École de voile Louis Charbonneau
Articles publiés dans la Presse Nautique
Louis Charbonneau chroniqueur
La Presse Nautique
Je placerai certains articles que j’ai publiés dans La Presse nautique : l’objectif étant de faire des liens avec les nouveaux. C'est une rétrospective via ce lien au fur et à mesure que de nouveaux articles paraîtront. L'objectif de mes articles est de démystifier l’apprentissage de la voile.
Article 2008
Mouillage
Mouiller ancre article Presse N 3,171 espace compris le 4e article 2008de 2008
De Louis Charbonneau
Mouiller l'ancre, ce qu'il faut savoir !
Un bon mouillage y va de la sécurité de l'équipage et du bateau. On a beau prendre toutes les précautions ... Les surprises sont toujours possibles. Il faut...
Équipement approprié.
Types d'ancre
Ils y a des ancres plus intéressantes que d'autres. Le type CQR ou Danfort est excellent dans le sable, la glaise légèrement consolidée et dans les fonds rocheux irréguliers. Rien ne tient dans les herbes, ... Quelque soit le type d'ancre ou de fonds, la clé est probablement dans la partie chaîne, au moins l’équivalent de la longueur du bateau, qui ajoute du poids à l'ancre et aide le câblot à travailler plus en profondeur. Important de choisir une ancre appropriée au bateau : certaines sont mieux appropriées pour prendre dans certain types de fonds.
L’ancre bien amarrée au bateau
L'ancre doit avoir une pesanteur en relation avec la grosseur du bateau et une chaîne suffisamment longue, (au moins la longueur du bateau) reliée à un câblot par une cosse.
Une cosse passée à une manille
qui est reliée à la chaîne
voilà ce qui prévient l'usure du câblot.
(Métal contre métal: la cosse dans l'épissure du câblot, la manille de la cosse au dernier maillon de la chaîne). La chaîne d'ancre (ou câblot) doit être fixée au fonds du puits par un tire-fond à œil très solide et vissé à la quille. Des yachts de croisière devraient avoir, à bord, deux ancres, idéalement de types différents.
Bien choisir le mouillage.
Toujours mouiller dans un endroit à l'abri du vent et des vagues dans le fonds d'une baie. Autour d'une petite île n'est pas l'idéal,… Si le vent ne fait pas le tour, la vague le fera et vous roulerez toute la nuit. Établir sa météo pour la nuit et le lendemain.
Prévoir un mouillage alternatif qui vous permettra de changer durant la nuit : prévoir la trajectoire à suivre dans les détails, les profondeurs, les bouées, points de repères, pointes, obstacles, hauts fonds, même faire vos points GPS.
L e mieux, c'est de mouiller entre 8 et 15 pieds. Pas trop de chaîne à remonter. Évidemment, il faut tenir compte des profondeurs, du temps de l'année, du type de fonds. En eau douce, au mois d'août, à nos latitudes, alors que les phosphates ont bien engraissé la flore lacustre, il est préférable de choisir des profondeurs de plus de quinze pieds, le soleil n'aura pas permis aux herbes de proliférer.
Le type de fonds, types d'ancres.

