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École
de voile Louis Charbonneau
Partir en mer
sur un Edel 665
Il n'y a pas
d'âge, pas de grosseur de bateau
Il n'y a que le goût
de partir!
Je me nomme Joël Ducharme, j'ai
18 ans, je suis peu fortuné, mais j'ai une nouvelle passion,
La Voile! C'est sur un dériveur que j'ai fait mes premières
armes et un premier petit voyage sur celui-ci m'a convaincu que
le voilier est un bon moyen de voyager

Joël
Ducharme
J'en arrive à la conclusion que
j'ai besoin d'un plus grand voilier, alors, allons-y avec mes moyens
et selon mon choix (a la suite d'une longue étude), j'ai
un coup de cur pour un modèle que je n'avais jamais
vu : l'Edel 665.
Ah! Le beau voilier avec fière allure (sûr, c'est le
mien à présent). Il n'était pas super bien
équipé, mais ça été le coup de
coeur. Voilure minimale, mais avec un spi, petit moteur super (un
Honda) safran suspendu, bonne réputation en France, où
ils le disent bon marcheur, etc.
C'est donc à 19 ans, équipé d'un quillard de
22 pieds et de tout le nécessaire pour une navigation au
long cour que je m'élance, direction les Bahamas.

Pas gros le
bateau
Voilà le 6 octobre, le jour du
départ tout fin près, je quitte ma contrée
de naissance, famille, amis
Voilà la sainte liberté
tant attendue. Je prends le large sur MON bateau pour des lieux
plus chauds. Liberté certes, mais un peu emprisonné
par du matériel avec du vécu. Inattendu, mais après
tout, un bateau de 26 ans, ce n'est pas du neuf. Qui dit vieux,
dit fatigué
Plusieurs bris mécaniques, mais
des rencontres intéressantes avec des gens de la mer, plusieurs
journées dignes du paradis, d'autres, de l'enfer, enfin certaines
entre les deux et d'autres du style "j'en ai marre criss! ".
Les jours qui passent sans s'en rendre compte, et le temps file
très vite, quoi !
La navigation en quillard en océan a été pour
moi une révélation, le plaisir d'être sur une
coquille de noix dans l'immensité bleutée avec comme
moyen de déplacement une force invisible, mais bien réelle.
Les entrées des " inlets " par beau et mauvais
temps, la joie indescriptible d'une ou deux nuits en mer avec un
dôme d'étoiles juste pour moi. La navigation à
voile est féerique.
Finalement, 6 semaines plus tard et un moteur qui n'en peu plus,
un foc qui demande d'être recousu, une grand voile qui a besoin
d'un troisième ris, le pilote automatique qui a grillé
en mer et j'en passe. Je m'arrête à Daytona Beach ou
je passe dix semaines a refaire le plein de tout ce qui est essentiel,
à commencer par du social bien mérité à
la suite de 6 semaines en solo. Un peu comme une seconde ville natale,
témoin de la naissance de ma passion, que je quitte à
regret et je vogue vers une nouvelle destination : Cuba.
Navigation, Navigation, Navigation,
une douane en espagnol me voilà a Cuba (le Gulf Stream a
été l'expérience exceptionnelle de ma vie,
depuis le temps que j'y rêvais lors).À Cuba, rencontres
de gens tripants, très tripants, beaucoup de cigares, de
plages et tout ce qui peut être bon. C'est le pays de l'abondance.
Ensuite, vers une autre destination
Les Bahamas me paraissent
parfaites pour trouver du travail. Donc, le Gulf Stream encore une
fois.
Les Bahamas c'est beau mais il y a rien
à faire, à part de la voile et de la plongée
(bon c'est le paradis de la voile et de la plongée) j'y reste
un mois et je rentre aux États-Unis.
Le retour vers la patrie se fait bien mais un coup de blues, un
excès de confiance dans mon tirant d'eau, un incident, le
bris d'une cadène et d'un hauban, me cloue en Géorgie.
Ce qui m'oblige à travailler de nouveau pour ramasser le
nécessaire à la réparation de mon bateau. La
Géorgie endroit magique ou le temps semble ne plus avoir
d'importance.
Remise en route, je n'ai plus de jus, le bateau commence à
rapetisser de façon dramatique et surtout il recommence a
me faire des coups pendables à répétition.
Questionnement, j'en ai marre de vivre dans une coquille de noix
sans confort. C'est à ce moment qu'intervient l'élément
maternel : oui,
après avoir trouvé un camion,
une remorque, ma maman et son copain roule à ma rescousse.
Un retour par la route qui me sauve une semaine et demie de voile
et deux et demie de moteur par les canaux. Ok ! l'orgueil masculin
en a pris un sacré coup! Mais ça fait du bien une
fois de temps en temps d'en avoir une facile
Ce voyage m'a évidement beaucoup plu et je me mords les doigts
de repartir. Maintenant, connaissant ce que c'est de naviguer, sans
le sous, sur un petit bateau, je me sens plus confiant d'entreprendre
une seconde croisière, mais dans de meilleures conditions
Ce n'était tout de même pas l'enfer (toujours cet orgueil
blessé). Enfin pour une première croisière
de ma vie, ce n'était pas si mal
J'espère que ce super condensé
vous a plu
courriel:
Joël Ducharme
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