raccompagne prudemment. C'est lui qui construira le premier Fort de Sorel. - Il construit le fort Richelieu avec des hommes du régiment Carignan et laisse son nom au fort puis à la ville actuelle. (Voir l'entrée sur Chazy, celle sur TRACY et son expédition en septembre 1666, et celle sur le Fort de Sorel).

T
TRACY, ALEXANDRE DE PROUVILLE MARQUIS DE
SON EXPÉDITION EN SEPTEMBRE 1666, UNE RÉUSSITE STRATÉGIQUE
Lieutenant général de Nouvelle-France et commandant des troupes x deux ans (1665-1667), n v 1603 et d 1670 en France, TRACY était lassé des vaines tractations de paix avec les Iroquois et bien qu'âgé de 62 ans, affecté de la goutte et ne pouvant marcher en forêt sans aide, vexé surtout du récent assassinat par les Mohawks de son neveu Nicolas de CHAZY (voir l'entrée Chazy), il met en marche une expédition hivernale, la 3e et véritable du genre en 1666 en pays Agnier; " le 6 septembre Monsieur de Tracy conclud d'aller en personne à Annié avec mille ou 12 cents hommes "; avec l'aide de COURCELLES, CHAMBLY, LEMOYNE, CHAUMOND, SALIERES et BERTHIER, on mobilise 600 soldats du régiment de Carignan-Salières, 600 colons et 100 Ouendats (Hurons) et Algonquins. Ils quittent Québec le 14 septembre et sont rejoints le 28 septembre par 110 habitants de Montréal ainsi que par le Sulpicien François Dollier de CASSON qui vient tout juste d'arriver au pays et se joint à l'aumônier DUBOIS et aux jésuites ALBANEL et RAFEIX.
" Le 5 octobre nous apprenons de bonnes nouvelles de l'armée qui est bien de 14 cents hommes. Tous ces messieurs se portent très bien. Ils sont entrés dans le lac de Champlain le 28 ou 29 d'octobre ". Cette expédition de représailles en contrée Mohawk remonte le lac Champlain, " la plus forte qu'on eût jamais vue dans cette partie du monde et qui s'avançait intrépide, bannières au vent et tambours battants " passe par Ticonderoga, atteint le lac Saint-Sacrement, longe probablement la rivière Sacandaga et les marais du même nom, s'enfonce plein sud en forêt pour atteindre les villages Agniers près de la rivière du même nom. Mais les Sauvages avaient pour la plupart fui dans les bois avec femmes et enfants. Au passage d'un ruisseau un mercenaire " Suisse charge sur ses épaules l'imposant M. de TRACY pour traverser un rapide, au beau milieu le pauvre Suisse est sur le point de tomber en défaillance et a tout juste le temps de jeter [TRACY] sur une roche avant de s'effondrer; heureusement un Ouendat qui surveille la scène se jette immédiatement à l'eau, tire [TRACY] du danger et le porte de l'autre côté " ; COURCELLES lui-même, quand il souffrait de crampes, dut aussi être transporté durant deux jours.
Vers le 16 octobre les soldats pénètrent dans Andaraqui, principale bourgade des Agniers, gros village d'une centaine de cabanes de planches, défendu par des levées de terre et un triple palissade de pieux hauts de 20 pieds, muni de réserves de vivres, d'outils, d'eau dans des cuves en écorce. Durant ce raid TRACY fait planter solennellement une croix décorée des armes de la France, puis fait mettre le feu aux 4 coins du village. Ces villages sont établis sur la rive sud de la rivière Mohawk NY, entre Utica et Albany NY, près de Sprakers et de Fort Hunter, plus précisément face à Little Falls, Fonda et Amsterdam que l'on retrouve sur la rive nord.
" Les Annienguers ayant pris la fuite au bruit des tambours, TRACY a fait brusler les 4 bourgs avec tous les bleds, il y auroit bien en tout 100 grandes cabanes ", on applique ainsi la politique de la terre brûlée en incendiant 3 autres villages après avoir pris le maïs pour les troupes affamées, on brûle les récoltes sur pied dans les campagnes environnantes, on pend pour l'exemple un des prisonniers Iroquois, puis on se replie vers le fort Sainte-Anne avant de revenir triomphalement (pourtant sans combat) à Québec le 5 novembre " le 5 au soir Monsieur de Tracy retourne d'Annié avec les troupes d'environ 13 cents hommes y compris les sauvages, à la reserve de 9 ou 10 noyes dans le lac de Champlain ", tandis que le capitaine La MOTTE gardait le fort Sainte-Anne.
Quand le 8 novembre " on renvoya le Bastard flamant avec un ancien d'Annié " il s'agissait du chef Agnier BÂTARD FLAMAND, fils illégitime d'un Flamand et d'une Amérindienne, appelé SMITHS JOHN par les Anglais, libéré comme otage à Québec; il constate au retour une désolation entière, plus de 400 Iroquois étant morts de faim durant l'hiver . Le 14 novembre " le Te Deum a esté chanté en l'église cathédrale à la première nouvelle de l'heureux succès de la marche de Mons. de Tracy ". Il s'en suivra le 8 juillet 1667 un traité de paix qui cette fois sera de longue durée. Cette expédition est une réussite stratégique, forçant les Iroquois à déposer les armes et à accepter l'évangélisation qui suivit, car en moins de 3 ans chaque village iroquois avait son missionnaire. La paix avec les Cinq-Nations dura, cette fois, 18 ans. La présence du régiment de Carignan n'est plus requise. Tout cela grâce à TRACY, qui fit beaucoup de bien à l'église et à la colonie durant ses deux années de commandement.