Nicole communique par geste, ça évite de hausser la voix. Photo Gilles Quintal
Une bonne communication, des précautions. Nicole a encore le pied sur la chaîne, au dessus de l'engrenage du guideau, elle a ainsi évité que la chaîne dérape au moment où l'ancre a mordu. Le pouce en l’air, elle signifie au barreur que l’ancre est prise.
Mouiller, c'est comme pour d'autres manœuvres, il faut le faire sérieusement, mais pas se prendre au sérieux.
Pour un complément sur cet article, soit : la chaîne vs le câblot, la longueur de chaîne, les manœuvres de l’équipage, les directives claires et précises, le tour de chat, l'ancre tiendra-t-elle? Mouillage à deux ancres, avec marée, au bord d'un chenal, embosser, préparation à la nuit, mouiller à la voile … Voir : http://www.voileevasion.qc.ca/mouiller%20_ancre.htm
Louis Charbonneau www.voileevasion.qc.ca
Articles 2010
Le premier (fin janvier 2010)
Qui mène à bord du voilier ? ... le capitaine, le skipper ou le barreur ?...
3063 caractères espaces compris
Le capitaine est le propriétaire du voilier. Vous pourrez aussi l'appeler : le Grand Mât, le Vieux, Mon Oncle, le Pacha, le Capitaine Nord,… Peu importe le nom que vous lui donniez, pourvu que vous le respectiez… Qu’il soit un ami ou de passage.
Il doit connaître la navigation : savoir lire et interpréter les cartes marines, maîtriser les connaissances de météorologie, connaître le fonctionnement des instruments de navigation et de communication.
Le capitaine est Maître à bord, il prend les décisions et les assume. En son absence son second ou la personne attitrée, prendra la relève. Ses décisions sont toujours les bonnes et doivent être suivies par l'équipage. Aucune initiative de la part de l'équipage regardant la sécurité, les routes naviguées, les personnes embarquées, les communications par le biais des instruments de communication du bateau, lieu de mouillage, choix de voilure, ... n'est permise à moins d'une urgence immédiate mettant en péril l'équipage ou le voilier. Les suggestions, les demandes, sont les bienvenues; elles sont soumises à l'approbation du capitaine.
Le skipper est le chef de bord d'un bateau de plaisance sans en être le propriétaire. Il a les mêmes responsabilités que le capitaine, donc ses connaissances doivent être aussi pointues (le propriétaire n'est habituellement pas à bord.)
Skipper ou capitaine doit avoir une solide formation de chef d'équipe et doit savoir faire respecter son autorité. Il doit faire tout en son possible pour encourager la bonne entente entre les équipiers par différentes stratégies.
Drôle dans ce monde moderne et de voile de plaisance … Cette hiérarchie semble anachronique, mais elle est importante pour mener le voilier à bon port.
Le barreur tient la barre: il n'a que la responsabilité immédiate du voilier dans des manoeuvres ponctuelles, il répond au capitaine ou au skipper.

Louis, capitaine du Roi-Soleil
Un seul prend les décisions, il doit avoir la formation et s'attendre à répondre de ses gestes. Certaines virées ne sont pas de tout repos, des accidents sont souvent arrivés parce que les équipiers n'ont pas respecté les consignes pourtant claires et précises, se croyant dans une balade de dimanche après-midi … Ne pas oublier que le capitaine est responsable de la sécurité des ses passagers.
Les règles de l'art pour tous.
Agir selon les règles de l'art. Pour le capitaine ça veut dire : connaître son bateau et bien le prendre en main, connaître et respecter les règlements de la navigation, Respecter son bateau et les autres embarcations…
Être capable de prendre des décisions et les assumer, savoir diriger l'équipage, faire respecter son autorité, être capable de répartir tâches et responsabilités, d’encourager le travail d'équipe. Savoir faire connaître les règles de sécurité

Le voilier école "Le Roi-Soleil"
La débrouillardise est à la base même de la compétence d’un capitaine.
Louis Carbonneau www.voileevasion.qc.ca
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Deuxième article avril 2010
caractères espaces compris 4,300 ± Texte de Louis Charbonneau
Titre : Stages de voile à bord du Roi-Soleil
L’apprentissage à bord du voilier Le Roi-Soleil est basé sur des explications suivies de mises en pratique jusqu’à la maîtrise des manœuvres. Elle permet de prendre en main un voilier de croisière.
Des consignes précises et du matériel pédagogique permettent à nos stagiaires d’arriver à bord, bien préparés : un manuel de base http://www.voileevasion.qc.ca/manuel_table_matiere.htm et un DVD technique http://www.voileevasion.qc.ca/videotechnique.htm leur permettent de savoir ce qu’ils vivront : le film montre des stagiaires en action, le manuel contient l’évaluation et sert de références après le stage.
Une liste de choses à apporter leur est aussi remise : vêtements pour le chaud, le froid, la baignade, chapeau, bottes de pluie, imperméable. Chaussures appropriées avec semelles en caoutchouc (qui ne marquent pas), lunettes fumées, crème solaire, lecture. Appareil photo, une petite lampe de poche, CD audio de votre choix, médicaments, oreiller et sac de couchage ou équivalent et toute autre chose jugée utile, mais ne pas surcharger le bateau ... Comme ils passent la frontière, ils doivent être munis d’un passeport valide, ne pas avoir de casier judiciaire, avoir des assurances médicales, n’avoir aucune drogue, aussi douce, soit-elle.
Ils ont été mis en contact avec leurs coéquipiers pour partager l’achat de la nourriture. Ils ont reçus des suggestions sur le type d’aliments à apporter : surveiller les aliments interdits à la frontière, … Avoir des provisions pour tout le séjour, car les approvisionnements en nourriture sont difficiles au lac. Il ya des suggestions de menus : rien de trop gras, rien de trop acide, de quoi grignoter, ça prend un estomac plein pour éviter le mal de mer. Le bateau est équipé de frigo, cuisinière, fourneau...

