École de voile Louis Charbonneau

Les forces du vent

Cet article article parle de...
Bons départs, les différentes allures,
la dynamique des forces du vent, l'empannage...

le Roi-Soleil est nez au vent
Les directives sont formelles, il faut hisser la grand voile en plaçant le bateau nez au vent. Le barreur prend position et annonce sa manœuvre : Pare à hisser! Annonce le barreur. L'équipier dénoue les garcettes, elles tiennent la voile à la bôme, quand le bateau est au repos. Il frappe* la drisse à la têtière de la GV ( point de drisse, i.e., l'oeil au coin supérieure de la voile ), prend en main l'autre bout de la drisse en ayant pris soin de la dénouer du taquet *, se retourne vers le barreur et lui répond clairement : Paré !

 


Hisse reprend le barreur, … L'équiper s'exécute, la voile est hissée, …
Le barreur garde le voilier nez au vent, l'équipier va placer la glène au taquet, … ainsi, la drisse ne sera pas mêlée quand on voudra affaler la GV

Il utilise le winch pour bien étarquer* le guindant * afin que la voile soit bien tendue. Il frappe la drisse au taquet, la love … il accroche la glène* à la tête du taquet ( vrai, pour toute voile hissée). Il annonce clairement à son barreur que la manœuvre est complétée.
Le barreur annonce à tout son équipage sur quelle amure ( ou bordée ) il naviguera, exemple : tribord amure ! il engage son bateau : Pare à sortir (ou hisser, s'il n'y a pas d'enrouleur ) le génois ou le foc.
Ne jamais hisser la voile avant quand le voilier est nez au vent, pour deux bonnes raisons. La première : imaginez l'équipier au mât qui lève la voile avant, … Elle viendra focailler* en plein centre du bateau, à l'endroit même où est placé l'équipier et courra de fortes chances de recevoir de violents coups du foc à son point d'écoute. Les écoutes sont retenues à l'œil de ce point par une manille* métallique ou par de bons nœuds de chaise, articles dangereux si on les reçoit en plein visage. La deuxième : sous l'effet du vent, le foc (ou génois) travaillerait à l'avant comme immense gouvernail et le bateau pourrait facilement s'engager sur la bordée non voulue.

Hisser la GV
Nicole hisse la GV.


Nicole termine de hisser le foc avec le winch. Gilet de sauvetage pour la manœuvre. Remarquez : Le Roi-Soleil est bien engagé sur la bordée (amure) de bâbord.
La GV est bordée au près, le foc faseye, côté tribord, ne peut pas frapper l'équipière.
Aussitôt que Nicole aura étarqué le foc, le plis au guindant, visible sur la photo, disparaîtra.

Le voilier peut maintenant naviguer, le moteur est éteint. Le barreur adoptera l'allure requise, soit le près, le travers, le largue, le ¾ arrière et l'arrière.

Les différentes allures


Le Roi-Soleil est au près bâbord amure
Le vent vient de bâbord, les voiles sont près du bateau


Au près, les voiles seront bordées très près et au fur et à mesure que le voilier augmentera son angle d'attaque au vent, il faudra choquer ( laisser filer ) les écoutes au fur et à mesure que le bateau s'éloignera du vent. Le voilier adopte ainsi toutes les allures.
Les voiles auront leur maximum d'efficacité bordées au point de fasseyement* (on dit que la voile fasseye * quand elle bat légèrement le long du mât, pour la GV, ou de l'étai, pour le foc, quand elle n'est pas assez bordée.). Attention de ne pas trop la border, ce qui contribuerait également à réduire la vitesse.
La dynamique des forces du vent. Tout est une question d'ajustement des voiles. Border les voiles parallèlement de façon telle qu'elles aient le même angle d'attaque au vent pour permettre au vent de circuler librement entre les deux voiles; il s'établit des jeux de pressions autour des voiles, en fonction de la libre circulation entre les deux voiles et aussi au fait de leurs formes : elles sont courbées comme des ailes d'oiseaux ( d'avions ), ce qui permet d'avoir une succion vers l'avant, la courbe crée un vide en avant de la voile qui sera comblée par une différence de pressions … C'est la seule façon que les voiles peuvent faire avancer un voilier, sauf au portant (± vent arrière).


La dynamique des forces du vent

Il se crée un vide un vide devant la voile à cause du déplacement ... la pression derrière la voile est plus élevée ...
elle cherche à combler le vide ... la pression pousse sur la voile, la voile sur le mât, le mât sur la coque, ...
En plus le vide devant la GV est accentué à cause de la présence du foc, l'air se compresse, et s'évacue plus vite.
Vent apparent, ... Le voilier navigue avec la conjugaison de deux vents, le vent réel et le vent de déplacement. … Le vent réel est le vent que la nature nous envoie, et le vent de déplacement, … (pensez à vos déplacement en vélo quand il n'y a pas de vent !) … est celui que le bateau se crée en se déplaçant. Cette combinaison de forces s'appellera le vent apparent, c'est celui qu'on ressent au visage. C'est avec le vent apparent que se déplace le voilier ! Sauf au largue, ... Alors, il se sauve devant un vent de moins en moins présent au fur et à mesure que sa vitesse accélère ... Donc, aucun vent de déplacement ... le voilier navigue donc plus lentement vent arrière.

