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Baie McDonaugh, le train
Baie McDonaugh, 21 juillet 1999, 20 heures. Ce mouillage protège
bien du sud et il y a peu d'eau. Ce sera d'autant plus facile pour
relever la chaîne d'ancre. Pas de "cling clang"
des drisses sur le mât, l'équipage devrait bien dormir.
Sauf que Chantal est inquiète
il semblerait que ses
nuits sont dérangées par certains bruits nocturnes
qui s'entendent dans le carré
Sylvie et Michel, un tout nouveau couple d'à peine quelques
semaines, semble y faire le train. Le peu de place qu'offrent les
lits simples du carré ne semble pas déranger les ébats
de nos tourtereaux.
Germain, le mari de longue date de notre insomniaque (ils sont
couchés dans la cabine avant), ne semble pas, lui non plus,
dérangé par la chose: il dort à poings fermés.
Contrairement à sa douce, qui m'a tout l'air de regretter
les élans de leurs premiers ébats amoureux. Elle m'a
même avoué qu'elle envisageait de prendre le train
pour Montréal si elle n'arrivait pas à passer de bonnes
nuits
Voilà un problème épineux auquel il faut que
je trouve une solution. 21h30, ça y est! Je mets le gonflable
à l'eau, y ajoute gilets de sauvetage et couvertures, et
suggère fortement, et avec un beau grand sourire, à
nos amoureux d'aller voir passer le train sur ce radeau bien abrité,
tout le temps qu'ils veulent, sous les rayons de la lune qu'on aperçoit
au loin et de ne revenir à leur lit moelleux respectif que
lorsque la parade sera terminée.
Chantal a bien dormi, tout le monde est heureux. Mais depuis ce
jour, chaque fois que j'entends, sur le lac, siffler le train Montréal-New
York, un petit sourire m'anime
Louis Charbonneau
Le Roi-Soleil
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