Louis explique le gréement avant le départ
Nos stagiaires viennent à bord pour apprendre à manœuvrer un voilier, ils le savent par la documentation reçue. Un petit rappel avant le départ, et des précisions sur la façon de remplir leur évaluation. Le matin du départ, c’est la toilette, le déjeuner : Un estomac plein protège du mal de mer, quelques commentaires sur l’organisation du séjour durant le repas : lever tôt, repas, la vaisselle, toujours faite, … D’abord, un peu d’explication, du vocabulaire, les mesures de sécurité, où sont placés les gilets de sauvetage et quand les porter, quelques explications de manœuvres à faire en fonction des conditions, l’écoute de la météo, le fonctionnement du moteur, vérification de l’huile, la radio VHF,
Nicole montre à la stagiaire comment manier une drisse
les fusées de détresse, les pompes de calle, le fonctionnement du bossoir pour larguer l’annexe, la bouée de sauvetage, la ligne d’attrape, comment larguer les amarres, comment les lover, leur montrer à quoi sert une gaffe, ce que sont les drisses, comment se déplacer sur le pont, les écoutes, leur montrer qu’il faut se ramasser, leur apprendre qu’ils doivent écouter le maître/capitaine, ce qui est facile à faire comprendre car ils savent qu’ils sont embarqués pour apprendre.

L’évaluation dans le manuel
Plus de 150 manœuvres : le stagiaire coche le "Vu",
Quelques explications sur le fonctionnement de la voile … Et, c’est un départ.
Bon apprentissage
Un beau séjour d’apprentissage des manœuvres de navigation à la voile

Le maitre/capitaine initialise toutes les manœuvres acquises.
Des stagiaires qui ont bien profité de leur stage
Après ce stage de cours de base, il y a de bonnes chances qu’ils deviennent des adeptes de la voile de plaisance, du moins ils savent maintenant s’ils aiment vraiment la vie à bord d’un voilier, ayant été confrontés durant cette semaine intense à plusieurs conditions de navigation.
Dans les autres articles de cette saison, nous suivrons l’apprentissage de toutes les manœuvres à connaître.
Louis C. www.voileevasion.qc.ca
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Troisième article juin 2010
caractères espaces compris 4,300 ± Texte de Louis Charbonneau
Titre : Stages de voile à bord du Roi-Soleil
Les premières manoeuvres
Hisser les voiles : mais d’abord quelques notions à ajouter avant d’appareiller.
Donner des éléments à connaître sur le fonctionnement du voilier. La coque, le franc-bord, le pont, le cockpit, … Se familiariser avec le vocabulaire d’usage : bâbord, tribord, en donnant un truc infaillible pour s’en souvenir. Montrer comment se déplacer sur le bateau, trois points d’appui; la distinction à faire par petit ou gros temps … Leur expliquer le triple rôle de la quille : elle empêche le voilier de chavirer par son poids et de dériver et ce que veut dire ce terme; elle permet à l’embarcation de garder sa direction avec l’aide du safran placé derrière la quille, aileron relié à la roue ou à la barre, c’est selon (voir modèles de quilles : http://www.voileevasion.qc.ca/quilles_voiliers.htm). Parler brièvement des différents types de voilier : ils sont à bord d’un sloop, gréement marconi, i.e., une grand-voile triangulaire. Montrer d’autres gréements sur place si disponibles.

Le Roi-Soleil, voilier école est un sloop, il navigue au près
(Voir : http://www.voileevasion.qc.ca/voiliers_types_de.htm)
Le gréement

