école de voile du québec École de voile Louis Charbonneau

La Presse Nautique

Louis Charbonneau chroniqueur La Presse Nautique

Le rêve d'un voilier
Faire passer le rêve de la voile à la réalité implique une démarche impressionnante; elle est aux antipodes de ce qui nous est imposé dans ce monde d'aujourd'hui : avoir tout et tout de suite, du bout des doigts. Ce n'est pas tout le monde qui a l'intérêt et la patience d'attendre que le vent prenne, de faire les efforts soutenus pour pratiquer cet art ...

La Presse NautiqueUn ami vous invite à bord ...

Un ami vous invite à bord de son voilier par des conditions idéales : c'est le dépôt  de la  petite semence du goût de la voile; au fur et à mesure  elle germera et fournira les éléments essentiels à concrétiser vos projets de navigation. Certains rêvent de  partir pour les pays lointains, l'Intracoastal, les Bahamas, les Antilles, le bas du fleuve, la côte Nord et pourquoi pas le tour du monde ... D'autres, de s'évader des après-midi, à bord de leur dériveur qui les attend à leur chalet ou encore d'embarquer  pour les WE et, ou leur deux semaines de vacances, entre amoureux, en famille ...
Allons voir maintenant par quoi il serait intéressant de passer avant de concrétiser leur projet. D'abord, bien établir ses priorités, voir à ce que les gens qui font partie de notre vie les partagent et d'analyser tout ce que ça comporte : finances, concordance avec son genre de vie, apprentissage requis ...

L'accent sera mis ici sur les voiliers habitables.
Une expérience  soutenue  sur un voilier en ordre,  avec des gens compétents, permettra aux intéressés de savoir s'ils sont faits pour la vie à bord d'un voilier; quelques jours ou mieux plusieurs, ils vivront du bon temps, des conditions faciles, d'autres plus difficiles, des coups de vent, du temps mort, de la pluie ... Et, si ils ont choisi un voilier/école, non seulement ils auront vu les manoeuvres et entendu les mots de vocabulaire propre à la voile pour qu'il y ait entente barreur/équipier, mais ils les auront pratiqués et criés : «Pare à virer ! Empanne !...». Ils auront ainsi compris  qu'on ne maîtrise pas un voilier sans un apprentissage intense et qu'à bord, il n'y a qu'un seul maître. Ils pourront penser à procéder !
Mais attention ! Il faut réfléchir à tout le reste. Le choix du bateau sera en fonction des objectifs, des moyens financiers, du projet familial, de la disponibilité de temps, de la concurrence d'une autre activité estivale, du plan d'eau accessible ...  Bien se rappeler que chez nous la saison de navigation peinera à dépasser trois mois; un grand voilier peut demander un investissement sérieux et les paiements mensuels doivent aussi se faire durant chaque mois non navigués. L'approche moins gros voilier, avec gréement plus simple peut être  intéressante, question prix, perfectionnement de l'apprentissage, confirmation du bien vouloir adhérer  à ce genre de vie, quitte à le grossir. Quand à l'achat d'un plus grand voilier, il faut rajouter à l'investissement la multiplication du temps accordé aux travaux habituels et pour vous donner une idée ... Il y a plusieurs années, j'ai changé mon Grampian 26 pour un O'Day 37 : peindre la carène de mon 26 me demandait un litre d'antisalissure, mon 37, 5 litres. Petit calcul : cinq fois plus d'ouvrage !  Ce facteur s'applique-t-il pour tout le reste ? *

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Pour toutes les autres manoeuvres à apprendre


La question de maîtriser les manoeuvres essentielles est réglée : les heureux élus ont suivi un cours de voile «les deux pieds sur le pont», ils ont acquis d'autres connaissances via des cours théoriques, perfectionné leur vocabulaire ...
Le voilier est acheté, ils ont trouvé une marina, ils peuvent enfin naviguer. Ils peuvent maintenant penser à leur sabbatique : ils se voient déjà en navigation vers les mers du sud ... Oups ! Beaucoup d'autres apprentissages et de nombreux préparatifs.

Quelque soit le plan d'eau sur lequel on navigue, il est essentiel  de maîtriser les éléments de navigation : lecture de cartes, faire le point sur une  carte, identifier les amers, le compas, le GPS (y compris le petit à pile, plus fiable), la communication ...
Il y a aussi tout le côté débrouillardise : à l'automne, hiverner le bateau, côté moteur, plomberie, vérification des voiles, drisses, écoutes, les quelques réparations qu'on ne peut pas négliger; les préparatifs du printemps ...
Important d'être débrouillard, bricoleur, d'autant plus quand on envisage le long cours. D'abord, c'est une économie ; ensuite, on peut se dépanner. Une panne de moteur ? Les mécaniciens sont loin et déjà très occupés. Il faut donc être capable de saigner des injecteurs, remplacer une courroie d'alternateur ...
                   

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Une bonne connaissance en mécanique est une bonne idée

Certains voiliers d'aujourd'hui sont beaucoup plus équipés pour, dit-on, faciliter la tâche : enrouleurs de GV, des winchs électriques, toutes sortes de bidules électroniques ... Autant de "gadgets" qui demandent une attention toute particulière, sinon ils deviennent des occasions de troubles qui n'ont rien à voir avec l'art de manoeuvrer un voilier.
Devenir un plaisancier de voile demande une bonne base d'apprentissage, avoir du temps à y consacrer et accepter d'adhérer à un style de vie qui impose ses règlements. Le respect des codes de la navigation, l'esprit d'entraide face aux autres navigateurs.  La ténacité, le courage, la solidarité ... Voilà des valeurs qui s'accumulent dans le sillage du voileux. 

Louis Charbonneau

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Apprendre a maîtriser un voilier les deux pieds sur le pont

 

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