L'influence de la civilisation française, canadienne française et québécoise a contribué au façonnement de l'Amérique du Nord. Vous trouverez sur ces pages le constat dans la toponymie des lieux au Sud de Montréal au pays des États-Unis. C'est également vrai dans de nombreuses régions de notre voisin du sud et.... L'ouest, dans les grandes découvertes. Lewis and Clark n'étaient-ils pas pilotés par mon ancêtre Charbonneau… Les grands découvreurs de la Louisiane, du Mississipi, des Grands Lacs, les provinces du Canada, à l'est et à l'ouest… Contribution qu'il faut reconnaître …Et de nombreux historiens vous aideront à reconnaître ces faits, cherchez …Ça serait dommage que cette civilisation se perde...
Voir la carte d'Amérique du Nord alors qu'elle était surtout française.
Note de l'éditeur de ce site : Louis Charbonneau


Sources bibliographiques
et abréviations

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CARTE BRASSIER 1776. Cette carte est reproduite dans certains des ouvrages cités
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PONTBRIAND, Benoît, Coopersville NY, Saint-Joseph-du-Corbeau, baptêmes et sépultures 1843-1880, Sillery, 1985, édité par l'auteur <CS 68 32> ANQM
RAYMOND, Raoul. MSGCF v 1 # 2 juin 1944, Noms anciens ou peu connus de quelques paroisses lus aux registres du Québec
REID, William Max. Lake George and Lake Champlain: And The Mohawk Trail. New York and London, G. P. Putnam's Sons, The Knickerbocker Press, 1910 [Reid]
REY, Alain. Le Petit Robert des noms propres, Paris 1999 [Rey]
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SAINT-MAURICE, Faucher de. Notes pour servir à l'histoire des officiers de la Marine et de l'armée Francaise qui ont fait la guerre de l'Indépendance américaine. Québec, Imprimerie Demers, 1896 L'Appendice C par Edmond MALLET, signée 10 juin 1888 Washington DC, est à prendre avec les mêmes réserves que l'article publié par MALLET dans le BRH en 1898 et cité plus haut]
SAINT-PIERRE, T. Les Canadiens et la guerre de l'Indépendance, Bulletin de Recherches Historiques, v 6, 1900, p 209.
SGCF Société généalogique canadienne-française
SULTE, Benjamin. Le régiment de Carignan. Montréal 1922, p 38
TACHÉ, E. Guerre de 1812 à 1815. Bataille navale du Lac Champlain par un témoin oculaire, in Mémoires et Documents relatifs à l'Histoire du Canada, publié par La Société Historique de Montréal 1859 p 145-155
TUTTLE, George Fuller Three Centuries in the Champlain Valley, Plattsburgh, 1909. Intéressant mais de présentation bizarre: par date de l'année, par exemple tous les événements survenus un 13 février sont regroupé ensemble. Il faut donc lire tout le livre pour savoir, faute de table des matières, ce qui est arrivé en 1813 ou en 1856. Consulté Salle Gagnon
Van de WATER, F.F. Glimpse of Champlain History. The Champlain Valley: Northern Gateway in American Heritage v 1, # 1, 1er septembre 1949, p 21
VERNEY, Jack. The Good Regiment. McGill & Queen's University Press, 1991
VERSTEEG, Jennie G. Lake Champlain: Reflections on our Past
WHITECAP MAGAZINE 2000 Edition. On, under and around Lake Champlain, numéro de 96 pages <whitecapmagazine.com>

Pour notre autre page sur la toponymie du lac Champlain

Autres liens

Autre lien intéressant http://www.vtgenlib.org/general/showCat.php?selectARG=ALL&brief=Yes Cartes historiques ...

On the Martyrs' Trail

VTGENLIB

http://www.historiclakes.org/Valcour/valcour_island.htm

 

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Pierre Biron travaille sur un dictionnaire marin français/anglais

Sur les traces de grands explorateurs lien sur les traces des grands explorateurs des débuts de l'Amérique du Nord. Voile évasion aimerait remercier le Réseau du patrimoine franco-ontarien pour l’accès à leur page Web « Voyages, Sur les traces de Champlain. »

Notre nouveau film, "l'Intracoastal, une voie navigable". Rivières et canaux le long de la côte Est des États-Unis. Région historique passionnante de l'histoire des États- Uniens. Cliquez

 

 

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