Il y a beaucoup de termes à apprendre, il est donc préférable d’aller au plus simple d’abord : les haubans tiennent le mât, les cadènes tiennent ces filins d’acier à la structure de la coque, la balancine retient la bôme quand la GV n’est pas montée, les drisses hissent les voiles, les taquets servent à les frapper, les amarres, les écoutes, ces dernières, à border et choquer les voiles, les amarres à amarrer le bateau, les manilles, les mousquetons, … Il sera toujours temps de voir les autres au fur et à mesure de leur utilisation. http://voileevasion.qc.ca/le_voilier_et_son_greement.htm pour plus de renseignements
Prendre le temps, à quai, de faire hisser partiellement la GV, de montrer à lover la drisse, à la frapper (nouer au taquet), à la lover. Chacun y passe, les autres observent, …
Enrouleur de génois
Expliquer le fonctionnement de l’enrouleur de la voile avant (foc ou génois, même voile, mais de taille différente), de la drosse pour le sortir et l’enrouler, une fois la journée terminée. Montrer à endrailler le foc à l’étai largable (sur le Roi-Soleil) et à le hisser si le temps exige une plus petite voile à l’avant.
Les mousquetons servent à endrailler le foc sur l’étai.
La drisse est bien frappée à la têtière du foc
Placer les écoutes : important pour border ou choquer, i.e., éloigner ou rapprocher la voile, selon l’angle du bateau par rapport au vent. Quelques nœuds, de taquet, d’écoute … Donner le temps de les exécuter. Enseigner l’utilisation des winchs, de la manivelle et comment éviter de s’y coincer les doigts, les pratiquer.
En principe nous devrions être prêt : un petit rappel pour le moteur, et les quelques consignes de sécurité. A-t-on bien évalué les conditions ? La météo a été écouté sur le VHF, le baromètre est stable, pas de nuages menaçants, style cumulo nimbus. Rappeler que sur le lac Champlain, il y a le réseau amical de données ponctuelles des vents. C’est l’heure : appel sur le 09, le passage au 06, une réponse, il y a un copain en navigation les conditions sont de … Autant en profiter pour leur permettre d’avoir un petit aperçu du fonctionnement de la radio : Mayday, Pan, Security. Il sera toujours temps d’y revenir la journée où il n’y aura pas de vent ! Il en sera de même, pour les nœuds, les coordonnées de cartes, l’arrivée à quai, … Tout ce qui peut se faire sans vent. Si le vent est fort, la première leçon sera d’apprendre à mettre un ris, nous y reviendrons. Et ordre sera donné de porter les gilets de sauvetages … Quelques soient les conditions, avant chaque départ, fermer les hublots, les écoutilles, sécuriser les équipets. Rien
ne traîne, …

L'équipage se prépare
C’est le départ, les amarres et les défenses sont rangées, le cockpit et le pont sont libres. La rambarde est sécurisée, … "Larguez les amarres !" Pour des départs à l’ancre, voir : http://www.voileevasion.qc.ca/se_preparer_a_la_viree.htm
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4e article
Quatième article, août 2010
Stages de voile à bord du Roi-Soleil
Le cours de voile se continue : le près ?
Hisser les voiles. Se rendre au large dans un espace assez vaste pour manœuvrer, vérifier l’absence de bateaux dans l’environnement immédiat. Se mettre bout au vent avec suffisamment d'allure pour conserver cette position. Hisser la grand-voile en maintenant la voile bordée pour aider le bateau à rester bout au vent. Lover la drisse de la GV. Ensuite s’engager dans la direction choisie, au près, i.e., à ± 45 ° du vent, la voile gonfle, elle cesse de faseyer (flacoter). Voilà maintenant le moment de sortir la voile avant. Cette dernière n’est jamais engagée bout au vent pour deux bonnes raisons : un équipier, en train de manœuvrer le foc au mât, pourrait se faire blesser et par ailleurs, la voile avant deviendrait un immense gouvernail avec le vent et risquerait d’engager le bateau dans la mauvaise direction.
Le plan d’eau où sont donnés nos cours est idéal : suffisamment vaste, profond, sans marée, bons abris …
Il est donc possible de partir dans la direction la plus avantageuse pour débuter la formation. Pour nous, c’est le près, car cette position permet de démontrer clairement les dynamiques essentielles du déplacement : le vent atteint les voiles, la quille empêche le voilier de dériver, le safran maintient la direction, … Attaquer le vent à 45 º demande de border les voiles le plus près possible du bateau et de maintenir la direction idéale ; ni trop abattre, ni trop lofer, soit en s’éloignant, soit en s’approchant trop du vent.
Les penons aident à maximiser la position idéale : ce sont de petits rubans sur les haubans de chaque coté, rouge à bâbord, vert à tribord, rien de mieux pour donner la direction du vent; moins chers que les girouettes et pas de torticolis comme avec ces dernières.
Ce sera ensuite la continuation de l’apprentissage : les penons de génois, leur rôle important, le vent apparent, le vent réel, les virements de bord, les autres allures, … Il faudra attendre le prochain article.
Louis Charbonneau www.voileevasion.qc.ca
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4e article. Louis Charbonneau, saison 2010
Le cours de voile se continue : le près ?
Le voilier file au près, à 45º du vent, les voiles sont bordées serrées, bâbord amure, le vent frappe le côté bâbord, les voiles sont pleines, tribord, la gîte est de 15 degrés, la vague est à peine formée, …

Le près, position idéale pour débuter le cours
Les conditions idéales. Explication et démonstration du vent réel et du vent apparent : celui de la nature rejoint les voiles, le voilier avance, il se crée un vent par le déplacement, comme le cycliste se fabrique une brise équivalente à sa vitesse atteinte; cette brise vient d’en face, tandis que le vent réel de ± de 30º.