La gîte. Il est normal que le voilier penche aussitôt que le vent se manifeste, on dit qu'il gîte. Plus le vent sera fort, plus le voilier sera incliné … Il atteindra un certain degré de gîte qu'il ne devrait pas dépasser à cause du poids de la quille. La force d'attraction terrestre sur la quille deviendra de plus en plus efficace au fur et à mesure que le la gîte se manifestera. Quand le bateau gîtera trop, le barreur pourra lofer, i.e., s'approcher du vent et faire faseyer la voile, ce qui enlèvera de la force au vent et diminuera la gîte. Il pourra également choquer l'écoute de grand-voile, ce qui aura un effet semblable. Si le temps forcit, il pourra choisir de réduire la voilure en réduisant la grandeur de la GV en mettant un ris, ce que nous verrons dans une chronique ultérieure. ( en attendant certains voudront lire la démonstration de cette manœuvre sur mon site :http://www.voileevasion.qc.ca/Ris/Ris%20en%20marche.htm
La gîte sera moins forte aux allures portantes, soit vent ¾ arrière ou vent arrière … vous n'avez qu'à penser à toute la résistance s'exerçant à la longueur de la coque, faudrait que l'arrière du bateau lève …
Revenons sur les différentes allures. Naviguer au près permet de gagner du déplacement contre le vent. Tirer des bordées, … 2 fois la distance, 3 fois la patience …, 4 fois, la … Par gros temps, c'est difficile et demandant : faire des virements de bord, border la voile avant, à chaque virement …

Le louvoyage

Louvoyage: c'est l'action de louvoyer, soit gagner dans la direction d'où vient le vent ( le vent est debout). Le voilier qui est obligé de louvoyer pour se rendre à son objectif, devra faire deux fois plus de route, prendre trois fois plus de temps, demander quatre fois plus d'énergie et de patience à son équipage, mais cette allure lui procurera cinq fois plus de plaisir.

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En louvoyant, on atteint l'objectif en gagnant du terrain à chaque bordée, voir croquis pour terrain gagné. Nous traiterons des changements de bord quand on est près du vent dans un article ultérieur. En attendant, voyez notre site : http://www.voileevasion.qc.ca/Virement%20de%20bord.htm
http://www.voileevasion.qc.ca/virer%20au%2090.htm

Le vent de travers est probablement la position la plus rapide et la plus agréable, la gîte est bonne, la tension est moins forte, on peut atteindre directement l'objectif. Le vent apparent est encore efficace.

Le vent de travers

Voilier au petit largue ( entre de travers et 3/4 ) par bon temps (tribord amure) Par ce temps frais, il est obligé de laisser aller de la voile, même s'il a un ris et un foc de route ou un génois enroulé

Au 3/4, le vent apparent perd de l'importance, par contre à cette allure, on peut porter un spi, ce qui peut permettre au voilier d'accélérer.

Vent arrière est moins rapide : le vent qu'on se crée n'existe plus. Pensez à un voilier vent de côté, , … il accélère, le vent continue à exercer la même poussée … Pensez à un voilier sur glace qui n'offre que très peu de résistance, il pourrait, vent de travers, dépasser la vitesse du vent ce qui lui serait impossible, vent arrière, car le vent diminue sa force en fonction du bateau qui accélère. L'utilisation du spinnaker* viendra compenser.


Vent arrière, le spi ... C'est pour les experts !

Vent arrière délicat , … Il y a toujours le risque d'empannage accidentel, il faut donc être attentif constamment, sinon la grand-voile pourrait changer d'amure brusquement. Par contre, l'empannage contrôlé est une belle manœuvre.

Empannage

À l'empannage, il faut bouger vite !

voir le DVD technique

Empannage : l'empannage est toujours une manoeuvre délicate car la bôme, si elle est mal contrôlée, peut venir frapper les haubans avec violence, les arracher et provoquer même la rupture de la mâture. La technique d'empannage contrôlé sera vu dans un article ultérieur. En attendant, vous pouvez consulter mon site http://www.voileevasion.qc.ca/Empannage.htm

L'équipage et les manœuvres : Il doit s'établir un code entre le barreur et l'équipage. Une bonne connaissance du vocabulaire devrait éventuellement s'imposer. Un bon partage des responsabilités. Un seul capitaine à bord, il accepte les suggestions, il prend les décisions, les assume, … Et, n'oubliez pas que … la voile, ça s'apprend les deux pieds sur le pont !
Le bon vocabulaire aide à se comprende entre équipiers :
Frapper : quand on frappe une drisse, on la noue à un taquet
Taquet : un accessoire destiné à attacher une manœuvre courante (câble, drisse,..)
Étarquer : bien tendre une drisse pour que la voile soit bien serré entre le point d'amure et le point de drisse (voir article précédant)
Guindant : c'est la partie de la voile entre le point d'amure et le point de drisse, la partie avant de la voile.
Focailler : se disait autrefois d'une voile laissée folle. Je trouve l'utilisation de ce vieux mot très approprié compte tenu de son utilisation au Québec. Vous comprendrez qu'il n'y a aucun rapport avec le " fuck " anglais, ni pour la voile, ni pour le "flot " qui n'arrête pas de bouger.
Fasseyement : se dit d'une voile insuffisamment bordée. Il s'écrit de différente façon. Pour épellation voir : http://www.voileevasion.qc.ca/Fasseyer.htm
Spinnaker : voile ballon portée par temps doux et aux allures portantes.
Manille : accessoire en forme d'étrier qui permet d'assurer une poulie, une écoute, …

Gréement le_voilier_et_son greement.htm

Bonne source de vocabulaire voir lien

 

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