Les deux vents, le réel et le fabriqué, se conjuguent pour produire le vent apparent, celui reçu sur le visage, celui qui nous fait avancer. Il permet au voilier d’avoir plus de vent et d’atteindre une vitesse plus élevée qu’on pourrait imaginer, mais qui, par contre, occasionne un changement de direction. Le voilier perd une quinzaine de degrés : un voilier échoué, pourrait attaquer le vent à ± 33º, mais en mouvement il ne peut pas s’approcher en dedans de 45º à cause du vent fabriqué. Pour faciliter la compréhension du vent apparent, je leur demande de mener le voilier vent arrière : une impression de plus de vent du tout ! Il nous suit, il a même de la difficulté à nous rejoindre, car notre déplacement réduit d’autant sa force ... Par gros temps, la position vent arrière donne une mauvaise idée de la force du vent, il faudra y revenir en temps opportun.
Naviguer au près permet de bien leur expliquer le mécanisme des dynamiques, voir http://www.voileevasion.qc.ca/au_pres.htm
Ils naviguent au point de faseyement, i.e. ils gardent le voilier dans une direction de façon à ce que les voiles ne faseyent pas et qu'elles soient sur le point de faseyer ; ils permettront au voilier d’atteindre son maximum de vitesse à cette allure.
Les penons de génois permettent de visualiser la circulation du vent : parallèles comme sur la photo, la dynamique des forces est à son meilleure. Ces petits rubans ne sont plus valables au largue. Voir http://www.voileevasion.qc.ca/penons.dwt
Les formes des voiles permettent au voilier de naviguer à ± 45º du vent et ainsi le remonter. Les voiles ne sont pas plates comme une feuille de papier, mais bien de configurations concave au vent et convexe sous le vent. Au vent, dans le creux de la voile, l’air se compresse. Sous le vent il y a une dépression occasionnée par la forme convexe de la voile. Les voiles sont ainsi aspirées dans ce creux de pression. Sous l’effet de succion, le gréement et par le fait même le voilier est aspiré vers l’avant; il aurait tendance à l’éloigner de la source du vent, par contre, les stagiaires voient que la quille permet au bateau de garder sa direction

Surprise, le voilier peut naviguer contre le vent.
Pour atteindre la source du vent, ils apprennent à louvoyer, i.e., à tirer des bords, au près, c’est la seule façon.

Ils se rendent compte que louvoyer, permet d'atteindre un objectif situé dans la zone d'accès inaccessible en effectuant des zigzags auprès du vent, voir le croquis. Chaque virement de bord se fait à 90 °, 45° pour rejoindre le lit du vent et un autre 45° sur l’autre amure.
Virement de bord (au vent). Première chose, nos aspirants vérifient l’environnement, les autres bateaux, … Pare à virer ! dit le barreur. L'équipier se prépare dénoue l'écoute du foc, mais ne la laisse pas filer… il (elle) répond : Paré(e)!Le barreur reprend : Envoye ! Il envoie la barre ou tourne la roue pour que le voilier aille vers le vent. Le focquier laisse filer l'écoute du foc (juste au moment où le voilier est sur le point d'arriver vent debout, pour éviter le coup de fouet de l'écoute alors que le voilier est encore au près sur l'amure de départ.) Le voilier s'engage sur l'autre amure (bordée). Le focquier borde le plus rapidement possible l'écoute du foc. Le barreur est heureux, il maintient le voilier à 45° Le voilier reprend sa vitesse sur la nouvelle amure. Par gros temps, sa vitesse est réduite par la vague et peut rendre le virage difficile. Pour plus de détails, voir http://www.voileevasion.qc.ca/louvoyer.htm

Les différentes allures
J’utilise l’appellation de Jean Merrien pour nommer les différentes allures, mes stagiaires trouvent mon choix plus visuel. Il a été d’ordre pédagogique : le près, va de soi, comme nous venons de le voir, le près bon plein le suit, c’est normal. Le travers très logique puisque le vent arrive en plein travers du voilier, soit à 90º. L’appellation choisie « que le largue suive le travers » est très explicite, car à partir de cette position, le bateau cesse de s’approcher de la source du vent, le voilier cesse d’être aspiré, il est surtout poussé, les voiles sont "larguées" au maximum.
Vent de travers
Nos passons ensuite au vent de travers : du près nous naviguons au bon plein en éloignant un peu les voiles en choquant les écoutes. Au moment où le voilier à le vent à 90º, le barreur donne l’ordre d’ajuster les voiles : choquer le génois … S’il se met à faseyer, l’équipier le borde à perfection. Un contrevent, émané du génois perturbera la GV dans son lof, i. e. la partie le long du mât. Ils la choqueront jusqu’à son point de faseyement. Les stagiaires seront heureux, les voiles bien bordées leur permettront d’atteindre la vitesse maximale de cette allure.
Par vent de travers, on atteint l’objectif directement. À tour de rôle, ils apprennent à maintenir un cap fixé d’avance et à border les voiles selon l’angle du vent. Par bon temps, le voilier, est moins modéré par la vague qu’il l’est au près. Je profiterai de cette allure pour leur glisser quelques mots sur le point mort, sur la possibilité de mesurer l’angle de collision, sur l’importance de connaître les règles de priorités, sur les embardées, abattées et aulofées, ... Mais la journée s’achève ainsi que l’espace consacré à ce article, il faudra reporter ces mises en pratique à plus tard et vous, chers lecteurs, vous pouvez toujours aller sur www.voileevasion.qc.ca.
Louis Charbonneau
Requis : 1 page = 6000 caractères espaces compris
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Louis Charbonneau 5e article 2010 :
Le largue
Le largue ne dévoile pas la vraie force du vent.

Le portant
Le largue donne une illusion trompeuse de la force du vent puisque le voilier navigue dans le même sens que le vent. Il faut d’abord, pour avoir la force réelle du vent, soustraire la vitesse du voilier. Par gros temps, nos stagiaires sont plutôt surpris de la force de l’agent d’Éole quand on leur demande de quitter le vent arrière pour le travers ou le près. Un vent qu’ils imaginaient de 10 à 12 nœuds, alors qu’ils étaient au portant va rapidement retrouver une force beaucoup plus élevée en changeant de direction. Il va d’abord augmenter de ± 6 nœuds, soit la disparition de la vitesse de l’embarcation, prendre un 6 additionnel en arrivant au près à cause de son déplacement : de 6 nœuds apparent, il deviendra un vent senti de ± 25, ce qui est une toute autre histoire. Pour toutes ces raisons, il est essentiel de demander aux participants du "Réseau amical des vents", propre à notre plan d’eau, de bien mentionner leur allure : jolie brise nous dira le premier, il est vent arrière, ouf, nous dira l’autre, il est à tirer des bords.
Le portant est une position délicate quand le voilier se présente vent arrière : chaque stagiaire apprend à passer du ¾ à vent de dos en identifiant les nombreux indices qui lui éviteront l’empannage accidentel : des visuels, la voile avant ne recevra plus de vent, … des tactiles, il ne sentira plus le vent sur la peau, … les sonores, l’écoulement de l’eau sera différent, … la vitesse, le bateau en perdra, … Et combien d’autres signes …
Ils apprennent ensuite l’art d’un bel empannage : d'abord à évaluer l'ampleur de son virement de bord, ensuite à trouver un point à l'horizon, sur l'autre amure, environ à 45° en amont. On leur fait débuter la manœuvre à partir du vent ¾. Pendant qu’il abat, il doit border (ou faire border par un équipier) l'écoute de grand voile avec énergie tout en continuant à abattre pour rejoindre l'autre amure. Au moment où le bateau est dans le lit du vent, soit, dans le sens de l'écoulement du vent, i.e., parfaitement vent arrière, la bôme doit être bien retenue au centre du bateau jusqu'à ce que le vent frappe la voile sur la nouvelle amure, voie essentielle au changement de bordée. N.B. il n'y a aucune presse à laisser filer la grand voile car une fois bordée dans cette position longitudinale au bateau, le vent, venant de l'arrière n'a que très peu de force, il glisse de chaque côté de la voile et ne pourra faire gîter le voilier de façon excessive, car, comme il se doit lors de l'empannage, le barreur verra à garder sa direction très près de l'arrière sur la nouvelle amure : à cette allure, la gîte est moindre, car la résistance au phénomène se fait sur toute la longueur de la coque. Pour faciliter la manoeuvre de border la voile par gros temps, voir http://www.voileevasion.qc.ca/empannage_gros_temps.htm
Ensuite il faut laisser filer la grand voile lentement de façon telle que la bôme n'arrive pas brusquement sur les haubans, sous

L’empannage
Attention à l'aulofée : il faut éviter les trop grands changements de cap: une aulofée risque de coucher le voilier par temps frais. Il faut bien garder le nouveau cap, i. e. au ¾ (arrière) sur la nouvelle amure : bien laisser filer la grand voile, elle a tendance à faire lofer le bateau, bien tenir la roue, pas toujours facile par gros temps, … Sinon, c'est la gîte spectaculaire !
L’exercice est repris plusieurs fois, chacun pratique les tâches : le barreur, l’équipier.
Et que fait-on de la voile avant ? La manœuvre du génois est beaucoup plus facile à exécuter : n'étant pas bômée, elle n'offre pas les risques de la GV. Elle peut changer de bord, revenir, … Il est par contre important de travailler avec les deux écoutes pour empêcher la voile de passer devant l'étai ce qui provoquerait des embêtements : l'équipier borde d'abord l'écoute du côté de la nouvelle amure à venir autant que ce soit possible, avant de laisser filer définitivement celle qui tenait la voile sur l'amure précédente et le tour est joué, on vient d'éviter d'enrouler le foc autour de l'étai. S'il n'y a pas d'équipier, le barreur attendra d'être sur la nouvelle amure avant de changer le foc de côté en utilisant la même procédure.
Quelques fois, il arrive que le gros temps nous arrive de façon subite et les explications sont faites rapidement, le choix entre les différentes solutions. Affaler tout, chercher l’abri, évaluer les profondeurs, descendre la GV, partir en fuite, …

Le Roi-Soleil en fuite, la GV a été affalée pour le rendre plus manoeuvrant, on cherche un abri.
Difficile de donner des explications, car le temps presse. Vite, leur montrer à trouver l’abri idéal, bien caché du vent, là ou le fetch est suffisamment réduit pour être protégé du vent et de la vague. Nous aurons alors le temps de passer aux explications des manœuvres faites, clles qui nous ont permis d’atteindre l’abri. Bien cachés, il est temps de montrer comment mouiller : les bonnes profondeurs, bien établir l'espace nécessaire à la touée, i, e, qu'il n'y ait pas de haut fond ou des bateaux dans le rayon que nous occuperons en fonction des
vents changeants. Le travail de l'équipier, les directives claires du barreur, mettre assez de chaîne et pas trop, ce qui embêterait les autres bateaux. http://www.voileevasion.qc.ca/mouiller%20_ancre.htm
Il est évident qu’on aurait voulu passer plus de temps sur les différentes façons de négocier le gros temps, les explications seront données durant la soirée ainsi qu’un aperçu de toutes les autres manœuvres pour les jours à suivre.
Notre semaine se poursuit. Naviguer avec une seule voile, les 360º, la mise à cape, l’homme à la mer, les règles de route et priorités à voile et à moteur, le changement de voile avant, enrouler le génois, prendre un ris, angle mort et de collision, technique d'accostage, les amarres, les lancer et les frapper, comment débarquer en sécurité, préparer la route à suivre, le point sur la carte, l’utilisation du V.H.F, du GPS, le rythme de vie du marin, les nœuds, et combien d’autres apprentissages que vous trouverez sur notre site http://www.voileevasion.qc.ca/apprentissage_cours_de_bas.htm
Louis Charbonneau
À l’année prochaine
Articles 2011
1er article
Préparation du voilier pour la saison (article La Presse Nautique no1 2011)
La carène : vérification des passes coque, l'arbre de couche de l'hélice*, l'arbre du safran, la préparation, le nettoyage, l'antisalissure,... Cette dernière dans nos eaux douces peut survivre plusieurs années, il s’agit de garnir les espaces usés avec un restant de peinture. Si vous avez l’intention de partir pour quelques années, il serait intéressant d’en mettre deux ou trois couches de couleurs différentes ce qui permettrait d’en surveiller l’usure.
La question de l’Interprotect : votre bateau a plusieurs années d’expérience, la carène est en parfait état, aucune bulle. Réfléchissez avant de vous embarquer (sic) dans une telle

Ponçage et autres travaux : sueurs, … Les plaisir du printemps !
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aventure : votre voilier était un bon cru, ne perdez pas votre énergie et vos sous.
Le franc bord, nettoyage, la cire, ... Petit truc : nettoyeur /cire avec rouleau, laisser sécher. On peut le faire à l’automne et le laisser travailler tout l’hiver … Il s’agit ensuite d’enlever le tout avec un chiffon sec, le résultat est impeccable.
Les réparations d’importance sur la carène devraient être prévues ou faites à l’automne. |
Les égratignures et les poques sur le bordé (traces de coups) sont des signes que votre bateau a mené une bonne vie. On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs ! Au lieu de payer une fortune à des experts pour faire réparer des écorchures et surtout égaler les couleurs sans aucune garantie de réussite, vous pouvez faire comme moi, opter pour un peu de «Marine Tex» et du trompe-l’œil. Sur le Roi-Soleil, la petite grenouille, côté tribord arrière et les deux soleils sur les francs-bords servent de camouflage.
Les matériaux à utiliser sur les tecks extérieurs sont le Cétol ou l’huile de teck. Avec l’huile, il faudra le refaire plusieurs fois durant l’été … Ponçage vs produits nettoyants ... L’inconvénient du sablage : le teck est un bois mou et à la longue il s’usera.
Intérieur :
Vérification des tuyaux d'entrées d'eau, de sorties d'eau, les collets d'inox, l'étanchéité de la cabine, des écoutilles, des hublots. Fuites d'eau, pompes à eau potable, de mer.
Moteur :
Vérifier le système de refroidissement du moteur, l’antigel dans le circuit fermé de refroidissement (si ça s’applique). C’est à l'automne qu’il est conseillé de changer l’huile, les filtres à l'huile et le décanteur.
Ne pas oublier le système électrique, les batteries, le filage, les boites des circuits électriques, les pompes de cale, radio VHS, poêle, bonbonne et conduits (propane), conduits et fuites d'alcool la réfrigération, tous les cadrans avertisseurs.
Tecks intérieurs : nettoyage au savon à l’huile « Murphy» et puis de l’huile de teck.
À la mise à l'eau ...
Tous les passe-coques, vérifier les fuites d'eau et l’écoulement du système de refroidissement.

Laissez glisser votre main sur toute la longueur du hauban

Lacet frappé au tambour de l’enrouleur pour éviter que le génois s’ouvre automatiquement et parte en lambeaux. Conseil d’Yvan
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Vérification du gréement mobile …
Changer les drisses d'hiver pour les drisses usuelles. Vérifier les écoutes, les amarres, les défenses, les deux ancres, leur chaîne, l’usure de leur câblot, de leur cosse et de leur manille.
Vérification du gréement dormant*.
Monter au mât : vérification des haubans en glissant la main le long de chacun d'eux pour vérifier qu'aucun brin ne soit effiloché (le changer s’il l’est), ajuster la tension. Les poulies de drisses, drisses, position des barres de flèches ainsi que leur solidité, vérifier que leurs caoutchoucs de bouts soient en bon état pour éviter de raguer la GV et le génois.
Les cadènes, la barre à roue avec ses câbles et chaînes de transfert de tension, la rambarde, les lumières de position, de navigation, le guindeau ...
Identifier tout ce qui pourrait écorcher la peau : sur les filins de la rambarde, aux points de drisses et partout il peut avoir des effilochures, y mettre du « tape» pour éviter les égratignures.
Nettoyage systématique du pont. Poser les voiles. Les voiles doivent être vérifiées à l’automne pour s’assurer qu’elles soient réparées pour le début de saison. Vérifier les permis de navigation. Réparer l'annexe s’il y a lieu*, mettre de la nouvelle essence dans la nourrice, les équipements requis : permis, ancre, écope, gilet, rames, ...
Vérification de tous les éléments de sécurité : les extincteurs, les gilets de sauvetage, le harnais et ligne de vie, les fusées de détresse, les lampes de secours, la ligne d’attrape, l’échelle de bain, la bouée de sauvetage.
Quelques améliorations. Quelques trucs appris de copains : intéressants parce que déjà éprouvés. Changer les ampoules ordinaires pour des Leds : belle économie d’énergie.
*Plusieurs de ces vérifications auraient intérêt à être faites à l’automne, ce qui permettrait de ne pas être embourbé au printemps.

(Liste à compléter, on en trouve toujours d'autres chaque année)
Louis Charbonneau www.voileevasion.qc.ca
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